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Arnaque par téléphone: Le bon d’achat Conforama qui coûte cher
Tout a commencé par un appel reçu sur son téléphone portable. « La personne que j’ai eue au bout du fil m’a dit qu’à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau magasin Conforama près de chez moi, mon numéro avait été tiré au sort dans l’annuaire et que j’avais gagné un bon d’achat de 1 000 € à valoir sur leur site Internet, se souvient Sylvie. Pour en bénéficier, il me suffisait de contacter leurs services par le biais d’un numéro de téléphone commençant par 0899 ». Malgré quelques doutes, Sylvie finit par se laisser tenter. « Ma fille qui s’installe a justement besoin d’un tas de choses que je ne peux pas lui offrir, alors je suis allée jusqu’au bout de la démarche en me disant que je verrais bien si je recevais les cadeaux ». Sylvie n’a finalement jamais obtenu le bon d’achat tant espéré. À la place, elle a reçu un appel de son opérateur de téléphonie mobile, l’avertissant qu’elle avait dépassé son forfait de 160 €. « Et je n’ai toujours pas reçu la facture du téléphone fixe… »

Sur les forums Internet, des dizaines de personnes racontent la même histoire, certains assurant avoir patienté plusieurs heures au bout du fil après qu’on leur a promis que, dans le cadre de l’offre promotionnelle, les appels seraient gratuits. Bien sûr, il n’en était rien et à 34 centimes la minute, leur facture de téléphone s’est envolée.

Sylvie, comme les autres, a été victime d’une escroquerie au processus bien rôdé. Les appels, passés vers des numéros choisis au hasard, n’ont qu’un but : inciter le destinataire à composer un numéro surtaxé loué pour l’occasion auprès d’un prestataire technique afin de récupérer une partie des gains. L’opérateur, lui, se contente de facturer les appels. Quant à l’enseigne Conforama, elle assure avoir déposé plainte et met en garde ses clients sur son site Internet.

Qu’elles passent par un appel téléphonique, par le biais de sites de petites annonces ou par Facebook, les escroqueries aux numéros surtaxés restent fréquentes. Malheureusement, il est quasiment impossible d’obtenir le remboursement des sommes dépensées tant les plaintes déposées contre les personnes à l’origine de l’escroquerie ont peu de chances d’aboutir. Le mieux est encore de ne jamais rappeler de numéros commençant par 0899. Vous pouvez également signaler l’arnaque aux opérateurs en envoyant au numéro 33700 un SMS contenant le terme spamvocal suivi du numéro surtaxé que l’on vous a demandé de composer (ex : spamvocal 0899123456).
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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Avastin Disponible le 1er septembre
Aujourd’hui est un jour à marquer d’une pierre blanche. Un peu plus de 3 ans après avoir été interdite par le ministère de la Santé, l’utilisation de l’Avastin (bevacizumab) dans le traitement de la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est officiellement autorisée. Les médecins vont pouvoir le prescrire, d’abord pour administration en milieu hospitalier puis, à moyen terme, dans les cabinets d’ophtalmologie en ville.

Avant d’en arriver là, l’Avastin (bevacizumab) aura connu beaucoup de hauts et de bas. L’efficacité en ophtalmologie de cet anticancéreux a été découverte par hasard, en 2009. Ne disposant pas d’une autorisation en bonne et due forme dans la DMLA, il a d’abord été administré de façon informelle. Pour les médecins, cette molécule présentait un avantage de taille : par rapport au seul traitement officiel alors disponible, le Lucentis (ranibizumab), elle revenait beaucoup moins chère. De 30 à 50 € la dose, contre plus de 1 000 € à l’époque : à efficacité comparable, le calcul était vite fait. Mais les autorités de santé ne l’entendaient pas de cette oreille. Elles ont mis le holà en juillet 2012, car l’Avastin nécessitait, avant d’être injecté, d’être reconditionné en seringues, d’où des risques de contamination et d’infection de l’œil.

