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Contrats d’électricité: L’UFC-Que Choisir fait condamner EDF
L’affaire remonte à 2013. Les juristes de l’UFC-Que Choisir pointaient des clauses abusives particulièrement défavorables aux usagers dans les contrats d’électricité d’EDF. En cause surtout, un phénomène que connaissent tous les usagers qui, un jour ou l’autre, ont eu un problème de facturation ou de compteur. On appelle EDF et on se fait balader de ses services à ceux du gestionnaire de réseau, sa filiale Enedis.

Or ce renvoi de balle aux dépens des consommateurs était jugé illégal par l’UFC-Que Choisir. En matière d’énergie, le fournisseur, EDF en l’occurrence, doit en effet proposer à l’usager un contrat unique, garantissant un interlocuteur unique assumant à l'égard du consommateur aussi bien les responsabilités du fournisseur, ici EDF, que celles de distributeur, Enedis.

Or, les conditions générales de vente d’EDF lui permettaient de s’exonérer de sa responsabilité vis-à-vis de ses clients en les renvoyant sur Enedis qui, à son tour, se dédouanait de toute responsabilité. En février 2013, l’UFC-Que Choisir assignait donc EDF devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris pour faire annuler ces clauses.

Le jugement du TGI de Paris en date du 30 octobre 2018 déclare abusives toutes les clauses imposant un partage de responsabilité entre le fournisseur et le gestionnaire de réseau. L’usager ne pourra plus se voir renvoyé de l’un à l’autre, c’est une belle victoire en faveur des consommateurs.

Le TGI accorde un mois à EDF pour la mise en conformité de ses contrats et de ses offres, sous peine d’une astreinte de 300 € par jour. Le tribunal impose aussi à EDF de diffuser très largement ce jugement de condamnation. Le « communiqué judiciaire » devra figurer sur la page d’accueil de son site Internet et sur toutes ses applications pour smartphones et tablettes pendant 3 mois.

Ce jugement est évidemment susceptible d’appel de la part d’EDF, mais l’UFC-Que Choisir n’entend pas baisser les bras, si d’aventure l’entreprise persistait dans l’illégalité aux dépens des consommateurs.
UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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POUR UN PRIX DU FIOUL MOINS CHER AVEC l’UFC-Que Choisir.
Prix du fioul en Auvergne-Rhône-Alpes


En 2018, grâce à l'achat groupé de Choisirsonfioul.fr, les ménages situés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ont réalisé en moyenne des économies autour des 48€ sur 2.000 litres de fioul.

Parmi vos voisins dans l'Ain, l'Allier, l'Ardèche, le Cantal, la Drôme, l'Isère, la Loire, la Haute-Loire, le Puy-de-Dôme, la Savoie, le Rhône et la Haute-Savoie, le nombre de personnes inscrites au courant de l'année 2018 s'élève à 6.191. Elles ont ainsi pu économiser de façon collective 44.683€ sur leur plein de fioul.

Déjà au courant de l'année 2017, la moyenne des économies réalisées sur l'ensemble des commandes lors des 4 achats groupés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes était de 51€.

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Pour en savoir plus sur les dates des prochaines actions, consultez le calendrier en cliquant sur l'image ci-dessous.



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Publicité pour enfants: La France mauvaise élève
Dans son dernier rapport(1), publié le 15 octobre 2018, l’OMS tire encore une fois la sonnette d’alarme : « les enfants continuent à être exposés à des messages commerciaux vantant les aliments riches en graisses, en sel et en sucre » (dénommés HFSS(2)), alors même que l’obésité infantile est un problème majeur de santé publique, déplore-t-elle. Les enfants sont particulièrement réceptifs aux messages véhiculés par ces publicités, mais les adolescents en subissent également l’impact, quoique moins fortement.

Malgré ses précédents rapports et un ensemble de recommandations approuvées en 2010 en assemblée générale, l’agence onusienne constate que les pays européens « traînent à appliquer [ses] recommandations ». En Europe, 29 des 53 pays ont déclaré avoir mis en place des mesures, mais elles ne sont pas vraiment efficaces, constate encore l’OMS.

En France, la régulation n’est pas efficace

L’Hexagone ne fait pas preuve de diligence sur ce sujet, sans doute freiné par le poids de l’industrie agroalimentaire dans l’économie française (plus de 2 % du PIB et un solde du commerce extérieur positif). « Malgré quelques dispositions législatives, la France n’a pas spécifiquement encadré par la loi le marketing sur les aliments HFSS », critique l’OMS. Seule obligation, depuis 2004, l’insertion de messages de santé dans les publicités d’aliments HFSS.

S’y ajoute depuis 2009 une charte volontaire d’engagement des industriels à avoir « des pratiques de marketing responsables »… Mais, basée sur l’autorégulation, elle n’est pas efficace. « Il est clair que la charte ne vise pas à réduire l’exposition des enfants à la commercialisation des produits alimentaires HFSS », reproche l’OMS.

