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Gros électroménager: Difficile d’acheter français

Dans le pays de la gastronomie, impossible ­d’équiper une cuisine avec des produits 100 % fabriqués en France. Face à la concurrence asiatique, les usines de production de gros électroménager ont été délocalisées en Europe de l’Est.


Vous êtes nombreux, après la publication de nos tests de gros électroménager (réfrigérateurs, congélateurs, lave-vaisselle, etc.), à nous questionner sur l’origine des produits. S’équiper en électroménager représente souvent un investissement important et vous souhaitez favoriser le tissu industriel national en achetant local. Las, c’est de plus en plus difficile, voire impossible pour certains produits (voir encadré « S’équiper en bleu blanc rouge »). Le journaliste Benjamin Carle, qui a vécu « 100 % français » pendant un an (1), en a fait l’amère expérience en découvrant qu’il était impossible de trouver un réfrigérateur made in France. Il a dû, pendant des mois, accrocher ses denrées à la fenêtre. « Du froid fabriqué en France ? Cela n’existe plus », confirme Martine Bernier, chef de produit électroménager pour la Camif. L’enseigne de vente à distance, relancée en 2009 sur Internet, intègre à son catalogue des produits répondant au minimum à deux des critères suivants : la qualité, la fabrication française et la durabilité. « Dans le blanc, on est plutôt sur la qualité et la durabilité », regrette Martine Bernier. La fabrication française a pourtant le vent en poupe depuis la crise de 2008. Textile, beauté, automobile : certains secteurs misent massivement sur le made in France. Pas le gros électroménager. Pour la chef de produit de la Camif, cette différence s’explique par le caractère mondialisé des fabricants d’appareils domestiques. « Dans le textile, ceux qui relocalisent sont des Français. Mais dans le gros électroménager, il ne reste plus de marque française. » Or, les entreprises étrangères n’ont aucun intérêt particulier à produire dans l’Hexagone. Fagor-Brandt, par exemple, est passé sous pavillon algérien en 2013, ce qui a entraîné le transfert outre-Méditerranée de sa production de lave-linge. Ces délocalisations témoignent d’une volonté de réduire les coûts, mais aussi d’améliorer la logistique des sociétés transnationales. Officiellement, produire en Europe de l’Est facilite les livraisons dans les pays de l’Ancien continent et en Russie. En 2014, Electrolux a transféré sa production de lave-linge de Revin (Ardennes) vers la Pologne, plus « proche des marchés à croissance rapide ». Cette décision, après le rachat de Fagor-Brandt par Cevital, entérina la fin des lave-linge français.

Le résultat de 25 ans de désindustrialisation

Quand bien même elles le voudraient, certaines marques ne pourraient plus produire français, faute de fournisseurs locaux. « On se rend compte aujourd’hui des ravages d’une désindustrialisation qui dure depuis 25 ans », analyse Théophile Magnon-­Pujo, gestionnaire technique opérationnel chez Pro France, l’association derrière le label Origine France Garantie (voir encadré). « Les sous-­traitants, qui représentent la base de la pyramide, ont disparu les uns après les autres, dans l’ombre, jusqu’à obliger les grandes marques, celles que les consommateurs connaissent, à partir », observe-t-il. Cas unique dans l’électroménager, le fabricant de caves à vin EuroCave produit exclusivement en France, tout en réalisant 78 % de ses ventes à l’export. Bien sûr, « à l’étranger, avoir une origine française lorsque l’on travaille dans le vin nous donne tout de suite une expertise quasiment génétique », sourit Pascal Blanchard, P-DG de l’entreprise. Mais au-delà de l’image de marque, il souligne les nombreuses difficultés à produire dans un pays à bas coût. « Contrairement à un réfrigérateur, une cave à vin ne peut souffrir aucune variation de température ou d’hydrométrie : nous avons donc une obligation de qualité qui ne peut venir que de la maîtrise totale de notre production en France », souligne-t-il. Pour ce chef d’entreprise, produire en Chine, « en contrôlant tout, tout le temps, et en employant une main-d’œuvre suffisamment stable et formée », coûterait « probablement aussi cher qu’ici ». Avec un autre risque : « Que nous perdions nos secrets, car tous nos concurrents s’approvisionnent chez les mêmes fournisseurs. » Faute de gros électroménager, pour qui veut relocaliser son achat, il reste le petit. Certains services à fondue, planchas, friteuses ou robots ménagers de Seb, Moulinex, Téfal, Le Marquier ou Magimix peuvent arborer un drapeau tricolore sur leurs emballages. C’est aussi le cas de certaines machines à expressos Krups. Même en cuisine, nos emplettes peuvent encore être nos emplois.

