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Association Locale de l'Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir


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Impôts 2014: Plus chers pour les salariés avec une mutuelle
Salariés du secteur privé qui bénéficiez d’une complémentaire santé collective obligatoire, attention. L’article de la loi de finances votée le 29 décembre dernier modifie sensiblement vos revenus imposables au titre de l’année 2013 ! Le Parlement a en effet décidé de réintégrer dans le revenu imposable la part de cotisations patronales afférente à la mutuelle santé. Selon lui, l’exonération est assimilable à un « avantage en nature », et constitue donc un complément de salaire, taxable à ce titre. Publiée au « Journal officiel » daté du 31 décembre, cette mesure s’applique à votre prochaine déclaration de revenus. Mais elle a été prise trop tard pour que les entreprises puissent l’intégrer dans le calcul du bulletin de salaire du mois de décembre qui est censé récapituler le revenu imposable de l’année fiscale. Normalement, les entreprises ont rectifié le tir par la suite et communiqué les bons montants aux salariés, y compris à ceux sortis des effectifs en cours d’année. Si ce n’était pas le cas, c’est la somme figurant sur la déclaration de revenu pré-remplie que l’administration vient de vous adresser qui fait foi et non celle de votre bulletin de salaire.

Hélas ! Car la suppression de cet avantage fiscal devrait se traduire par une hausse d’impôt sur le revenu non négligeable pour plus de 10 millions de contribuables. La facture variant bien sûr selon le montant pris en charge par votre employeur et votre taux marginal d’imposition.

Selon les calculs de la CFE-CGC, elle pourrait coûter jusqu’à 486 € par foyer dans l’hypothèse d’une part patronale de 150 € par mois pour le ménage. Quant au Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP), il estime la hausse de l’impôt sur le revenu de 90 à 150 € en moyenne pour chaque salarié.

En 2014, la recette attendue pour l’État devrait s’élever à 960 millions d’euros. Mais ce n’est qu’un début. À partir de 2016, tous les salariés seront concernés, puisque chaque entreprise devra participer au financement d’une mutuelle collective. Une mesure qui était présentée comme l’une des principales avancées pour les salariés de l’accord interprofessionnel (ANI) du 11 janvier 2013 !

Bon à savoir : La suppression de l’exonération fiscale du salarié sur la participation de l’employeur à la mutuelle d’entreprise ne concerne que les contrats collectifs obligatoires, ceux à adhésion facultative n’entrent pas dans le champ de la mesure.
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Florence Humbert


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Actimel de Danone: Nouvelles allégations santé
Quand Danone faisait rimer « Actimel » avec « défenses naturelles », c’était le temps bénit pour l’agroalimentaire où la pub pouvait tordre les résultats des études scientifiques pour les présenter sous un jour attrayant. Depuis, Bruxelles a exigé que les allégations santé soient justifiées par des dossiers étayés. Après avoir soumis à l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Aesa) un dossier pour Actimel, Danone l’avait retiré, de crainte de voir sa demande retoquée. La firme a trouvé un moyen plus simple de continuer à présenter sa fiole comme « le geste santé du matin » : y ajouter des vitamines (B6, C et D) qui, elles, sont reconnues par l’Aesa comme « participant au fonctionnement normal du système immunitaire ». Ainsi, comme n’importe quel produit qui contient ces vitamines, Actimel affiche désormais qu’il contribue au « bon fonctionnement » du système immunitaire (notez le glissement de « normal » de l’Aesa, soit dans la moyenne, à « bon » d’Actimel).

Une pratique qui préfigure peut-être une nouvelle stratégie des industriels : lancer un produit avec une allégation et ensuite rajouter la poudre de perlimpinpin permettant d’afficher ce slogan en toute légalité. Les grandes surfaces vont-elles de plus en plus ressembler à des pharmacies ? Pas très engageant.
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Fabienne Maleysson


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Libre-échange: Rencontres du troisième TTIP

Négocié depuis le mois de juillet 2013, cet accord n’est pas un simple accord commercial mais il a bel et bien pour objectif premier la convergence réglementaire. N’en déplaise au Commissaire Karel de Gucht ou à Barack Obama qui ont déclaré la main sur le cœur qu’ils n’accepteraient pas d’affaiblir la réglementation sur la protection des consommateurs, le risque est réel d’un nivellement par le bas de nombreux droits acquis par les consommateurs européens (santé, sécurité des produits, alimentation, protection des données,...).

