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Autoroutes: La rente des concessionnaires dénoncée
Une nouvelle volée de bois vert s’abat sur les sociétés d’autoroutes ! Régulièrement épinglées par la Cour des comptes, c’est cette fois-ci l’Autorité de la concurrence qui vient de leur administrer un sévère coup de bâton.

Saisie par la Commission des finances de l’Assemblée nationale, elle a rendu un avis, non contraignant, sur le secteur autoroutier. Le réseau à péages (soit environ 9 000 km) a été privatisé en 2006 et son exploitation confiée à trois géants du BTP : Vinci, Eiffage et Abertis. En 2013, le chiffre d’affaires du réseau autoroutier concédé s’est élevé à près de 9 milliards d’euros, soit une hausse d’environ 25 % depuis sa privatisation.

Et le président de l’Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre, a rapidement mis les points sur les « i » lors de la présentation à la presse de cet avis. « La rentabilité des sociétés d’autoroutes qui oscille entre 20 et 24 % est exceptionnellement… exceptionnelle, a-t-il déclaré. Dans une économie de marché, c’est énorme. Évidemment, nous ne sommes pas là pour condamner l’économie de marché. Mais les profits exagérés sont légitimes s’ils sont associés à des coûts et des risques ».

Justement, en défense, les concessionnaires assurent qu’ils en prennent beaucoup. Prix des péages, aléas du trafic, poids des emprunts : autant de contraintes fortes qui pèsent sur eux.

Mais cette ligne de défense, l’Autorité de la concurrence l’enfonce facilement. Le risque du prix ? Il est quasiment inexistant du fait des règles de fixation des tarifs du péage : leur augmentation annuelle doit être d’au moins 70 % de l’inflation, le montant obtenu étant abondé par des hausses – « très généreuses », selon l’Autorité – prévues dans les contrats de plan signés pour cinq ans avec l’État. Non sans une certaine ironie, le gendarme de la concurrence note d’ailleurs que les péages ne peuvent qu’augmenter puisque la réglementation sur les tarifs n’évoque que des hausses. En cas d’inflation négative, les sociétés d’autoroutes n’ont donc pas à baisser le coût du péage !

Quant au risque trafic, il est bien limité, estime l’Autorité. Sur son aire géographique, une autoroute a le monopole. Elle n’est pas concurrencée par une autre. De plus, jusqu’à 2030, les études convergent pour évaluer à 0,7 % par an la hausse du trafic sur les autoroutes.

Pour ce qui est des risques liés aux lourds emprunts contractés pour les investissements (acquisition du réseau, construction, travaux…), là encore, l’Autorité de la concurrence juge l’argument peu recevable. « La dette est importante, admet Bruno Lasserre. Mais c’est un choix stratégique des sociétés. Elles ne recourent pas à l’autofinancement pour leurs opérations mais à l’emprunt parce qu’elles peuvent, notamment, bénéficier de conditions fiscales avantageuses. » Une politique qui profite directement aux actionnaires des sociétés. L’Autorité de la concurrence a ainsi calculé que de 2006 à 2013, 136 % du résultat net (bénéfice après impôts et charges) leur a été distribué sous forme de dividendes.

Et les critiques ne s’arrêtent pas là ! L’Autorité s’interroge sur « les modalités d’attribution contestables » des travaux. Rappelant que les concessionnaires sont également des entreprises de BTP, elle note que les mécanismes d’appels d’offres mis en place peuvent favoriser celles-ci au détriment de sociétés qui ne leur appartiennent pas. À l’arrivée, ce ne sont pas toujours les offres les plus avantageuses et pertinentes qui sont retenues. Le tout se déroulant sous le regard passif des pouvoirs publics…

Le réquisitoire est implacable. À lire son avis, on comprend que l’Autorité a été quelque peu effarée par les conditions (et concessions) ultra favorables accordées aux exploitants autoroutiers. Les dindons de la farce ? L’État, le contribuable et l’usager qui manifestement paie trop cher le droit de rouler sur autoroutes.

Objectif : encadrer plus efficacement les activités des sociétés d’autoroute



Aussi, l’Autorité propose un traitement de choc pour rééquilibrer la situation, sous la forme de 13 recommandations classées en trois catégories.

