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Bilan énergétique gratuit: Gare aux arnaques
« Tout a commencé par un coup de fil. La dame m’annonce que le bilan énergétique gratuit est devenu obligatoire pour tout le monde, se souvient Christian, qui vit en Loire-Atlantique. J’accepte que le contrôleur passe chez moi le lendemain. Il m’explique que le bilan énergétique des logements est obligatoire, au même titre que le contrôle antipollution des voitures, et qu’EDF établira ensuite un système de bonus-malus sur mes factures. On discute, et en plus de ce bilan énergétique, il propose de me monter un dossier pour une isolation gratuite. Comme je dois sortir, je réponds à ses questions et je signe. »

Mais, une fois de retour chez lui, Christian examine le document de plus près. Il découvre un devis de BT Concept Éco, une entreprise bien connue de l’UFC-Que Choisir, avec sa signature apposée sous la mention « bon pour travaux », et sans aucune indication des aides qu’on lui a annoncées. « Comment ai-je pu être aussi crédule ? » se demande encore Christian qui a fait jouer son droit de rétractation dès le lendemain.

Malheureusement, son cas n’a rien d’isolé : les témoignages se multiplient. Le bilan énergétique gratuit, tout comme l’analyse énergétique qui évite de payer une nouvelle taxe, ou encore l’enquête obligatoire sur l’habitat énergivore, voilà les nouveaux sésames des réseaux commerciaux et des entreprises sans scrupules pour que les portes des domiciles s’ouvrent facilement et sans la moindre méfiance.

Est-il utile de le rappeler ? Il n’existe strictement aucune obligation réglementaire de bilan ou d’analyse énergétique, ni aucune taxe de cette nature sur les logements. Seul le diagnostic de performance énergétique (DPE) est imposé, mais uniquement en cas de vente ou de mise en location du logement. On est vraiment aux antipodes d’une obligation généralisée, ne vous laissez pas abuser. Une fois entrés, les démarcheurs ont en effet un savoir-faire imparable pour vous faire signer n’importe quoi !
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Élisabeth Chesnais


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Gaz radioactif dans les maisons: Le radon sous-évalué
Il est invisible, indolore, indétectable, et pourtant il constitue la deuxième cause de cancer du poumon en France. Certes, très loin derrière le tabac. Mais il cause 1 200 à 3 000 décès par an, qui pourraient être évités. Lui, c’est le radon, un gaz radioactif d’origine naturelle. Présent en particulier dans les sous-sols granitiques ou volcaniques, il peut s’infiltrer dans les maisons et y atteindre des teneurs dangereuses pour la santé des occupants.

La France sous-estime le risque depuis longtemps. Les analyses et les mesures correctives en cas de concentrations élevées ne concernent que des catégories d’établissements recevant du public, et dans 31 départements jugés prioritaires, selon les autorités. Cette liste et cette réglementation lacunaires suscitent bien des critiques de la part de la Criirad, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, créée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Car son laboratoire d’analyses effectue de nombreuses mesures de radon, et il lui arrive de détecter des teneurs élevées dans des zones classées à potentiel de radon « faible », a priori sans risque. Plus grave, les habitations sont exclues de la surveillance, alors qu’on y passe en moyenne 67 % de son temps, sachant qu’on monte à 83 % pour les jeunes enfants et les retraités. Du coup, il s’agit d’un lieu d’exposition privilégié.

Un décret très attendu


Dès 1990, la Commission européenne avait émis des recommandations pour protéger la population des dangers de l’exposition au radon dans tous les bâtiments, y compris l’habitat. La France n’en a jamais tenu compte. Heureusement, la directive européenne Euratom, parue en janvier 2014, a fixé des échéances incontournables. Les États membres devaient s’y conformer dans un délai maximal de quatre ans. Le gouvernement aurait dû publier un nouveau décret radon au plus tard le 6 février 2018. Il vient seulement de paraître. Il abaisse le seuil acceptable de 400 à 300 becquerels de radon par mètre cube. Au-delà, des interventions seront indispensables. Surtout, les logements sont désormais concernés : le radon va faire partie des informations à transmettre lors des transactions immobilières, à la vente comme à la location. De même que le risque d’inondation ou d’avalanche, le niveau d’exposition de la commune au radon sera indiqué sur « l’état des servitudes risques et d’information sur les sols », le document qui remplace « l’état des risques naturels et technologiques » depuis le 1er janvier 2018. Un nouvel arrêté doit définir le zonage radon au niveau communal. Au total, 7 033 communes vont y figurer en catégorie 3, celle des zones à potentiel radon significatif, sans que cela soit vraiment satisfaisant. Une maison peut en effet accumuler du radon sans se trouver dans une commune à risque fort, et vice versa. Certains types de construction sont plus propices au radon que d’autres, quel que soit leur secteur.

Les mesures, c’est en automne et en hiver


Cependant, définir ou confirmer le risque si on a un doute sur la présence de ce gaz nécessite toujours des analyses. Or, celles-ci doivent impérativement se faire en automne et en hiver, les saisons où les teneurs des intérieurs en radon sont les plus élevées. Effectuer les mesures au printemps ou en été ne sert à rien, des résultats rassurants peuvent masquer une forte présence hivernale.