Le laboratoire Roche derrière l’Avastin et… le Lucentis !

Le bannissement dure 2 ans. Finalement, le ministère de la Santé change d’avis en 2014 sous la pression de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il reconnaît l’intérêt de l’Avastin dans la DMLA, sous réserve de respecter strictement le protocole de sécurité. Reste à trouver un cadre légal d’utilisation. Car, paradoxalement, Roche, le fabricant de l’Avastin, fait barrage. Il n’a pas l’intention de demander l’homologation de son médicament dans la DMLA. Et pour cause : la start-up qui a développé le Lucentis, le traitement concurrent qui rapporte gros, lui appartient. Roche a plutôt intérêt à ce que les ophtalmologistes aient recours au Lucentis, et n’entend pas faciliter l’essor de l’Avastin. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dégaine alors une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Cette procédure permet d’utiliser un traitement en dehors de ses indications officielles, même si le fabricant traîne des pieds. Elle entre en vigueur aujourd’hui. Roche la conteste devant le Conseil d’État, dont une première décision est attendue le 15 septembre prochain.

Pour l’assurance maladie, l’opération s’annonce financièrement intéressante. Le Lucentis lui coûte plus de 400 millions d’euros par an. L’impact de la RTU ne sera pas visible tout de suite, car l’Avastin sera dans un premier temps prescrit à petite échelle. Mais à terme, l’économie sera réelle. Une seringue de Lucentis coûte 750 €, pris en charge à 100 %, à quoi il faut ajouter 86 € pour l’administration ; une dose d’Avastin sera facturée à la Sécurité sociale un peu moins de 400 €, préparation et injection comprises. Les hôpitaux auront aussi intérêt à passer à l’Avastin : une injection de Lucentis ne leur est remboursée que sur la base de 86 € par l’assurance maladie, alors qu’ils toucheront un forfait de 380 € pour l’administration de l’Avastin.
Que Choisir en Ligne
Anne-Sophie Stamane


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Tarifs de l’électricité: Une fausse bonne nouvelle
Avec + 8 % d’augmentation réclamée pour ce 1er août, le rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avait jeté un froid le mois dernier. La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a aussitôt calmé le jeu en limitant la hausse des tarifs de l’électricité à + 2,5 %. Pour les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, refuser ou minorer les augmentations du prix de l’énergie est d’ailleurs devenu une habitude ces dernières années.

En 2012 par exemple, les tarifs de l’électricité ont augmenté de + 2 % au lieu des + 7 % préconisés par la CRE. En 2013, la hausse fut très significative avec + 5 %, mais cette fois la CRE recommandait + 9,6 % ! Et en 2014, la ministre de l’Écologie a d’abord gelé l’augmentation de 5 % réclamée par EDF et avalisée par la CRE. Suite à la mise en place d’une nouvelle formule de calcul du prix de l’électricité, basée en partie sur les prix du marché de gros de l’électricité et plus seulement sur les coûts comptables d’EDF, une hausse de + 2,5 % est finalement intervenue en novembre 2014.

L’UFC-Que Choisir devrait a priori se réjouir de ces limitations des hausses de tarif puisque à court terme, c’est tout bénéfice pour les consommateurs, elles préservent leur pouvoir d’achat. Mais ce n’est que partie remise, l’addition commence d’ailleurs à peser lourd pour les usagers, tant sur le gaz que, depuis peu, sur l’électricité. Ce sont les fameuses factures rétroactives, qui ont suscité tant d’incompréhension chez les usagers du gaz et qu’il faut malheureusement payer comme l’a expliqué Que Choisir.