L’Autorité préconise tout d’abord une meilleure régulation du secteur autoroutier, ce qui passe, entre autres, par la création d’une autorité du transport terrestre, l’introduction dans les contrats signés avec l’État de clauses de réinvestissement et de partage des bénéfices ou encore une renégociation des règles de fixation du péage.

Ensuite, l’Autorité plaide pour un renforcement de la concurrence entre prestataires pour la réalisation de travaux sur le réseau, ce qui doit se traduire par un abaissement du seuil de mise en concurrence de 2 millions d’euros, fixé actuellement à 500 000 €. Dernière série de mesures à prendre, profiter du plan de relance autoroutier en cours de négociation, et soumis à autorisation de la Commission européenne, pour revoir dans un sens plus favorable à l’État et à l’usager les règles fondamentales qui encadrent le secteur autoroutier. L’une des mesures phares : arrêter d’allonger en permanence la durée des concessions en compensation des investissements consentis par les exploitants sur le réseau.

Les pistes sont tracées. Réaliste, l’Autorité de la concurrence sait que leur exploration sera difficile. « Les contrats sont très bien ficelés et il y a un risque juridique à changer les règles du jeu », reconnaît Bruno Lasserre. Il faut également une réelle volonté politique pour s’engager dans de telles directions, face à un lobby autoroutier que le président de l’Autorité qualifie de « très puissant ». Pas sûr, dans ces conditions, que la révolution autoroutière soit pour demain.
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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Entreparticuliers, Partenaire-europeen, Reseaudesparticuliers: Déluge de plaintes
Qu’il s’agisse d’Entreparticuliers.com, Partenaire-europeen.fr ou Reseaudesparticuliers.com, les trois diffuseurs d’annonces immobilières en ligne utilisent des techniques semblables : ils contactent les vendeurs après avoir repéré leur bien sur un site de grande audience (souvent Leboncoin.fr ou Particulieraparticulier.fr, PAP). Ils leur proposent alors de mettre l’annonce sur leur propre site, moyennant une somme non négligeable (souvent difficile à déterminer de prime abord) et… en faisant miroiter l’existence d’acheteurs potentiels déjà intéressés par le bien !

Entreparticuliers.com déjà condamné

L’affaire doit être rentable ! Car malgré la sévère condamnation dont a écopé le site d’annonces immobilières Entreparticuliers.com, certaines pratiques semblent avoir toujours cours ! Le jugement du tribunal de grande instance de Nanterre (confirmé par la Cour de cassation en 2012) avait condamné le site d'annonces à 150 000 euros d'amende pour pratiques commerciales trompeuses et publicité mensongère. Le PDG, Stéphane Romanyszyn, également poursuivi, s’est vu infligé 3 mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende.

Si l’on se penche sur les derniers témoignages recueillis par Que Choisir, il semble exister des ressemblances assez frappantes entre certaines pratiques condamnées par le TGI de Nanterre et les nouveaux faits décriés. Un internaute détaille ainsi sur notre forum à propos du site Entreparticuliers.com : « À peine mon annonce mise sur le site Le bon coin, un commercial (assez sympa au demeurant) me contacte pour proposer une annonce (sur le site Entreparticuliers.com) à 89 € pour 3 mois. J'accepte. Il m’annonce ensuite qu’il me met en relation avec une experte en communication pour finaliser l’opération. En guise d'experte, cette dame a essayé pendant près d'une heure de me fourguer de manière hyper-insistante et très agressive un forfait à 580 € ». En 2011 déjà, le TGI dénonçait l’option photos proposée de façon très opaque par le site qui faisait passer le tarif de l’annonce d’un forfait de 89 € à 145 € par mois !

Si vous êtes confronté à ce type de démarche agressive, n’hésitez pas à consulter l’une des associations locales de l’UFC-Que Choisir. Celles-ci disposent d’une grille d’analyse, établie par les juristes de l’UFC-Que Choisir, afin de déterminer pour chaque cas de démarchage la meilleure attitude à adopter.

Partenaire-europeen.fr visé par une plainte au pénal

88 plaignants, accompagnés par l’UFC-Que Choisir de Montpellier, ont par ailleurs déposé une plainte contre le site Partenaire-europeen.fr qui s’affiche aussi sous le nom 100%entreparticuliers. Les conclusions de l’avocat de l’association font notamment état de pratiques commerciales trompeuses concernant l’information sur les caractéristiques essentielles du service proposé, ainsi que sur les tarifs. Les déclarations du site : « fichier de 10 000 acheteurs constaté par huissier », ainsi que « 20 millions de lecteurs par semaine », seraient largement mensongères. Le site prétend aussi en page d’accueil être le « Numéro un du service à domicile entre particuliers » ! En termes d’audience, le site Médiamétrie ne place pourtant même pas 100%entreparticuliers dans le top 15 des sites immobiliers, en mars 2014.

