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Edito - Santé et Bien être

Perturbateurs endocriniens: Comment s’en prémunir ?

Même si les perturbateurs endocriniens (PE) sont omniprésents, quelques bonnes habitudes permettent de limiter notre exposition. Il faut notamment être vigilant pour les femmes enceintes et les enfants.
L’effet des perturbateurs endocriniens est particulièrement délétère pendant certaines « fenêtres d’exposition » : la vie fœtale (d’où l’importance pour les femmes enceintes d’être vigilantes), les premières années de vie et la puberté, qui débute parfois dès huit à neuf ans. L’enfant n’est pas à l’abri, car son système nerveux est en développement. On peut donc considérer que la période à risque s’étend de la conception à la post-puberté. Celles et ceux qui projettent d’avoir un enfant doivent aussi être prudents, car l’exposition préconceptionnelle des parents pourrait avoir des répercussions sur l’enfant. Pour les autres périodes de la vie, la littérature scientifique est moins abondante. Voici les bons réflexes pour circonscrire l’exposition aux PE.

Alimentation

- N’utilisez pas de récipients en polycarbonate. Ils contiennent du bisphénol A. Ils portent parfois le sigle PC ou le chiffre 7 à l’intérieur d’un triangle (ce marquage n’est cependant pas obligatoire). Ils sont désormais interdits à la vente. Si vous en avez, ne vous en servez pas.
- Ne faites pas chauffer les ­aliments dans du plastique. Transférez sur une assiette les plats préparés du commerce et utilisez une casserole en Inox plutôt qu’une bouilloire en plastique pour faire bouillir de l’eau. Préférez les récipients (biberons inclus) en verre.
- N’abusez pas des produits type fast-food car leurs emballages en carton ou papier (carton à pizza, cornet de frites, étui à sandwich) peuvent aussi être contaminés par les PE.
- Consommez moins d’aliments transformés. En effet, la chaîne de fabrication et/ou l’emballage peuvent donner lieu à des ­contaminations. Limitez les chewing-gums avec BHA (E320) ou BHT (E321).
- Préférez les fruits, légumes et céréales biologiques. Vous diminuez l’exposition aux pesticides potentiellement perturbateurs endocriniens. À défaut, pelez les végétaux qui peuvent l’être.
- Consultez notre carte interactive de la qualité de l’eau. Si vous habitez une des rares communes desservies par une eau contaminée en pesticides, préférez l’eau en bouteilles.

Santé et beauté

- i vous êtes enceinte, évitez autant que possible les antalgiques (paracétamol, aspirine, ibuprofène). En tout cas, ne prenez pas d’ibuprofène pendant le premier trimestre de grossesse.
- Consultez notre dossier pour éviter les cosmétiques contenant des PE. Évitez surtout ceux qui ne se rincent pas ou ont un long temps de pose avant rinçage. Pour votre bébé, soyez sobre : bannissez le parfum, utilisez eau et savon plutôt que lingettes et produits pour le change.
- Si votre enfant a des poux, n’utilisez pas un insecticide neurotoxique. Choisissez un produit étouffeur.
- Préférez le dispositif intra-utérin (stérilet) à la pilule contraceptive. La pose d’un stérilet est envisageable même chez la jeune fille.
- N’achetez pas de vêtements antibactériens. Ils contiennent souvent du triclosan, un PE.

Air intérieur et extérieur

- Ne fumez pas et évitez les atmosphères enfumées.
- Bannissez tous les produits supposés parfumer ou assainir l’atmosphère et préférez une bonne aération.
- Passez l’aspirateur très régulièrement puis la serpillière humide pour que les enfants jouent sur un sol dépoussiéré.
- Peignez et meublez la chambre d’un bébé à naître bien à l’avance et aérez abondamment. Si vous êtes la maman, laissez les travaux de peinture à d’autres.
- Luttez contre les mouches avec des moyens mécaniques (bandes collantes, tapette).
- Portez des gants si vous devez utiliser des biocides (antiparasitaires pour animaux domestiques, produits de traitement du bois). Éloignez les enfants et aérez ; faites-le dehors si c’est possible.
- Jardinez sans pesticides, de nombreuses techniques sont efficaces (associations de plantes, rotations, paillage, etc.).

Lire aussi

-
L'enquête de l'UFC sur les perturbateurs endocriniens
- Résultats de notre test portant sur la recherche de BPA et d’autres bisphénols dans des conserves et des canettes
- Réglementation sur les perturbateurs endocriniens : l'influence des lobbies à Bruxelles
- Notre décryptage pour repérer les perturbateurs endocriniens dans les objets du quotidien
- Notre infographie sur les effets possibles sur l'organisme


Edito - Transports

Compagnies aériennes: Rappel de vos droits en cas de surbooking

Le passager d’un vol de la compagnie United Airlines, aux États-Unis, a été violemment expulsé d’un vol après avoir été tiré au sort, suite à un surbooking. Si la pratique du surbooking, ou surréservation, est courante dans l’aérien, le droit européen ouvre le droit à des indemnités pour le voyageur lésé, contrairement au droit international, moins protecteur.
La vidéo a rapidement fait le tour du Net : dimanche 9 avril, le passager d’un vol United Airlines ralliant Chicago à Louisville a été violemment expulsé de l’appareil par des agents de sécurité (1). La compagnie a confirmé que l’avion était surbooké : ayant besoin de quatre places pour acheminer jusqu’à Louisville quatre membres d’équipage, elle a demandé à des passagers de se porter volontaires pour laisser leur siège et repartir le lendemain. La compagnie a d’abord proposé, avant l’embarquement, 400 dollars de compensation, sans trouver de volontaires. L’embarquement terminé, elle a augmenté son offre à 800 dollars, toujours sans succès. Quatre passagers ont donc été tirés au sort par ordinateur. Trois d’entre eux ont obtempéré sans problème mais le quatrième, qui se disait médecin avec des patients à voir le lendemain, a refusé. La compagnie a alors expulsé l’homme, manu militari. Suite à la polémique, l’agent de sécurité ayant violenté l’homme a été mis à pied. Un porte-parole du département de l’aviation de Chicago a expliqué au magazine Time que « l’incident sur le vol United 3411 ne correspond pas à nos procédures habituelles et les actions de cet agent de sécurité ne sont évidemment pas tolérées par nos services ».