Le mécanisme des factures rétroactives est rigoureusement identique pour l’électricité. Presque à chaque fois que les pouvoirs publics gèlent ou limitent la hausse de tarif demandée par EDF et avalisée par la CRE, les fournisseurs d’énergie alternatifs attaquent la décision. Jusqu’à présent, se fondant sur le seul cadre juridique, le Conseil d’État leur a donné raison en imposant une hausse tarifaire rétroactive. Elle gonfle déjà les factures d’électricité depuis le printemps. Les montants réclamés compensent le manque à gagner d’EDF au titre de 2012-2013, quand le gouvernement a limité la hausse à + 2 %, au lieu des + 7 % réclamés, pour protéger le pouvoir d’achat des ménages. La hausse de + 2,5 % de ce 1er août inclut d’ailleurs une partie des rattrapages. Sans eux, la nouvelle formule de calcul aurait fait baisser le prix de l’électricité de - 1 %.

Les économies réalisées ces dernières années reviennent donc en boomerang en surfacturation aujourd’hui, et ce n’est peut-être pas fini. Les fournisseurs d’énergie, furieux du manque à gagner, ont engagé un nouveau recours l’automne dernier, suite à la hausse limitée à + 2,5 %. Le Conseil d’État devra se prononcer.

Les mauvaises surprises pourraient donc encore tomber, et les factures continuer à s’alourdir plus que de raison…
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Crise agricole: Le point de vue consommateurs
Pour l’UFC-Que Choisir, les prix des produits alimentaires mis en rayons doivent refléter fidèlement l’évolution des coûts des matières premières. Une exigence qui vaut particulièrement pour les denrées brutes ou faiblement transformées, le prix des matières premières représentant une part significative du prix final.

Au demeurant, cela reste un vœu pieux… Années après années, l’UFC-Que Choisir constate que, si les hausses des matières premières agricoles sont systématiquement répercutées aux consommateurs, les baisses ne le sont pas toujours… loin de là ! L’exemple du prix du steak haché est à ce titre très parlant.

Selon des données croisées de l’UFC-Que Choisir et de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, le consommateur devait, en 2014, débourser 2 € pour un steak haché de 125 g de marque distributeur. Un prix identique à celui constaté l’année précédente. Pourtant sur la même période, l’argent revenant à l’éleveur a plongé par rapport à 2013 de 8 % à 1 €, un montant légèrement inférieur à son prix de revient ! Mais alors comment expliquer que les consommateurs n’aient rien vu de cette baisse ? Ce n’est pas l’industrie qui est ici en cause puisque sa marge brute de 44 centimes a accusé une petite baisse de 1,2 %, mais la grande distribution dont la marge a progressé de 15 % pour atteindre 56 centimes. Alors que l’éleveur perd désormais de l’argent sur son produit… le consommateur quant à lui n’a bénéficié d’aucune baisse !

Face à cette crise agricole, le président de la République et le Premier ministre appellent à acheter prioritairement des produits agricoles français… encore faut-il que les pouvoirs publics nationaux et surtout européens donnent aux consommateurs les moyens de les identifier. Pour permettre aux clients de choisir en toute connaissance de cause, les associations de consommateurs européennes rappellent qu’elles demandent depuis longtemps l’indication obligatoire de l’origine des ingrédients dans les produits transformés (par exemple, charcuteries, plats cuisinés…). Une mesure qui permettrait non seulement de répondre à l’exigence de transparence de plus en plus forte chez les consommateurs mais, également, de contribuer à une sécurisation de la traçabilité.

Pour ce qui est des mentions volontaires existantes faisant référence à une origine française (par exemple, « viandes de France »), l’UFC-Que Choisir rappelle qu’elles ne sont pas en soi des garanties de qualité. En revanche, ces indications vont évidemment dans le sens d’une meilleure information du consommateur.
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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Carte de paiement sans contact: Les craintes des chercheurs

La carte NFC permet de payer en approchant sa carte de quelques centimètres d’un terminal, plus besoin de taper son code secret. En France, les paiements sans contact sont limités à 20 € par transaction et de 80 à 100 € par mois ; au-delà, il faut retaper son code. Mais ce dispositif n’est pas sans susciter quelques craintes comme nous l’évoquions dans une récente enquête. Craintes confirmées par la publication d’un article intitulé « La sécurité des systèmes informatiques ubiquitaires », publié le 14 janvier 2015. Gildas Avoine, professeur en cryptologie, à l’université de Louvain-la-Neuve (Belgique) et à l’Insa de Rennes, y écrit notamment : « De sévères failles dans plusieurs dispositifs largement répandus ont pourtant déjà été mises au jour, qu'il s'agisse de systèmes de démarrage de voitures, de cartes d'accès ou de paiement sans contact. »