Selon Maître Jean-Jacques Gandini, avocat de l’UFC de Montpellier, le prix ne serait en outre annoncé qu’en fin de rendez-vous avec un commercial, et de façon très floue. Le client serait aussi fermement orienté vers une offre de crédit. Selon l’avocat, « cela garantit à Partenaire Européen un règlement de la prestation avant que celle-ci n’ait été effectuée ». Enfin, les commerciaux auraient tendance à dissimuler l’existence du droit de rétractation dans un délai de 7 jours (ou de 14 jours pour les contrats souscrits depuis le 14 juin 2014) aux consommateurs. Des dizaines de milliers de clients auraient souscrit le contrat et auraient déboursé entre 1 371 et 4 368 €… En 2008 déjà, nous mettions en garde contre les pratiques de Partenaire-europeen.fr.
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Élisa Oudin


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Assurance scolaire conseillée mais pas obligatoire
L’assurance scolaire est-elle obligatoire

Non.
La règle, régulièrement rappelée dans des circulaires de l’Éducation nationale (comme celle du 3 août 2011) est que l'admission d'un enfant dans une école ou un établissement, tout comme sa participation aux activités scolaires obligatoires, ne peut être subordonnée à la présentation d'une attestation d'assurance. Il est toutefois fréquent que les enseignants responsables de classe, mal renseignés, l’exigent avec insistance.

Faut-il en souscrire une

En général, oui,
car il en faut une pour les activités extrascolaires : sortie nature, excursion au musée, mais aussi et surtout, cantine. Si votre enfant est demi-pensionnaire, impossible de s’en passer. Cela dit, avant de souscrire un produit sur mesure, vérifiez que votre multirisque habitation ou votre garantie accidents de la vie n’inclut pas déjà une assurance scolaire. C’est assez fréquent.

Que couvre-t-elle

Les dommages que votre enfant pourrait causer à autrui (garantie de responsabilité civile), comme des vêtements déchirés pendant la récréation ou un bris de lunettes, ainsi que les dommages corporels dont il pourrait être victime dans le cadre des activités scolaires obligatoires ou facultatives, trajet compris. En pratique, il arrive souvent que les établissements souscrivent des contrats collectifs de responsabilité civile pour les sorties scolaires, ce qui diminue l’utilité de l’assurance scolaire individuelle. La couverture des contrats collectifs est généralement plus intéressante. L’assurance scolaire est, à bien des égards, techniquement dépassée. La généralisation des contrats scolaires collectifs permettrait de diminuer le coût global, à couverture identique.

Combien coûte-t-elle

On en trouve à partir de 10 € par an. Les prix montent jusqu’à 40 € ou 60 € pour une couverture plus complète englobant les vacances. Les formules de base sont amplement suffisantes. En cas de gros sinistre (si un enfant met le feu à son collège ou cause un grave accident de la circulation), d’autres contrats entrent presque systématiquement en jeu. L’assurance scolaire est une couverture de petits sinistres. Le montant moyen des remboursements est de l’ordre de 75 €.

Les assurances proposées en partenariat avec les fédérations de parents d’élèves sont-elles intéressantes

Pas spécialement. La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) travaille en partenariat avec la Mutuelle Assurance Élève (MAE) et la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (Peep) avec les Mutuelles du Mans assurances (MMA). Leurs propositions ne sont ni plus ni moins intéressantes que celles des autres assureurs et mutuelles.
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Erwan Seznec


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Travaux d’économie d’énergie: Nouveau crédit d’impôt
30 % de crédit d’impôt sans aucune condition de ressources dès qu’on engage des travaux d’économie d’énergie, la première pierre du chantier de la transition énergétique qui vise à rendre les logements plus sobres en énergie est entrée en vigueur ce 1er septembre. Fixé à 25 % et conditionné à la réalisation d’un bouquet de travaux, le crédit d’impôt qui était en place depuis le 1er janvier 2014 disparaît donc de fait. Désormais c’est 30 % pour tout le monde et dès la première intervention, pour tous les travaux qui ouvrent droit au crédit d’impôt développement durable. Ce peut être le changement de chaudière, l’installation d’un poêle à bois, l’isolation des combles, le remplacement des fenêtres, la régulation du chauffage, ou toute autre intervention destinée à faire des économies d’énergie. Autre évolution, tous les ménages y ont droit, plus aucune condition de ressources n’est fixée.

