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Encens et bougies: Un décret très décevant
Le plan national pour la qualité de l’air intérieur publié par le gouvernement en 2013 prévoyait d’étiqueter les produits susceptibles de polluer l’air intérieur et précisait même que « les produits les plus polluants, par exemple les encens qui émettent plus de 2 µg/m3 de benzène, seront interdits ». C’était prometteur, Que Choisir avait applaudi cette volonté de protéger la santé des usagers.

Mais au vu du projet de décret actuellement en consultation, on peut dire que la montagne accouche d’une souris. Les fabricants de produits polluants ont de quoi se réjouir. Consacré aux produits désodorisants à combustion, c’est-à-dire aux encens, bougies, papier d’Arménie, brûle-parfums… le texte présenté par le ministère de l’Écologie se contente d’exiger que les emballages de tous ces produits portent les mentions « ventiler la pièce après utilisation » et « éviter d’inhaler directement la fumée ».

Si les produits visés par le décret n’étaient pas si polluants on pourrait en rire, mais c’est la santé des consommateurs qui est en jeu. En brûlant de l’encens chez soi, nos analyses l’ont encore prouvé l’automne dernier, on fait le plein de pollution, on respire des substances plus préoccupantes les unes que les autres pour la santé. Entre benzène, un gaz hautement cancérogène, formaldéhyde, autre gaz cancérogène par inhalation et très irritant à faibles doses, particules fines qui se déposent au plus profond de l’appareil respiratoire, acroléine qui est un irritant puissant, c’est tout un cocktail de substances très toxiques qu’on inhale.

Alors plutôt que des précautions d’usage très basiques qui ne protègent aucunement les utilisateurs, le décret aurait pu a minima imposer la mention « émet des composés cancérogènes ». En préliminaire à l’étiquetage des émissions de polluants et le retrait du marché des désodorisants les plus nocifs, toujours pas à l’ordre du jour...

Et d’ailleurs on ignore quand il le sera, et même s’il le sera. Le ministère n’a pas répondu à nos questions sur le sujet et pour l’instant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) n’est même pas chargée de définir les valeurs admissibles des émissions de polluants. La protection de la santé des consommateurs prend du retard, le masquer par un décret n’y change rien.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Cosmétique: Les microbilles sur la sellette
Arrivées en masse sur le marché de l’hygiène-beauté dans les années 1990, les microbilles (microbeads, en anglais) améliorent l'effet exfoliant des cosmétiques et le pouvoir nettoyant des gels douches et des dentifrices. Elles sont faites de polyéthylène ou de polypropylène, une famille de plastiques bon marché et sûrs, utilisés depuis des décennies en emballage alimentaire.

La première alerte est venue de Nouvelle-Zélande. Des chercheurs de l'université d'Auckland ont publié en 2009 un article dans la revue Marine Pollution Bulletin. Ils se sont aperçus que les stations d'épuration ne filtraient pas ces microbilles, trop petites (entre 0,1 et 0,02 mm), et qu'elles finissaient dans le milieu marin. De nombreux travaux ont complété ce constat. Le dernier en date, publié en janvier 2016, émane de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). Conduite par Arnaud Huvet, directeur du laboratoire d’écotoxicologie de Brest, l'étude a montré que les microbilles, en très fortes concentrations, perturbaient le cycle de vie des huîtres, qui les absorbent comme du phytoplancton. Cela confirme les travaux de François Galgani, également chercheur à l'Ifremer, qui avait évoqué à plusieurs reprises la nocivité de ces microbilles.

En volume, comme il en faut plusieurs centaines de milliers pour faire un gramme, elles représentent une fraction infime des quelque trois millions de tonnes de déchets en plastique générés chaque année par un pays comme la France. Le problème est leur capacité de dissémination et leur persistance. Chimiquement stable, le polyéthylène met des décennies à se dégrader.


Bientôt bannies des États-Unis

Les États-Unis ont adopté une loi d'interdiction de portée nationale fin 2015 qui entrera en vigueur début 2017. La Californie et l'Illinois (État qui borde les Grands lacs) avaient déjà légiféré dans ce sens. Il est fort probable que l'Union européenne s'oriente elle aussi vers une interdiction des microbilles à brève échéance. La question sera examinée lors d'une conférence internationale à Lanzarote (Canaries) les 25 et 27 mai 2016.

La protection de l'environnement pose souvent des dilemmes, nombre de produits étant à la fois néfastes et très utiles. Rien de tel dans le cas des microbilles. On cherche en vain une étude sérieuse démontrant leur efficacité cosmétique. L'Oréal a d'ailleurs annoncé que ses produits n'en contiendraient plus à partir de 2017.

Dès maintenant, si vous voulez les éviter, il existe quelques repères simples. « Polyéthylène » (sigle PE) dans les ingrédients d'un gel douche, d'un dentifrice ou d'une crème exfoliante, signale quasiment à coup sûr la présence de microbilles.
Que Choisir en Ligne
Erwan Seznec


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Répartiteurs de frais de chauffage: Une lapalissade transformée en plébiscite
Même la ministre de l’Écologie, qui s’apprête à signer un décret contesté de toutes parts, ne devait pas espérer un tel plébiscite. En effet, 91 % des Français se déclarent favorables à l’individualisation des frais de chauffage en copropriété.

C’est le résultat du sondage commandé par le Syndicat de la mesure qui regroupe les professionnels du secteur, Ista et Techem en tête, les grands bénéficiaires de ce décret à venir. Mais 91 % de oui à la question posée : « Êtes-vous favorable à l’individualisation des frais de chauffage pour les bâtiments à chauffage collectif, c’est-à-dire au fait de répartir le coût du chauffage en fonction de la consommation réelle ? », ça va de soi. Toute personne à peu près sensée qui n’est pas experte en copropriété y est évidemment favorable et c’est heureux.