Si plusieurs questions restent sans réponse (pourquoi la compagnie a-t-elle fait embarquer les passagers alors qu’elle se savait en surbooking ? Pourquoi ne pas simplement avoir augmenté la compensation jusqu’à trouver des volontaires ?), cet incident est l’occasion de rappeler les droits des passagers. Le surbooking est en effet une pratique courante dans l’aérien. La compagnie Easyjet, sur son site, explique ainsi clairement que « l’année dernière, près de trois millions de clients d’Easyjet ne se sont pas présentés à l’embarquement. […] Aussi, pour pouvoir maintenir nos prix bas pour tous nos clients, nous pourrons être amenés à vendre plus de sièges que de sièges disponibles pour un vol si nous savons que fort probablement certains passagers ne se présenteront pas. Nous basons cette estimation sur l’étude de l’historique de chaque vol et l’examen des antécédents. »

Vos droits en cas de voyage dans l’Union européenne

La Communauté européenne a adopté plusieurs règlements afin de protéger les consommateurs, notamment le règlement no 261/2004 du 11 février 2004. Il s’applique aux vols dits « européens », c’est-à-dire ceux qui décollent d’un aéroport situé en Union européenne (UE), quelle que soit la compagnie, ou ceux qui décollent vers l’UE à partir d’un État non membre, à condition que la compagnie aérienne soit européenne.

Lorsqu’un vol est en situation de surbooking, la compagnie est d’abord obligée de faire appel au volontariat. Si vous vous portez volontaire, vous avez le choix entre le remboursement de votre billet ou le réacheminement par la compagnie vers votre destination dans les meilleurs délais. Vous pouvez aussi négocier une indemnisation avec la compagnie aérienne et des prestations supplémentaires (repas en cas de longue attente, hôtel, etc.).

S’il n’y a pas de volontaire ou que leur nombre est insuffisant, la compagnie peut demander à des passagers de changer de vol. Généralement, elle choisit de refuser l’embarquement aux derniers passagers arrivant à la porte d’embarquement ou de tirer au sort les malheureux élus. Si cela vous arrive, vous pouvez choisir d’annuler votre voyage ou d’être réacheminé sur un autre vol, dans les mêmes conditions que si vous étiez volontaire. En plus de cela, la législation européenne oblige le transporteur à vous proposer des rafraîchissements et la possibilité de vous restaurer en attendant le prochain vol, voire un hébergement si l’attente est d’au moins une nuit. Deux appels téléphoniques doivent aussi vous êtes proposés.

Dans cette situation, l’indemnisation est aussi obligatoire et ne souffre aucune exception (les compagnies ne peuvent pas invoquer une « circonstance exceptionnelle »). Les montants d’indemnisation sont identiques à ceux du retard et de l’annulation :

- 250 euros par passager pour les vols de moins de 1 500 km. Ce montant est rabaissé à 125 euros si vous êtes transféré sur un vol arrivant à destination avec moins de 2 heures de retard par rapport au vol initialement prévu.
- 400 euros par passager pour les trajets compris entre 1 500 et 3 500 kilomètres et pour tous les vols intracommunautaires de plus de 1 500 kilomètres (ce qui inclut les vols vers les DOM-TOM). Ce montant est rabaissé à 200 euros si vous êtes transféré sur un vol arrivant à destination avec moins de 3 heures de retard par rapport au vol initialement prévu.
- 600 euros par passager pour les vols de plus de 3 500 km. Montant ramené à 300 euros si vous arrivez à destination moins de 4 heures après l’heure prévue initialement.

La compagnie est tenue de vous indemniser en espèces ou par tout autre moyen de paiement (chèque, virement bancaire, etc.). Elle ne peut vous régler sous forme d’avoir ou de bon d’achat qu’avec votre accord écrit. Dans ce cas, négociez un petit extra !

Vos droits lors d’un vol extracommunautaire

Le cadre européen est plus protecteur que le droit international, qui ne fait aucunement référence au surbooking. Il faut donc se référer aux articles concernant les retards. La convention de Varsovie du 12 octobre 1929 et la convention de Montréal du 28 mai 1999 vous ouvrent droit à une indemnisation uniquement dans la mesure où vous pouvez prouver que vous avez subi un préjudice réel. La convention de Montréal limite cette responsabilité à la somme de 4 500 « droits de tirage spéciaux » (environ 4 500 euros) par passager. Préparez-vous donc à prouver et chiffrer votre préjudice. Ces droits sont par ailleurs cumulables avec l’indemnisation prévue par le droit européen.

Certains pays ont aussi leurs propres règles. Ainsi, aux États-Unis, la compensation prévue si vous arrivez entre 1 h et 2 h après l’horaire prévue équivaut à deux fois le prix du vol, dans la limite de 675 dollars. En cas d’attente plus longue, la compensation sera de quatre fois la valeur du billet, dans la limite de 1 300 dollars.

Faire valoir ses droits

Lors du refus d'embarquement, la compagnie aérienne doit obligatoirement vous remettre une notice écrite vous indiquant les modalités de demande de dédommagement. Vous devez ensuite adresser une réclamation (par lettre recommandée avec accusé de réception) à la compagnie, dont les coordonnées doivent figurer sur la notice qui vous a été remise.

En cas de refus de la compagnie de vous indemniser, il convient de se tourner vers la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), en joignant la copie de toutes les pièces du dossier, y compris la réponse de la compagnie aérienne.