Une facture qui s’allège de 30 %, ce nouveau crédit d’impôt devient à coup sûr très incitatif. Que Choisir appelle donc à la vigilance car il risque de susciter l’appétit des réseaux et des professionnels à l’affût de profits faciles. Le crédit d’impôt soumis à l’exigence du bouquet de travaux avait quelque peu calmé les ardeurs des spécialistes du démarchage téléphonique, de la vente à domicile et des prix prohibitifs. Celui-ci risque de relancer les effets d’aubaine, les équipements vendus pour la marge qu’ils procurent plus que pour répondre au besoin du client. L’important est d’engager les travaux les plus efficaces pour réduire sa facture de chauffage, il faut garder cet objectif à l’esprit en toutes circonstances, en particulier face à un commercial tenace et convaincant !

Qui croire ?

Si le site officiel renovation-info-service.gouv.fr signale bien la mise en place de ce nouveau crédit d’impôt, le site de l’Ademe en reste ce 1er septembre au crédit d’impôt entré en vigueur le 1er janvier, et si vous contactez votre service des impôts, il y a fort à parier qu’il vous parlera des 25 % pour un bouquet de travaux. Ce décalage s’explique aisément puisque la loi de finances 2014 avait fixé le crédit d’impôt à 25 % et pour au moins deux interventions. La décision du gouvernement change la donne mais ne sera actée que dans la prochaine loi de finances.

Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Location de voiture: L’ultimatum de Bruxelles
Des écarts de prix de plusieurs dizaines voire centaine d’euros pour un même type de véhicule selon que l’on se connecte sur le site Internet français du loueur ou à l’une de ses versions étrangères, par exemple en Belgique : c’est le constat dressé, fin juin, par Que Choisir dans une enquête sur la location de voitures. Et, à ce jeu, les tarifs pratiqués dans l’Hexagone étaient souvent les moins avantageux.

Ainsi, pour un véhicule de type Picasso C4 réservé pour une semaine de juillet, il en coûtait 1 139 € sur le site www.avis.fr contre 824,53 € sur les sites étrangers de cette même enseigne. Autre différence notable : dans la première configuration, le kilométrage était limité à 1 750 km (les kilomètres supplémentaires étant facturés en sus), illimité dans la seconde. Aucun des loueurs contactés par Que Choisir n’avait alors daigné répondre pour expliquer de telles différences de traitement.

Alertée par des plaintes de consommateurs, la Commission européenne s’est à son tour saisie de la question. Fin juillet, elle adressait un courrier aux grandes entreprises de location (Avis, Hertz, Europcar, Sixt…) leur demandant de cesser ces pratiques contraires aux dispositions de la directive sur les services. Ce texte prohibe les discriminations tarifaires fondées sur la nationalité ou le lieu de résidence (elles sont en revanche admises dans le cas de la vente de biens).
Réponses insatisfaisantes des loueurs

Mi-août, la Commission décidait de rendre public le contenu du courrier adressé aux grandes enseignes. Europcar, Avis et Hertz ayant apporté des réponses insatisfaisantes, Bruxelles leur a laissé jusqu’à la fin du mois d’août pour se mettre en conformité.

L’injonction n’a toutefois pas de valeur juridique. Mais si les loueurs ne se mettaient pas en règle, en France, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) pourrait se saisir du dossier et examiner les suites à donner.