En revanche, à l’exception des professionnels qui ont beaucoup à y gagner, industriels de la mesure et syndics de la Fnaim, tous les spécialistes de la copropriété sont contre et ça fait du monde.

De l’Union sociale de l’habitat qui représente les grands bailleurs sociaux à l’Association des responsables de copropriété au nom des copropriétés privées en passant par les experts en efficacité et rénovation énergétiques, d’Effinergie et du Réseau pour la transition énergétique aux bureaux d’études thermiques spécialistes du secteur, tous les connaisseurs du logement collectif s’opposent à ce projet de décret et à juste titre. Dommage que le gouvernement ne les entende pas.


L’individualisation n’est qu’un leurre

Pour les occupants, l’individualisation promise par le décret n’est qu’un leurre. Individualiser a priori, c’est payer en fonction de sa consommation, zéro si on ne se chauffe pas. Or la facture de chauffage en immeuble, ce n’est pas ça du tout. Elle se divise en plusieurs parties, une pour le contrat de maintenance de la chaufferie et les réparations, une pour la production d’eau chaude, une autre pour le chauffage des communs, et enfin celle qui concerne le chauffage de chaque logement. Seule cette dernière partie va faire l’objet de l’individualisation. Or c’est en moyenne un tiers du montant payé… très loin de « l’individualisation des frais de chauffage » plébiscitée par les Français.

Et le sondage n’a évidemment pas pu parler de la chaleur qui se diffuse d’un logement à l’autre, ce que les thermiciens appellent « le vol de calories », contrairement à l’eau qu’on consomme à 100 % individuellement. Rien non plus sur les contorsions dans les évaluations chiffrées que les services du ministère ont dû faire pour soutenir leur ministre. La moitié des copropriétés étaient en effet toujours perdantes financièrement au bout de 10 ans lors de leur première évaluation, il a fallu modifier des paramètres pour que tout le monde y gagne !
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Compteur Linky: Peut-on le refuser ?
Après avoir fait le point sur les éventuels risques pour la santé engendrés par Linky, d’autres interrogations ont surgi et notamment celle-ci : est-il ou non possible de refuser le compteur Linky ? Les lobbyistes anti-Linky radicaux font le buzz en affirmant que oui. Mais pour Que Choisir, le problème est plus compliqué. Rien ne vaut des réponses factuelles dénuées de passion.


À qui appartient le compteur électrique ?

Qu’il s’agisse d’un compteur classique ou de Linky, la règle est la même, votre compteur électrique ne vous appartient pas. L’article 6-2 des conditions générales de vente d’EDF précise que « le dispositif de comptage est fourni et posé par ERDF. Il fait partie du domaine concédé ». L’article 6-3 ajoute que « le dispositif de comptage est entretenu, vérifié et renouvelé par ERDF ». EDF parle de « domaine concédé » car le compteur n’est pas la propriété de sa filiale ERDF, mais appartient aux collectivités locales. Néanmoins, celles-ci ayant concédé le service public de distribution d’électricité à ERDF sur 95 % du territoire, les compteurs relèvent de son entière responsabilité. Sur les 5 % du territoire restants, ce sont les entreprises locales de distribution qui en ont la charge.

L’avis de QC

Le contrat de concession incluant la gestion des compteurs et les missions de comptage, le client ne peut pas s’opposer à l’installation du nouveau compteur.


Et si ma commune a voté contre la pose des compteurs Linky ?

Sensibles aux arguments des associations anti-Linky, des communes ont voté contre l’installation des compteurs Linky sur leur territoire. Forts de ces votes en conseil municipal, certains appellent à refuser la pose du compteur. Mais c’est loin d’être aussi simple. « La plupart des communes ont transféré la compétence du réseau électrique à leur intercommunalité, à leur métropole ou à un syndicat local de l’énergie, rappelle Charles-Antoine Gautier, chef du département Énergie de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). C’est cette autorité qui gère la concession de service public, pas la commune ».

L’avis de QC

Les communes s’étant destituées de leur compétence au profit d’une autorité organisatrice (structure intercommunale, syndicat de l’énergie), le vote du conseil municipal peut avoir une portée symbolique, mais il n’a pas de valeur juridique.


Le maire peut-il interdire les compteurs Linky ?

« Le maire pourrait à la rigueur faire valoir son pouvoir de police en prenant un arrêté municipal d’interdiction, estime la FNCCR, mais cela supposerait que le risque soit grave ou imminent ».

L’avis de QC

Que Choisir a beau contester l’intérêt du compteur Linky pour les consommateurs et avoir prouvé qu’il peut renchérir le montant de leurs factures, on est loin du « danger grave ou imminent » inscrit dans le code général des collectivités territoriales.


Quelles conséquences si je refuse le compteur Linky ?

Dans l’immédiat aucune. ERDF a 35 millions de compteurs à poser et ne va sans doute pas perdre de temps à tenter de convaincre les récalcitrants. Dans l’avenir, c’est différent. Toutes les opérations se faisant à distance avec Linky, les déplacements pour les relevés de compteurs qui auraient dû être changés pourraient être facturés. Et le jour où l’ancien compteur tombera en panne, l’intervention se soldera par la pose… d’un compteur communicant !