Que Choisir a donc décidé de ne pas traiter des problèmes du radon, des types de logements à risques et des remèdes adaptés dès maintenant, mais d’y revenir en détail en octobre prochain. C’est en effet le mois où doser ce gaz radioactif devient pertinent, à supposer qu’on ait des raisons de s’inquiéter. Quoi qu’on puisse lire ou entendre, il faut donc laisser passer l’été sans se faire trop de souci. En ce qui concerne les teneurs en radon, on entre dans la basse saison !
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Élisabeth Chesnais


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Intoxication alimentaire: Des reblochons suspectés d’avoir contaminé de jeunes enfants
Quatorze enfants âgés de 1 à 5 ans originaires de diverses régions de France ont été victimes d’infections bactériennes après avoir consommé du reblochon au lait cru fabriqué par la fromagerie Chabert sur le site de Cruseilles (Haute-Savoie). Parmi ces enfants, 6 ont été hospitalisés pour un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une infection grave touchant le rein. Vendredi 1er juin, Santé publique France annonçait le décès de l’un d’eux.



Une bactérie très virulente chez le jeune enfant

Le 11 mai 2018, le ministère de la Santé et de l’Agriculture, alerté par la survenue de plusieurs cas d’intoxication sévère chez de jeunes enfants provoqués par la même souche de bactéries E. coli, ordonnait le retrait de reblochons au lait cru de la fromagerie Chabert vendus sous la marque « Nos régions ont du talent » et commercialisés depuis le 21 janvier 2018 dans les enseignes Leclerc. Une procédure élargie 3 jours plus tard à l’ensemble des reblochons entiers (450 g) produits par la fromagerie, « par mesure de précaution » selon le ministère, la contamination étant probablement liée à un même conteneur de lait cru parvenu à la fromagerie fin janvier. Ces fromages sont notamment vendus sous les marques Chabert, Nos régions ont du talent (Leclerc), Saveurs de nos régions (Lidl), Reflets de France (Carrefour) ou encore Itinéraire des saveurs (Intermarché).

« De récentes avancées technologiques nous permettent aujourd’hui d’identifier avec précision la signature génomique d’une bactérie. Grâce à un système de surveillance dynamique, nous avons pu identifier début mai 4 cas d’enfant malade dont les coprocultures [analyses de selles] révélaient la présence de bactéries de type E. coli productrices de toxines ayant le même ADN », explique Simon Le Hello, co-responsable du Centre national de référence des E. coli à l’Institut Pasteur, précisant que les 14 cas désormais identifiés par les autorités sanitaires sont biologiquement ou épidémiologiquement confirmés.

La bactérie mise en cause est E. coli O26, une E. coli entérohémorragique (EHEC). Cette bactérie qui colonise habituellement le tube digestif des ruminants libère dans le corps humain des toxines (shigatoxines) susceptibles d’entraîner dans les jours suivant la consommation de l’aliment contaminé des diarrhées sanglantes, des douleurs abdominales et des vomissements. Les sources les plus fréquentes sont les steaks hachés et, dans une moindre mesure, les fromages au lait cru. Dans les cas les plus sévères, les symptômes peuvent évoluer vers un SHU. « Le risque est surtout présent chez le jeune enfant dont le système immunitaire encore immature peut s’emballer sous l’effet des shigatoxines. Il attaque alors les reins, plus rarement le cœur ou le système nerveux, avec des conséquences graves comme des atteintes rénales sévères pouvant nécessiter une dialyse à vie et parfois causer la mort », précise le Dr Le Hello.

Les investigations menées par Santé publique France et l’Institut Pasteur ont confirmé un lien épidémiologique entre ces cas et la consommation de reblochons au lait cru commercialisés dans plusieurs régions par la fromagerie Chabert. Le 4 juin 2018, le syndicat interprofessionnel du reblochon précisait que la bactérie E. coli O26 ayant rendu ces enfants malades n’avait pas été retrouvée à ce jour, ni dans le fromage accusé de l’avoir véhiculée, ni dans le lait ayant servi à sa fabrication. Cette absence ne dédouane pas pour autant les dits fromages. Une très faible contamination suffit en effet à entraîner un risque, et la bactérie peut très bien avoir échappé à l’échantillonnage, reconnaît le syndicat. Selon l’AFP, 456 analyses auraient été réalisées par l’entreprise Chabert, 100 % des lots analysés s’étant révélés conformes.

Demi-fromage et demi-mesure

Cela n’a hélas pas empêché l’annonce par Santé publique France, vendredi 1er juin, du décès d’un jeune patient atteint d’un SHU. Dans la foulée, le site du ministère de la Santé annonçait que les enquêtes menées par les autorités sanitaires à la suite de ce nouveau cas avaient permis d’identifier des lots supplémentaires de reblochons qui n’avaient pas été visés par les premières procédures de rappel. L’État élargissait donc encore une fois le retrait, cette fois à des demi-reblochons portant le numéro d’estampille 74.289.050 et au fromage LeTartiflard (un fromage de Savoie au lait cru) produits sur le site à la même période.


Cette procédure à multiples rebondissements n’est pas sans rappeler la très récente affaire Lactalis au cours de laquelle plusieurs listes de produits au rappel incomplètes ont été diffusées avant qu’un document a priori exhaustif soit disponible, à la plus grande exaspération des consommateurs.

L’entreprise Chabert met à la disposition des consommateurs le numéro de téléphone suivant : 0 800 94 52 35, ouvert de 8 h à 19 h.

