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Edito - Santé et Bien être

Vente de produits extraits du cannabis: Ce que l’on sait des effets du cannabidiol (CBD)


La multiplication de boutiques, en France, vendant un dérivé légal du cannabis a mis en lumière cette substance : le cannabidiol (CBD). Antidouleur ? Addictive ? Psychoactive ? Que sait-on vraiment de ses effets ? L’autorisation aux États-Unis, le 25 juin, de ce principe actif comme médicament anti-épilepsie apporte un éclairage sur ses propriétés et dangers. Vendu comme n’importe quel produit, le cannabidiol n’est pourtant pas vraiment un produit comme les autres.

Un produit de consommation courante ? Depuis l’ouverture de plusieurs « coffee shops » en France, le cannabidiol se présente comme tel. Pour autant, la substance suscite évidemment plus de fantasmes et controverses qu’un nouveau yaourt. De fait, il s’agit d’une substance active aux effets multiples et parfois encore mal connus.

Est-ce du « cannabis légal » ?

Pas vraiment. Le cannabis (ou chanvre) est une plante qui contient un grand nombre de substances dont les terpénoïdes ainsi qu’une centaine de cannabinoïdes. Parmi ces dernières, deux composés actifs majeurs : le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). C’est ce cannabidiol qui est vendu dans les boutiques (1) qui se sont récemment multipliées et qui ont provoqué l’ire des pouvoirs publics. Alors que le THC est classé comme stupéfiant, le CBD ne l’est pas. Les produits qui en contiennent ne sont donc pas interdits, sauf s’ils contiennent aussi du THC et ce, quelle que soit la dose, ou s’ils sont extraits de plants non autorisés (c’est-à-dire contenant plus de 0,2 % de THC). Le CBD proposé à la vente n’est donc pas un « cannabis légal », c’est plutôt un extrait légal du cannabis.

Est-ce un produit psychoactif ?

Oui, mais pas autant que le THC. Beaucoup d’articles à propos du cannabidiol affirment qu’il n’est pas psychoactif. Il est vrai que le CBD n’a pas les effets planants ou euphorisants, typiques, que son acolyte, le THC, est connu pour entraîner. Pour autant, il n’est pas dénué d’effets psychiques. Ainsi, le cannabidiol diminue probablement l’anxiété. Il a été testé avec une certaine efficacité en ce sens. Il a aussi des effets sur le sommeil. Certaines études montrent un accroissement de la vigilance. Mais lors d’essais médicamenteux avec le cannabidiol, la somnolence est apparue comme un effet secondaire très fréquent. Cet effet sédatif se manifeste sans doute à haute dose. Le cannabidiol est donc une substance psychoactive, comme l’a indiqué la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’Agence du médicament en 2015.

Est-ce un produit qui provoque des dépendances et des abus ?

Probablement pas. Le fait que le cannabidiol soit psychoactif ne signifie pas automatiquement qu’il soit addictif. Le cannabidiol ne semble pas l’être. En la matière, les études manquent pour être totalement affirmatif. Mais il n’y a pas d’indications d’usages compulsifs. Les risques d’abus et de dépendance semblent minimes. Son usage a même été évoqué dans le sevrage tabagique.

Est-ce qu’il agit contre la douleur ?

On ne sait pas. Associé à du THC, le cannabidiol a parfois montré des effets sur des douleurs chroniques (mais pas sur les douleurs aiguës). Dans le médicament Sativex, par exemple, le mélange THC/CBD est reconnu efficace par plusieurs pays européens contre les contractures musculaires douloureuses dont peuvent souffrir les personnes atteintes de sclérose en plaques. Mais aucun effet propre du cannabidiol seul, comme antidouleur, n’est établi.

Y a-t-il des usages sur prescription ?

Oui mais limités. Le 25 juin dernier, le premier médicament à base de cannabidiol était autorisé par l’Agence américaine du médicament. Appelée Epidiolex, cette spécialité est indiquée dans des formes rares et sévères d’épilepsie (syndromes de Lennox-Gastaut ou de Dravet) qui se déclarent dans la petite enfance.