L’avis de QC

La généralisation des compteurs Linky étant une obligation légale bien cadrée (loi + décret d’application + arrêté), les recours seront difficiles en cas de facturations élevées pour des compteurs classiques. En 2012, l’UFC-Que Choisir avait engagé une action contre l’arrêté de généralisation, sans succès malheureusement.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Produits cosmétiques: Les fiches des molécules toxiques à éviter


Sodium lauryl sulfate, ammonium lauryl sulfate



Essentiellement exploité comme tensioactif (qui permet aux corps gras de la formule de se disperser dans l’eau), le sodium lauryl sulfate est un irritant bien connu, les scientifiques le savent depuis des décennies. Il n’est qu’à compulser leurs publications pour s’en convaincre : ici on le désigne comme « l’irritant standard », là, on introduit le propos par « le sodium lauryl sulfate (SLS), un tensioactif fréquemment utilisé pour induire expérimentalement des dermatites de contact »…
Son proche parent, l’ammonium lauryl sulfate (ALS), n’est pas en reste : lorsqu’on l’applique en grande quantité, il se révèle « hautement irritant ». Seul un rinçage très soigneux peut limiter les dégâts. C’est à se demander pourquoi certains industriels continuent à faire de ces deux composés leurs tensioactifs de prédilection et/ou l’introduisent dans des produits destinés aux enfants. Sa présence dans les dentifrices et autres solutions dentaires est également surprenante car il a été démontré qu’on a plus de risques de voir apparaître des aphtes si on utilise un dentifrice renfermant du SLS. Attention aussi lorsque le produit est utilisé sur des zones particulièrement fragiles : certains produits pour l’hygiène intime en contiennent !


Benzophenone-1, benzophenone-3



Responsables d’un trop grand nombre d’allergies, ces filtres anti-UV ne sont a priori plus inclus dans les crèmes solaires. Ainsi, lors d’une expérience visant à mesurer le pouvoir allergisant de différents composés après exposition au soleil, la benzophenone-3 a provoqué une réaction chez plus d’un quart des sujets. Par ailleurs, elle est classée perturbateur endocrinien sur la base d’une faible activité œstrogénique in vitro. En 2011, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a émis un avis visant à limiter l’utilisation de benzophenone-3 dans les produits cosmétiques. Parfois, elle n’est pas employée pour protéger des UV l’utilisateur, mais plutôt la formule elle-même, car lorsque le flacon est transparent, celle-ci peut souffrir de l’exposition au soleil. On ne saurait trop suggérer aux industriels d’opter pour des flacons opaques ou de changer de protecteur de formule… et aux adolescentes d’éviter les vernis contenant de la benzophenone. À noter que la benzophenone-4 est utilisée dans certains produits à rincer ou non. Même si l’on est tenté de lui imaginer un profil toxicologique peu différent de celui de ses congénères 1 et 3, elle n’est pas classée perturbateur endocrinien dans l’état actuel de la science.


BHA



Heureusement, le butylated hydroxyanisole, antioxydant plus connu sous le nom de BHA, se fait rare dans les produits cosmétiques. Non seulement il est classé « cancérogène possible  » par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), mais il fait partie des substances proposées par la France à la Commission européenne pour une évaluation précise d’urgence de ses propriétés toxiques. Il serait en effet à la fois toxique pour la reproduction et perturbateur endocrinien.


Butylparaben, propylparaben, sodium butylparaben, sodium propylparaben, potassium butylparaben, potassium propylparaben



Ah, les parabens ! Que de slogans plus blancs que blancs ont-ils fait fleurir sur les emballages ! Se revendiquer comme « sans parabens » semble être devenu le passage obligé pour vendre un cosmétique ou un produit d’hygiène. Quitte à remplacer ces conservateurs par d’autres pas très nets non plus, comme la methylisothiazolinone. En réalité, tous les membres de cette famille ne sont pas à mettre dans le même panier : ceux à courte chaîne, ethylparaben et methylparaben (et les composés qui contiennent ce nom, comme sodium ethylparaben) ont été blanchis par les experts français et européens. À l’inverse, les plus dangereux (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben) sont interdits depuis 2014. Mais le butylparaben et le propylparaben restent autorisés (ainsi que les ingrédients dont le nom composé accole un de ces mots à « sodium » ou « potassium ») alors qu’ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens. Un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir ? Ceux qui commencent par P ou B ne sont « Pas Bons » ! Pourtant, on en trouve encore, y compris dans des références destinées aux tout-petits, comme certaines lingettes, aux enfants (quelques dentifrices), ou encore à la sphère génitale. Concernant les moins de 3 ans, propyl et butylparaben sont interdits dans les produit non rincés destinés à être utilisés dans la zone du siège (nettoyants, lingettes, crèmes) mais on en trouve dans des lingettes supposées être utilisées sur le visage ou les mains.


Cyclopentasiloxane, cyclotetrasiloxane



Ces émollients ont montré des propriétés de perturbation endocrinienne. Par ailleurs, le cyclotetrasiloxane est classé toxique pour la reproduction, il est donc à éviter en lui-même. En outre, des traces de ce dernier peuvent « polluer » le cyclopentasiloxane. Enfin, un avis publié en avril 2015 par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, groupe d’experts de la Commission européenne chargé d’évaluer les cosmétiques, a mis en lumière un risque en cas d’inhalation : aérosols, sprays, poudres, etc., devraient éviter ces composés.