Des « fausses promesses », alors que « le harcèlement nutritionnel des enfants s’est aggravé », concluait déjà l’UFC-Que Choisir en 2010, suite à une étude destinée à évaluer la réalité des engagements de l’industrie agroalimentaire vis-à-vis de l’obésité infantile.

Un petit pas sur les chaînes de télévision publiques

En décembre 2016, un petit pas supplémentaire a été fait, avec l’adoption d’une loi stipulant l’interdiction de publicité, sur les chaînes publiques de télévision, pendant les programmes destinés aux enfants de moins de 12 ans. « Malgré sa portée limitée, ce texte est important », reconnaît l’OMS. Sauf qu’en termes d’audience pour le public infantile, les chaînes publiques n’arrivent qu’en 5e position, au mieux… Cette loi est entrée en application au 1er janvier 2018.

Un autre article, voté simultanément, stipulait que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devait remettre chaque année un rapport au Parlement faisant le bilan des publicités ciblant les enfants, sur les chaînes publiques et privées. L’un des objectifs du législateur était d’apprécier l’efficacité de l’autorégulation. À ce jour, aucun rapport n’est encore parvenu aux élus…

Un cadre réglementaire est nécessaire

Aucune avancée réelle n’ayant eu lieu depuis 2010, les demandes qu’avait formulées l’UFC-Que Choisir restent – malheureusement – d’actualité. Elles prévoyaient notamment :

- l’encadrement strict des publicités télévisées pour les produits les plus gras ou sucrés aux heures de grande écoute des enfants ;
- la validation par le Programme national nutrition santé de programmes télévisés informatifs, afin d’aider les parents à identifier l’intérêt nutritionnel des produits alimentaires transformés ;
- la gratuité de diffusion pour les communications sur l’équilibre nutritionnel émanant de l’Institut national pour la prévention et l’éducation sanitaire.


Les propositions de l’OMS

L’OMS formule ses critiques sur les politiques menées jusqu’à présent, et énumère des pistes à mettre en œuvre :

* la plupart des mesures existantes ciblent uniquement la publicité radio, alors que les enfants sont aussi exposés via les supports numériques, les présentoirs de produits, les emballages et les parrainages par des grandes marques… Les pays doivent donc envisager une réglementation englobant non seulement la publicité, mais toutes les autres communications commerciales ;
* en général, les réglementations se limitent aux programmes pour enfants et portent principalement sur la publicité. Échappent à tout contrôle un large éventail de programmes, de médias et de techniques de marketing auxquels sont exposés les enfants. Les pays doivent mettre en place des politiques visant à limiter l’exposition réelle des enfants ;
* les réglementations ciblent généralement les tranches d’âge jusqu’à 12 ou 13 ans, alors que les adolescents aussi subissent les effets négatifs du marketing. Le champ d’application des lois doit être élargi pour protéger tous les enfants ;
* les pays n’ont pas toujours adopté des systèmes efficaces de catégorisation des aliments pour déterminer lesquels ne doivent pas faire l’objet de publicité auprès des enfants. Ils doivent recourir à des systèmes existants, ou en concevoir de nouveaux, pour le profilage des nutriments sur la base de données scientifiques. Ces systèmes doivent définir efficacement les aliments peu sains en fonction de leur qualité nutritionnelle ;
* les pays de l’Union européenne ont échoué à réglementer efficacement le marketing de façon transfrontalière. Ils doivent coopérer et harmoniser leurs réglementations pour éviter un affaiblissement des mesures nationales, en particulier contre le problème de la publicité dans les médias numériques.

Notes:

(1) Rédigé avec l’université de Liverpool et l’Open University (Royaume-Uni).
(2) High in saturated fats, trans fats, free sugars and/or salt (à haute teneur en acides gras saturés, acides gras trans, sucres et/ou sel).
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Elsa Casalegno


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Alimentation bio: Moins de risque de cancer
Malgré l'enjeu de santé publique, il existait jusqu'à présent une seule étude épidémiologique de grande ampleur, britannique, étudiant le lien entre bio et cancer. Une équipe française (1) vient d'en publier une deuxième, qui montre une « association » probable entre une alimentation à base de produits biologiques et la réduction du risque de déclencher cette pathologie. Les résultats de cette étude s'appuient sur un échantillon de 68 946 personnes de la cohorte NutriNet-Santé suivies entre 2009 et 2016. La nature de leur alimentation, bio ou conventionnelle, a été renseignée au cours de ces sept années de suivi. Toujours au cours de cette période, 1 340 d'entre elles ont déclaré un premier cancer.