Au Canada, le cannabidiol est aussi utilisé dans le cadre d’un dispositif de « cannabis médical ». Au contraire des conditions d’emploi de l’Epidiolex, extrêmement précises, celles du cannabidiol au Canada restent très floues. Il n’existe pas de recommandations pour les médecins sur les motifs médicaux pour lequel il peut être prescrit, ni sur les doses, ni sur les durées…

Quels sont ses effets secondaires ?

Les études du médicament fournissent une liste de possibles effets indésirables : somnolence et léthargie ou, au contraire, insomnie, perte d’appétit, diarrhées, érythème, fatigue et infections. Même si les doses ne sont pas nécessairement comparables, cela donne des indications sur d’éventuels effets secondaires en cas de consommation récréative. Le cannabidiol peut aussi avoir des effets délétères sur le foie (élévation des transaminases). Prudence donc pour les personnes qui ont des troubles hépatiques. Prudence aussi pour les femmes enceintes et allaitantes (le cannabidiol passe dans le lait).

(1) Du moins en théorie. Des contrôles sont en cours pour vérifier que ces produits ne contiennent pas aussi du THC, auquel cas leur vente est illégale. Plusieurs boutiques ont été fermées.



Merci à Pierre Beaulieu, directeur du Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur à l’université de Montréal, spécialiste de la pharmacologie du cannabis.

Edito - Environnement et Energie

Enquête prospectus publicitaires: Face au flot grandissant, le Stop Pub !


Depuis 2004, trois plans nationaux de prévention des déchets censés réduire la pollution publicitaire des boites aux lettres et aujourd’hui, selon l’enquête UFC-Que Choisir dans presque 200 communes, une situation toujours aussi calamiteuse. Face à l’insuffisance criante de la politique de prévention, l’association appelle les consommateurs à utiliser le « Stop Pub » qui fait la preuve de son efficacité, et les pouvoirs publics à mettre en œuvre des dispositifs financiers qui pénalisent réellement cette pratique publicitaire aux coûts écologiques et économiques inconsidérés.

En lien avec le réseau environnement de l’UFC-Que Choisir, 344 bénévoles de notre association, dont 139 ayant préalablement apposé un autocollant « Stop Pub » sur leurs boites, ont comptabilisé durant le mois de mai dernier le nombre de publicités non adressées reçus dans leur boite afin de quantifier le volume de pollution publicitaire induite et évaluer l’efficacité du « Stop Pub ».

Les groupes Carrefour, E. Leclerc et Système U sur le podium de la frénésie publicitaire
Notre enquête montre que la pression des imprimés non adressés dans les boites aux lettres ne cesse de croitre : leur poids moyen sur un mois est passé de 2 kg par ménage en 2004 à 2,3 kg en 2018, soit une augmentation de 15 % en 14 ans. Dans un contexte de baisse de l’utilisation du papier, la distribution de prospectus publicitaires ne faiblit pas et représente, en volume, un quart du papier consommé en France (contre 20 % en 2012).
A l’origine de cette pollution publicitaire, les grands groupes de la distribution cumulent presque la moitié (47 %) des publicités non adressées devant les enseignes spécialisées dans le bricolage, les vêtements, le jardinage ou l’ameublement (20 %). Les enseignes Carrefour, E. Leclerc et Système U se démarquent car, sur le seul mois mai, elles représentent 21 % de la publicité non adressée dans les boîtes aux lettres des enquêteurs, avec respectivement 7,3, 6,8 et 6,3 prospectus dans chaque boîte située dans la zone de chalandise de l’un de leurs magasins. A l’inverse, Intermarché (4,3 prospectus par boîte) et Monoprix (3,7) sont plus raisonnables.

Un « Stop Pub » efficace mais encore insuffisamment diffusé pour être dissuasif
Seule lueur d’espoir, l’efficacité réelle du « Stop Pub » qui permet de se prémunir de cette déferlante publicitaire. D’après notre enquête, l’apposer sur sa boîte aux lettres permet de diminuer de 93 % le nombre moyen de prospectus reçus, qui chute de plus de 58 à moins 4 sur un mois.
Malheureusement, faute de promotion suffisante de la part des pouvoirs publics, le « Stop Pub » n’est apposé que sur un peu plus de 20 % des boites aux lettres (9 % en 2011) ne permettant pas d’enrayer la guerre publicitaire inconsidérée que mènent les professionnels. Face à cette inaction, le triste record de 20 milliards d’imprimés publicitaires par an a été dépassé pour la première fois en 2016.