Ethylhexyl methoxycinnamate



Également appelé octyl methoxycinnamate (mais pas sur les étiquettes, qui doivent respecter une nomenclature bien précise), ce filtre anti-UV n’est pas réservé aux produits solaires. On le trouve dans certaines crèmes de jour ou fonds de teint, même sans indication d’une protection contre les ultraviolets. Les recherches sur cet ingrédient ont démontré in vivo une perturbation des œstrogènes et de la fonction thyroïdienne. Pourtant, il est assez souvent utilisé, y compris dans des produits « sensibles » comme les sticks pour les lèvres – produit parfois appliqué quotidiennement, restant longtemps en contact avec les muqueuses et dont de petites quantités peuvent être avalées – ou dans des gammes dont le marketing insiste sur l’absence de parabens et autres composés connus du grand public pour leur toxicité.


Methylisothiazolinone (MIT), methylchloroisothiazolinone (MCIT)



Allergène de l’année ! C’est la peu enviable distinction reçue en 2013 par la methylisothiazolinone (MIT). Une société savante de dermatologues américains (American contact dermatitis society) désigne ainsi chaque année l’ingrédient qui a fait le plus de dégâts chez les patients. Methylisothiazolinone (MIT) et methylchloroisothiazolinone (MCIT) restaient jusqu’à une date récente relativement discrètes, mais la mise en cause des parabens a incité trop d’industriels à les remettre au goût du jour, au grand dam des allergologues et dermatologues. Les autorités de santé se sont penchées sur la question et, en juin 2015, ont interdit le mélange MCIT-MIT dans les produits sans rinçage. Les cosmétiques déjà en rayon avant cette date devront avoir disparu à la mi-avril. Employés seuls, ces composés sont encore responsables de nombreux cas d’allergie. Fuyez donc les produits qui en contiennent, même s’ils affichent des mentions trompeuses telles que « peau sensible » ou « testé dermatologiquement ».


p-Phenylenediamine et composés analogues (dont le nom comprend p-Phenylenediamine)



Largement présent dans les teintures capillaires permanentes, ce colorant fait partie des composés dont on se demande pourquoi ils ne sont pas encore interdits. La seule lecture de l’avis publié en 2012 par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, groupe d’experts de la Commission européenne chargé d’évaluer les cosmétiques, est édifiante. « Il a été démontré que la p-Phenylenediamine est un allergène de contact très puissant chez l’animal, c’est aussi un allergène fréquent chez l’homme qui peut engendrer des réactions graves. C’est un sensibilisant extrêmement fort, qui fait partie des tests de routine [pour déterminer la cause d’une réaction allergique, ndlr]. Son utilisation dans les teintures capillaires demeure une préoccupation considérable en termes de sécurité des consommateurs. » Nombre de cas d’eczéma ont été rapportés chez des utilisateurs et des coiffeurs. Alors, pourquoi le trouve-t-on encore dans tant de produits, y compris de marques leaders de la coloration ? Cela dit, les colorations permanentes sont susceptibles de renfermer de nombreux autres composés irritants. À noter que la p-Phenylenediamine peut aussi se retrouver dans les tatouages éphémères.


Phenoxyethanol



Ce conservateur a été réévalué par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en 2012. Elle l’a jugé hématotoxique et hépatotoxique (toxique pour le sang et le foie). Compte tenu d’une concentration de 1 % dans les produits, de l’absorption cutanée et de la dose sans effet, l’agence a jugé ce composé sûr pour les adultes mais a posé des limites pour les enfants de moins de 3 ans. Selon elle, le phenoxyethanol ne devrait pas être employé dans les cosmétiques destinés au siège, qu’ils se rincent ou non : ces produits étant les plus fréquemment et abondamment utilisés, une absorption excessive de phenoxyethanol par la peau serait à craindre. Pour les autres cosmétiques destinés aux tout-petits, sa concentration devrait être limitée à 0,4 %. Malheureusement, comme toutes les agences, l’ANSM n’a qu’un pouvoir, celui de donner son avis. Si aucun texte réglementaire ne le reprend, les industriels peuvent tout à fait l’ignorer. D’où la pléthore de produits contenant du phenoxyethanol et destinés à la zone du siège : crèmes, laits, lingettes, etc.


Triclosan



Ce puissant agent antibactérien était encore largement employé il y a quelques années. Depuis, il a été montré qu’il est perturbateur endocrinien à plus d’un titre : il agirait non seulement sur les hormones œstrogènes, mais aussi sur la fonction thyroïdienne. Double peine au sujet de laquelle quelques grandes marques, heureusement de plus en plus rares, préfèrent se voiler la face.


Allergènes



Les substances allergènes proviennent principalement des parfums incorporés dans les formules pour les rendre plus plaisantes. Mais présence de parfum n’est pas forcément synonyme de présence d’allergènes, et le contraire n’est pas vrai non plus. On trouve des allergènes notamment dans les conservateurs, c’est par exemple le cas du benzyl alcohol. Les molécules susceptibles de provoquer une réaction allergique sont extrêmement nombreuses, mais les 26 qui en provoquent le plus sont obligatoirement étiquetées dès lors qu’elles sont présentes à hauteur de plus de 0,001 % (10 ppm ou mg/kg) dans les produits non rincés et 0,01 % (100 ppm) dans ceux qui sont rincés. Cette liste pourrait évoluer à l’avenir. Les allergènes sont indiqués en fin de liste d’ingrédients, ils sont très fréquents dans tous types de produits. Les mentions rassurantes du type « testé sous contrôle dermatologique », « hypoallergénique » et autres « peaux sensibles » ne garantissent en rien l’absence d’allergènes.
Tout sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques

- Consultez le panorama des produits cosmétiques contenant des molécules toxiques.
- Complétez ce tableau quand vous trouvez une référence qui contient un des composés à risque en participant à notre appel à témoignages ou sur notre forum dédié « Cosmétiques ».
- Téléchargez et imprimez notre carte-repère listant les noms des molécules les plus à risque et glissez-la dans votre portefeuille.