Indemnit’Air à la rescousse

Le service Indemnit’Air de l’UFC-Que Choisir a été lancé dans le but d’aider les passagers aériens victimes de surbooking, de vol retardé ou d’avion annulé à obtenir simplement l’indemnisation qui leur est due conformément aux textes législatifs et à la jurisprudence européenne. L’inscription est totalement gratuite et permet de vérifier très rapidement si votre dossier est recevable ou non. S’il est recevable, vous percevez votre indemnité, commission pour frais d’organisation déduite, au plus tard dans les 30 jours suivant l’encaissement des fonds de la compagnie aérienne.

Notes:

(1) Vidéo disponible sur de nombreux médias, dont :
http://www.huffingtonpost.fr/2017/04/10/united-airlines-fait-du-surbooking-et-sort-de-force-un-passager_a_22034076/

Edito - Alimentation

Niveau d’hygiène des établissements alimentaires: Questions-réponses sur Alim’confiance

Depuis le 3 avril, le ministère de l’Agriculture met à disposition des consommateurs le site et l’application gratuite Alim'confiance, qui rendent publics les résultats des contrôles sanitaires effectués tout au long de la chaîne alimentaire. Si l’opération de transparence est louable, le site donne pour l’heure très peu d’informations. Et trouver l’établissement de son choix revient vite à chercher une épine dans une botte de foin.
Dans le but d’améliorer la confiance du consommateur, la loi d’Avenir pour l’agriculture prévoyait la transparence des contrôles des DDPP (Directions départementales de la protection des populations) dès octobre 2014. Malgré les réticences des acteurs du secteur – dont beaucoup se sont émus des conséquences d’une mauvaise note sur leur commerce – le projet a finalement abouti à un décret d’application en décembre 2016 et à l’ouverture du site Alim’confiance (1) le 3 avril 2017.

Si les établissements n’auront pas l’obligation d’afficher les résultats de leurs inspections, libre à chacun désormais de consulter les résultats en ligne.

Le ministère de l’Agriculture argue du fait que « dans tous les pays où la mesure a déjà été mise en place, elle s’est toujours accompagnée d’une amélioration du niveau sanitaire des établissements ». En Europe, une telle mesure existe déjà dans 9 pays (Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Danemark, Finlande, Lituanie, Luxembourg, Norvège) et 2 projettent de la mettre en place (Allemagne, Suède). Le dispositif existe aussi aux États-Unis, au Canada ou encore en Chine.


Quels établissements sont concernés ?

Tous les établissements en lien avec l’alimentation, soit : les restaurants commerciaux, les cantines et les commerces de détail (métiers de bouche, restaurants, supermarchés, marchés, vente à la ferme, etc.). Mais aussi les abattoirs et les ateliers de production et de transformation des denrées animales ou végétales.

Environ un million d'établissements sont donc potentiellement concernés par le système d'évaluation, qui se targue de communiquer sur « tous les établissements de la chaîne alimentaire ». Mais en réalité, on ne devrait voir qu'environ 60 000 établissements recensés sur le site, soit le nombre de contrôles officiels effectués annuellement par les DDPP.


Comment trouver un établissement ?
Restaurants, métiers de bouche et supermarchés


Pour les restaurants (commerciaux ou collectifs), les métiers de bouche (boucherie, poissonnerie...) et les supermarchés, les données sont présentées sur une carte interactive de la France. Le site permet également de cibler sa recherche par catégorie d’établissement (ou par type de rayon pour les supermarchés) ou encore en tapant directement l’adresse ou le nom de l’établissement recherché.

En pratique

Le 4 avril au matin, très peu de données étaient disponibles. En effet, seules les vérifications menées depuis le mois dernier – à compter du 1er mars – sont publiées. Ainsi, 472 des 175 000 restaurants sont actuellement référencés sur le site, dont 194 à Paris (soit 1 % des 18 000 restaurants). En Alsace, ce nombre chute à 7 sur l’ensemble des deux départements.

Du côté des métiers de bouche, les résultats sont encore plus clairsemés : pour l’heure, on dénombre seulement 16 traiteurs sur l’ensemble du territoire et à peine 10 poissonneries et 8 boulangeries-pâtisseries.

On notera toutefois que ces chiffres devraient en toute logique augmenter au fil des jours (une vingtaine d’établissements ayant déjà été ajoutée au fil de cette première journée).

Établissements agroalimentaires

Pour les établissements agroalimentaires (abattoir, atelier de transformation par exemple), il faut se rendre sur l’onglet « Recherche des établissements agroalimentaires » et saisir le nom de l’enseigne, ou bien son numéro d’agrément qui est indiqué sur l’étiquette du produit alimentaire.

En pratique

Nous avons effectué des recherches d'établissements agroalimentaires et plus précisément d'abattoirs en nous basant sur la liste officielle de ces établissements (2). Sur les 32 abattoirs de boucherie d’ongulés (hors volailles et gibiers) listés en région Bretagne, seul le niveau d’hygiène de 3 établissements, tous jugés très satisfaisants, est consultable.

Enfin, on peut regretter qu’il ne soit pas possible d’effectuer une recherche par niveau d’hygiène (voir ci-dessous).


Quelles sont les données disponibles ?

Les données affichées seront le nom de l’établissement, la date de la dernière inspection et le niveau d’hygiène. Il existe 4 niveaux représentés par des pictogrammes (voir ci-dessous), soit un smiley plus ou moins souriant accompagné des mentions « Très satisfaisant », « Satisfaisant », « À améliorer » ou « À corriger de manière urgente ». Seul le niveau le plus bas, qui correspond à des établissements jugés susceptibles de mettre en danger la santé du consommateur, peut entraîner une action immédiate : fermeture administrative avec retrait ou suspension de l'agrément sanitaire.