De plus, la proposition d’inclure les tribunaux privés d’arbitrage permettant à toute entreprise américaine de porter plainte contre un État européen au motif qu’une mesure règlementaire porterait atteinte à ses profits, n’est pas acceptable. Nicole Bricq, alors ministre au commerce extérieur avait d’ailleurs marqué l’opposition de la France à l’inclusion de ce mécanisme juste avant que Karel de Gucht ne lance une consultation publique sur le sujet. Si le signal se veut fort côté transparence, permettez-moi de rester frileux : en effet, la détermination a partagé le contenu des négociations est toujours loin d’être au rendez-vous du côté des négociateurs.

La vigilance reste donc de mise et je n’oublie pas l’enjeu que représentent les futures élections européennes dans ce contexte, puisque ce seront aux nouveaux élus de ratifier, ou non cet accord, à l’instar de son défunt cousin ACTA. (Le blog d'Alain Bazot)
Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir


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Prix du gaz: Décryptage de l’offre Astucio d’Eni
Un prix du gaz qui ne peut que baisser, c’est la promesse du groupe Eni avec sa nouvelle offre tarifaire Astucio. « La seule offre qui protège les usagers des augmentations du prix du gaz pendant 3 ans » alors que « les prix à la consommation du gaz naturel pour les Français ont augmenté de 70 % depuis 2005 », martèle le fournisseur d’énergie qui espère tailler des croupières à GDF Suez avec cette proposition « révolutionnaire ».

Mais Eni serait plus crédible s’il ne tordait pas le cou à la réalité. Depuis début 2013 en effet, suite à la révision de la formule de calcul du tarif du gaz, une mesure longtemps réclamée par l’UFC-Que Choisir, le prix du gaz n’augmente plus, il est même orienté à la baisse. Passer cette inversion de tendance sous silence pour convaincre les consommateurs de souscrire est un peu grossier.

Quant à l’intérêt de l’offre, il ne saute pas aux yeux. Comparer l’offre Astucio Eco, la moins chère des trois offres Astucio d’Eni, à celles des autres fournisseurs de gaz n’est pas très flatteur pour elle.

En se basant sur une consommation annuelle de 17 000 kWh en zone 2 – mais la comparaison est également valable pour d’autres niveaux de consommation et d’autres secteurs géographiques – Lampiris demeure le fournisseur le moins cher avec un prix fixe sur un an de 1 076 €, devant Direct Énergie, Antargaz et Alterna à prix indexé, quand Astucio Eco est à 1 172 €, hors son tarif promotionnel à 1 135 €, et le tarif réglementé à 1 192 €.

L’offre Astucio n’est donc pas vraiment compétitive, d’autant que souscrire aujourd’hui ne peut laisser espérer une diminution que dans un an, alors que le tarif réglementé peut, lui, avoir été orienté à la baisse d’ici là. Pour que l’offre d’Eni présente un intérêt, il faudrait que le tarif du kilowatt/heure reparte clairement à la hausse, c’est un pari. Tant qu’à quitter le tarif réglementé, « Que Choisir » recommande plutôt de miser sur le prix le plus bas du marché, celui de Lampiris.

Eni propose aussi une offre Astucio Assistance, plus chère, mais qui inclut un service de dépannage plomberie intérieure, chaudière, chauffe-eau… Or le fournisseur d’énergie le propose également pour des contrats qui correspondent à une consommation annuelle inférieure à 1 000 kWh par an. Autrement dit, Eni peut facturer une assistance à des particuliers qui n’utilisent le gaz que pour… la cuisson !


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Élisabeth Chesnais


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Placement financier: Comment perdre, la nouvelle liste
Les sites d’options binaires invitent l’internaute à prendre position sur une question réductible à un choix binaire, oui ou non. Exemple : « le dollar australien va-t-il baisser face au yen dans les 48 h ? » Bref, ils proposent une version à peine améliorée du pari de café du commerce, assortie de la possibilité de miser 100 €, 200 € ou 1 000 €, avec un effet de levier qui multiplie les gains comme les pertes.