Les chercheurs avancent deux hypothèses. Tout d'abord, les résidus de pesticides moins fréquents et à dose moindre dans les aliments bio, comme nous l’avons montré dans tous nos tests, entraînant une plus faible exposition des consommateurs réguliers de produits bio. Or, depuis 30 ans, les études suggérant un lien entre pesticides et certains cancers s'accumulent progressivement, comme nous l'expliquions.

Autre hypothèse : les teneurs potentiellement plus élevées, dans les aliments biologiques, en certains nutriments comme les antioxydants, les polyphénols, les caroténoïdes, la vitamine C, ainsi que des profils d’acides gras plus bénéfiques. L’étude souligne néanmoins que ces variations sont modestes, et que leurs conséquences sur la santé « restent à déterminer ». Cette hypothèse nous semble un peu moins convaincante. En effet, il ressortait de tests réalisés en 2010 par Que Choisir que ces teneurs sont davantage dues au mode de culture ou d’élevage intensif ou extensif qu'au mode bio ou non bio.

Des biais possibles

De multiples facteurs influencent la survenue ou non d'un cancer. L'équilibre alimentaire en est un, en particulier les apports en fibres, la quantité de viande, de charcuterie ou de fruits et légumes ingérés, mais aussi la consommation d'aliments ultratransformés et de compléments alimentaires. La catégorie socio-économique et l'hygiène de vie (consommation de tabac ou d'alcool, exposition au soleil, activité physique...) ou encore les antécédents familiaux sont d'autres éléments potentiellement déclencheurs. Autant de biais possibles. Pris en compte dans l'étude, ces critères ont néanmoins peu modifié les résultats.

Les chercheurs évoquent eux-mêmes plusieurs « limites », en particulier le mode de recrutement, volontaire et par Internet, de la population suivie dans NutriNet-Santé : ces personnes ont tendance à prendre davantage soin de leur santé et sont mieux informées que la moyenne des Français. L'incidence des cancers de l'échantillon est d'ailleurs inférieure à la moyenne nationale, y compris chez les non-consommateurs de bio. Il manquerait donc dans l'étude le suivi des comportements les plus à risque, et la corrélation entre alimentation et cancer est probablement sous-estimée !

Autre limite citée, la quantité d'aliments bio n'est pas mesurée précisément, pouvant engendrer une approximation de la part du bio chez les consommateurs occasionnels. Pour Emmanuelle Kesse-Guyot, directrice de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l'une des auteures de l'étude, ce n'est finalement pas un problème, car « l'intérêt était de comparer les deux extrêmes – les gros consommateurs et les non-consommateurs. Les profils intermédiaires permettant surtout de vérifier la progressivité des résultats ».

Malgré ces restrictions, ces résultats s'ajoutent à d'autres travaux allant dans le même sens. Sachant le caractère multifactoriel du cancer et les polémiques autour des pesticides, les chercheurs se sont néanmoins entourés de toutes les précautions pour rendre leurs conclusions. Ils rappellent que « le lien de cause à effet ne [peut] être établi sur la base de cette seule étude », et estiment qu’il faut maintenant les « confirmer par d’autres études épidémiologiques » avant de mettre en place des mesures de santé publique.

(1) Réalisée par une équipe mixte de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), l’université Paris 13 et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
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Fabienne Maleyson


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Additifs alimentaires: Mais que font les industriels ?
Tous les additifs ne sont pas à mettre dans le même panier.Selon notre classement, 87, à éviter ou peu recommandables, devraient soulever la méfiance des consommateurs. Pour ceux-ci, un faisceau d’études pointe des effets indésirables, en particulier chez les populations sensibles comme les enfants, qui parfois dépassent les doses journalières admissibles (1) de consommation. Alors que les alertes se multiplient, les industriels, voulant prouver leur bonne volonté, surfent sur le « clean-labelling », avec des étiquettes de plus en plus sobres. Un défi quand les additifs servent à assurer la stabilité et la sécurité sanitaire des aliments. Une démarche louable, par contre, pour les additifs les plus cosmétiques ou servant à masquer une mauvaise qualité des produits. Certains industriels s’engagent à supprimer les plus controversés de leurs recettes. C’est le cas pour le dioxyde de titane, largement décrié jusqu’au gouvernement qui entend le bannir en France dans les produits alimentaires d’ici la fin de l’année. En juin dernier, le syndicat des confiseurs s’engageait de lui-même à ne plus utiliser cet additif, jusqu’ici couramment employé pour conférer un aspect brillant aux produits. Les distributeurs, eux, investissent ce nouveau créneau de consommation qu’est en train de devenir le « sans additifs ». Intermarché a ainsi lancé sa gamme distributeur l’Essentiel, 34 produits garantis sans additifs à ce jour, tandis que Carrefour ou U ont décidé de bannir les substances les plus controversées de l’intégralité de leurs gammes distributeur. Dommage que dans le même temps, ces mêmes distributeurs continuent à vendre des marques dont les recettes sont loin d’être aussi épurées…

