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Purificateurs d’air: Un remède pire que le mal ?

La pollution de l’air intérieur inquiète et le nombre d’allergiques augmente. Une aubaine pour les fabricants. Les épurateurs d’air en tous genres se multiplient en magasin. Pour le meilleur ? Pas si sûr.


La qualité de l’air intérieur fait désormais partie des grands sujets de santé publique, Que Choisir y contribue en traquant, test après test, les émissions de polluants des différents produits qui dégradent la qualité de l’air qu’on respire chez soi. Mais c’est une aubaine pour les professionnels du traitement de l’air, qui ont compris tout l’intérêt commercial qu’ils pouvaient tirer de cette problé­matique. Les procédés destinés à assainir l’air intérieur sont de plus en plus nombreux. Entre les appareils, les matériaux et même les clés USB, le marché monte en puissance. Les publicités vantent des dispositifs plus efficaces les uns que les autres, certains se disent même écolo. Que faut-il en penser, améliorent-ils vraiment la qualité de l’air des logements ?

Dans le petit monde du traitement de l’air, on ne jure plus que par la photocatalyse. Longtemps can­tonnée aux applications industrielles pour le traitement de l’eau et des effluents, elle s’est trouvé un nouveau marché avec l’air intérieur des logements. Les matériaux et les produits de décoration photoactifs se multiplient depuis quelques années. On trouve des enduits, des papiers muraux, des peintures, des carrelages et autres revêtements de sol, des sprays, des stores qui assurent épurer l’atmosphère, se disent autonettoyants ou antibactériens. On vend même des objets de décoration « assainissants ». Quant aux appareils épurateurs d’air, qu’ils soient mobiles ou qu’il s’agisse de consoles murales ou de plafonniers, ils font également de plus en plus appel à la photocatalyse. Le procédé est plébiscité, il ferait des merveilles.

Des nanoparticules inquiétantes

Par une succession de réactions chimiques dues à l’irradiation du dioxyde de titane par des ultraviolets quand on parle d’appareils, ou par la lumière naturelle s’il s’agit de matériaux, la photocatalyse détruit les substances polluantes et les décompose en vapeur d’eau et en dioxyde de carbone. C’est a priori parfait.

Mais l’air intérieur d’un logement n’a rien à voir avec le traitement d’effluents industriels. Or, le passage de cette technologie au marché grand public s’est fait sans grande évaluation. Les études démontrant son efficacité ont été menées en laboratoire, en chambre d’essai, pas en simulant des conditions de vie réelles. Néanmoins, les quel­ques essais effectués sur les matériaux destinés à l’habitat, notamment des peintures et des papiers muraux, ne sont pas encourageants. « Les tests réa­lisés démontrent un très faible impact des matériaux de revêtement photoactifs sur les concentrations ambiantes en polluants, voire une dégradation globale de la qualité de l’air intérieur par la production de composés secondaires, commente Patrice Blondeau, maître de conférences à l’université de La Rochelle. Leur faible efficacité s’explique en grande partie par le fait que seule une petite fraction des molécules émises dans l’air intérieur entre en contact avec les parois de la pièce. »

Et puis, il y a l’épineuse question des effets sur la santé de la photocatalyse. D’abord, en raison des nanoparticules de dioxyde de titane. Elles constituent le catalyseur de la plupart des appareils et matériaux commercialisés, mais elles sont fortement suspectées d’être toxiques et cancérogènes. Dès 2007, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) les a classées « cancérogène possible » pour l’homme. Elles provoquent des cancers du poumon chez le rat, sont génotoxiques chez la souris. Présentes dans le sang de souris femelles, elles traversent le placenta et se retrouvent dans le foie et le cerveau des fœtus. Rien de très rassurant… Ensuite, il y a le procédé lui-même, qui peut provoquer la formation de nombreux sous-produits de dégradation, parfois plus néfastes pour la santé que les polluants qu’on cherche à éliminer ! La formation d’aldéhydes, en particulier de formaldéhyde, le polluant le plus préoccupant en air intérieur, d’acétaldéhyde et de propanal, ainsi que de cétones, figurent parmi les principaux composés secondaires identifiés.