Lorsque des actions correctives sont décidées (mentions « À améliorer » ou « À corriger de manière urgente »), les services de la Direction départementale de la protection des populations opèrent systématiquement un nouveau contrôle à l’issue du délai imparti à l’opérateur (immédiat ou jusqu’à plusieurs mois selon les travaux nécessaires et la gravité de la situation) pour s’assurer de la correction des anomalies.

Pour les abattoirs, l’avis rendu sera également basé sur le respect des normes en matière de protection des animaux.

Les résultats des contrôles seront disponibles pendant une période d’un an après la date de réalisation du contrôle. En revanche, les rapports complets des contrôles ne sont pas rendus publics.

Les mentions relatives à chaque niveau d’hygiène:



Notes:

(1)
http://www.alim-confiance.gouv.fr/
(2) Liste consultable sur https://fichiers-publics.agriculture.gouv.fr/dgal/ListesOfficielles/SSA6B_AGSANABONGD_PRV.pdf

Edito - Multimedia

Sauvegarde informatique: Nos conseils pour sauvegarder vos données

Un disque dur en panne, un virus informatique, un smartphone qui prend l’eau et voilà vos documents, vos e-mails, vos photos définitivement perdus. Votre vie numérique est fragile. S’astreindre à sauvegarder régulièrement vos données est impératif. En ce 31 mars, journée mondiale de la sauvegarde informatique, voici nos conseils selon votre équipement et les bons réflexes à adopter.
Pourquoi sauvegarder ?

Si vous vous posez la question, c’est que vous n’avez jamais perdu de données ! On réalise souvent l’importance de procéder à des sauvegardes régulières trop tard, une fois confronté à une panne de disque dur ou au vol de son téléphone portable (et de tous les contacts qui, bien sûr, n’étaient notés nulle part ailleurs…). Vos photos et vos documents divers sont précieux : mettez-les à l’abri ! S’astreindre à des sauvegardes n’est pas si contraignant, et vous vous remercierez infiniment de vous y être plié si vous êtes confronté à une perte.

Quels fichiers faut-il sauvegarder ?

Il est impératif de sauvegarder tous les fichiers stockés « en local » dans vos appareils, c’est-à-dire dans le disque dur de votre ordinateur ou dans la mémoire de votre tablette tactile et de votre smartphone. Contacts, photos, vidéos, documents bureautiques, courriels… Tous les fichiers sont concernés. En revanche, en cas de panne ou d’accident, vous retrouverez automatiquement les fichiers stockés en ligne. C’est par exemple le cas des e-mails si vous utilisez un webmail (Gmail, Hotmail…), des photos hébergées sur Flickr ou des documents copiés dans le « cloud » (Dropbox, Google Drive…). Gardez bien cette distinction en tête.

Comment sauvegarder vos fichiers ?

Les deux principales solutions pour mettre vos documents à l’abri consistent à les copier sur un disque dur externe ou sur un service d’hébergement en ligne.

Disque dur externe

Il existe différents types de disques durs : disque dur externe, disque dur portable, disque NAS, disque SSD. Nos guides d’achats et nos tests vous orienteront vers le modèle le plus approprié à vos besoins. Un disque dur externe de 2 To coûte entre 100 et 200 €, un NAS de 4 To autour de 400 €. Un disque SSD est beaucoup plus cher (150-250 € pour 256 Go). Veillez dans tous les cas à choisir un disque d’une capacité de stockage supérieure à celle de votre ordinateur. Vous pourrez ensuite copier les fichiers importants en les sélectionnant manuellement, ou opérer une sauvegarde de tout votre système (voir ci-dessous en fonction de votre ordinateur).

Cloud

Stocker ses fichiers en ligne permet de les retrouver à n’importe quel moment et depuis n’importe quel ordinateur, tablette ou smartphone. Géants du Web (Apple, Google, Microsoft, Amazon), FAI (Bouygues Telecom, Orange, SFR) ou entreprises spécialisées (Dropbox, Hubic, etc.) proposent tous à leurs clients un espace de stockage dans le cloud. Mais il faut parfois payer pour obtenir un stockage volumineux. Par exemple, Dropbox propose 1 To de stockage pour 8,25 €/mois.

Notre conseil : Rien n’empêche d’utiliser un disque dur externe et un service cloud. Le premier pour archiver ses photos et les documents devenus inutiles ; le second pour avoir sous la main les fichiers que vous pouvez avoir besoin de partager. Les services cloud permettent en effet de partager des documents via un simple lien.

Bon à savoir : faites le ménage avant de sauvegarder. Les besoins en gigaoctets augmentent rapidement et les photos ratées sont ratées… à jamais. Inutile de les conserver !

J’utilise un PC sous Windows

À chaque version de Windows, Microsoft a prévu une procédure pour sauvegarder tout votre système, y compris vos fichiers personnels. Il suffit d’accéder aux paramètres, puis au menu sauvegarde (dans le « Panneau de configuration » sous Windows XP, Windows 7 et Windows 8, dans l’onglet « Mise à jour et sécurité » sous Windows 10). Vous pourrez alors choisir les dossiers à sauvegarder ou préférer une sauvegarde de tout le système, et définir une fréquence de sauvegarde automatique (il faudra dans ce cas vous assurer que le disque dur de sauvegarde est connecté à votre PC).

Mise en garde : Procéder à la sauvegarde complète d’un ordinateur infecté par un virus n’élimine pas le virus. Utilisez un antivirus efficace avant de sauvegarder votre système.

J’utilise un ordinateur Mac

Depuis Mac OS X 10.5 (sorti en 2007), Apple propose un logiciel de sauvegarde automatique baptisé Time Machine. Là aussi, un disque dur externe est nécessaire. Une fois connecté au Mac (en USB, Firewire ou Thunderbolt), rendez-vous dans les préférences système et cliquez sur Time Machine. La configuration est simple, et une fois cette étape franchie, des sauvegardes sont automatiquement effectuées chaque heure pour les données des 24 dernières heures, chaque jour pour les données du mois précédent, et chaque semaine pour les données des mois antérieurs. Lorsque le disque de sauvegarde est saturé, les sauvegardes les plus anciennes sont supprimées. Il est bien sûr possible de procéder à ces sauvegardes manuellement.