Rappelons enfin que, selon les recommandations des autorités sanitaires, les jeunes enfants doivent éviter les fromages à pâte molle au lait cru (reblochon, morbier) sauf s’ils sont cuits (tartiflette, etc.), la chaleur détruisant la bactérie E. coli. On leur préférera donc les fromages au lait pasteurisé. Cette recommandation vaut également pour les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
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Marie-Noëlle Delaby


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Camembert de Normandie: La pasteurisation en voie de remporter la bataille
Passera, passera pas ? Annoncée en février dernier par l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), la nouvelle version du cahier des charges du camembert de Normandie AOP est déjà sous le feu des critiques. Cœur de la polémique : l’autorisation, d’ici 2021, de la pasteurisation du lait dans le processus traditionnel de fabrication du fameux fromage. Les industriels laitiers, Lactalis en tête, qui réclamaient cette mesure depuis plus de 10 ans au nom de l’hygiène et du principe de précaution, ont donc obtenu satisfaction. Seulement, voilà : si le chauffage du lait permet d’éliminer d’éventuelles bactéries pathogènes, il détruit du même coup la flore aromatique et les ferments indigènes qui confèrent au fromage normand sa saveur inimitable. « C’est le camembert au lait cru que l’on assassine ! » s’indignent une quarantaine de personnalités – chefs étoilés, vignerons, comédiens, journalistes – dans une tribune publiée le 15 mai dans « Libération ». « Le plus populaire des fromages tricolores, le calendos, va perdre son caractère et sa typicité, pour devenir une pâte molle sans goût », prédit le texte rédigé par la présidente de l’association Fromages de terroirs, Véronique Richez-Lerouge.

Ce cri d’alarme aux accents cocorico n’est pas resté sans écho auprès des amoureux des fromages puisque, à ce jour, plus de 32 700 personnes ont déjà signé la pétition contre la pasteurisation du camembert de Normandie d’appellation d’origine sur le site Change.org. De leur côté, 12 députés normands ont écrit au ministre de l’Agriculture pour lui faire part de leurs inquiétudes. Selon eux, l’accord annoncé par l’Inao risque de faire disparaître totalement des grandes surfaces le camembert traditionnel au lait cru, moulé à la louche. « Nous souhaitons vivement que vous vous opposiez à cet accord et à son application en 2021 afin d’assurer la pérennité du camembert traditionnel qui, en aucun cas, ne peut être assimilé au camembert pasteurisé », poursuivent les parlementaires dans leur courrier au ministre, Stéphane Travert.

Décision surprenante de l’Inao


Il est vrai que cet accord entre, d’une part, les producteurs et les transformateurs laitiers et, d’autre part, l’organisme de défense et de gestion (ODG) de l’AOP Camembert de Normandie, obtenu à l’arraché sous la houlette de l’Inao, a de quoi surprendre. Depuis une vingtaine d’années, l’Institut incite au contraire les appellations d’origine à renforcer leur lien au terroir, en imposant notamment l’emploi exclusif de lait cru dans les nouvelles appellations fromagères, afin de se démarquer de la concurrence des produits industriels. Quelle mouche a donc piqué les « sages » de l’Inao pour déroger aux principes fondamentaux de l’appellation d’origine que sont le respect « des usages locaux, loyaux et constants » ?

Pour répondre à cette question, un petit retour en arrière est nécessaire. Depuis des années, un bras de fer de fer oppose les fabricants de camemberts traditionnels de Normandie AOP aux multinationales du camembert à la chaîne, tel Lactalis qui produit son fameux Président à plus de 400 000 exemplaires par jour dans son usine de Domfront, dans la Manche, ce qui lui permet d’étiqueter sans complexe la mention « fabriqué en Normandie » sur ses boîtes. Une mention trompeuse pour le consommateur et de surcroît illégale, car non conforme à la directive UE 2081/92 qui réserve le terme « Normandie » à l’AOP. Fort de son bon droit, l’ODG Camembert de Normandie a porté le différend devant les tribunaux, pour être finalement débouté en appel pour vice de forme, sans que le fond ait été abordé. On ne s’attaque pas impunément au numéro mondial de la filière !

Sans se décourager, l’ODG a fini par alerter la Commission européenne qui, à son tour, a pressé l’Administration française d’agir. Face aux injonctions de Bruxelles, l’Inao devait trouver une issue à cette crise : le camembert de Normandie AOP ne représente aujourd’hui que 5 500 tonnes produits par an, contre 66 000 tonnes pour ses imitations. Dans cette lutte de David contre Goliath, il fallait que chacun fasse des concessions. D’où l’idée d’une nouvelle AOP à deux étages : un niveau de base, « le camembert de Normandie AOP », autorisant le lait pasteurisé ou thermisé. En contrepartie, le processus de fabrication devra se rapprocher de la recette traditionnelle du camembert. Des nouvelles contraintes s’appliquent aussi aux élevages, comme l’introduction de vaches de race normande à hauteur de 30 %, et le pâturage obligatoire pendant 180 jours avec une part d’herbe minimale dans la ration estivale. La version plus qualitative de l’AOP, portant la mention « véritable » ou « authentique », sera pour sa part garantie exclusivement au lait cru, moulée manuellement à la louche. En amont, la proportion de vaches normandes sera portée à 2 sur 3 (contre 1 sur 1 actuellement) et la mise à l’herbe sera plus encadrée. Afin de favoriser la biodiversité et de revaloriser le paysage bocager, 100 m de haies devront être plantés par hectare de pâture.

Pour Patrick Mercier, président de l’ODG Camembert de Normandie et fer de lance de la négociation, cet accord est vécu comme un soulagement ainsi qu’un espoir de renouveau et de développement pour la filière d’excellence. En rehaussant significativement le niveau du camembert basique, il espère créer une dynamique qui porte naturellement une partie des consommateurs vers les produits traditionnels.

Victoire de l’industrie agroalimentaire


Une argumentation loin de convaincre les défenseurs des fromages traditionnels, comme le montre la virulence de leurs réactions… Pour eux, au contraire, c’est la victoire sur tous les fronts de Lactalis et de ses confrères de l’industrie agroalimentaire. Ils estiment que les obligations imposées au produit de base seront rapidement vidées de leur sens ou contournées par l’industrie au nom d’impératifs de production ou de contraintes sanitaires réelles ou imaginaires. L’élévation attendue du niveau de qualité n’aura donc pas lieu et les produits industriels médiocres, à présent parés du précieux macaron AOP, continueront d’envahir les linéaires des grandes surfaces, tandis que « le véritable camembert de Normandie AOP » au lait cru en disparaîtra petit à petit, pour être réservé à une clientèle de luxe fréquentant les fromagers haut de gamme ou les circuits courts.