Des remèdes simples existent

Autant d’éléments qui ont conduit l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, à l’issue d’une journée de débats scientifiques et techniques, à conclure que, « en l’état actuel des connaissances, l’efficacité et l’innocuité des matériaux et systèmes d’épuration par photocatalyse ne sont pas avérées dans les environnements intérieurs ». Présentée par les industriels comme une technologie universelle, la purification de l’air par photocatalyse est donc à proscrire dans les logements.

Restent les autres types d’épurateurs d’air. Ils fonctionnent principalement par filtres ou par ionisation, ou en combinant les techniques. Les ioniseurs génèrent des ions négatifs réputés avoir des effets bénéfiques sur la santé, sans que ce soit scientifiquement prouvé, mais « comme dans le cas de la photocatalyse, les ions négatifs produits réagissent avec les composés organiques volatils en formant un plasma froid qui casse les molécules et les transforme en sous-produits, lesquels peuvent être plus toxiques que les substances de départ. Ce sont des phénomènes très complexes à optimiser, beaucoup d’appareils ne les maîtrisent pas », prévient Patrice Blondeau.

En l’état actuel des connaissances, en revanche, les épurateurs d’air qui utilisent la filtration, et seulement la filtration, ne semblent pas problématiques pour la santé. Pas de transformation des polluants dans ce cas, les filtres les captent. L’association de filtres à particules et de filtres à charbon actif améliore les performances en réduisant le nombre de poussières en suspension et en agissant sur de nombreux polluants, à condition de les nettoyer et de les changer régulièrement… avec précaution pour éviter le relargage de poussières !

Il existe heureusement des remèdes simples pour respirer un air sain. Éliminer les sources de pollution chimique, le tabac, éviter chien et chat en cas d’allergie, passer l’aspirateur régulièrement et avec soin, la serpillière humide plutôt que le balai, ventiler pour éviter les moisissures. Rien d’impossible à mettre en place.
Améliorer la qualité de l’air de son logement

Un air non pollué chez soi, c’est possible, à condition d’éliminer les sources de pollution et d’aérer chaque jour.



Identifier les sources de pollution chimique

Désodorisants et parfums ­d’intérieur.
Que Choisir les a testés en 2004 puis en 2008. Conclusion : « Oubliez-les, ils font respirer des substances cancérogènes dans le pire des cas, allergènes ou irritantes le plus souvent. » Gare aux huiles essentielles, la plupart sont allergisantes.



Les produits d’entretien.
À chaque fois que nous testons des nettoyants ménagers, nous analysons leurs émissions : contentez-vous du strict minimum ! Évitez les aérosols qui diffusent leurs particules dans l’air, les cires vaporisables, les bombes dépoussiérantes.



L’atelier et le garage attenants au logement.
Les vapeurs d’essence, les solvants et autres produits utilisés par les bricoleurs s’infiltrent facilement dans l’habitation.



Les travaux : vitrification, peinture…
Nos tests le démontrent, certaines peintures sont très polluantes, d’autres peu ou pas du tout. Pourtant, impossible de le savoir en magasin : l’étiquette des émissions de polluants présente sur les emballages ne suffit pas, les seuils retenus pour les diverses substances sont trop élevés.



Les solutions

• Éliminer les produits polluants.
• Faire le ménage et bricoler fenêtre ouverte.
• Entretenir la ventilation. Fermer les entrées d’air est une erreur, laisser s’encrasser les bouches d’extraction de l’air aussi.
• Aérer régulièrement. Les systèmes de ventilation ne suffisent pas, il faut ouvrir les fenêtres au moins 10 minutes matin et soir pour renouveler l’air. Contrairement à une idée répandue, l’air extérieur est moins pollué que l’air intérieur.



Source: Que Choisir en Ligne . Publié le: 22/05/2013
Élisabeth Chesnais


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