J’utilise un iPad, un iPhone

Si vous avez un ordinateur, installez le logiciel iTunes (disponible pour PC ou Mac, gratuit), puis connectez votre appareil (iPhone ou iPad). Lorsqu’il apparaît dans les menus, choisissez « Résumé » puis, dans la fenêtre de droite, « Sauvegarder automatiquement » sur l’ordinateur. Cette opération stocke un fichier qui contient toutes vos données, et qu’il suffira de réinstaller si vous changez d’appareil.

Apple propose également de sauvegarder le contenu de l’appareil sur iCloud, son service d’hébergement sur Internet. C’est la méthode requise si vous ne possédez pas d’ordinateur. Cette fois, il faudra mettre la main à la poche car l’espace octroyé gratuitement par Apple (5 Go) ne suffira pas pour stocker vos photos, vos contacts, vos comptes, etc. Comptez 2,99 €/mois pour 200 Go, 9,99 €/mois pour 1 To et 19,99 €/mois pour 2 To.

J’utilise un smartphone/une tablette Android

Les smartphones et les tablettes Android font cohabiter deux environnements logiciels : celui propre au constructeur (Samsung, Huawei et les autres) et celui de Google, qui leur impose d’installer par défaut ses applications mobiles. Dans les paramètres (« Comptes », puis « Google »), vous pouvez choisir de synchroniser les données entre applications équivalentes. Ainsi, un rendez-vous est automatiquement ajouté aux deux calendriers (S Planner chez Samsung, par exemple, et Google Agenda). Idem pour les contacts ou encore les photos. Une fois hébergées sur les serveurs de Google, ces données sont disponibles depuis n’importe quel appareil avec vos identifiants. Google offre 15 Go de stockage, au-delà, il faudra payer (1,99 €/mois pour 100 Go, 9,99 €/mois pour 1 To). Si vous n’utilisez que les applications proposées par le fabricant, les sauvegardes passeront par leur propre système. Chez Samsung, par exemple, le logiciel Smart Switch (disponible pour PC ou Mac, gratuit) permet de stocker toutes les données de son smartphone ou de sa tablette sur son ordinateur.

Edito - Santé et Bien être

Renoncement aux soins: L’Assurance maladie lance un accompagnement personnalisé

Plus d’un quart des personnes se rendant dans les caisses d’assurance maladie renonceraient aux soins par manque d’argent. Un dispositif spécifique pour les aider à financer et réaliser ces soins va être généralisé.
Le renoncement aux soins est un phénomène complexe. Mais une chose est sûre, il touche du monde. Selon une enquête de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (ODENORE) auprès de 29 000 personnes dans 18 caisses primaires d’assurance maladie (CPAM), un quart d’entre elles étaient en situation de renoncement aux soins. Les soins dentaires sont les plus concernés, qu’il s’agisse de prothèses ou de soins conservateurs. Normal : ce sont les moins bien couverts par la solidarité nationale. Les consultations de spécialistes et l’équipement optique viennent ensuite.

Sans surprise, la principale raison du renoncement est le reste à charge, c’est-à-dire la somme qui n’est remboursée ni par l’Assurance maladie, ni, éventuellement, par la complémentaire santé, et que le patient doit payer de sa poche. Les soins dentaires et optiques, coûteux et traditionnellement peu pris en charge, sont particulièrement concernés. L’ODENORE note toutefois que les délais de rendez-vous trop longs, liés à la désertification médicale, et la méconnaissance des droits jouent aussi : des personnes pouvant prétendre à une aide à la complémentaire santé (ACS), par exemple, ne savent pas que le dispositif existe, et ne l’utilisent pas.

Plusieurs CPAM ont réagi en instaurant des dispositifs pour réamorcer la dynamique de soins chez ceux et celles qui ont jeté l’éponge par manque d’argent. Dans le Gard et dans la Somme, départements pionniers, l’effort porte d’abord sur le repérage des personnes dans le besoin, en mobilisant les agents d’accueil, les personnels des centres d’examen, mais aussi les professionnels de santé libéraux. Une fois identifiées, elles se voient proposer un bilan de leurs droits, parfois au-delà du domaine de la santé, ainsi qu’un accompagnement personnalisé par un conseiller qui reste le même tout au long du processus. L’aide peut aller jusqu’au conseil sur le choix d’un professionnel de santé, à la comparaison des devis et à la recherche de financements complémentaires si les aides accordées ne suffisent pas à couvrir les coûts.

Depuis le 1er mai 2016, 21 CPAM ont adopté un schéma d’intervention similaire. La généralisation à tout le territoire français devrait s’achever d’ici à un an. Un premier bilan montre que dans le Gard, un dossier sur trois a abouti à la réalisation de soins.

Action nationale - Environnement et Energie

Plastique perturbateur du recyclage: Recyclons d’urgence la politique de valorisation des déchets d’emballages !