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Molécules toxiques dans les cosmétiques: Que faire des produits qui en contiennent ?
Si nous avons mis à votre disposition un dossier complet sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques (fiches, carte-repère, liste des produits), c’est pour vous apporter un éclairage aussi précis que possible. N’hésitez pas à tout lire attentivement pour prendre les bonnes décisions.

Le plus souvent, un même composé présente des risques de degré différent selon les populations concernées (adultes, enfants, tout-petits, femmes enceintes, etc.). Il sera moins préoccupant dans un produit rincé que dans une crème, un déodorant ou un produit de maquillage qui restent des heures en contact avec la peau ou les muqueuses. C’est pour cette raison que nous avons imaginé les infographies qui accompagnent chaque fiche.

Il y apparaît clairement, par exemple, que le phenoxyethanol est considéré comme sûr pour les adultes, ce qui est matérialisé par une pastille verte (absence de risque). On peut donc utiliser sans crainte les produits pour adultes qui en contiennent. Dans d’autres cas, selon la toxicité du composé et la population concernée, nos fiches font apparaître une pastille jaune (risque limité). On peut concevoir que, par précaution, des consommateurs souhaitent éviter les molécules concernées à l’avenir. De là à remplir sa poubelle de salle de bains avec des produits à peine entamés, il y a un pas que nous vous déconseillons de franchir. Pensez aussi à votre budget et à la planète !


Lauryl n’est pas laureth

Autre conseil : même si les noms de molécules sont complexes, il faut s’efforcer de les lire attentivement. Comme nous le précisons dans la fiche sur les parabens, l’ethylparaben et le methylparaben (ainsi que les composés qui contiennent ces noms) ont été blanchis par les experts. Ils sont à distinguer du propylparaben et du butylparaben (et des composés qui contiennent ce nom), considérés comme perturbateurs endocriniens. De même si nous avons épinglé le sodium lauryl sulfate, nous n’avons pas mis le sodium laureth sulfate dans le même panier. Au contraire, sur notre fiche repère, nous précisons qu’il est moins irritant. Il n’y a donc pas lieu de le traquer sur les étiquettes, surtout si vous avez jusqu’à présent utilisé les produits qui en contiennent sans ressentir d’irritations.

On peut rapprocher ce cas de celui des 26 allergènes à déclaration obligatoire (dernière fiche). Ces composés sont très répandus dans les cosmétiques, y compris bio, et plusieurs sont présents dans des huiles essentielles. Même avec la meilleure volonté du monde, les fabricants ont beaucoup de mal à s’en passer. Si on peut juger souhaitable de les éviter autant que possible, surtout dans le contexte actuel d’explosion des allergies en tout genre, il est irréaliste de vouloir les bannir totalement de sa salle de bains (1). Conclusion, ne vous précipitez pas pour vous débarrasser des produits qui en contiennent, surtout si vous n’avez jamais déclenché de réaction en les utilisant ! Il sera toujours temps, lorsque vous les remplacerez, de vous mettre en quête de références contenant moins d’allergènes.


Perturbateurs endocriniens : à bannir

Le cas des perturbateurs endocriniens est différent. Ils doivent être évités à tout prix, en particulier chez les femmes enceintes, les bébés et aussi les adolescents et adolescentes. Les jeunes filles qui se maquillent et/ou se vernissent les ongles sont particulièrement concernées. Les perturbateurs endocriniens peuvent agir à dose infinitésimale. Avec eux, l’adage selon lequel « la dose fait le poison » ne se vérifie pas : dans certains cas, ils sont plus toxiques à faibles doses qu’en plus grande quantité. Les produits qui en contiennent sont, pour le coup, à jeter sans hésiter.

(1) Notre liste de produits ne reprend d’ailleurs pas de références qui contiennent uniquement un ou plusieurs de ces 26 allergènes. La condition pour y figurer est de renfermer un ou plusieurs des dix autres composés indésirables.
Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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Molécules toxiques dans les cosmétiques: Le top 7 des produits douteux
La chasse aux substances indésirables dans les cosmétiques est ouverte. Avec la publication de nos fiches sur les ingrédients les plus problématiques, de notre carte pour vous aider à les repérer quand vous faites vos courses et de notre base de données sur les produits en contenant, nous entamons un travail de longue haleine consacré à la sécurité des cosmétiques. Parmi les près de 200 déjà présents dans notre base de données, un petit florilège des plus choquants permet de tirer trois enseignements.


Ne pas se fier aux mentions rassurantes


Corine de Farme, lait Mots d'enfants Leclerc, gel Physelia

Champion toutes catégories : Corine de Farme et sa crème pour le change destinée aux « peaux sensibles ». « Testée dermatologiquement, hypoallergénique et sans parabens », elle contient de la methylisothiazolinone, l’ingrédient qui rend fous les dermatologues, élu « allergène de l’année » en 2013 par une association de médecins spécialistes américains. Appliquée en couche épaisse sur des fesses irritées et enfermée dans la couche, elle aura toutes les chances de faire des dégâts. Le même ingrédient est présent dans le lait de toilette sans rinçage Mots d’enfants de Leclerc, pourtant supposé être un produit « hypoallergénique », à la « tolérance testée sous contrôle dermatologique et pédiatrique » et convenant aux « peaux délicates ». Mais également dans le gel pour la toilette intime Physelia prétendument « protecteur », « testé sous contrôle gynécologique » et on en passe.