Que Choisir a réalisé des comparaisons de produits de la même famille. Les résultats sont sans appel : certains industriels jouent le jeu et d’autres moins. En confiserie, Haribo se positionne comme meilleur élève que Jelly Belly. Les Dragibus d’Haribo respectent l’engagement des confiseurs d’employer plus de colorants naturels, à une exception près, puisqu’ils contiennent du bleu patenté V, classé orange dans notre barème. Les bonbons de Jelly Belly, eux, comportent plusieurs colorants que nous classons rouge, comme des colorants azoïques, dont certains sont suspectés de favoriser l’hyperactivité chez les enfants. L’emploi de colorants douteux touche aussi le domaine des boissons sans alcool, comme les sirops. Ainsi, si le sirop à la fraise Teisseire ne contient aucun colorant et un seul additif, l’acide citrique, le sirop équivalent chez Monin tient sa couleur du E129 rouge allura AC, classé comme additif « à éviter » par Que Choisir. Pour le sirop menthe verte de la même marque, c’est la tartrazine E102 qui apparaît sur l’étiquette, un colorant lui aussi classé comme additif « à éviter ».

Parmi les soupes instantanées, produits hautement transformés, les additifs foisonnent en véritables cocktails. Alors que les nouilles Mamee contiennent « seulement » 7 additifs dont un seul classé orange et revendiquent l’absence de glutamate, les nouilles Yum-Yum saveur poulet grillé incorporent 14 additifs dans leur recette, dont 2 classés rouge et 5 orange, comme les glutamates ou des additifs pouvant contenir des nanoparticules. Un produit à éviter le plus possible.

Des produits équivalents mais des additifs différents





Ces quelques exemples illustrent parfaitement le règne actuel des produits alimentaires industriels ultra-transformés. Face au risque sanitaire que cette alimentation fait courir aux consommateurs, l’UFC-Que Choisir demande non seulement une évaluation indépendante de la dangerosité des additifs mais appelle le législateur à interdire les 87 additifs reconnus à risque par nos experts.

Une législation pas toujours respectée



Pour autant, tous ces additifs restent autorisés et leur exclusion des recettes ne dépend que du bon vouloir des industriels. Les fraudes réelles sont, elles, traquées par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). En 2017, les alertes ont principalement concerné des manquements à l’obligation d’étiquetage. En effet, tous les additifs doivent être signalés sur les étiquettes des produits (sauf rares dérogations, pour des additifs supports d’autres additifs ou dans des boissons alcoolisées comme le vin, par exemple). Les manquements repérés portaient sur des défauts d’étiquetage liés à la présence de nanomatériaux ou encore de nitrates et phosphates dans des mélanges destinés à des fabricants de préparations à base de viande. Tout de même 84 % de non-conformité sur 19 établissements contrôlés. D’autant plus choquant que le défaut d’information ne peut que se répercuter ensuite sur l’étiquette du produit final. Plus grave mais fait rare, la DGCCRF a retrouvé des traces d’un dérivé non autorisé de l’acide carminique E120, l’acide 4 amino-carminique, dans des boissons, sirops et confiseries à destination des enfants. Obtenu par chauffage en présence d’ammoniaque du E120, colorant extrait de la cochenille lui bien autorisé, il permet à la couleur rouge d’être plus stable en milieu acide.
Notes
(1) La dose journalière admissible (DJA) est dérivée de la dose sans effet (DSE) obtenue par des expérimentations animales ou humaines. On obtient la DJA en divisant la DSE par un facteur 100 (composés non cancérogènes) à 1 000. Elle fournit ainsi une large marge de sécurité et représente une dose pouvant théoriquement être ingérée quotidiennement sans risque pour la santé, avec des dépassements occasionnels sans conséquence.

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Noëlle Guillon


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Appli QuelCosmetic: Une application mobile gratuite pour choisir ses produits cosmétiques (évolution)

Téléchargez l’application mobile QuelCosmetic







Voilà un bel exemple d’interactivité entre l’UFC-Que choisir et les consommateurs ! Lorsque nous avons lancé l’application gratuite QuelCosmetic, en mars dernier, la base de données comportait déjà 5 000 produits. Mais c’est grâce aux utilisateurs, qui nous ont fait parvenir codes-barres et photos des produits manquants, qu’elle s’est considérablement étoffée. Aujour­d’hui, ce sont plus de 120 000 références (environ 99 000 à risque et 24 000 sans risque) dont vous pouvez consulter les appréciations établies par nos experts. Cette possibilité de se faire une idée, de façon simple et rapide, de la composition des cosmétiques est manifestement appréciée puisque près de 800 000 personnes ont téléchargé l’appli via l’App Store ou Google Play. Pas question pour autant de nous reposer sur nos lauriers : nous avons tenu compte de vos remarques et venons de lancer une deuxième version qui collera encore mieux à vos attentes. La mise à jour se fera automatiquement. Voici les améliorations essentielles.