Alors que le PET1 opaque, perturbateur de tri, se multiplie pour les emballages ménagers grâce à un cadre législatif laxiste quant à l’écoconception et l’information des consommateurs, AMORCE, France Nature Environnement, l’UFC-Que Choisir, Zero Waste France, s’associent pour soutenir le ministère de l’Environnement en faveur d’une vraie politique de réduction et de recyclage des déchets d’emballages qui sanctionne réellement les fabricants non vertueux.
PET opaque : révélateur des graves carences des politiques actuelles

Le PET opaque s’est substitué dans des conditions exponentielles au plastique recyclable pour de nombreux emballages (bouteilles de lait, flacons cosmétiques) (+45% depuis 2014). Non recyclable à une échelle industrielle, il génère non seulement de nouveaux déchets, mais perturbe également le tri puisque les centres n’ont pas été conçus pour différencier les emballages en PET opaque et les traiter séparément. Les citoyens ont largement exprimé leur indignation contre cette décision unilatérale des metteurs sur le marché qui fait reculer le recyclage. Mais les consommateurs qui veulent boycotter cet emballage sont bien en peine, faute de signalétique claire sur la non recyclabilité, voire avec la présence de certaines allégations environnementales fallacieuses…

Suite à la mobilisation des associations de consommateurs et des associations environnementales, des ONG et des associations de collectivités, la ministre de l’Environnement vient d’annoncer la mise en place d’un malus sur le PET opaque à partir de 2018. Les 4 structures signataires saluent cette mesure et appellent le ministère à poursuivre son engagement pour qu’elle soit adoptée rapidement.

Cette avancée ne règle toutefois pas la question de l’introduction de matériaux non recyclables dans les emballages. Elles ne doivent pas faire oublier les limites des politiques actuelles également pointées par les autorités (Cour des Comptes, Autorité de la Concurrence, etc.), que le problème du PET opaque a mis en avant : possibilité pour les industriels de réduire impunément la part recyclable de leurs produits, sous-utilisation des éco-modulations destinées à dissuader les mauvais choix en matière de conception, information des consommateurs sur les produits insuffisante…

Des choix des metteurs en marché qui impactent le porte-monnaie des citoyens-consommateurs

Alors que le PET opaque est préféré pour des raisons économiques, permettant aux metteurs sur le marché de faire des économies sur les éco-contributions, la mise sur le marché de ce nouveau matériau génère des coûts supplémentaires importants qui sont pris en charge par les contribuables alourdissant un peu plus la facture déchets.

AMORCE, France Nature Environnement, l’UFC Que Choisir et Zero Waste France saluent la mobilisation du ministère de l’Environnement en faveur d’un malus sur le PET opaque, mais refusent que ce matériau soit l’arbre qui cache la forêt et qu’après lui de nouvelles matières non recyclables viennent encore aggraver une situation déjà problématique. Les 4 structures réclament une politique de prévention et de valorisation des déchets d’emballages plus cohérente et ambitieuse et demandent au ministère d’aller au bout de sa démarche en mettant en place :

- une obligation collective d’un objectif « amont » de recyclabilité assortie d’un principe de non régression empêchant un producteur, en cas de modification de son produit, d’abaisser cet objectif.
- une réforme de l’écoconception/écomodulation avec un vrais bonus/malus incitatif pour développer la recyclabilité et la réutilisation des matières et la gestion du tri.
- une signalétique cohérente sur les produits s’appuyant sur le logo Triman et donnant une information claire sur la recyclabilité.


Notes:


1- Polyéthylène Téréphtalate
Que Choisir en Ligne

...lire la suite

Les dernières infos:

Santé et Bien être :

Perturbateurs endocriniens: Quand Bruxelles joue avec notre santé
Officiellement, la Commission européenne planche depuis des années sur une régulation des perturbateurs endocriniens susceptible de protéger les citoyens. Endormie par les sirènes de l’industrie, elle tergiverse et a pris un retard intolérable.

Bientôt huit ans que les autorités européennes ont promis de prendre à bras-le-corps le problème des perturbateurs endocriniens. Huit ans et, concrètement, rien n’a changé pour les citoyens, qui continuent à y être exposés quotidiennement. C’est par un règlement publié en octobre 2009 que tout commence. Il concerne les pesticides et interdit que soient approuvées pour cet usage les substances « considérées comme ayant des effets perturbateurs endocriniens pouvant être néfastes pour l’homme ». Dans les années qui suivent, des restrictions similaires apparaissent dans la réglementation sur les biocides (1), les produits cosmétiques ou les substances chimiques en général (Reach). Mais pour encadrer les perturbateurs endocriniens (PE), encore faut-il les identifier. La science qui étudie ces substances est jeune, en pleine construction, il n’existe pas de liste officielle et même pas encore de définition réglementaire. La Commission doit donc en établir une, qui servira de base aux réglementations à venir. C’est ce à quoi elle aurait dû s’employer sans délai, avec le concours des scientifiques les plus reconnus, puisque l’Union est supposée « garantir la protection de la santé humaine dans toutes ses politiques ». Mais « les institutions européennes n’ont pas le budget pour payer des experts indépendants, du coup elles travaillent avec quiconque veut bien faire profiter de son expertise gratuitement. Une aubaine pour les scientifiques payés par ailleurs par des industriels », déplore Martin Pigeon, chargé de l’agroalimentaire à l’association Corporate Europe Observatory, qui met au jour le pouvoir des groupes de pression.

Un sujet explosif

Pour ceux qui s’intéressent à la façon dont l’Union légifère, ce dossier va devenir un cas d’école. Car le sujet est explosif : si la définition des PE est large, de très nombreuses substances chimiques pourraient en faire partie, avec les contraintes réglementaires et les impacts économiques que cela implique. Mois après mois, le processus va s’enliser, pris en otage par des luttes d’influence sans fin aux dépens des citoyens européens. Conflits entre directions de la Commission et entre États membres, selon qu’ils préfèrent préserver la santé ou le business, coups tordus des différents lobbies (produits chimiques, matières plastiques, pesticides, cosmétiques…) : tout concourt à retarder la décision, comme le détaille de façon très précise la journaliste Stéphane Horel dans son livre Intoxication (2). Fruit d’une enquête minutieuse, l’ouvrage décrypte les stratégies des lobbies industriels pour instiller dans les esprits le doute sur la nocivité des PE et se prémunir contre des réglementations trop rigoureuses. Le point culminant de cette guérilla réside dans une attaque aussi massive qu’inédite : à l’initiative de scientifiques largement financés par l’industrie, une lettre ouverte paraît simultanément dans 14 revues de toxicologie, remettant en cause la particularité des PE et invoquant, de façon très surprenante de la part de scientifiques, le « bon sens ». Les chercheurs indépendants spécialistes de la question ont beau réagir vertement, appelant à la transparence sur les conflits d’intérêts et fustigeant le mélange entre science et politique, le mal est fait. En septembre 2013, la Commission décide de demander une étude d’impact pour mesurer l’effet des différentes options ­réglementaires qui s’offrent à elle. « En général, nous estimons que de telles études constituent un outil pour améliorer les politiques publiques, précise Pelle Moos, responsable de ce dossier au Beuc (Bureau européen des unions de consommateurs), dont l’UFC-Que Choisir est membre fondateur. Mais en l’occurrence, il s’agit d’une manœuvre de l’industrie et de certaines personnes au sein de la Commission pour retarder et finalement faire dérailler le processus démocratique. C’est inacceptable ! »