Se méfier des produits ambigus


Fess'nett et Poupina

Les lingettes de papier toilette humidifié sont en général destinées aux enfants qui commencent à être propres. Ce n’est pourtant pas le cas de Fess’nett : malgré le nom et le principe même du produit qui sonnent plus école maternelle que lycée, il est supposé être utilisé à partir de… 15 ans. Est-ce un moyen pour le fabricant de se dédouaner ? Le phenoxyethanol, conservateur présent dans ces lingettes, est a priori inoffensif passée la tendre enfance. Mais chez les petits, il est toxique pour le foie et le sang. Attention aussi aux lingettes Poupina qui contiennent du propylparaben. Ce perturbateur endocrinien est à bannir chez les tout-petits, à tel point qu’il est désormais interdit dans les produits sans rinçage destinés à la zone du siège… comme les lingettes. Ici, le positionnement « visage et mains » permet d’échapper à cette réglementation.


Oublier les images de marques


Rogé Cavaillès, Caudalie

Marque plutôt bien vue des professionnels de santé, Rogé Cavaillès ne trouve rien de mieux à faire que d’introduire du triclosan, perturbateur endocrinien multi-effet (il agirait sur les hormones œstrogènes mais aussi sur la fonction thyroïdienne) dans des produits destinés à la zone intime (soin toilette intime et lingettes spécial sécheresse). Quant à Caudalie, qui surfe sur une image de marque « naturelle », son fluide antirides a beau laisser entendre qu’il ne contient aucun ingrédient douteux, on y retrouve de l’ethylhexyl methoxycinnamate, perturbateur œstrogénique et thyroïdien également.

Complétez notre base de données

Quand vous trouvez en magasin une référence qui contient un des composés à risque, faites-nous en part en nous indiquant sur ingredient.cosmetique@quechoisir.org ou sur notre forum dédié « Cosmétiques » le nom aussi détaillé que possible de ce produit. Après vérification, nous l’ajouterons à la liste des produits cosmétiques dans lesquels nous avons repéré un ou plusieurs ingrédients indésirables.
Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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TNT Mpeg4 (vidéo): Questions-réponses sur le passage à la TNT HD
Quelles raisons justifient ce passage à un nouveau mode de compression ?

Les motifs qui régissent ce changement sont tout à la fois techniques, politiques et économiques. Conformément à des directives européennes, la France a l’obligation de libérer des fréquences. Afin de réduire l’espace occupé par les chaînes de télévision, elle a adopté le format Mpeg4 qui permet de compresser davantage les signaux de diffusion. Ainsi, sur une bande moins large, on arrive à faire passer autant, voire plus d’informations qu’avec le mode de compression Mpeg2. Et ces fréquences « libérées » valent de l’or. L’État les a prévendues aux opérateurs de téléphonie mobile pour qu’ils déploient notamment leur réseau 5G, encore plus rapide que la 4G. Une couverture du territoire qui se fera progressivement, en commençant par Paris.


Quels foyers sont affectés par cette évolution ?

La fin de la coexistence du Mpeg2 et du Mpeg4 intéresse les particuliers qui reçoivent sur au moins l’un de leurs téléviseurs les chaînes de la TNT par l’antenne râteau, c’est-à-dire par voie hertzienne. « Cela concerne près de 16 % des foyers, estime Nicolas Curien, qui suit ce dossier au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Parmi eux, 5,6 % (soit 1,6 million de foyers) dépendent exclusivement de l’antenne râteau et ne sont pas prêts pour le Mpeg4. S’ils ne font rien, ils n’auront plus la télévision. »


Que doivent-ils faire ?

Ces foyers doivent s’assurer que leurs écrans – le principal et les autres – sont compatibles avec le Mpeg4. Qu’ils sont bien HD ou full HD (attention : les HD Ready ne sont pas tous compatibles). Les modèles mis en vente depuis la fin 2012 ont adopté ce profil (décembre 2009 pour les écrans de plus de 66 cm). Une astuce simple (voir notre vidéo ci-dessus) permet de vérifier que le téléviseur est prêt. Il faut se positionner sur Arte, donc la chaîne n° 7 ou n° 57 : si le logo HD apparaît sur l’une ou l’autre, c’est bon ! Des propriétaires de modèles trop anciens, incompatibles avec le Mpeg4 (appareils fonctionnant avec un adaptateur Mpeg2 ou TNT Mpeg2), vont certainement profiter du passage imposé au seul Mpeg4 pour en changer. Ceux qui garderont leur « vieux » poste devront le relier à un adaptateur TNT HD Mpeg4, qu’ils trouveront dans le commerce à partir d’une vingtaine d’euros.
Tous les foyers qui utilisent l’antenne râteau pour recevoir la TNT – y compris ceux équipés d’une télé Mpeg4 – devront, le 5 avril, en rallumant leur téléviseur, rechercher et mémoriser les chaînes. Une opération rendue nécessaire par la ré­organisation des multiplex, les « paquets » : les chaînes, qui transitent par les centaines d’antennes-relais terrestres implantées sur le territoire, sont regroupées par « paquets ». C’est cette répartition qui va être revue dans toutes les régions.

Bon à savoir. La diffusion exclusive en Mpeg4 ne nécessitera pas, en principe, de changer d’antenne de toit ou de procéder à des réglages particuliers. Une adaptation pourra cependant être nécessaire dans les immeubles collectifs. Attention, dès lors, à ne pas se laisser embobiner par des démarcheurs indélicats qui voudraient vendre à prix prohibitif une nouvelle antenne n’apportant rien de plus que l’ancienne !


Et si l’on reçoit les chaînes via une box (ADSL ou fibre) ou le satellite ?