Un gâchis environnemental payé doublement par les consommateurs
La pollution publicitaire représente un coût important qui n’est pas toujours visible des consommateurs. Les dépenses pour la publicité non adressée ont atteint presque 2,9 milliards d’euros en 2017, auxquels il faut ajouter le coût de collecte et de traitement des déchets papiers payés par les contribuables locaux à travers leur taxe d’ordures ménagères pour les papiers non triés. Au total, cela représente pour un foyer de 4 personnes un budget non négligeable d’environ 200 euros par an. C’est également une gabegie environnementale car, selon nos estimations, même si l’objectif de recyclage du papier (65 %) fixé par les pouvoirs publics était atteint en 2022, ce serait encore 285 000 tonnes de papier qui continueraient à partir en fumée si rien n’est fait d’ici là1. Cet objectif, déjà peu satisfaisant, sera d’autant plus compliqué à atteindre que, selon notre enquête, dans deux cas sur cinq le logo Triman, indiquant le caractère recyclable du papier, n’est pas affiché sur la publicité.


Inquiète de l’aggravation continue de la pollution publicitaire liée aux prospectus non adressés et de l’incapacité des professionnels à s’autoréguler, l’UFC-Que Choisir saisit les pouvoirs publics pour demander :
• La mise en œuvre d’un malus véritablement dissuasif sur l’éco-contribution payée par les professionnels afin de pénaliser réellement cette pratique et de les pousser vers d’autres modalités publicitaires (internet, publicités adressées) plus respectueuses de l’environnement.
• La mise en place d’une pénalité financière pour les enseignes ou les distributeurs qui ne respecteraient pas le « Stop Pub ».
Par ailleurs, l’UFC-Que Choisir appelle les consommateurs à utiliser le « Stop Pub » qu’elle met gratuitement à leur disposition dans ses associations locales.
Retrouvez les coordonnées de l’association locale la plus proche de chez vous.




Notes:
1- Cela représente 10 % de l’utilisation du papier graphique actuelle.

Edito - Vie associative

Bilan des Actions de l'UFC Que Choisir en 2017


Diffusée lors de l’AG 2018 qui s’est tenue à Guidel, la vidéo sur le bilan des actions 2017 est dorénavant disponible. Nous vous la mettons à disposition ci-dessous.

Les chiffres clé de la Fédération:



Le bilan en vidéo:

Edito - Environnement et Energie

Bilan énergétique gratuit: Gare aux arnaques


Le bilan énergétique gratuit ou l’enquête obligatoire sur l’habitat énergivore, c’est l’arnaque en vogue des démarcheurs à domicile pour faire signer des devis pharaoniques aux consommateurs soucieux d’économies d’énergie ou du réchauffement climatique. Méfiance.

« Tout a commencé par un coup de fil. La dame m’annonce que le bilan énergétique gratuit est devenu obligatoire pour tout le monde, se souvient Christian, qui vit en Loire-Atlantique. J’accepte que le contrôleur passe chez moi le lendemain. Il m’explique que le bilan énergétique des logements est obligatoire, au même titre que le contrôle antipollution des voitures, et qu’EDF établira ensuite un système de bonus-malus sur mes factures. On discute, et en plus de ce bilan énergétique, il propose de me monter un dossier pour une isolation gratuite. Comme je dois sortir, je réponds à ses questions et je signe. »

Mais, une fois de retour chez lui, Christian examine le document de plus près. Il découvre un devis de BT Concept Éco, une entreprise bien connue de l’UFC-Que Choisir, avec sa signature apposée sous la mention « bon pour travaux », et sans aucune indication des aides qu’on lui a annoncées. « Comment ai-je pu être aussi crédule ? » se demande encore Christian qui a fait jouer son droit de rétractation dès le lendemain.