Plus grave, l’acceptation par l’Inao de produits industriels ne répondant pas aux critères fondamentaux de l’AOP ouvrirait la voie à de nombreuses dérives dans les autres bassins de production. Un risque que l’on ne peut prendre à la légère, lorsque l’on sait que Lactalis contrôle ou est présent aujourd’hui dans plus de 32 appellations fromagères en France sur 45. Enfin, toujours selon ses détracteurs, l’accord fragilise l’image même du concept d’AOP et de terroir que la France et les pays latins portent à bout de bras face à la pression des lobby anglo-saxons qui continuent d’y voir une forme de protectionnisme et d’entrave à la concurrence. Là encore, difficile de nier la menace. Un concours international qui s’est récemment tenu outre-Atlantique n’a-t-il pas désigné un camembert canadien au lait thermisé « meilleur camembert du monde » !
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Florence Humbert


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Gaz et électricité: Eni et Engie sur le banc des accusés
Rien à faire, l’Italien Eni a beau faire partie des grands groupes énergétiques européens, il ne parvient pas à facturer correctement ses clients. Le Médiateur national de l’énergie l’avait déjà épinglé en 2015 ; Eni avait alors invoqué « un changement de système informatique ». Or, depuis, ça va toujours aussi mal. Entre factures erronées, factures qui n’arrivent pas et rattrapages 2 ans après, les litiges battent des records : 207 pour 100 000 contrats chez Eni, « empêtré dans les problèmes de facturation » insiste le médiateur, contre seulement 34 chez EDF et 61 chez Direct Énergie.

Si la différence reste palpable, Total Spring et Engie sont également sur la sellette avec des taux de litiges respectifs de 89 et 85 pour 100 000 clients, quand la moyenne est à seulement 56.

Engie se classe par ailleurs mouton noir pour ses pratiques de démarchage à domicile. Ses démarcheurs usent et abusent de la confusion possible avec EDF, les deux groupes étant les seuls à pouvoir proposer le tarif réglementé (Engie sur le gaz, EDF sur l’électricité). Du coup, le consommateur se croit en ligne avec EDF, il signe et se retrouve avec un contrat d’électricité en prix de marché chez Engie. Rémunérés à la commission, les démarcheurs d’Engie sont les champions du forcing, devant ceux d’Eni et de Total Spring.

Au total, les litiges énergie sont en hausse de 19 % sur 1 an, et selon le médiateur Jean Gaubert, la recrudescence des mauvaises pratiques de démarchage à domicile pourrait perdurer. De 15 fournisseurs d’énergie en 2015, on en est déjà à 26 aujourd’hui. Entre nouveaux entrants et ambition revendiquée de Total qui rachète Direct Énergie après avoir absorbé Lampiris, chacun veut sa part de marché… parfois sans s’encombrer du droit des consommateurs ! Une nouvelle fois, « Que Choisir » recommande de raccrocher dès qu’un opérateur fait une offre au téléphone, et surtout de ne jamais ouvrir sa porte à un commercial.
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Élisabeth Chesnais


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Ingrédients indésirables dans les cosmétiques: Prudence confirmée pour le phénoxyéthanol
Conservateur fréquemment utilisé, le phénoxyéthanol présente à certaines doses des effets toxiques, c’est pourquoi « Que Choisir » le considère comme un ingrédient indésirable dans les produits pour les tout-petits. Les moins de 3 ans sont en effet particulièrement à risque compte tenu de leur poids et de la pénétration possible des produits, notamment via le siège potentiellement irrité, lors du change. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a donc recommandé, dans un avis publié en 2012, de ne pas l’utiliser dans les produits destinés au siège et de limiter sa concentration à 0,4 % (au lieu de 1 % en général) dans tous les cosmétiques utilisés chez les enfants en bas âge.

Mais les experts européens, eux, ne partagent pas cette analyse : selon un avis publié en 2016 par le SCCS (Scientific Committee on Consumer Safety, Comité scientifique sur la sécurité des consommateurs), la concentration de 1 % est sûre pour toutes les populations et il n’y a pas lieu de faire une exception pour les tout-petits. Face à cette querelle d’experts, nous avons décidé de continuer à tenir compte de l’avis de l’ANSM dans notre évaluation des produits cosmétiques, que ce soit à l’occasion de nos tests ou dans notre base de données (disponible également sur notre application QuelCosmetic). La filière cosmétique n’a pas manqué de nous le reprocher, estimant sans doute que le dernier qui parle a forcément raison.

Pourtant, un nouveau rapport publié par l’ANSM nous conforte dans ce choix. Le groupe d’experts mandaté par l’Agence a repassé au crible les publications scientifiques et, surtout, a tenu compte des connaissances acquises grâce à un récent travail de recherche sur l’exposition des consommateurs aux produits cosmétiques. Selon cette étude, les parents utilisent pas moins de 5 produits cosmétiques en moyenne sur leurs enfants de moins de 3 ans. Typiquement, un nettoyant cheveux et corps, un lait hydratant, une eau lavante pour le siège, une crème pour le siège et des lingettes. Les produits pour le siège en général et les lingettes en particulier représentant une part importante de l’exposition au phénoxyéthanol, l’ANSM maintient sa recommandation de ne pas utiliser cet ingrédient dans ces produits.