L’historique des scans



Difficile de se souvenir, entre deux visites au supermarché ou à la parapharmacie, si l’on a déjà scanné un produit et quel a été le verdict de l’appli. Celle-ci conserve donc désormais l’historique de vos scans. Vous pouvez vous y reporter à tout moment. Pratique aussi pour établir une liste de courses.

Des catégories de population plus précises



Jusqu’à maintenant, les résultats étaient présentés pour trois catégories de populations : adultes, bébés et femmes enceintes, enfants et adolescents. Désormais, bébés et femmes enceintes font l’objet de catégories séparées, car si de nombreux ingrédients, les perturbateurs endocriniens, sont tout aussi délétères pour les deux populations, il existe aussi des substances à éviter seulement chez les tout-petits mais a priori inoffensifs pour les futures mamans. C’est le cas en particulier du phenoxyethanol. Les réponses de QuelCosmetic sont donc dorénavant plus adaptées, d’autant que nous avons supprimé la catégorie « bébés » des produits qui ne les concernent pas, et ils sont nombreux (produits de rasage, antirides, déodorants, pour ne prendre que quelques exemples).

Des réponses personnalisées



C’est justement pour votre bébé que vous utilisez en particulier notre application ? Vous êtes enceinte et voulez prendre un maximum de précautions pendant votre grossesse ? Au contraire, vous êtes un homme qui n’a que faire des mises en garde destinées aux populations les plus fragiles ? Vous pouvez désormais entrer d’emblée votre profil et ne verrez que les réponses qui vous concernent. À tout moment, lorsque vous parcourez l’appli, vous pouvez modifier ces préférences. Un filtre vous permet aussi de ne voir apparaître que les produits sans risques. Par ailleurs, vous pouvez décider d’être alerté sur la présence d’allergènes ou non. On parle ici des 26 allergènes de parfum dont la déclaration a été rendue obligatoire par la Commission européenne. D’autres allergènes, qui déclenchent très fréquemment des réactions, comme la methylisothiazolinone ou encore la paraphenylenediamine, sont signalés systématiquement. Les 26 allergènes de parfum sont en particulier à éviter chez les tout-petits et si vous avez un terrain allergique. En revanche, même s’il est possible de déclencher une réaction à tout âge et sans antécédent, les adultes qui ont la chance de ne pas avoir une peau réactive peuvent raisonnablement décider d’ignorer la présence dans un produit d’un ou plusieurs de ces 26 allergènes, très souvent repérables dans tous types de cosmétiques.

Une utilisation plus pratique



Le mode « recherche » a été amélioré. Vous pouvez désormais associer un type de produit et une marque, par exemple « déodorant Narta », « crème hydratante Roche Posay », etc. Par ailleurs, pour plus de clarté, la présentation du glossaire a été modifiée. Vous pouvez vous y reporter pour en savoir plus sur les ingrédients indésirables présents dans les produits que vous scannez et les raisons de leur nocivité. Enfin, nous avons ajouté une foire aux questions. Vous y trouverez les réponses aux interrogations le plus souvent exprimées par les utilisateurs via notre formulaire de contact notamment.

Comprendre le résultat



Comme la toxicité potentielle des ingrédients peut varier selon les populations, l’évaluation diffère selon la personne concernée : un pictogramme s’affiche pour les tout-petits (de la naissance à 3 ans), un pour les femmes enceintes, un autre pour les enfants et adolescents (de 3 à 16 ans), un quatrième pour les adultes. La couleur va du vert (aucun risque identifié à ce jour) au rouge (risque significatif) et est accompagnée de lettres de A à D à destination des daltoniens. Elle correspond à celle de l’ingrédient le plus nocif de tous ceux présents : une crème peut comporter dix composants au-dessus de tout soupçon, si le onzième est un perturbateur endocrinien avéré, c’est sa couleur rouge qui l’emportera. Attention, le résultat ne concerne que la composition du produit. En aucun cas, il ne renseigne sur sa qualité intrinsèque ou son efficacité. Ces critères ne peuvent être mesurés qu’en laboratoire et nous le faisons à l’occasion des tests comparatifs que nous publions régulièrement sur telle ou telle famille de produits. Mais forcément, le nombre de références concernées est sans commune mesure avec celles présentes dans l’appli.


Les pictogrammes et les codes couleur utilisés dans l’application QuelCosmetic.

Le plus que vous attendiez



Depuis notre première grande campagne sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques, vous êtes nombreux à nous demander une liste positive des produits n’en contenant pas. Demande satisfaite avec l’appli QuelCosmetic ! Lorsque le produit que vous convoitez contient des ingrédients indésirables, il suffit d’un clic pour voir s’afficher une liste d’homologues plus recommandables.