En attendant, et comme toujours après les vacances d’été, de nombreuses plaintes liées à la location de voitures parviennent à Que Choisir. Ce ne sont pas tant les tarifs qui en sont la cause, mais essentiellement les débits injustifiés liés à de prétendus dommages causés au véhicule, à des options « imposées » (par exemple, plein d’essence prépayé) ou à des tâches administratives (par exemple, frais de traitement de PV).
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Arnaud de Blauwe


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Cigarette électronique: Les recommandations sévères de l’OMS
La cigarette électronique ne cesse d’étendre son influence chez les fumeurs. La déferlante, dans tous les pays, a contraint l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à se positionner une nouvelle fois, après un premier avis très circonspect en 2008. À quelques semaines d’une réunion sur la lutte antitabac, elle vient de publier ses recommandations aux États. Et elles sont très prudentes. L’OMS conseille d’interdire la vente des cigarettes électroniques aux mineurs, d’alerter enfants, adolescents et femmes enceintes sur les dangers de la nicotine pour le développement du cerveau, et enfin, de bannir la cigarette électronique des lieux publics fermés. Elle préconise aussi d’empêcher les industriels d’utiliser des arômes sucrés, fruités ou imitant l’alcool. En France, la vente aux mineurs est déjà interdite, mais son éviction des lieux publics n’est pas encore officiellement tranchée.

Dans son argumentaire, l’OMS souligne l’absence de preuve d’efficacité dans le sevrage tabagique et plaide pour d’autres alternatives que sont les traitements « approuvés », comme les substituts nicotiniques. Ces produits n’ont pourtant, jusque-là, montré qu’un impact anecdotique sur l’arrêt du tabac. Est aussi mise en avant l’émission de toxiques, de nicotine et de particules fines par la cigarette électronique, qui, bien que nettement moindre qu’avec une cigarette classique, pourrait être préjudiciable aussi bien au vapoteur qu’à son entourage. Dernier point, l’OMS craint que la cigarette électronique, qui perpétue la gestuelle tabagique, ne minimise les politiques antitabac.

Au final, l’OMS insiste sur les dangers pour les non-fumeurs plutôt que sur la réduction des dommages pour les fumeurs, au risque de favoriser la cigarette classique. Cette posture critique n’a pas manqué de faire réagir les partisans de la cigarette électronique. Le Pr Jean-François Etter estime que le rapport de l’OMS entrave le développement d’alternatives plus sûres à la cigarette classique, et l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce) estime que l’avis de l’OMS « ne sert que les intérêts des industries » du tabac et du médicament.
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Anne-Sophie Stamane


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Rachat d’or: Contrat obligatoire
La vente par les particuliers de bijoux en or n’était pas à l’abri d’abus d’officines pas toujours très scrupuleuses. La loi Hamon sur la consommation entend protéger davantage les vendeurs particuliers. Toute opération d’achat de métaux précieux (or, argent, platine) par un professionnel auprès d’un consommateur doit désormais faire l’objet d’un contrat écrit, dont un exemplaire est remis à ce dernier. Il doit mentionner le cours officiel du métal précieux au jour de la vente, en gramme, le descriptif de l’objet (dont le poids et la pureté), le prix de vente, les taxes et les frais éventuels. Le vendeur particulier dispose aussi de 24 heures, à compter de la signature du contrat, pour se rétracter. Attention toutefois, ce droit de rétractation n’est valable que pour les achats en magasin, pas sur les foires et salons.
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Jean-Paul Geai


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Petit électroménager usagé: Reprise gratuite en magasin
Reprise gratuite en magasin pour tous les petits équipements électriques et électroniques usagés ou démodés tels que smartphones, grille-pain, fers à repasser, bouilloires électriques, jouets de petit format, sèche-cheveux… Voilà une bonne nouvelle pour tous les consommateurs qui ne savent pas quoi faire de leurs petits appareils électriques hors d’usage. « Le consommateur pourra désormais se défaire gratuitement et sans obligation d’achat de ses petits équipements dans les magasins disposant d’une surface de plus de 400 m2 dédiée à la vente d’équipements électriques », précise le décret du 19 août qui transpose la directive européenne révisée en 2012 sur les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Il met ainsi fin à la reprise dite de « un pour un », ce dispositif qui impose d’acheter un appareil neuf en échange du dépôt de l’ancien.
Produits de 25 cm maximum

Concrètement, toutes les grandes surfaces spécialisées en électroménager et les hypermarchés doivent désormais reprendre gratuitement les petits appareils usagés, qu’on en rachète ou pas, la notion de « petit » correspondant à des dimensions de 25 cm selon le décret.

Certains le font déjà, comme l’enseigne Darty et tous les magasins qui ont installé des bacs de collecte en libre accès. Les autres doivent s’organiser très vite puisque l’obligation de reprise gratuite est entrée en vigueur dès parution du décret, le 22 août dernier.