Parmi les risques identifiés, l'attaque par relais est aujourd’hui la principale crainte des chercheurs concernant la sécurité des cartes NFC. Cette technique permet de détourner la communication entre une carte et un terminal. Le message est en fait réceptionné par un autre terminal. L’utilisateur de la carte bancaire pense ainsi, par exemple, effectuer un paiement sans contact auprès d’un commerçant A, alors qu’en réalité il envoie ce paiement au terminal d’un commerçant B. Dans un entretien, publié le 3 juillet dernier dans le « Journal du CNRS », Cristina Onete, chercheur à l’Inria/Université de Rennes, précise la technique : « La carte NFC et le terminal de paiement, pensant dialoguer l’un avec l’autre, communiquent en fait avec un troisième intervenant qui utilise les informations envoyées par la carte pour faire la preuve de son identité auprès du lecteur cible. »

Il suffit ainsi pour réaliser ce vol de positionner un smartphone à quelques centimètres de la carte et d’envoyer les données à un second téléphone, positionné près d’un terminal de paiement. Pour l’instant, il n’a pas encore été constaté de fraudes effectuées via ce mode. Mais pour les chercheurs, rien ne l’empêche a priori… Ce qui n’empêche pas le site de Visa d’affirmer : « Tout aussi sûres que les cartes Visa classiques, les cartes Visa équipées du paiement sans contact garantissent des paiements fiables et sécurisés. »

Selon les experts, une technique permettrait de renforcer la sécurité des cartes NFC contre l’attaque-relais. Il s’agit de « l’utilisation du protocole de “distance bounding” », dispositif qui permet de repérer si le terminal de paiement se situe près ou loin de la carte sans contact. Dans le second cas, le paiement peut être bloqué. Mais les banques n’ont, jusqu’à présent, pas estimé nécessaire d’y recourir.
Que Choisir en Ligne
Élisa Oudin


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Moustique tigre: La carte du business
« Que Choisir » vient de publier la carte de l’implantation actuelle du moustique tigre et, comme nous l’ont fait remarquer quelques internautes attentifs, elle ne ressemble pas à la carte Vigilance Moustiques récemment présentée par nombre de médias, de TF1 à la presse régionale en passant par les sites de radios, celui de RTL par exemple.

Dans les faits, le moustique tigre est à ce jour implanté dans 20 départements, et c’est déjà très préoccupant. Mais dans la version 2015 de la carte Vigilance Moustiques publiée par de nombreux confrères, une grande partie de la France semble touchée. Vingt départements y figurent en rouge, 21 en orange et 28 en jaune ; ces trois couleurs planent donc sur 69 départements, alors que le vert rassurant se fait rare. Étrange.

« Nous avons 3 000 pièges répartis sur toute la France, et dès qu’un moustique tigre est piégé, l’information apparaît sur le site du ministère de la Santé. Vigilance Moustiques reprend nos données publiques pour en faire une exploitation alarmiste qui n’a aucune raison d’être, déplore Grégory L’Ambert, entomologiste médical et coordinateur national de la surveillance du moustique tigre. On surveille les importateurs de pneus, les aéroports, les grands axes de communication. Ce n’est pas parce qu’on a une interception une fois que le moustique tigre s’installe. S’il y a un risque, on démoustique la zone à temps. »

Mais dès qu’un moustique tigre a été piégé, la carte Vigilance Moustiques s’empresse de colorier le département en orange. Quant aux départements en jaune, ils sont juste équipés de pièges. « Il ne s’y passe rien, aucun moustique tigre n’y a jamais été détecté », confirme Grégory L’Ambert.