Pour ceux qui accèdent aux chaînes grâce à la box d’un fournisseur d’accès Internet (Orange, Free…), que ce soit par l’ADSL ou la fibre, il n’y a rien à faire ! La situation est différente si la télé arrive au domicile par câble ou par satellite (sans abonnement). Dans la première configuration, il faut s’assurer auprès du câblo-opérateur que le décodeur est bien HD. Même chose pour ceux qui captent la TNT via une parabole, parce que non (ou mal) desservis par la diffusion hertzienne. Fransat (Eutelsat) et TNT Sat (Canal +) sont les deux opérateurs qui proposent ce service. Pour rendre conforme leur installation (dans le cas du satellite, le « tout-Mpeg4 » sera effectif le 25 avril), des adaptateurs « spécial satellite » Mpeg4 à brancher sur le téléviseur sont disponibles en magasin (de 90 à 160 € environ). Fransat a par ailleurs mis au point un petit module, vendu à partir de 70 €, pour les personnes possédant un téléviseur avec tuner satellite.


Existe-t-il des aides financières pour adapter son installation ?

L’ANFR (Agence nationale des fréquences) indique qu’une participation de 25 € à l’achat d’un adaptateur (elle ne s’applique pas, pour l’instant, à ceux qui passent par le satellite) est accessible aux personnes exonérées du paiement de la redevance audiovisuelle. Et dans les cas assez rares où le passage au « tout-Mpeg4 » nécessiterait de réorienter l’antenne ou d’opter pour une réception par satellite (si l’on se retrouve dans une « zone blanche », à savoir pas ou mal couverte), une aide maximale de 250 € pourra être accordée. Le consommateur avancera les frais et sera remboursé sur facture, mais l’aide ne couvrira pas toujours le montant de la dépense engagée. Certains auront des difficultés à opérer les branchements et réglages nécessaires : grâce à un partenariat avec La Poste, des facteurs pourront s’en occuper. « Ce service est offert – sur rendez-vous (1) – aux foyers recevant uniquement la télé par l’antenne râteau et à condition qu’ils soient composés de personnes ayant toutes plus de 70 ans ou ayant un handicap supérieur à 80 % », précise l’ANFR.


Les programmes seront-ils tous diffusés en haute définition, la HD ?

La quasi-totalité du territoire a déjà accès à la HD via l’antenne râteau. TF1, France 2, Canal +, Arte et M6 ont été les premières chaînes à diffuser des programmes en HD. Les nouvelles chaînes de la TNT les ont suivies en 2012. Dès le 5 avril, toutes les chaînes auront basculé dans ce mode. Mais cela ne signifie pas que la totalité des images reçues sur le téléviseur seront en « haute définition d’origine » (« HD native »), ce qui entraîne une amélioration réelle de leur qualité. Pour cela, il faut que le programme diffusé soit tourné (ou converti pour les films anciens) en HD. Or, ce n’est pas systématique. Quant à ceux qui devront brancher un adaptateur sur leur « vieux » poste, l’image envoyée en HD sera toujours restituée en qualité standard. Le passage en Mpeg4 ne changera rien pour eux !

(1) Pour tout renseignement ou pour obtenir une aide : 0 970 818 818 (du lundi au vendredi, de 8 h à 19 h, prix d’un appel local) ; www.recevoirlatnt.fr
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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SFR: Les clients voient de plus en plus rouge
Que se passe-t-il chez SFR ? Alors qu’il vient de lancer une grande offensive commerciale avec sa nouvelle box Zive, le deuxième opérateur de France doit faire face à des niveaux de mécontentement sans précédent. C’est en tout cas ce que laissent entendre les différents indices statistiques tenus à jour par Que Choisir.

SFR est ainsi l’opérateur qui génère le plus d’appels téléphoniques au Service d’information juridique (SIJ) chargé de répondre aux questions juridiques des abonnés de Que Choisir et de les aider dans leurs démarches. Entre octobre et décembre 2015, pas moins de 153 dossiers ouverts concernaient SFR et 22 Numericable, soit un total de 175 pour le groupe Altice. Sur la même période, Orange générait 124 dossiers alors que l’opérateur compte un plus grand nombre d’abonnés. Free et Bouygues Télécom, quant à eux, en totalisaient respectivement 45 et 42. Accès Internet interrompu, problèmes de résiliation, de facturation… les faits reprochés à SFR sont très variés. Parmi les victimes, il y a par exemple cet ancien abonné qui, après avoir résilié son abonnement, a continué à être facturé et a même reçu des courriers menaçants émanant d’une société de recouvrement. Il a bien tenté d’expliquer sa situation à l’opérateur, mais son courrier est resté sans réponse. Un autre client, lui, s’est plaint de ne plus avoir d’accès à Internet depuis 40 jours après avoir demandé à changer d’offre. Un abonné nous a appelé après avoir découvert que SFR avait modifié son forfait de téléphonie mobile alors qu’il n’avait rien demandé et un autre a dénoncé le fait que SFR l’ait contacté pour lui dire que l’offre qu’il avait souscrite deux ans auparavant n’était plus commercialisée et qu’il devait en choisir une autre. Chez un autre encore, la connexion à la fibre qu’on lui a fait souscrire n’a jamais fonctionné malgré l’intervention à trois reprises d’un technicien à son domicile. Sans compter les nouveaux abonnés qui ont attendu plusieurs semaines que leur box leur soit livrée. SFR a d’ailleurs reconnu « quelques couacs » dans la livraison « à cause de volumes de commandes plus importants que prévu ».