Que Choisir invite tous les consommateurs à profiter de cette nouvelle facilité pour se débarrasser des petits matériels électriques ou électroniques usagés. C’est une meilleure façon de faire que les jeter à la poubelle ou même les porter à la déchetterie.

Les rendre en magasin évite en effet des coûts de collecte et de traitement des déchets à la charge des communes, et donc in fine des contribuables locaux. La collecte en magasin devrait également faciliter leur recyclage. Car sur les 20 kg d’équipements électriques par habitant jetés chaque année, seuls 9,5 kg vont actuellement vers les centres de recyclage, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

La marge de progrès reste importante, chacun peut y contribuer gratuitement. D’autant qu’en achetant un appareil neuf, on contribue déjà au coût de son élimination via l’éco-contribution qui est intégrée au prix de vente. Inutile de financer à nouveau leur traitement via la taxe d’enlèvement des ordures ménagères en les laissant à la charge de sa commune.
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Élisabeth Chesnais


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Carte d’identité: Validité prolongée, couacs en série - Prolongement reconnu dans 8 pays seulement
L’alerte vient d’Allemagne. Et elle est lancée par le Centre européen de la consommation (CEC), basé à Kehl, juste en face de Strasbourg. L’allongement de la validité de 5 ans des cartes d’identité françaises, passée de 10 à 15 ans le 1er janvier dernier, ne va pas sans causer des difficultés à certains détenteurs.

Sont potentiellement concernés, ceux qui ont en poche une carte qui arrive à échéance en 2014 et qui ont à voyager. Explications : si la durée de validité allongée de 5 ans s’applique également à leur égard, la date limite de validité inscrite au dos de la carte n’est pour autant pas modifiée. De fait, les particuliers qui prennent l’avion peuvent se voir refouler par la compagnie aérienne où les autorités du pays de destination. Pour voyager dans un État de l’Union européenne et dans quelques pays (par exemple, Tunisie), la carte d’identité suffit en effet, le passeport n’étant pas exigé.

Le CEC affirme recevoir « de plus en plus de réclamations de consommateurs ». Il craint en outre que le problème « ne perdure encore plusieurs années ». Comme le note le CEC, « le ministère de l’Intérieur a bien publié une fiche d’information multilingue sur la prolongation de validité de 5 ans des cartes d’identité françaises présentant une date périmée ». Document à présenter lors des différents contrôles. Mais cela ne semble pas toujours efficace.

Face à de tels dysfonctionnements, le ministère de l’Intérieur recommande aux voyageurs de « privilégier l’utilisation d’un passeport valide à une carte nationale d’identité portant une date de validité dépassée ». Rappelons toutefois que le passeport, valable 10 ans, est payant (86 €), alors que la carte d’identité est le plus souvent gratuite (25 € en cas de renouvellement suite à perte ou vol).

À l’instar de Cathy M., qui vit dans le Val-d’Oise, plusieurs consommateurs prudents se sont rapprochés de leur mairie afin de faire renouveler leur carte d’identité pour la mettre en conformité avec la nouvelle durée de validité. Mais leur demande est en général refusée.

Pour le CEC, « cette situation ubuesque restreint la liberté des Français au sein de l’Union européenne et dans tous les pays qui acceptent la carte d’identité comme document de voyage ». Il a par conséquent pris contact avec le ministère de l’Intérieur et le Défenseur des droits afin de leur présenter « les incohérences de cette réforme et les préjudices qu’elle cause aux consommateurs ».

Depuis, le ministère des Affaires étrangères a apporté quelques précisions. Il indique ainsi que seuls 8 pays acceptent officiellement la carte d’identité prolongée de cinq années : Bulgarie, Estonie, Hongrie, Monaco, Monténégro, Slovénie, Suisse et Tunisie (pour cette dernière, uniquement pour les binationaux ou les personnes partant en groupe dans le cadre d’un voyage organisé). En revanche, d’autres États ont explicitement indiqué qu’ils ne reconnaissaient pas la validité des cartes dont la date de fin de validité est antérieure à la fin du séjour. Il s’agit de Malte, de la Serbie et de la Turquie.

Pour toutes les autres destinations où il est en théorie possible de voyager avec une simple carte d’identité française (pays de l’Union européenne, Albanie, Islande…), les autorités n’ont pas pris de position officielle.