À gauche la carte de « Que Choisir » (source Ministère de la santé), à droite celle de Vigilance Moustiques.

Cet alarmisme ne doit rien au hasard. Bien qu’elle ait l’allure d’un document officiel, la carte Vigilance Moustiques provient du site qui porte le même nom. Il appartient au propriétaire des produits antimoustiques Manouka, qui y sont d’ailleurs bien en vue.

Pourtant, sur la carte diffusée aux médias, Manouka apparaît comme « partenaire officiel ». Cette astuce marketing permet de se faire de la publicité gratuitement à chaque fois qu’une télé ou un journal la publie ! Bien vu d’un point de vue commercial. En revanche, pour connaître la vérité sur l’implantation du moustique tigre, il vaut mieux se fier à la carte publiée par « Que Choisir ».

Quant à l’efficacité des produits Manouka, elle n’est pas toujours au rendez-vous, comme le prouve notre test de répulsifs antimoustiques.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Étiquetage des aliments: L’habit ne fait pas le moine
L’étiquetage d’une denrée alimentaire ne doit pas avoir pour effet d’induire le consommateur en erreur sur les caractéristiques du produit. Cela semble une évidence. Il aura pourtant fallu qu’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 4 juin dernier rappelle ce principe de base aux industriels. À l’origine de cette affaire, une société allemande, Teekanne, qui commercialisait une infusion aux fruits (« Félix aventure framboise-vanille ») et faisait figurer sur l’emballage des images de framboise et de vanille assorties de mentions telles que « infusion aux fruits avec des arômes naturels », « ne contient que des ingrédients naturels » ainsi que « goût framboise-vanille ».

L’ennui est que, si les « arômes » mis en exergue étaient bien « naturels », ils n’étaient pas issus de vraies framboises ni de vraies gousses de vanille, contrairement à ce que suggéraient les illustrations. Le seul moyen pour le consommateur de faire la différence était de lire attentivement la liste des ingrédients écrits en petits caractères sur l’un des côtés de l’emballage. Ce qui, selon la Cour, n’est pas suffisant. Car « s’il est vrai que le consommateur est supposé lire la liste d’ingrédients avant d’acheter un produit, elle ne permet pas, même si elle est exacte, de corriger l’impression erronée ou équivoque de l’emballage », ont conclu les juges.

À l’heure où les arômes de synthèse envahissent les denrées alimentaires, l’arrêt de la Cour de justice européenne remet les pendules à l’heure et devrait inciter les fabricants à faire preuve de plus de prudence. Car des cas similaires à celui de Teekanne, les linéaires des grandes surfaces en regorgent. Des yaourts aux boissons aromatisées, en passant par les glaces et les confiseries, les représentations d’ingrédients ne figurant pas dans les recettes sont légion. Plus grave, certaines mentions, pour le moins ambiguës, sont parfaitement légales. À commencer par la dénomination « arôme naturel », qui signifie simplement que celui-ci a été élaboré à partir de matières premières naturelles : pulpe de betterave, son de blé ou de riz, copeaux de bois… On obtient, par exemple, des molécules de vanilline en faisant fermenter de la lignine, un sous-produit de la pâte à papier. C’est tout bénéfice pour l’industriel qui paie cette vanilline deux fois moins cher qu’un arôme de vanille extrait du fruit du vanillier. Ni vu ni connu. Car quels consommateurs font la différence entre les mentions « arôme naturel » (issu de biotechnologies) et « arôme naturel de vanille » (issu de la gousse de vanille) sur une étiquette ?