Enfin, le groupe d’experts attire l’attention sur une autre population, celle des femmes en âge de procréer. L’étude Pélagie, qui observe les liens entre perturbateurs endocriniens et santé maternelle et infantile, a montré une association entre la concentration du principal métabolite du phénoxyéthanol et l’allongement du délai nécessaire pour concevoir, entre autres. On ignore s’il s’agit d’un lien de cause à effet mais si ces résultats étaient confirmés, cela remettrait en cause l’évaluation du risque pour les adultes.
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Fabienne Maleyson


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Prix de l’eau: Des écarts faramineux d’une commune à l’autre
Des régies bien plus compétitives que Veolia, Suez, Saur et consorts, ou parfois l’inverse… Notre enquête sur le prix de l’eau démontre qu’il existe des services de l’eau exemplaires, tout autant que des dérives objectivement injustifiables. En fonction de la commune, il y a de quoi féliciter les élus locaux ou, au contraire, leur demander des comptes, que l’eau soit gérée en régie municipale ou par une société privée en délégation de service public (DSP).

Si cette enquête exclusive a pu être effectuée, c’est grâce à la participation de lecteurs de « Que Choisir » et d’associations locales de l’UFC-Que Choisir qui nous ont confié de nombreuses factures. Nous les avons analysées dans le détail et en avons déduit le prix du mètre cube d’eau TTC, commune par commune. Ce montant est calculé sur la base d’une consommation de 100 m3 par an d’eau, abonnement annuel inclus, afin que tous les prix soient comparables.

Pour faciliter l’accès aux prix des quelque 1 000 villes, bourgs et villages passés au crible, nous avons divisé l’Hexagone en 5 grandes régions, les résultats étant ensuite accessibles par département.

L’Ouest est présent avec les 20 départements des régions Normandie, Bretagne, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire. Les prix y font le grand écart, de 3,01 à 7,91 €. Le prix du mètre cube est compétitif à Laval (53) comme à Tours (37), qui sont en régie, ou à Joué-lès-Tours, géré par Veolia, mais il est très élevé en régie à Flers, dans l’Orne, ou à Pont-l’Abbé, dans le Finistère, géré par Saur. Les tarifs battent des records à Hiéville, dans le Calvados, ou encore à Montigny-le-Gannelon, en Eure-et-Loir. Le prix de l’eau atteint souvent des sommets sur les côtes, en particulier en Bretagne et en Vendée.
Consultez les tarifs de l’eau de 217 villes de l’Ouest



Le Nord-Est n’est pas en reste avec les 22 départements des régions Hauts-de-France, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté. Les écarts y sont là encore considérables, avec des tarifs qui peuvent être de seulement 2,68 €/m3, mais aller jusqu’à 8,01 €/m3 ! Si le prix de l’eau est très compétitif à Lons-le-Saunier qui est en régie, dans le Jura, compétitif à Dôle avec Suez, il est en revanche très élevé dans l’Aisne, à Château-Thierry, avec Veolia et dans le Nord, à Valenciennes, avec Suez. L’eau coût cher aussi dans le Pas-de-Calais, à Béthune, qui est en régie, ou dans l’Aisne, à Soissons, avec Suez.
Consultez les tarifs de l’eau de 225 villes du Nord-Est



La région Sud-Ouest compte 25 départements, ceux des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Prix prohibitifs et prix compétitifs s’y côtoient, avec des extrêmes de 2,94 à 7,07 €/m3. Les prix très excessifs y sont malgré tout moins fréquents que dans les autres grandes régions. Les stations du littoral n’y facturent pas l’eau à des montants aussi exorbitants que leurs consœurs de notre région Ouest. À l’exception des communes qui ont délégué au privé, les prix sont relativement raisonnables dans le département des Landes, qui s’est organisé en syndicat.
Consultez les tarifs de l’eau de 202 villes du Sud-Ouest



Notre Sud-Est comprend les 18 départements des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Les écarts y sont vertigineux avec des prix s’étalant de 2,87 à 8,46 €/m3, mais ce n’est pas sur la Côte d’Azur qu’on paie le plus cher. Dans le Beaujolais, en revanche, le mètre cube d’eau peut être au prix d’une bouteille de vin ! Les prix sont très compétitifs à Grand Lyon avec Veolia, à Moulins en régie dans l’Allier ou à Cannes sur la Côte d’Azur avec Suez.
Consultez les tarifs de l’eau de 181 villes du Sud-Est



L’Île-de-France est un cas un peu à part, car la région compte deux mastodontes de l’eau : d’un côté, la régie municipale Eau de Paris, qui alimente 3 millions d’usagers, de l’autre, Veolia qui dessert 4,6 millions d’habitants pour le compte du Sedif. À l’exception de la capitale, qui est en régie, l’eau est souvent très chère dans la région Île-de-France. Les prix record de notre enquête nationale se situent d’ailleurs en Seine-et-Marne et dans le Val-d’Oise !
Consultez les tarifs de l’eau de 91 villes d’Île-de-France
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Élisabeth Chesnais


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Colorant E171: Le dioxyde de titane bientôt banni des bonbons ?
Les nanoparticules seront-elles bientôt sucrées des sucreries ? Le 16 mai 2018, 8 ONG ont envoyé un communiqué à l’ensemble des députés leur demandant de suspendre au plus tôt l’utilisation du colorant E171 (dioxyde de titane), un additif alimentaire répandu dans les plats préparés et les confiseries. « Nous souhaitons suspendre avant la fin de l’année l’utilisation de cette substance comme additif alimentaire en France », a déclaré la déléguée au Développement durable. Si plusieurs fabricants (Mars, Malabar, Fleury Michon, Picard…) et distributeurs français (Carrefour, Leclerc, Auchan, Système U) se sont déjà engagés à retirer les nanoparticules de dioxyde de titane de leurs produits, cette interdiction initialement prévue pour 2020 devrait généraliser ce grand nettoyage. L’interdiction reste toutefois restreinte pour l’heure au domaine alimentaire. Or la présence des nanoparticules ne se cantonne pas au contenu de notre assiette.