Il est également possible de se rendre sur le site du ministère de l’Intérieur afin d’imprimer, avant le départ, une fiche d’information expliquant la mesure. Un document à présenter, en cas de difficultés, aux autorités des pays dans lesquels on se rend.
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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Centrales photovoltaïques Power Clouds: Une escroquerie internationale
Il s’appelle Fabio Galdi. Il est italien, comme ses principaux collaborateurs (Alfonso Galdi, Roberto Forlani, Walter Presutti, Alessandro Senatore, Maurizio Nicolucci…). Son parcours impressionne. Âgé de 42 ans seulement, il aurait multiplié les succès en une décennie dans les télécommunications, l’assurance et les énergies renouvelables. Ses entreprises successives se nomment Mecotek, Telme, Power Clouds, World Global Network, World Assurance… Elles ont toutes connu un succès foudroyant, atteignant une dimension planétaire en quelques trimestres seulement, avec des antennes à Londres, New-York ou Singapour, et des projets de cotation en bourse.

Seul problème, mais de taille, les cotations en bourse ne se font jamais. De plus, après la phase de démarrage en fanfare, notre dynamique entrepreneur et ses comparses ont une fâcheuse tendance à partir pour d’autres cieux en laissant derrière eux un souvenir plus que mitigé.

Telme, par exemple, était une sorte d’opérateur de téléphonie virtuel. PDG : Fabio Galdi. En 2008 et 2009, l’entreprise recrute activement des actionnaires individuels en Amérique latine, et plus particulièrement en Colombie et en Bolivie. Elle annonce sa cotation imminente à la bourse de New-York. Elle se targue de la certification d’un cabinet d’audit très prestigieux, PricewaterhouseCoopers (PWC). À tel point que PWC va publier un démenti à ses frais dans la presse bolivienne. « Nous n’avalisons, ne garantissons et ne certifions aucune des opérations de Telme », dit le communiqué. Assez rapidement, la vérité devient évidente. Telme ne vend rien de concret. Ses fondateurs ont simplement monté un système pyramidal, où les nouvelles recrues enrichissent les plus anciennes, jusqu’à l’effondrement. Il survient en général au bout de deux ou trois ans. Un peu avant l’Amérique latine, Telme a ainsi opéré en Malaisie à partir de fin 2006. Six mois plus tard, la police malaisienne commençait à enquêter sur le groupe, qui s’est rapidement retiré du pays.

Aujourd’hui, World Global Network et Power Clouds sévissent en France. Le groupe avait annoncé qu’il portait plainte contre Que Choisir, suite à notre article qui lançait une alerte en mars 2014, ainsi qu’à des messages sur notre forum. Il ne l’a pas fait.

Telme, Power Clouds : mêmes promesses, même développement planétaire présenté comme imminent, mêmes projets d’entrée en bourse. Seul le produit a changé. Il n’est plus question de réseau de téléphonie, mais de centrales photovoltaïques promues par des sites Web tape-à-l’œil : graphique de croissance à deux chiffres, vidéo de colloques de vendeurs organisés sous les tropiques, formulations ronflantes, etc. Le tout sans donner la moindre précision utile, le moindre chiffre exploitable. Les centrales filmées appartiennent-elles à Power Clouds ? Fabio Galdi s’appelle-t-il vraiment ainsi ? Est-il vraiment italien ? Impossible d’en avoir la certitude.

Quand ils investissent un pays, ils doivent trouver des têtes de réseaux. Le profil de ceux qui jouent ce rôle en France n’est pas fait pour rassurer. Un des vendeurs les plus actifs de Power Clouds dans notre pays est connu de l’Autorité des marchés financiers (AMF) depuis au moins 2008. À l’époque, l’AMF avait diffusé une mise en garde contre un placement miracle qu’il diffusait, nommé le « plan 629 USA-ICI », un pseudo-fonds d’investissement en Asie qui a coûté très cher à des particuliers trop crédules. Après la France, à qui le tour ? La prospection a déjà commencé en Belgique et, à en croire les forums, au Maghreb. Le départ précipité de l’hexagone ne saurait tarder. Selon des consommateurs restés en contact avec les animateurs du réseau Power Clouds, ces derniers commencent à trouver que les affaires deviennent difficiles en France.
Que Choisir en Ligne
Erwan Seznec


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