Les juristes du SIJ ne sont pas les seuls à constater une recrudescence des litiges liés à SFR. Alors qu’ils représentent à eux deux environ 20 % du marché, SFR et Numericable ont généré pas moins de 44 % des litiges liés à la téléphonie mobile reçus à l’UFC-Que Choisir en 2015, que ce soit au niveau de nos associations locales ou à la fédération parisienne.

Une satisfaction en berne

Logiquement, la hausse du nombre de litiges se retrouve dans d’autres études. C’est le cas par exemple dans la dernière enquête satisfaction menée par notre Observatoire de la consommation. Celle-ci montre en effet qu’en 2015, seuls 77 % des clients mobiles de SFR se disaient satisfaits des services de leur opérateur, soit une baisse de 10 points sur les 2 années précédentes et le plus faible taux tous opérateurs confondus, bien loin derrière Free Mobile et ses 96 % de clients satisfaits. Dans la même enquête, seuls 45 % des clients SFR mobile disaient avoir envie de recommander cet opérateur à leurs proches, soit, là aussi, le plus mauvais score de tous. Conséquence de cette tendance, SFR et Red, sa marque mobile low cost, perdent chacune 2 places dans notre comparateur des opérateurs de téléphonie mobile.

Depuis son rachat par Altice, le groupe propriétaire de Numericable, SFR est en complète restructuration, que ce soit au niveau des équipes, des réseaux et des offres. Aussi considérable soit-il, ce chantier ne doit pas faire oublier à l’opérateur la satisfaction de ses abonnés.
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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Données personnelles; Cnil et DGCCRF convoquent Facebook
Facebook prend un peu trop ses aises avec nos données personnelles. Ce n’est pas nouveau : il y a deux ans déjà, l’UFC-Que Choisir attaquait le réseau social en justice devant le TGI (tribunal de grande instance) de Paris pour clauses abusives ou illicites. Cette procédure, toujours en première instance, suit son cours. Mais l’actualité récente tend à lui donner du poids.

De multiples manquements à la loi Informatique et libertés

Il y a deux jours, la Cnil annonçait en effet qu’elle avait adressé à Facebook une mise en demeure de corriger certaines pratiques en matière de données personnelles. Selon elle, le réseau social ne respecte pas la législation (loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978), et ce à plusieurs égards. D’abord, la Cnil déplore qu’à aucun moment, lors de l’inscription au site, les utilisateurs ne soient informés du traitement qui sera fait de leurs données personnelles. Elle reproche ensuite à Facebook de ne pas demander le consentement exprès des utilisateurs lorsqu’il leur propose de compléter leur profil avec leurs opinions politiques, religieuses ou encore leur orientation sexuelle. En outre, la Cnil estime que Facebook n’assure pas la sécurité des données de ses abonnés car ils peuvent choisir un simple mot de passe à 6 caractères, insuffisant. Les enquêteurs, qui se sont rendus dans les locaux parisiens de Facebook en avril 2015 avant de procéder à des tests en ligne en décembre, ont constaté plusieurs autres manquements. Le réseau social piste les internautes même lorsqu’ils n’ont pas de compte Facebook : un clic sur un bouton « j’aime », comme on en voit de plus en plus souvent sur Internet (e-commerçants, blogs, articles de presse, etc.), suffit. Il s’agit en fait d’un cookie déguisé. Pour celui-ci comme pour tous ceux qu’il dépose dans les PC et les smartphones de ses utilisateurs, Facebook est d’ailleurs tenu d’obtenir l’accord préalable des internautes, ce qu’il ne fait pas non plus. Il conserve par ailleurs les adresses IP des internautes pendant plus de 6 mois, ce que la Cnil juge disproportionné. Citons enfin, parmi les griefs, le fait que Facebook transfère les données personnelles de ses abonnés hors de l’Union européenne, et ce malgré l’invalidation récente de l’accord qui le lui permettait, le Safe Harbor. S’il ne modifie pas tous ces points litigieux dans un délai de 3 mois, Facebook risque une amende pouvant atteindre 150 000 €. Un montant qui ne devrait pas effrayer le groupe californien qui a réalisé au dernier trimestre 2015 un chiffre d’affaires de 3,54 milliards de dollars !

Des clauses contractuelles jugées abusives

La DGCCRF est moins diserte sur les reproches qu’elle a adressés à Facebook le lendemain de la Cnil. Après avoir examiné les conditions d’utilisation du site, elle a constaté qu’elles contenaient des clauses abusives, interdites par la loi. « Dans la Déclaration des droits et responsabilités figurent plusieurs clauses qui créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, au détriment des utilisateurs », explique la Répression des fraudes. En fait, celle-ci reproche à Facebook de pouvoir supprimer, sans avertir personne, des contenus publiés par les abonnés. Elle tique également sur le droit que Facebook s’octroie de modifier unilatéralement ses conditions d’utilisation et son service de paiement. Cette fois, le réseau social a 2 mois pour mettre à jour ses conditions d’utilisation. Mais il pourrait contester cette obligation devant le juge administratif, ce qui éloignerait considérablement la perspective d’une issue tant les procédures judiciaires sont longues.

Données personnelles : comment paramétrer son compte Facebook

Même si Facebook se plie aux exigences de la Cnil et de la DGCCRF, l’utilisateur devra toujours intervenir sur les paramètres de son compte pour protéger au mieux ses données personnelles. Notre vidéo (réalisée en 2013) vous indique, pas à pas, la marche à suivre.

Retrouvez aussi nos tutoriels pour paramétrer vos comptes Twitter (2013) et Google + (2014).
Que Choisir en Ligne
Camille Gruhier


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