Malheureusement, son cas n’a rien d’isolé : les témoignages se multiplient. Le bilan énergétique gratuit, tout comme l’analyse énergétique qui évite de payer une nouvelle taxe, ou encore l’enquête obligatoire sur l’habitat énergivore, voilà les nouveaux sésames des réseaux commerciaux et des entreprises sans scrupules pour que les portes des domiciles s’ouvrent facilement et sans la moindre méfiance.

Est-il utile de le rappeler ? Il n’existe strictement aucune obligation réglementaire de bilan ou d’analyse énergétique, ni aucune taxe de cette nature sur les logements. Seul le diagnostic de performance énergétique (DPE) est imposé, mais uniquement en cas de vente ou de mise en location du logement. On est vraiment aux antipodes d’une obligation généralisée, ne vous laissez pas abuser. Une fois entrés, les démarcheurs ont en effet un savoir-faire imparable pour vous faire signer n’importe quoi !

Edito - Santé et Bien être

Maladie de Lyme: Des recommandations, enfin


La Haute autorité de santé, attendue sur la prise en charge de la maladie de Lyme, vient de publier de nouvelles recommandations de prise en charge. Elle entérine la possibilité d’un traitement par antibiotiques en cas de symptômes persistants peu évocateurs de la maladie, même en cas de test négatif.

Finalement, la Haute autorité de santé (HAS) a tenu les délais. En dépit de désaccords persistants au sein du groupe de travail qui planche depuis un an et demi sur la maladie de Lyme, elle a publié de nouvelles recommandations de prise en charge très attendues. C’était d’autant plus nécessaire, a plaidé la HAS lors de sa conférence de presse, que la saison des tiques bat son plein. Et que le nombre de cas signalés de la maladie a, selon les chiffres récents de Santé Publique France, fortement augmenté en 2016.

Il fallait, a souligné la Pr Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, apporter une réponse concrète aux médecins de premier recours. Même pour les malades les plus problématiques, c’est-à-dire les personnes persuadées d’être touchées par un Lyme, mais dont les symptômes – fatigue intense, troubles du sommeil, douleurs, troubles cognitifs – sont peu évocateurs de la maladie. Parmi elles, certaines ont déjà été traitées pour un Lyme par le passé mais estiment, contre l’avis des médecins en général, ne pas être encore guéries. D’autres présentent les mêmes signes cliniques mais les tests actuellement utilisés pour le diagnostic de Lyme ont toujours été négatifs. Quelle que soit la sérologie, la HAS a décidé de regrouper tous ces cas « chroniques » sous le terme « symptomatologie/syndrome persistant polymorphe après une possible piqûre de tique » (SPPT). Pour eux, la conduite à tenir, a détaillé le Dr Cédric Grouchka, membre de la HAS, « consiste d’abord à les prendre au sérieux. Puis à mener un bilan complet pour rechercher une autre maladie. » Si aucun diagnostic n’est trouvé et que les symptômes sont toujours là, alors un traitement dit « d’épreuve » pourra être prescrit. Il s’agit de donner des antibiotiques pendant 28 jours, pour voir s’ils ont un impact sur les signes cliniques.

C’est la grande nouveauté de ces recommandations : la possibilité de donner un traitement y compris en cas de test négatif. Toutefois, sa durée est encadrée, et il devra être répertorié et supervisé par un des cinq centres spécialisés dans les maladies vectorielles à tiques (MVT) prévus par le plan Lyme.

Polémiques immédiates

Sans surprise, le positionnement de la HAS n’a pas calmé la guerre qui fait rage sur la maladie de Lyme. La Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), pourtant partie prenante du groupe de travail, a manifesté dans un communiqué son opposition au SPPT, « qui pourrait conduire à des excès de diagnostics susceptibles d’orienter les patients vers des prises en charge inadéquates ». L’association de patients ChroniLyme, elle, déplore l’absence de mesures d’urgence et l’impossibilité de cures d’antibiotiques longues. La Fédération française des maladies vectorielles à tiques (FFMVT), constituée de médecins plus proches des malades, pointe de nombreux manques mais salue tout de même l’avancée que constitue, selon elle, la reconnaissance du SPPT.