S’équiper en bleu blanc rouge: Vers quelles marques se tourner ?

Plutôt que de chercher à l’aveuglette un réfrigérateur ou un lave-­vaisselle fabriqué en France, voici les marques proposant des appareils dont c’est
le cas. Attention, la plupart d’entre elles ne ­produisent que certains modèles sur notre sol : après l’avoir ciblée, il faut tout de même vérifier la provenance du modèle souhaité.

Réfrigérateurs: Il n’existe plus de réfrigérateurs ou congélateurs fabriqués en France et destinés à des particuliers. Friginox fabrique dans l’Hexagone à destination des professionnels. Freecold produit des réfrigérateurs et congélateurs qui fonctionnent à l’énergie solaire.

Caves à vin: Artevino (groupe EuroCave).

Lave-vaisselle: Brandt (combiné lave-vaisselle/table de cuisson), et Rosières (combiné lave-vaisselle/four/table de cuisson).

Lave-linge: Brandt et Vedette (lave-linge séchants).

Sèche-linge: Brandt, Hotpoint, Laden, Indesit, Vedette, Whirlpool.

Cuisson: Brandt, De Dietrich, Rosières, Sauter (plaques, fours encastrables, cuisinières).

Fours à poser: De Dietrich (fours micro-­ondes), Roller Grill, Rowenta.

Hottes aspirantes De Dietrich, Roblin, Sauter.

Origine France garantie: Un label en expansion


Faute d’accord au niveau européen, le marquage de l’origine n’est pas obligatoire sur les produits, sauf sur quelques denrées (fruits et légumes, viande bovine, œufs, miel). Il est donc parfois difficile de savoir où est fabriqué un appareil. Et, lorsque l’information apparaît, elle n’est qu’indicative. « Le made in France n’est pas suffisamment défini et très peu contrôlé », regrette Théophile Magnon-Pujo, ­gestionnaire technique opérationnel chez Pro France. « Chaque entreprise peut donc apposer sa propre phrase marketing, au risque de perdre le consommateur », ajoute-t-il. Un produit « élaboré en France » ou « conçu en France » n’est probablement pas français. Seul l’assemblage, par exemple, peut être local. Pour offrir plus de transparence au consommateur, l’association Pro France, créée en 2010 par le député Yves Jégo, a mis sur pied la certification « Origine France garantie » (OFG). Pour en bénéficier, un produit doit avoir acquis en France à la fois ses caractéristiques principales et plus de la moitié de son prix de revient (coût de la recherche et ­développement, de la main-d’œuvre, des matières premières, etc.). « Nous labellisons le procédé de fabrication, pas la qualité », précise Théophile Magnon-Pujo. Il indique néanmoins que bien souvent « les normes et exigences françaises font que les produits fabriqués ici sont meilleurs ». Aujourd’hui, plus de 1 500 gammes de produits (à retrouver sur http://www.mesachatsfrancais.fr/) sont labellisées. « L’audit OFG est lourd : il faut ouvrir à un organisme examinateur son process, ses comptes, ses méthodes de fabrication, etc. Les entreprises dont les produits sont labellisés viennent donc chez OFG par conviction », note-t-il. Le jeu en vaut a priori la chandelle : une étude menée à l’été 2016 par Pro France montre que cette labellisation, accordée pour trois ans, s’est traduite par une augmentation de 8 à 12 % des ventes des produits concernés. Dans le même temps, une enquête Ipsos a montré que 63 % des consommateurs ont une bonne image de ce label.

Note:(1) Made in France, l’année où j’ai vécu 100 % français (DVD, Ed. Montparnasse).



Source: Que Choisir en Ligne . Publié le: 20/12/2016
Morgan Bourven


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