En tête UFC Que Choisir de l'Ardèche

Contacts Ardèche

Association Locale de l'Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir


Siège: Place de la Gare - 07200 AUBENAS - Tel : 04 75 39 20 44 - Email : contact@ardeche.ufcquechoisir.fr

Accueil > Information > Commerce :

Huiles d’olive des marchés provençaux: Encore trop d’arnaques

Selon une étude récente de l’interprofession, la plupart des huiles d’olive vendues sur les marchés de Provence sont d’origine étrangère et, de surcroît, de mauvaise qualité. Des conclusions qui confirment les résultats de nos enquêtes sur le terrain.


Chaque été, les huiles d’olive tiennent la vedette sur les marchés méridionaux. Une aubaine pour les vacanciers « locavores », à l’affût d’authentiques produits du terroir ? Pas si sûr, si l’on en croit les résultats pour le moins affligeants des deux enquêtes sur le terrain que nous avions menées successivement en 2005 et en 2008. Malgré leurs étiquettes fleurant bon le soleil du midi et le chant des cigales, ces huiles n’avaient le plus souvent rien de provençal.

Il s’agissait pour l’essentiel d’huiles étrangères, pourtant vendues comme des produits locaux. Et pour cause : alors que le prix de revient d’une huile française tourne en moyenne autour de 7 € le litre, il n’est que de 2 € en Italie ou en Espagne. Il est donc tentant, pour des commerçants peu scrupuleux, de faire passer les secondes pour les premières.

On pouvait toutefois espérer que la nouvelle réglementation de l’étiquetage, entrée en vigueur en 2009, allait assainir le marché puisqu’elle oblige désormais les fabricants à indiquer l’origine de leurs huiles. L’enquête réalisée l’an dernier par l’Association française interprofessionnelle de l’olive (Afidol) auprès d’une cinquantaine de stands alimentaires révèle qu’il n’en est rien. Soixante-cinq huiles ont été achetées afin d’être examinées. Cette évaluation avait pour objectifs de déterminer leur provenance (pour la confronter à celle indiquée sur l’étiquetage) et de vérifier leur classification en « vierge extra » par rapport aux critères chimiques et organoleptiques de cette dénomination.

Résultat : rien à redire sur l’étiquetage. Mis à part quelques irrégularités mineures, les produits sont conformes à la loi. Sauf que la plupart des huiles étrangères identifient leur provenance par des mentions pour le moins imprécises, telles que « Origine CE », « Produit de la Communauté européenne », « Produit CE », etc. Le plus souvent, il faut d’ailleurs chausser des lunettes pour dénicher l’information inscrite en petits caractères sur la contre-étiquette. La mise en exergue de l’adresse d’un embouteilleur local, ou l’affichage d’un département oléicole français sur certaines étiquettes contribuent à entretenir l’ambiguïté. De même que l’abus de couleurs locales et de tissus provençaux dans la décoration des stands. Enfin, certains commerçants s’y entendent pour embrouiller le client. « Sur les stands vendant à la fois des huiles françaises et étrangères, 42 % des vendeurs présentent ces dernières comme françaises, mais avec une valeur inférieure à l’authentique huile française (un assemblage, une huile sans AOC…). La véritable origine n’est annoncée que dans 8 % des cas », précise l’étude de l’Afidol. « Sur les stands qui proposent exclusivement de l’huile d’origine étrangère, un vendeur sur trois la présente comme une huile locale, voire comme sa production familiale. »
Défaut de « moisi »

En moyenne, ces huiles vendues sans origine précise sont de piètre qualité, voire inférieure à celle des produits « premier prix » de la grande distribution. Plus de la moitié d’entre elles ne sont pas conformes aux critères exigés pour la dénomination « vierge extra » à laquelle toutes prétendent. Le défaut de « moisi » est parfois si prononcé qu’il peut pousser certains produits vers la catégorie « lampante ». Le comble est que ces huiles sont vendues en moyenne trois fois plus cher que les produits d’entrée de gamme des grandes surfaces.

Dans cet océan de médiocrité, tout n’est pourtant pas à jeter. Certains produits d’origine étrangère affichent clairement la couleur (par exemple, DOP Priego de Cordoba, origine Espagne). Le niveau de qualité est alors bien supérieur et la typicité correspond à la provenance indiquée. La mention « Produit de France » est aussi une mention fiable pour qui veut acheter une huile locale à un prix plus abordable que celui des huiles bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP ou AOC). Conclusion : la règle d’or pour éviter les arnaques est de lire attentivement les étiquettes, sans se fier au baratin des vendeurs.



Source: Que Choisir en Ligne . Publié le: 24/02/2012
Claire Garnier - Florence Humb


Pied de page - UFC Que Choisir de l'Ardèche

Haut de page | Accueil | UFC Que Choisir de l'Ardèche | Mentions légales | Plan du site
Site de l'union fédérale des consommateurs Que Choisir: UFC Que Choisir - Association de consommateurs
Site de l'union régionale des consommateurs Que Choisir: UFC Que Choisir Rhône Alpes