En réalité, seul le mot « naturel » polarise l’attention des consommateurs qui veulent des produits « sains » contenant le moins d’additifs possible. Les industriels de l’agroalimentaire surfent sur la tendance et ne manquent jamais d’en faire un argument de vente sur les emballages. « L’affichage des mentions "arôme naturel" ou " sans arôme artificiel" sur la face avant crée un effet "halo" qui masque les ingrédients douteux » remarque Béatrice de Reynal, nutritionniste et directrice de la société de conseil Nutrimarketing. « De nombreuses denrées alimentaires comportent effectivement des arômes naturels, mais sont, par ailleurs, bourrés de conservateurs, colorants, agents de texture, stabilisants, et autres additifs en tous genres ».
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Florence Humbert


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Fraude alimentaire: Une coopérative du porc condamnée
Une nouvelle affaire de fraude alimentaire vient de donner lieu à des condamnations. Entre 2010 et 2012, le groupe coopératif breton Cooperl Arc Atlantique, numéro un français du porc, avait vendu sciemment de la viande contaminée par les salmonelles à des clients français mais aussi étrangers. Ces produits étaient écoulés auprès d’industriels transformateurs (Monique Ranou, Herta, Stoeffler) et de la grande distribution (Auchan, Cora, Carrefour).

Pour faire passer ces lots, les prévenus avaient maquillé les résultats des autocontrôles de façon à les présenter comme étant exempts de salmonelles. L’enquête avait alors révélé que la fraude avait porté sur 1 500 à 2 000 tonnes de viande de porc.

Plusieurs responsables de l’entreprise ont alors été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Le jugement a été rendu le 2 juillet.

Reconnu coupable de faux, escroquerie et tromperie sur les qualités substantielles de la marchandise, Jean-Michel M., le directeur de la branche industrie viandes du groupe, a été condamné à 24 mois de prison avec sursis (18 mois avaient été requis à l’audience par le procureur). Quatre mois de prison avec sursis ont été infligés à deux autres salariés pour des faits de faux.

La Cooperl a quant à elle été condamnée, en tant que personne morale, à 150 000 € d’amende pour faux, escroquerie et tromperie sur les qualités substantielles de la marchandise. Loin, cependant, des 1,875 millions d’euros réclamés par le procureur. Le tribunal a également ordonné à l’encontre de la Cooperl la confiscation des 2,9 millions d’euros saisis lors de l’enquête préliminaire.

Tous les prévenus ont en revanche été relaxés pour les faits de mise en danger de la vie d’autrui, la viande contaminée aux salmonelles étant potentiellement « à risques » pour ceux qui la consomment (intoxications alimentaires possibles). Mais faute d’éléments suffisants dans le dossier, les juges n’ont pas retenu cette infraction.

Partie civile au procès, l’UFC-Que Choisir a obtenu 30 000 € de dommages-intérêts. La décision du tribunal de Saint-Brieuc est susceptible d’appel.
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Arnaud de Blauwe


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Arnaque sur smartphone; Abonné d’office à Droid6000
Des centaines, peut-être des milliers… il est difficile de savoir exactement combien Droid6000 a fait de victimes. Toujours est-il que ce nom tout droit sorti d’un film de science-fiction est depuis quelques semaines la bête noire de nombreux abonnés à la téléphonie mobile. Tous ont découvert la supercherie après avoir reçu sur leur smartphone un SMS leur confirmant leur inscription à un certain Droid6000, un service payant sur abonnement facturé 4,99 € par semaine. Certains de ne s’être jamais inscrit à quelque service que ce soit, la plupart ont immédiatement contacté leur opérateur qui a accepté de résilier l’abonnement. En revanche, rares sont ceux qui sont parvenus, par ce biais, à se faire rembourser les sommes déjà prélevées.
De fait, en cas de souci avec un abonnement multimédia, mieux vaut se tourner directement vers l’éditeur du service. Pour trouver son nom et ses coordonnées, il suffit de les demander à son opérateur ou de se rendre sur le site Infoconso-multimedia.fr, rubrique « Services clients éditeurs », et de suivre la procédure indiquée. Malheureusement, les coordonnées qui apparaissent ne sont pas forcément celles de l’éditeur qui a conçu le service. Dans le cas de Droid6000, ce ne sont pas les coordonnées de la société éditrice qui sont fournies (celle-ci est basée aux États-Unis), mais celles du prestataire technique, en l’occurrence la société Highconnexion installée à Oullins, près de Lyon (69). Même si celle-ci n’a fait que son job (à savoir assurer une prestation d’intermédiation entre l’éditeur et les opérateurs), c’est à elle qu’il faut s’adresser pour obtenir le remboursement des sommes versées.