Si vous êtes curieux de savoir pourquoi tel produit hérite d’une mauvaise note, cliquez sur le pictogramme de couleur et l’ingrédient incriminé s’affiche avec des explications sur sa nocivité (via un clic sur le i ). Par ailleurs, la composition complète du produit est affichée.

Les fonctionnalités offertes en scannant le produit:



Exemple du baume à lèvres Labello Classic care



1 La page d’accueil du produit : ce produit présente un risque significatif pour les populations.

2 Un clic sur sur la ligne correspondant à une des populations, le ou les ingrédients qui posent problème apparaissent.

3 Un clic sur le "i" donne accès à une explication sur les raisons de la nocivité de l’ingrédient.

D’autres possibilités pour explorer la base de données





1 On peut choisir une catégorie sur la page d’accueil.

2 Puis une sous-catégorie.




1 Tous les produits à risque s’affichent.

2 En cliquant sur « produits sans risque », on accède à la liste de leurs homologues sains.




1 On peut faire apparaître les listes par ordre alphabétique.

2 On peut aussi chercher une référence particulière à l’aide de la fonction « rechercher ».

3 Mais lorsqu’on a le produit en main, le plus pratique est de scanner son code-barres.

4 On peut conserver l’historique des produits scannés et s'y référer à tout moment.


Pourquoi des différences entre les applis



Parmi les questions fréquemment posées par les utilisateurs, celles sur les différences entre les résultats de QuelCosmetic et ceux trouvés sur d’autres applications. Vert d’un côté, rouge de l’autre pour un même produit, c’est déroutant. L’explication, c’est que nous n’avons pas les mêmes critères de classement. D’abord, certaines applis tiennent compte de l’impact des cosmétiques sur l’environnement alors que nous avons préféré nous concentrer sur la santé, en tout cas dans un premier temps (nous ne nous interdisons pas de faire évoluer notre approche à l’avenir). Autre différence, nous classons des ingrédients en indésirables seulement si des études solides montrent sans ambiguïté leur nocivité. D’autres préfèrent condamner des substances dès la moindre publication suggérant, sans le démontrer, qu’il pourrait y avoir un risque, même minime. Certains utilisateurs assimilent ce choix à une plus grande fiabilité mais c’est un rapprochement qui n’a pas lieu d’être, car la rigueur scientifique n’est alors pas toujours au rendez-vous. Cela dit, la science progresse tous les jours et la liste de nos ingrédients indésirables peut, elle aussi, évoluer. C’est pourquoi il est conseillé d’accepter les notifications qui vous signalent les éventuelles nouveautés ou, au moins, de procéder régulièrement à des mises à jour.


Des outils rendus possibles grâce à vos dons !



L’appli QuelCosmetic fait partie des projets mis en œuvre par l’UFC-Que Choisir au bénéfice de tous les consommateurs et financés grâce à notre fonds de dotation. Ce dernier est notamment alimenté par vos dons et par les royalties obtenues grâce à la commercialisation de la licence d’utilisation de La Note Que Choisir, un repère au service des consommateurs utilisable par les professionnels pour distinguer les produits ayant obtenu plus de 14/20 à l’un de nos essais comparatifs.
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Fabienne Maleyson


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Garantie de conformité: L’action du consommateur limitée au vendeur
La garantie légale de conformité, l’une des deux garanties (voire trois en tenant compte de la garantie commerciale) dont dispose le consommateur lors de l’achat d’un produit neuf ou d’occasion, permet d’obtenir gratuitement la réparation ou le remplacement du produit si un défaut apparaît dans les deux années suivant l’achat (6 mois pour un produit d’occasion).

Attention, cette garantie légale de conformité s’applique exclusivement contre le vendeur. Contrairement à la garantie légale des vices cachés, qui permet d’agir contre le vendeur, les vendeurs successifs ou le fabricant, la garantie légale de conformité ne laisse pas le choix au consommateur. Cela a un avantage : le vendeur ne peut pas se défausser sur le fabricant. Mais aussi un gros inconvénient : si le vendeur a fermé boutique, il devient impossible pour le consommateur de faire jouer cette protection.

La Cour de cassation l’a rappelé dans un arrêt publié le 19 septembre. Elle se prononçait sur le cas d’un couple ayant acquis un véhicule automobile auprès d’un distributeur de la marque Hyundai. Ayant constaté des défauts après leur achat, ils ont demandé la condamnation de Hyundai Motor France (l’importateur de la marque coréenne) à leur rembourser les frais de réparation du véhicule. La juridiction de Colombes (92) a condamné la marque, mais ce jugement a été cassé et annulé par la Cour de cassation.

Cette dernière rappelle que, selon l’article L. 217-4 du code de la consommation, le consommateur tient ses droits seulement contre le vendeur avec lequel il a directement contracté. Raison invoquée : le vendeur n’est pas lui-même un consommateur vis-à-vis de son importateur ou fabricant et ne bénéficie pas de cette garantie. Il « ne peut donc en transmettre les droits, ce qui exclut toute action directe de l’acheteur à ce titre », écrit la Cour.