Action nationale - Commerce

Economie collaborative: 8 plateformes mises en demeure !

Alors que débute l’été, que les vacances approchent, l’UFC-Que Choisir alerte sur les conditions générales des principales plateformes d’économie collaborative (locations pour les vacances, voitures, outillage/bricolage, etc.) qui sont truffées de clauses que l’association estime abusives ou illicites. Au vu de ce constat, l’UFC-Que Choisir met à disposition des consommateurs des décryptages1 et une foire aux questions et a mis en demeure AIRBNB, ABRITEL/HOMEAWAY, ALLO VOISINS, DRIVY, ELOUE, OUICAR, STOOTIE, ZILOK, de procéder à d’indispensables suppressions et modifications de leurs contrats.
Si les plateformes d’économie collaborative ont le vent en poupe, les consommateurs seraient bien avisés d’être vigilants quand ils acceptent les conditions générales d’utilisation de ces sites, puisque nous avons dénombré plus d’une dizaine de clauses litigieuses dans les contrats des sociétés précitées, et jusqu’à 45 pour Airbbnb. En effet, entre le manque de lisibilité des clauses, les exonérations des responsabilités, les frais cachés, l’utilisation des données personnelles des utilisateurs, la philosophie sociétale initiale de l’économie collaborative s’efface largement devant les excès juridiques au seul profil des plateformes.

Consentement de l’utilisateur : qui ne dit mot…

Parfois difficile à trouver (Airbnb), les conditions générales d’utilisation sont souvent illisibles car comprenant de nombreux liens hypertextes, parfois en langue anglaise, et regorgeant de notions floues et imprécises : « de temps en temps » ; « d’autres sites » ; « à sa seule discrétion ». Dans ces conditions, difficile de dire que le consentement de l’utilisateur est « éclairé », quand il est demandé…. Car Ouicar et Airbnb se dispensent même d’un consentement exprès puisque le silence vaut acceptation.

Responsabilité : courage fuyons !

Si les témoignages soulignent que le secteur de l’économie collaborative n’échappe pas aux litiges, les plateformes, elles, entendent échapper à leur responsabilité en cas de problème : pas d’indemnisation du consommateur en cas d’interruption du service par le professionnel (Airbnb ; pas responsable des dommages directs (Drivy, Zlikok, Stootie) ou d’annulation de la location (Allovoisins, Ouicar).

Frais cachés : gare aux imprécisions !

Les conditions générales prévoient souvent une série de possibles frais additionnels ou variables… Ainsi Zilok entend s’autoriser à modifier les frais et commissions… Difficile pour le consommateur d’avoir une idée claire des frais qu’ils aura à payer au final d’autant que certains prévoient que c’est à lui de vérifier le montant de ces frais et leur mode de calcul (Airbnb).

Données : vous avez dit « personnelles » ?
Surtout les plateformes collectent un grand nombre de données personnelles et entendent s’octroyer toute liberté d’utilisation, y compris en dehors de la plateforme (Airbnb), voire pour des usages commerciaux.

Au vu de ces constats alarmants, l’association, qui invite les consommateurs à la vigilance,

- met à leur disposition sur que choisir.org des décryptages et une foire aux questions sur les différents secteurs de l’économie collaborative

- met en demeure AIRBNB, ABRITEL/HOMEAWAY, ALLO VOISINS, DRIVY, ELOUE, OUICAR, STOOTIE, ZILOK de modifier leurs contrats sous un mois.

A défaut de régularisation sous un mois, l’UFC-Que Choisir se réserve le droit d’engager des actions en justice afin que soient respectés les droits des consommateurs.

UFC Que Choisir en ligne

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Les dernières infos:

Santé et Bien être :

Gaz radioactif dans les maisons: Le radon sous-évalué
Le radon a beau être classé cancérogène depuis plus de 30 ans, la France a toujours fait comme si ce dangereux gaz radioactif s’arrêtait aux portes des logements. La réglementation évolue enfin, mais pas à la bonne saison !