Infiniment petites mais extrêmement répandues


Alimentation, cosmétiques, médicaments…Comme le rappelait « Que Choisir » en février dans une grande enquête sur les nanoparticules, ces composés d’une taille inférieure à 100 nanomètres sont omniprésents dans notre quotidien, malgré des doutes sur leur innocuité. En effet, leur petite taille favorise leur pénétration dans l’organisme et le franchissement des barrières biologiques (des poumons et intestins vers le sang, du sang vers le cerveau). Leur surface importante de contact avec l’extérieur et la réactivité qui les caractérise renforcent ce potentiel toxique.

L’an dernier, une étude de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) a conclu que l’exposition chronique à l’E171 favorisait la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. En ce qui concerne la nocivité pour l’homme, si elle fait actuellement l’objet de nombreuses recherches, la tâche semble ardue car le mécanisme d’action de ces minuscules particules s’avère complexe à étudier. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) doit toutefois conduire de nouvelles recherches en 2018, à la demande du gouvernement, selon l’AFP.

Malgré ces doutes, les nanoparticules se sont immiscées dans nombre de recettes industrielles. Plus de 400 000 tonnes de nanomatériaux ont été introduites dans divers produits manufacturés en France rien qu’en 2016. Nos tests ont ainsi révélé la présence de ce colorant sous forme de nanoparticules dans des produits alimentaires de toute sorte : gâteaux, bonbons, chewing-gum, poudres pour capuccino, épices et soupes déshydratées. Mais aussi dans des cosmétiques (dentifrice, crème solaire…). Et enfin dans des médicaments courants, tels que le Dafalgan (1 g comprimé pelliculés) ou le Doliprane (500 mg gélule), qui sont loin d’être des cas isolés. Car les chiffres obtenus en consultant la base de données recensant les médicaments mis sur le marché en France sont vertigineux : plus de 4 000 médicaments contiennent le colorant E171 !

Si l’on peut saluer l’annonce du gouvernement, espérons que cette mesure sera étendue aux cosmétiques et aux médicaments le plus tôt possible.
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Marie-Noëlle Delaby


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Escroquerie bancaire: De plus en plus de victimes
Réalisée chaque année depuis 2010, l’étude « Cadre de vie et sécurité » de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) met en perspective l’évolution alarmante des victimes d’escroquerie bancaire. Le taux des ménages victimes aurait plus que doublé en l’espace de 7 ans. En effet, 500 000 ménages déclaraient avoir subi au moins une escroquerie sur leur compte bancaire en 2010. En 2017, l’étude relève 1 210 000 ménages victimes !

Des préjudices souvent inférieurs à 300 €


En 2016, 64 % des ménages victimes d’escroquerie bancaire ont déclaré un préjudice d’un montant inférieur à 300 €. Ce taux s’accroît légèrement car il était de 63 % en 2015 et de 61 % en 2014. Les ménages victimes d’une escroquerie supérieure à 1 000 € représentent, quant à eux, 13 % des victimes déclarées.

Les victimes sont rarement alertées par leur banque !


Le relevé bancaire semble être la principale source d’information des victimes. En 2016, un peu plus de 834 000 ménages victimes de retraits frauduleux ont découvert le pot aux roses par ce biais. La part des ménages ayant été alertés du préjudice par leur établissement bancaire diminue au fil du temps : 29 % des ménages victimes en 2014 déclaraient avoir été prévenus par leur banque contre 28 % en 2015 et 22 % en 2016. Dans la majorité des cas, les personnes ayant subi le préjudice ignorent comment le fraudeur a procédé pour obtenir leurs coordonnées bancaires (64 %).

Des fraudes majoritairement sur des achats en ligne


Pour 68 % des ménages victimes en 2016, le débit frauduleux a servi à réaliser des achats. Et pour 58 % d’entre eux, il s’agit d’achats en ligne. Ce taux était de 51 % en 2014 et de 55 % en 2015. À noter que la part des achats effectués sur un site étranger augmente, passant de 16 % en 2014 à 21 % en 2015 pour atteindre 24 % en 2016. En revanche, les escroqueries effectuées à partir d’un distributeur piraté sont, en proportion, de moins en moins nombreuses : 13 % en 2014, un peu moins de 9 % en 2015, elles ne sont plus que 7 % en 2016.

7 conseils pour éviter le piratage


La meilleure protection contre les fraudes bancaires consiste à… ne jamais vous faire pirater vos données personnelles. Pour cela, adoptez les bons réflexes !

1. Mettez vos coordonnées à jour

Si vous changez de numéro de portable, déménagez ou utilisez une autre adresse e-mail, demandez à votre conseiller bancaire de mettre vos coordonnées à jour. En cas de suspicion de fraude, il pourra ainsi vous joindre pour vérification. « Mon compte courant a été piraté durant mes vacances, mon dossier ne contenait que mon numéro de fixe. Constatant une demande de virement qui ne correspondait pas à mes habitudes, ma conseillère a tenté de me joindre à mon domicile et faute de réponse a donné le feu vert au débit frauduleux, j’ai dû attendre trois semaines pour me faire rembourser », tempête Jean P., retraité de 77 ans. Si vous partez en vacances, emportez avec vous les numéros de téléphone vous permettant de faire opposition, la ligne directe de votre conseiller et son e-mail pour le prévenir rapidement en cas de souci.