Cette impossibilité d’une action directe du consommateur contre le distributeur, le fabricant ou les vendeurs antérieurs au titre de la garantie légale de conformité est bien connue : la Commission européenne avait un temps envisagé d’accorder cette possibilité, mais cela ne fut pas repris dans la directive ayant abouti à la mise en place de la garantie légale de conformité. Ce manque peut poser problème au consommateur, dans le cas où le vendeur disparaîtrait dans les deux ans suivant l’achat du produit : il devient alors impossible de la faire jouer. Dans ce cas, il est conseillé de privilégier, si possible, la garantie des vices cachés.
Lire aussi

Décryptage : Garantie légale de conformité - Vos questions, les réponses de l'UFC
Lettre type : Demande de réparation ou de remplacement du produit
Lettre type : Demande d’annulation du contrat de vente en cas d'absence de réponse dans le délai d'un mois
Lettre type : Demande de réduction de prix en cas d'absence de réponse dans le délai d'un mois
Lettre type : Demande de réduction de prix en cas d'impossibilité de remplacement ou de réparation
Lettre type : Demande d'annulation du contrat de vente en cas d’impossibilité de remplacement ou de réparation
Lettre type : Garantie légale contre les vices cachés - Demande d'annulation de la vente ou de réduction du prix


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Morgan Bourven


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Carburant: Étiquetage supplémentaire
Autant le dire tout de suite, il ne s’agit pas d’une révolution dans le monde des stations-service et rien ne change dans la composition actuelle des carburants. Les automobilistes trouveront toujours les mêmes pistolets distributeurs de la même couleur ainsi que les mêmes noms de carburant dans les stations. Le changement qui s’opère à partir du 12 octobre 2018 est simplement l’apposition d’une étiquette supplémentaire permettant d’identifier en un clin d’œil le type de carburant (essence, diesel ou gazeux) et, le cas échéant, sa teneur en biocarburant. Ainsi, le SP95 à 5 % d’éthanol sera toujours étiqueté SP95 (appellation commerciale), mais sera accompagné d’un pictogramme « E5 » (nouvel étiquetage réglementaire). De même, le SP95 à 10 % d’éthanol sera étiqueté SP95-E10, avec le logo « E10 ». À noter qu’un système similaire sera prochainement mis en place pour les véhicules électriques afin de guider l’automobiliste dans la recharge des batteries.


Rond, carré ou losange



Selon le type de carburant, l’étiquette, qui doit mesurer au moins 4 centimètres de large sur la pompe et 1,5 centimètre sur le pistolet, aura une forme différente. Pour un carburant de type essence, par exemple le SP95, il s’agira d’un « E » placé dans un cercle. Le chiffre qui lui sera accolé indique la teneur en biocarburant. La forme pour un carburant de type diesel est un carré dans lequel se trouve la lettre « B » suivi d’un chiffre signifiant la teneur en biocarburant contenu dans le diesel. Le « XTL » indique qu’il s’agit d’un diesel synthétique qui n’est pas dérivé du pétrole brut. Enfin, la forme pour un carburant de type gazeux est un losange avec les indications « H2 » pour l’hydrogène, « CNG » pour gaz naturel comprimé, « LPG » pour gaz de pétrole liquéfié (GPL) ou « LNG » pour gaz naturel liquéfié.

Une information multidiffusée



Cette information sera également affichée chez les concessionnaires automobiles et placée sur les véhicules neufs (mis sur le marché ou immatriculés à partir du 12 octobre 2018), à proximité immédiate de la trappe à carburant (ou du bouchon), dans le manuel d’utilisation du véhicule ainsi que dans le manuel électronique pour certains véhicules neufs disposant d’un système d’infodivertissement embarqué.


Pour toute l’Union européenne



La mise en place de ces étiquettes est d’ores et déjà en cours dans l’Union européenne (UE) pour les véhicules neufs et les stations-service. Elles seront déployées dans les 28 États membres de l’UE, les pays de l’Espace économique européen (Islande, Liechtenstein et Norvège), ainsi que la Macédoine, la Serbie, la Suisse et la Turquie. Le Royaume-Uni n’est pas concerné et devra décider s’il applique ou non cette réglementation après le Brexit.



UFC Que Choisir en ligne
Yves Martin


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Prix du gaz (octobre 2018): À la hausse toute
C’est un retournement de tendance spectaculaire. Après plusieurs années de baisse, le prix du gaz est reparti à la hausse en fin d’année dernière et depuis, il ne s’arrête plus. Il a franchi la barre des 6 centimes en septembre pour un ménage qui se chauffe au gaz, et augmente encore ce mois d’octobre de 3,3 %.