Il est invisible, indolore, indétectable, et pourtant il constitue la deuxième cause de cancer du poumon en France. Certes, très loin derrière le tabac. Mais il cause 1 200 à 3 000 décès par an, qui pourraient être évités. Lui, c’est le radon, un gaz radioactif d’origine naturelle. Présent en particulier dans les sous-sols granitiques ou volcaniques, il peut s’infiltrer dans les maisons et y atteindre des teneurs dangereuses pour la santé des occupants.

La France sous-estime le risque depuis longtemps. Les analyses et les mesures correctives en cas de concentrations élevées ne concernent que des catégories d’établissements recevant du public, et dans 31 départements jugés prioritaires, selon les autorités. Cette liste et cette réglementation lacunaires suscitent bien des critiques de la part de la Criirad, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, créée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Car son laboratoire d’analyses effectue de nombreuses mesures de radon, et il lui arrive de détecter des teneurs élevées dans des zones classées à potentiel de radon « faible », a priori sans risque. Plus grave, les habitations sont exclues de la surveillance, alors qu’on y passe en moyenne 67 % de son temps, sachant qu’on monte à 83 % pour les jeunes enfants et les retraités. Du coup, il s’agit d’un lieu d’exposition privilégié.

Un décret très attendu


Dès 1990, la Commission européenne avait émis des recommandations pour protéger la population des dangers de l’exposition au radon dans tous les bâtiments, y compris l’habitat. La France n’en a jamais tenu compte. Heureusement, la directive européenne Euratom, parue en janvier 2014, a fixé des échéances incontournables. Les États membres devaient s’y conformer dans un délai maximal de quatre ans. Le gouvernement aurait dû publier un nouveau décret radon au plus tard le 6 février 2018. Il vient seulement de paraître. Il abaisse le seuil acceptable de 400 à 300 becquerels de radon par mètre cube. Au-delà, des interventions seront indispensables. Surtout, les logements sont désormais concernés : le radon va faire partie des informations à transmettre lors des transactions immobilières, à la vente comme à la location. De même que le risque d’inondation ou d’avalanche, le niveau d’exposition de la commune au radon sera indiqué sur « l’état des servitudes risques et d’information sur les sols », le document qui remplace « l’état des risques naturels et technologiques » depuis le 1er janvier 2018. Un nouvel arrêté doit définir le zonage radon au niveau communal. Au total, 7 033 communes vont y figurer en catégorie 3, celle des zones à potentiel radon significatif, sans que cela soit vraiment satisfaisant. Une maison peut en effet accumuler du radon sans se trouver dans une commune à risque fort, et vice versa. Certains types de construction sont plus propices au radon que d’autres, quel que soit leur secteur.

Les mesures, c’est en automne et en hiver


Cependant, définir ou confirmer le risque si on a un doute sur la présence de ce gaz nécessite toujours des analyses. Or, celles-ci doivent impérativement se faire en automne et en hiver, les saisons où les teneurs des intérieurs en radon sont les plus élevées. Effectuer les mesures au printemps ou en été ne sert à rien, des résultats rassurants peuvent masquer une forte présence hivernale.

Que Choisir a donc décidé de ne pas traiter des problèmes du radon, des types de logements à risques et des remèdes adaptés dès maintenant, mais d’y revenir en détail en octobre prochain. C’est en effet le mois où doser ce gaz radioactif devient pertinent, à supposer qu’on ait des raisons de s’inquiéter. Quoi qu’on puisse lire ou entendre, il faut donc laisser passer l’été sans se faire trop de souci. En ce qui concerne les teneurs en radon, on entre dans la basse saison !

UFC Que Choisir en ligne

Élisabeth Chesnais

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Santé et Bien être :

Intoxication alimentaire: Des reblochons suspectés d’avoir contaminé de jeunes enfants
Quatorze cas d’intoxication alimentaire grave, dont un mortel, sont survenus entre avril et juin 2018 chez de jeunes enfants ayant consommé du reblochon au lait cru de la fromagerie Chabert vendu sous plusieurs marques. Selon les investigations des autorités sanitaires, ces cas seraient liés pour tout ou partie à une même souche de bactéries Escherichia coli, particulièrement virulente chez le jeune enfant. La procédure de retrait des produits a connu de multiples rebondissements.