La Commission condamnée pour avoir failli

Un avis partagé par de nombreuses parties prenantes, à commencer par le ­gouvernement suédois qui, soutenu par plusieurs pays, dont la France, et par le Parlement européen, traduit la Commission devant la Cour de justice de l’Union européenne au motif du retard pris à légiférer sur la définition des PE. Fait rarissime, en décembre 2015, la Cour condamne la Commission pour avoir failli à son obligation. Démontant un à un tous ses arguments, elle l’invite à respecter l’équilibre entre le bon fonctionnement du marché intérieur et le niveau élevé de protection de la santé humaine, animale et de l’environnement prévu par les textes, et souligne que l’impact économique ne doit influer en rien sur la définition de critères scientifiques. La Commission ne peut plus reculer. En juin 2016, elle présente une proposition de définition des PE… et déclenche un concert de protestations. Le projet prévoit que soient considérées comme PE les substances qui répondent à trois conditions : un mode d’action endocrinien, un effet indésirable sur la santé humaine et l’existence d’un lien de causalité entre les deux. Cette troisième condition est inacceptable aux yeux des experts indépendants, car la preuve est quasi impossible à apporter scientifiquement. Ou alors cela peut prendre des générations comme le montre le cas du distilbène, dont les effets délétères ne sont apparus que dans la descendance des femmes qui en ont pris pendant leur grossesse. « Les critères exigés par la Commission sont trop stricts pour protéger les populations. Elle a mis la barre si haut que même les produits chimiques pour lesquels il existe des preuves sérieuses de leur toxicité auront des difficultés à l’atteindre », s’inquiète alors l’Endocrine Society, une société savante regroupant des médecins et chercheurs de tous pays. De fait, avec cette définition, même le bisphénol A, dont aucun scientifique sérieux ne conteste les propriétés de perturbation endocrinienne, passerait entre les mailles du filet !

Un projet de règlement favorable à l’industrie

Comme le gouvernement français, le Beuc et bien d’autres, l’Endocrine Society préconise une classification semblable à celle des ­cancérogènes (certain, probable ou possible). Un moyen de taper vite et fort sur les PE les plus préoccupants et de prévoir des contraintes réglementaires adaptées aux évolutions des connaissances scientifiques pour les autres. Las, Bruxelles fait la sourde oreille : par deux fois, en décembre et février dernier, elle publie un nouveau projet de règlement mais sans prendre en compte cette proposition. « Refuser la classification graduée est très choquant, s’indigne le Pr Bernard Jegou, directeur de recherches à l’Inserm et à l’École des hautes études en santé publique. S’il faut que des preuves formelles soient apportées avant que la réglementation se mette en place, on va attendre 20 ans ! Les preuves scientifiques sont au centre de mon travail et de mes convictions, mais l’incertitude est consubstantielle à la science. Au lieu d’en tenir compte, la Commission s’embourbe dans les contre-feux mis en place par l’industrie. Le poids des lobbies et le cynisme de ce qu’elle est en train de mettre en place sont intolérables. » Le mot est faible : loin de dessiner des critères plus protecteurs pour la santé humaine, la proposition de décembre prévoit, contre toute logique, (à part celle du lobby phytopharmaceutique) une tolérance pour les pesticides conçus pour agir comme perturbateurs endocriniens sur les ravageurs ! Une dérogation qui n’a « aucune raison d’être » selon les autorités françaises, qui ont fait savoir leur opposition. Reste à espérer que la vigilance de notre gouvernement sur ce dossier perdurera quel que soit le résultat de l’élection présidentielle.

Que Choisir en Ligne

Fabienne Maleysson

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Santé et Bien être :

Neuroleptiques: Des prescriptions préoccupantes
Médicaments aux effets puissants, les neuroleptiques sont de plus en plus prescrits. S’ils rendent de grands services dans certains troubles psychiatriques, leur prescription qui se banalise, parfois sans autorisation, est problématique. Si vous prenez un de ces médicaments et souhaitez cerner leur intérêt et leurs risques, nous recommandons une brochure intitulée « Prendre un médicament neuroleptique ».

Une « banalisation préoccupante », un « problème de santé publique ». C’est en ces termes que les chercheurs de l’Inserm/Université de Bordeaux (1) jugent la prescription actuelle, et de plus en plus importante, de neuroleptiques, connus aussi sous le nom d’antipsychotiques. Ils s’appellent Abilify (aripiprazole), Leponex (clozapine), Risperdal (risperidone), Solian (amisulpride), Zyprexa (olanzapine), etc. Initialement réservés aux pathologies psychiatriques les plus graves (schizophrénie, paranoïa), ces médicaments sont de plus en plus prescrits, dans leur champ d’autorisation mais aussi en dehors – hors autorisation de mise sur le marché (AMM). C’est le cas par exemple chez des enfants atteints d’autisme. À telle enseigne que l’Agence du médicament (ANSM) s’est fendue d’une « Mise en garde sur l’utilisation hors AMM de l’aripiprazole » en mars 2016. Envoyé aux professionnels de santé, le document rappelle que ni la sécurité ni l’efficacité de cette molécule n’est établie dans les troubles autistiques chez les moins de 18 ans. Chez les adultes également, ces médicaments sont abusivement prescrits pour des troubles anxieux, des troubles de l’humeur. Ils sont également administrés sans raison chez des personnes atteintes de démences. Ces prises sont d’autant plus injustifiées que ces neuroleptiques entraînent des effets indésirables importants (2) : prise de poids, diabète, accroissement des accidents cardiovasculaires.