L’affiliation en question

Le plus étonnant dans cette histoire, c’est que Droid6000 est un vrai service édité, d’après les professionnels contactés, par une société sérieuse. Il semblerait en fait que, dans ce cas précis, le problème ne vienne pas de l’éditeur lui-même, mais d’un de ses revendeurs. Les premiers litiges seraient en effet apparus à partir du moment où l’éditeur a fait appel à des affiliés chargés de vendre son service pour son compte. L’un de ces distributeurs serait parvenu à diffuser en masse le service en cachant l’étape de validation permettant à l’utilisateur du téléphone de confirmer sa demande de souscription. De nombreux abonnements ont donc été souscrits sans que le propriétaire du téléphone s’aperçoive de quoi que ce soit.
Consciente de l’effet néfaste de tels dérapages, l’Association française de multimédia mobile (AFMM) tente depuis longtemps de les stopper. C’est à elle, par exemple, que l’on doit l’envoi systématique d’un SMS de confirmation par l’opérateur, qui a permis aux victimes de Droid6000 de constater le problème et de résilier rapidement. Sans lui, le préjudice aurait sans doute été beaucoup plus élevé. Leurs plaintes ont par ailleurs permis d’alerter les opérateurs et contribué à faire fermer le service. Quant au développement de l’affiliation, il a pour conséquence de multiplier le nombre d’intermédiaires et donc de rendre plus difficile le contrôle de chacun d’entre eux. Suite à l’affaire Droid6000, la commission Déontologie de l’AFMM a demandé au syndicat d’éditeurs, le Geste, de travailler à la mise en place d’une charte de bonnes pratiques.
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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Bons plans sur Internet: Gare aux abonnements cachés
La première alerte a été lancée il y a quelques semaines. Elle concernait des publicités faisant miroiter des iPhones 6 à seulement 1 €. Sauf qu’en cliquant sur l’offre, l’internaute était dirigé vers des sites de jeux en ligne ou des clubs d’achat qui l’amenaient à souscrire un abonnement payant dont les mensualités pouvaient atteindre près de 90 €. Visiblement, le procédé a fait des émules. Dans un communiqué, le Centre européen de la consommation (CEC), un organisme public spécialisé dans la gestion des litiges commerciaux transfrontaliers, met en garde les internautes contre la recrudescence de plaintes liées à ces abonnements cachés. À en croire le CEC, les consommateurs sont nombreux à avoir découvert des prélèvements sur leur compte bancaire après avoir accepté de recevoir des échantillons de produits de beauté ou des produits de santé à tester. Les coordonnées bancaires, qu’ils ont volontairement données, ne devaient servir qu’à payer des frais de port de l’ordre de 4 à 5 €. Finalement, les clients malheureux se sont retrouvés abonnés à des services payants dont le coût pouvait atteindre plusieurs dizaines voire plusieurs centaines d’euros par mois. Lire attentivement les conditions générales avant de souscrire leur aurait permis de découvrir que le simple fait d’accepter de recevoir un échantillon valait acceptation de la souscription à l’abonnement.
Sur Internet comme ailleurs, mieux vaut se méfier comme de la peste des publicités trop alléchantes, surtout lorsque le site réclame vos coordonnées bancaires.
En cas de souscription non désirée, envoyez à la société une lettre recommandée avec accusé de réception contestant la validité de l’abonnement, exigeant son annulation, l’arrêt des éventuelles livraisons ainsi que le remboursement des sommes déjà versées. Si vous avez reçu des colis, le CEC conseille de les retourner à l’expéditeur. Enfin, contactez votre banque pour faire opposition à l’abonnement et voir avec elle si elle a la possibilité de prendre à sa charge le remboursement des frais.
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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