Quatorze enfants âgés de 1 à 5 ans originaires de diverses régions de France ont été victimes d’infections bactériennes après avoir consommé du reblochon au lait cru fabriqué par la fromagerie Chabert sur le site de Cruseilles (Haute-Savoie). Parmi ces enfants, 6 ont été hospitalisés pour un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une infection grave touchant le rein. Vendredi 1er juin, Santé publique France annonçait le décès de l’un d’eux.



Une bactérie très virulente chez le jeune enfant

Le 11 mai 2018, le ministère de la Santé et de l’Agriculture, alerté par la survenue de plusieurs cas d’intoxication sévère chez de jeunes enfants provoqués par la même souche de bactéries E. coli, ordonnait le retrait de reblochons au lait cru de la fromagerie Chabert vendus sous la marque « Nos régions ont du talent » et commercialisés depuis le 21 janvier 2018 dans les enseignes Leclerc. Une procédure élargie 3 jours plus tard à l’ensemble des reblochons entiers (450 g) produits par la fromagerie, « par mesure de précaution » selon le ministère, la contamination étant probablement liée à un même conteneur de lait cru parvenu à la fromagerie fin janvier. Ces fromages sont notamment vendus sous les marques Chabert, Nos régions ont du talent (Leclerc), Saveurs de nos régions (Lidl), Reflets de France (Carrefour) ou encore Itinéraire des saveurs (Intermarché).

« De récentes avancées technologiques nous permettent aujourd’hui d’identifier avec précision la signature génomique d’une bactérie. Grâce à un système de surveillance dynamique, nous avons pu identifier début mai 4 cas d’enfant malade dont les coprocultures [analyses de selles] révélaient la présence de bactéries de type E. coli productrices de toxines ayant le même ADN », explique Simon Le Hello, co-responsable du Centre national de référence des E. coli à l’Institut Pasteur, précisant que les 14 cas désormais identifiés par les autorités sanitaires sont biologiquement ou épidémiologiquement confirmés.

La bactérie mise en cause est E. coli O26, une E. coli entérohémorragique (EHEC). Cette bactérie qui colonise habituellement le tube digestif des ruminants libère dans le corps humain des toxines (shigatoxines) susceptibles d’entraîner dans les jours suivant la consommation de l’aliment contaminé des diarrhées sanglantes, des douleurs abdominales et des vomissements. Les sources les plus fréquentes sont les steaks hachés et, dans une moindre mesure, les fromages au lait cru. Dans les cas les plus sévères, les symptômes peuvent évoluer vers un SHU. « Le risque est surtout présent chez le jeune enfant dont le système immunitaire encore immature peut s’emballer sous l’effet des shigatoxines. Il attaque alors les reins, plus rarement le cœur ou le système nerveux, avec des conséquences graves comme des atteintes rénales sévères pouvant nécessiter une dialyse à vie et parfois causer la mort », précise le Dr Le Hello.

Les investigations menées par Santé publique France et l’Institut Pasteur ont confirmé un lien épidémiologique entre ces cas et la consommation de reblochons au lait cru commercialisés dans plusieurs régions par la fromagerie Chabert. Le 4 juin 2018, le syndicat interprofessionnel du reblochon précisait que la bactérie E. coli O26 ayant rendu ces enfants malades n’avait pas été retrouvée à ce jour, ni dans le fromage accusé de l’avoir véhiculée, ni dans le lait ayant servi à sa fabrication. Cette absence ne dédouane pas pour autant les dits fromages. Une très faible contamination suffit en effet à entraîner un risque, et la bactérie peut très bien avoir échappé à l’échantillonnage, reconnaît le syndicat. Selon l’AFP, 456 analyses auraient été réalisées par l’entreprise Chabert, 100 % des lots analysés s’étant révélés conformes.