2. Protégez votre ordinateur

Protégez l’accès à l’ordinateur auquel vous vous connectez pour consulter vos comptes en ligne. Installez un mot de passe pour y accéder, cela n’empêchera pas un pirate d’y accéder, mais cela lui compliquera la tâche. Si vous utilisez également une tablette et un téléphone mobile, multipliez les mots de passe. Et ne les notez pas sur un post-it collé à l’écran, au dos de l’ordinateur ou dans le premier tiroir de votre bureau... Ensuite, installez un antivirus et téléchargez régulièrement ses mises à jour « officielles », provenant du site de l’éditeur du logiciel. Certains pirates rusés lancent en effet des « offres promotionnelles » pour des antivirus infectés. Acceptez également toutes les mises à jour des programmes installés sur votre ordinateur, elles réparent des vulnérabilités détectées par les éditeurs. Enfin, exécutez régulièrement le scan (ou analyse régulière) de votre ordinateur en lançant votre antivirus. Cela lui permet de vous signaler un fichier infecté et d’éviter la propagation du virus.

3. Protégez votre connexion Internet

Il faut aussi protéger votre connexion Wi-Fi, sur votre Box, avec un mot de passe complexe. Si vous utilisez du Wi-Fi en libre accès pour vous connecter sur des sites sensibles, cela revient à blinder votre porte et laisser toutes vos fenêtres ouvertes. Si vous recevez régulièrement des personnes chez vous, pensez à modifier le code de votre Wi-Fi après leur passage. Évitez d’utiliser un accès Wi-Fi ouvert à tous (aéroport, gare) ou un ordinateur en libre accès (bibliothèque…) pour vous connecter sur les services en ligne de votre banque : si des pirates se trouvent à proximité, ils n’auront aucun mal à récupérer vos données personnelles.

4. Gérez votre session

Prenez l’habitude de vous déconnecter systématiquement à la fin de vos opérations, que ce soit sur ordinateur ou via un téléphone portable. Il est dangereux de laisser une session ouverte trop longtemps, car un escroc peut profiter de ce laps de temps pour entrer sur votre compte. De la même façon, n’enregistrez pas votre identifiant sur les sites et refusez cette option, en général proposée en début de connexion. Si un voleur prend la main sur votre ordinateur, il accédera bien plus facilement à vos comptes. Même réflexe à prendre sur les sites de e-commerce : refusez d’enregistrer les coordonnées bancaires de votre carte (l’option est proposée pour vous éviter de les retaper à chaque achat). Sinon, en cas de piratage du serveur de l’entreprise, les voleurs auront accès à votre numéro de carte.

5. Multipliez les adresses e-mail

Ouvrez plusieurs adresses Internet à votre nom, ce procédé est gratuit. Servez-vous d’une adresse spécifique et sécurisée pour vos transactions importantes. Ne la communiquez qu’à des tiers de confiance : banque, service des impôts… et ne l’inscrivez sur aucun document susceptible d’être piraté. Ouvrez une deuxième adresse pour vos communications courantes. Enfin, un troisième e-mail sera lié à un compte « poubelle », vous l’utiliserez pour recevoir vos newsletters et offres promotionnelles et réaliser vos achats sur Internet… Comme cette adresse circulera sur le Net, elle a plus de chances d’être piratée. Mais les escrocs ne pourront rien en faire, puisqu’elle ne sera reliée à aucune donnée sensible. Bien entendu, chacune de vos adresses doit avoir un mot de passe différent.

6. Soyez méfiant

Les pirates utilisent souvent des informations trouvées sur les réseaux sociaux pour vous piéger. Si, par exemple, un membre de votre famille est parti en vacances dans les Caraïbes, il postera sur Internet des photos de lui devant une eau turquoise. Peu de temps après, vous recevrez un e-mail angoissé de sa part vous demandant de lui virer des fonds parce qu’il s’est fait voler son portefeuille. Alerte ! Prenez le temps de vérifier que c’est bien le cas et non que son carnet d’adresses a été piraté à son insu. N’ouvrez jamais des documents en pièces jointes si vous ne connaissez pas l’expéditeur. Et faites preuve de méfiance si l’e-mail provient d’un membre de votre famille, des impôts ou d’un commerçant. Les pièces jointes peuvent transporter des virus, de type « cheval de Troie ». De manière générale, n’ouvrez pas de fichier en .exe, .pi, .scr, .hta, .cpl, .cmd, .bat… Si vous avez un doute sur un e-mail, supprimez-le et videz votre poubelle, sinon le fichier restera sur votre ordinateur.

7. Sécurisez votre téléphone

Si vous utilisez un smartphone avec un accès Internet et consultez vos comptes dessus, mêmes conseils. Protégez son accès par un code secret. En cas de vol ou de perte, l’escroc aura du mal à accéder à votre application bancaire et à vos données personnelles. Dès que vous constatez le vol ou la perte de votre portable, changez les mots de passe de vos boîtes mails si elles sont synchronisées sur votre mobile. Modifiez également le mot de passe d’accès à votre site bancaire. Enfin, prévenez votre opérateur pour qu’il déconnecte votre carte Sim et empêche le voleur de recevoir des codes de confirmation d’achat par SMS. Si vous utilisez la fonction Bluetooth ou Wi-Fi chez un ami ou dans un lieu public, désactivez-la après utilisation pour éviter les intrusions à distance dans votre appareil. Enfin, sachez que les derniers systèmes d’exploitation intègrent une fonction « effacer les données du téléphone à distance ».

Lire aussi:

Éviter les fraudes à la carte bancaire • Les conseils de la police
Victime de fraude bancaire • Comment réagir, comment contester ?
Achats sur Internet • Vos recours en cas de litige


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Pascale BARLET


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Stationnement payant: Les nouvelles règles et les moyens de contestation
Attendue pour 2017, la dépénalisation du stationnement n’est entrée en vigueur que début 2018. La faute certainement à une infrastructure complexe (les horodateurs ont dû être remplacés) et à l’instauration du tout-numérique qui concerne dorénavant le paiement, la suppression matérielle du ticket de parking et même le règlement en cas d’infraction.