« Prendre un médicament neuroleptique »

Leur mésusage ne doit pas occulter leur intérêt. Quand ils sont justifiés, les neuroleptiques sont très utiles. « Ils ont changé radicalement le traitement des troubles psychotiques », souligne en préambule la plaquette d’information écrite par le Psycom (organisme public d’information en santé mentale) et par l’association Prescrire (qui édite la revue du même nom), disponible en téléchargement ci-dessous. Ce document écrit dans un langage compréhensible, très pratique, est destiné aux patients, à leurs proches et constitue aussi un outil pour les soignants. Il explique bien que les différents neuroleptiques existants sont d’efficacité comparable mais que leur profil d’effets indésirables est différent. Ce sont donc surtout ces derniers qui guident le choix d’un traitement. Ces effets secondaires sont détaillés, expliqués et assortis de conseils pour en limiter l’impact. Le document rappelle l’une des règles de base pour les minimiser : prendre « la dose minimum efficace ».

La brochure du Psycom et de Prescrire

Vous pouvez télécharger la brochure sur les médicaments psychotropes ici :

Prendre un médicament neuroleptique


Notes

(1) http://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2016/06/16.6.21-VERDOUX-site.pdf
(2) Voir Que Choisir Santé 114 de mars 2017


Que Choisir en Ligne

Perrine Vennetier

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La dernière enquête:

Transports :

Auto-écoles: Des taux de réussite officiellement fictifs !

Alors que les taux officiels de réussite aux examens théorique et pratique du permis de conduire sont enfin disponibles pour l’année 2015, l’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui son analyse des écarts existants entre le discours des auto-écoles constaté par ses enquêteurs et la réalité des chiffres. Au regard des dérapages des auto-écoles, l’UFC-Que Choisir réaffirme l’urgence d’imposer aux auto-écoles d’afficher les taux de réussite. Par ailleurs, l’association met dès à présent à jour sa carte interactive – librement accessible – des taux de réussite aux examens du permis de conduire par auto-école.
Des taux de réussite déconnectés du réel dans 63 à 69 % des cas
Après avoir obtenu le mois dernier du ministère de l’Intérieur les données officielles des taux de réussite aux examens du permis de conduire par auto-écoles pour 2015, l’UFC-Que Choisir a comparé ces taux à ceux issus de son enquête de terrain réalisée l’année dernière(1). Le résultat est sans appel : les dérapages sont légion. Concernant l’examen du code, les auto-écoles ont fourni des résultats s’écartant de plus de 5 points du taux réel dans 63 % des cas. Pire, pour l’examen de la conduite, ce sont 69 % des auto-écoles qui ont indiqué à nos enquêteurs des informations erronées. Près de 18 % des auto-écoles ont carrément avancé des taux s’éloignant de plus de 20 points de la réalité.

Des consommateurs sciemment mystifiés
Il est frappant de constater que plus les taux réels de succès aux examens sont faibles, plus les auto-écoles ont tendance à fournir aux consommateurs des données biaisées. En effet, si 36 % des établissements enquêtés communiquent des chiffres inexacts lorsque leur taux de réussite réel à l’examen de la conduite dépasse 80 %, ce chiffre grimpe vertigineusement à 89 % lorsque le taux réel est inférieur à 50 % (avec plus de 20 points d’écart avec la réalité pour plus de la moitié d’entre elles). On constate également que pour les décalages entre les taux annoncés et les taux réels les plus importants, 94 % des auto-écoles surestiment auprès des consommateurs les taux de réussite des candidats qu’elles présentent à l’examen !

L’opacité des taux de réussite, un frein à une amélioration de la qualité et à une concurrence assainie
Les taux de réussite – particulièrement à l’examen pratique – sont susceptibles de constituer une traduction chiffrée de la qualité de l’enseignement prodigué. Dès lors, et en l’absence d’une communication obligatoire aux candidats des taux réels, cette généralisation des mauvaises pratiques nuit aux auto-écoles vertueuses d’une part, et aux consommateurs d’autre part. Ceux-ci peinent en effet à choisir en toute transparence leur établissements de formation. Qui plus est, en abreuvant les consommateurs de taux de réussite aux examens surévalués, les auto-écoles incitent les apprentis conducteurs à sous-estimer la difficulté à obtenir le permis de conduire.

Soucieuse de préserver les consommateurs des effets néfastes d’une surestimation par les auto-écoles de leurs taux de réussite aux examens du permis et de leur permettre en toute connaissance de cause de choisir les professionnels qui les formeront, l’UFC-Que Choisir :

- Saisit la DGCCRF pour l’informer des résultats de son analyse comparative et lui demander de procéder à des enquêtes sur le terrain pour sanctionner les auto-écoles défaillantes ;

- Demande à nouveau la mise en place d’une information écrite obligatoire par les auto-écoles de leurs taux de réussite aux examens du permis de conduire.


Par ailleurs, l’UFC-Que Choisir met à la disposition des consommateurs en libre accès sa carte interactive des taux de réussite aux examens théorique et pratique selon les auto-écoles, sur la base des données pour l’année 2015.
Consultez notre étude sur le thème \"170208_Etude mise à jour Auto-Ecoles\" (PDF 2464Ko)

Notes
(1) Enquête réalisée en juin 2016 par 115 associations locales de l\'UFC-Que Choisir auprès de 1374 auto-écoles
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