Demi-fromage et demi-mesure

Cela n’a hélas pas empêché l’annonce par Santé publique France, vendredi 1er juin, du décès d’un jeune patient atteint d’un SHU. Dans la foulée, le site du ministère de la Santé annonçait que les enquêtes menées par les autorités sanitaires à la suite de ce nouveau cas avaient permis d’identifier des lots supplémentaires de reblochons qui n’avaient pas été visés par les premières procédures de rappel. L’État élargissait donc encore une fois le retrait, cette fois à des demi-reblochons portant le numéro d’estampille 74.289.050 et au fromage LeTartiflard (un fromage de Savoie au lait cru) produits sur le site à la même période.


Cette procédure à multiples rebondissements n’est pas sans rappeler la très récente affaire Lactalis au cours de laquelle plusieurs listes de produits au rappel incomplètes ont été diffusées avant qu’un document a priori exhaustif soit disponible, à la plus grande exaspération des consommateurs.

L’entreprise Chabert met à la disposition des consommateurs le numéro de téléphone suivant : 0 800 94 52 35, ouvert de 8 h à 19 h.

Rappelons enfin que, selon les recommandations des autorités sanitaires, les jeunes enfants doivent éviter les fromages à pâte molle au lait cru (reblochon, morbier) sauf s’ils sont cuits (tartiflette, etc.), la chaleur détruisant la bactérie E. coli. On leur préférera donc les fromages au lait pasteurisé. Cette recommandation vaut également pour les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.

UFC Que Choisir en ligne

Marie-Noëlle Delaby

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La dernière enquête:

Tourisme et loisirs :

Location entre particuliers (infographie) Vous et la location saisonnière entre particuliers

Vous avez été plus de 2 000 à répondre au questionnaire de l'UFC Que Choisir sur la location saisonnière entre particuliers. Ce nouveau mode de location s’est imposé en un temps record. Derrière de nombreux atouts, vous n’hésitez pas à poser un regard critique sur certaines pratiques des Airbnb, Abritel et autres Homelidays.
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Des évolutions attrayantes

Offre alternative aux hôtels, campings ou clubs de vacances, la location entre particuliers via différents sites a le vent en poupe. Si les locations de vacances ont toujours existé, le fait de passer par Internet facilite grandement le choix et les démarches de réservation. Et désormais, même les séjours en ville sont concernés, alors qu’il y a moins de dix ans, l’hôtel était quasiment l’unique option. Des évolutions qui expliquent que la location entre particuliers via les plateformes séduise de plus en plus de vacanciers comme en témoigne son taux de croissance annuel de 30 %.

Le marché dans les mains de deux géants

Parmi les sites qui proposent la mise en relation des propriétaires et locataires, les historiques (Gîtes de France, Clévacances, etc.) sont à la peine face aux géants du tourisme que sont Homeaway (groupe Expedia) qui chapeaute les deux sites jumeaux Abritel et Homelidays, et surtout Airbnb. Cette marque est presque devenue un nom commun (« Vous allez à l’hôtel ou dans un Airbnb ? »). Une consécration exceptionnelle pour une plateforme lancée en France il y a seulement six ans.

Bons points et mauvaises surprises

Bien que les internautes considèrent comme excessifs les frais facturés par ces sites, ils choisissent ce mode d’hébergement avant tout pour des questions financières. Lorsqu’on part en famille et que l’on a besoin de plusieurs chambres d’hôtel, l’addition grimpe très vite, d’autant qu’il faut aussi prendre ses repas au restaurant. Le très large choix d’hébergements (620 000 annonces en France revendiquées par Airbnb et Homeaway confondus) permet de trouver aisément son bonheur et le système d’avis, de se faire une idée plus précise des atouts et inconvénients du logement. Plus précise mais pas toujours exhaustive, en partie à cause de l’indulgence excessive dont beaucoup de locataires ont tendance à faire preuve lorsqu’ils notent les hébergements. Raison pour laquelle les mauvaises surprises ne sont pas rares : un locataire sur cinq y a déjà été confronté. La non-conformité ou l’insuffisante précision de l’annonce est souvent en cause. Pour éviter les déceptions, deux conseils : communiquer en amont avec le propriétaire pour lui demander des détails sur les points déterminants à vos yeux et lire attentivement le plus grand nombre d’avis possibles sans se laisser aveugler par les cinq étoiles qui couronnent la plupart des logements.
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