Plus de ticket

Exit donc le ticket de parcmètre qui laisse place, depuis le 1er janvier, à une « redevance de stationnement ». Si l’automobiliste n’a plus de papier à déposer derrière son pare-brise, il doit s’acquitter du montant de la redevance en renseignant la plaque d’immatriculation de son véhicule sur l’horodateur. Exit aussi le PV ou l’amende en cas de défaut ou d’insuffisance de paiement et place au « forfait post-stationnement » ou « FPS ».

C’est le fruit de la dépénalisation du système de gestion du stationnement qui relève maintenant des collectivités. Ces dernières ont la charge de fixer le tarif horaire et d’assurer le contrôle du paiement. Dès lors, le montant du FPS varie (à la différence de l'amende pénale qui était d’un montant unique de 17 €) selon les municipalités. Le FPS est compris entre 10 € à Nancy (selon les zones) et 60 € à Lyon, par exemple. La disparition de l’amende au profit de la redevance permet en outre aux usagers d’avoir le choix entre un paiement au réel, si le paiement est effectué dès le début du stationnement et pour toute sa durée, ou forfaitaire, sous la forme du forfait post-stationnement. Dans ce cas, un avis de paiement à régler dans les trois mois est notifié.


Des tarifs horaires à géométrie variable

En fait, le montant du FPS correspond au coût de la durée de stationnement maximale autorisée. Ainsi, à Paris, avant la réforme il était possible de laisser son véhicule au maximum 2 h sur la même place. Ce délai est à présent de 6 h. Mais le tarif horaire varie selon la durée. Par exemple, en zone 1 dans la capitale, les deux premières heures sont à 4 € chacune (donc 8 € pour 2 h de stationnement). La troisième coûte 8 € (16 € au total), la quatrième 10 € (soit 26 €) puis la cinquième et la sixième reviennent à 12 €. Ce qui donne un coût global de respectivement 38 et 50 €. Ce dernier montant correspond donc au FPS à Paris pour la zone 1. Enfin, en cas d’infraction, il est possible d’établir plusieurs FPS pour la même infraction, à condition que l’intervalle entre les deux soit équivalent à la durée maximale de stationnement et dans la limite de la plage horaire autorisée. Par exemple, dans une ville où le stationnement est payant de 9 h à 19 h, si un automobiliste ne paie pas sa redevance en se garant à la première heure, il pourra recevoir un FPS à partir de 13 h puis un second à 17 h. À noter que les villes auront le choix de proposer ou non un FPS minoré en cas de paiement rapide.


Contestation en ligne

L’automobiliste dispose de 3 mois pour régler le FPS après sa notification. Cette notification est réalisée soit par la mise en place d’un avis de paiement de forfait de post-stationnement sur le véhicule, soit par l'envoi postal de cet avis à l'adresse indiquée sur le certificat d'immatriculation de ce véhicule. Dans ce dernier cas, c'est l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) qui procédera à l’envoi pour le compte de la collectivité bénéficiaire.

En cas de non-paiement de ce forfait de post-stationnement dans les 3 mois, l'automobiliste sera redevable d'un FPS majoré. Son montant sera alors de 20 % supplémentaires du montant du FPS impayé avec un minimum de 50 €.

Si l’automobiliste souhaite contester le FPS, il doit d'abord déposer un recours administratif préalable obligatoire (RAPO) dans le mois suivant sa notification. Dans ce cas, le recours doit être exercé par le titulaire du certificat d’immatriculation du véhicule, le locataire en cas de location (1) ou l'acquéreur du véhicule en cas de vente (2). Pour ce faire, il a le choix d’adresser, selon les cas, une lettre recommandée avec accusé de réception à la commune de l’établissement public de coopération intercommunale, du syndicat mixte ou du « tiers contractant » dont dépend l’agent ayant établi l’avis. L’autre possibilité est d’utiliser la procédure électronique mentionnée sur l’avis de paiement. Il est important de préciser que l’avis de paiement contesté doit impérativement être joint au recours sous peine d’irrecevabilité (art. R. 2333-120-13 3° du code général des collectivités territoriales). Ensuite, si ce recours est rejeté, l’usager aura un mois pour saisir la commission du contentieux du stationnement payant (juridiction spécialisée au niveau national et située à Limoges).

Il est également possible de contester le forfait de post-stationnement majoré. Pour cela, il faut saisir la commission du contentieux du stationnement payant dans le délai d'un mois suivant la notification de l'avertissement. Ce recours auprès de la commission impose le paiement préalable du forfait post stationnement et de l’éventuelle majoration sous peine d’irrecevabilité du recours (art. L. 2333-87-5 du code général des collectivités territoriales).



(1) Lorsque les mentions du certificat d'immatriculation permettent l'identification d'un locataire, celui-ci est substitué au titulaire dudit certificat dans la mise en œuvre des dispositions prévues aux II et IV de l’art. L. 2333-87 du code général des collectivités territoriales : le forfait de post-stationnement est alors notifié au locataire.

(2) Lorsque, à la suite de la cession d'un véhicule, le système enregistrant les informations mentionnées à l'article L. 330-1 du code de la route mentionne un acquéreur qui n'est pas le titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule, l'acquéreur est substitué au titulaire dudit certificat dans la mise en œuvre des dispositions prévues aux II et IV de l’art. L. 2333-87 du code général des collectivités territoriales : le forfait de post-stationnement est notifié à l’acquéreur.
UFC Que Choisir en Ligne
Yves Martin


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