En cause, la hausse des prix sur le marché de gros, très sensible aux soubresauts géopolitiques. En dépit de ressources mondiales abondantes en gaz, l’instabilité pousse les tarifs à la hausse. C’est une bonne partie de l’explication, il faut lui ajouter l’augmentation de la taxe carbone qui concerne toutes les énergies fossiles (carburants, gaz, fioul). Et puis la mise en place progressive du compteur Gazpar par le gestionnaire de réseau GRDF a un coût, intégré au prix du gaz, de même que la modernisation en cours du réseau.

Alors, que faire pour subir a minima cette hausse ? Si vous avez souscrit une offre à prix fixe sur 2 ou 3 ans quand les prix du kWh étaient bas courant 2016, voire très bas au cours de l’été 2016 (4,56 centimes en juillet), ou encore en 2017, surtout restez-y. Si vous aviez alors opté pour une offre compétitive par rapport au tarif réglementé, vous êtes fortement gagnant. C’est le cas aussi si vous avez souscrit à l’offre « Énergie moins chère ensemble » de l’UFC-Que Choisir. Même en consultant notre comparateur actualisé tous les mois et en optant pour le fournisseur le plus compétitif qui est à -15 %, vous paieriez plus cher.

Si vous êtes en offre à prix indexé sur le tarif réglementé, changez pour l’offre à prix fixe la plus compétitive du marché, elle est à -15 %. Si d’aventure le gaz devait repartir à la baisse d’ici un an, il sera toujours temps de changer de fournisseur, la démarche est gratuite et en matière de gaz naturel et d’électricité, la durée du contrat n’engage que le fournisseur. Le client peut le quitter à tout moment, sans préavis et sans pénalités.
UFC Que Choisir en ligne
Élisabeth Chesnais


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Dépistage du cancer du sein: Une campagne trompeuse
À la veille d’Octobre Rose, l’Institut national du cancer (INCa) publie sa nouvelle campagne vidéo sur le dépistage systématique du cancer du sein. La forme choisie, un questions-réponses, donnait l’occasion de faire le point sur les bénéfices réels de la mammographie réalisée tous les deux ans chez les femmes de 50 à 74 ans. Le surdiagnostic de lésions qui n’auraient pas évolué, et le surtraitement, sont aujourd’hui deux effets secondaires bien identifiés du dépistage. En regard, le nombre de vies sauvées grâce au dépistage n’est pas aussi important qu’attendu.

Malheureusement, l’INCa loupe une nouvelle fois le coche. Au moment d’évoquer le « surdiagnostic », le terme n’est même pas prononcé. Tout juste le spot mentionne-t-il qu’« il arrive que l’on diagnostique et que l’on traite un cancer qui n’aurait pas ou peu évolué ». Mais la suite est pour le moins elliptique : « Le risque zéro n’existe pas. » Peu importe que des dizaines de femmes subissent des examens en trop, ou soient opérées pour rien, l’INCa estime que cela ne vaut pas le coup de s’y attarder. Et préfère mettre en avant des bénéfices « vraiment plus importants ». Grâce au dépistage, plus de 10 000 cancers agressifs seraient soignés plus tôt, affirme l’INCa. Outre qu’on ne sait pas d’où sort ce chiffre, notons qu’il n’est pas précisé si ces cancers soignés plus tôt guérissent plus souvent. Or c’est bien l’enjeu : combien de vies le dépistage sauve-t-il ? La réalité est moins rose qu’on voudrait le faire croire aux femmes concernées : avec le dépistage, sur 1 000 femmes de 50 ans dépistées pendant 10 ans, 4 mourront d’un cancer du sein, contre 5 sans dépistage. Le dépistage épargne une vie. En contrepartie, 19 femmes seront diagnostiquées et traitées à tort.

Voilà les informations que les femmes invitées au dépistage systématique du cancer du sein ont besoin de connaître avant de se décider. Encore une fois, l’INCa ne leur fait pas confiance pour faire la part des choses. Une information loyale et complète était pourtant une des recommandations de la concertation citoyenne sur le dépistage du cancer du sein il y a deux ans.

Même démarche pour les cancers de petite taille

Parmi les arguments en faveur du dépistage systématique, le spot de l’INCa cite la détection précoce de cancers de petite taille. De ce fait, les traitements seraient « moins lourds, moins longs et plus efficaces ». Là encore, la réalité est plus contrastée : les chiffres de l’assurance maladie montrent que le nombre de mastectomies (ablation totale ou partielle d’un sein) n’a pas baissé depuis l’instauration du dépistage en 2004.


Lire aussi:

Cancer du sein - L’INCa a fourni aux femmes une information incomplète et partiale sur les avantages et les inconvénients à suivre le dépistage organisé

< href='https://www.quechoisir.org/decryptage-cancer-du-sein-nos-reponses-a-vos-questions-n23529/' target='blank'>Cancer du sein - Nos réponses à vos questions


UFC Que Choisir en ligne
Anne-Sophie Stamane


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