Ludiques en apparence, ces options binaires sont des machines à perdre de l’argent. Elles sont gérées dans une opacité totale par des sites hébergés à l’étranger. Ils ont souvent une adresse au Royaume-Uni, sans pour autant être avalisés par les autorités britanniques. Très souvent, leurs véritables initiateurs sont physiquement basés à Chypre, en Europe centrale ou en Israël. En général, un site d’option binaire n’a qu’une adresse et un numéro de téléphone en France. En cas de litiges, un recours contre eux est pratiquement voué à l’enlisement. La liste publiée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) contient près d’une trentaine de noms et elle est non exhaustive. Paradoxe habituel : si vous êtes familier du site de Que Choisir, et a fortiori de celui de l’AMF, il y a très peu de chances que vous fassiez partie des internautes mal informés qui risquent de succomber aux charmes ambigus de ces options binaires. N’hésitez pas à en parler autour de vous et à diffuser la mise en garde. Elle est sans nuance : il n’existe pas de sites d’options binaires recommandables.

L’AMF, dans un autre communiqué récent, attire également l’attention du public sur la société Capital France. Cette dernière propose aux investisseurs divers placements dans de jeunes entreprises, dont un placement « crowdfunding high tech », supposés rapporter des intérêts de 4,3 % à 8,5 %… par mois. « Extravagants », tranche l’AMF.
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Erwan Seznec


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Les siphons à crème chantilly frappent encore ! On fait quoi ?
Pourquoi des siphons à crème chantilly, dont la dangerosité est reconnue depuis plusieurs années, continuent-ils à faire des victimes ? C’est bien la question qui se pose alors que, depuis début février, nous avons recensé six nouveaux accidents : le plastique de la tête dans laquelle s’insère la cartouche de gaz n’est pas assez résistant et, sous la pression, l’embout est éjecté.

Les conséquences peuvent être graves. Blessures à l’œil, au cou, au thorax ou aux mains, acouphènes dans les oreilles… Les victimes qui nous ont contactés racontent avoir subi un vrai traumatisme, sans compter les dégâts matériels.
Un ustensile très à la mode

En janvier dernier, notre magazine 60 Millions de consommateurs pointait les dangers d’une quinzaine de ces ustensiles de cuisine très à la mode, dans un dossier sur les produits dangereux.

Depuis, deux autres modèles se sont ajoutés à la liste : le siphon semi-professionnel Louis-Tellier et le siphon Parson’s International France. Ce dernier – à la différence du Louis-Tellier (cf. notre rappel) – présente le même défaut de conception que la série de produits rappelés depuis 2010.

Fabricant en faillite depuis janvier

C’est un couple qui utilisait le siphon Parson’s International France depuis trois ans qui a donné l’alerte. Le 9 mars dernier, la tête en plastique explose dans les mains du mari, Vincent. Résultat : une blessure à la main, des acouphènes, et surtout une grosse frayeur pour son épouse enceinte de sept mois qui se trouvait à ses côtés.

Cet ustensile leur avait été offert par la société Bruneau. Près de 18 000 clients ont reçu le même cadeau entre mi-2010 et début 2013. Bruneau a réagi rapidement en envoyant un courrier à tous les consommateurs concernés. Mais Parson’s International France a peut-être distribué ce même siphon à d’autres entreprises. Comment savoir ? Ce spécialiste de la « promotion par l’objet » est en faillite depuis janvier… Au moment où nous écrivons, le liquidateur judiciaire est toujours à la recherche d’informations.

Dix points de suture, nerf abîmé, pouce luxé…

Deux autres accidents graves ont eu lieu en février, à une semaine d’intervalle, dans le département du Pas-de-Calais, comme nous le relations dans un article du 7 mars. Et le 29 mars, c’est dans le Loiret qu’un siphon frappe. Béatrice se retrouve aux urgences avec une opération de la main gauche : dix points de suture, nerf abîmé, pouce luxé… et aucune garantie de recouvrer toute la mobilité de sa main.

Trois drames scandaleux quand on sait que la dangerosité du siphon en cause, de la marque Ard’Time, est connue depuis avril 2013 et qu’aucune des trois blessées n’avait été alertée ! Pourtant, la société F2J, fournisseur de la marque Ard’Time, explique n’avoir cessé d’informer ses clients depuis un an et s’emploie à remplacer toutes les têtes en plastique par des éléments en aluminium sans danger. Mais force est de constater que ses efforts ne sont pas suffisants.

Près de 50 000 clients d’Auchan

Il aura fallu attendre près d’un an et le double accident du Pas-de-Calais pour qu’Auchan, principal distributeur des siphons Ard’Time, envoie début mars un courrier aux 49 800 clients ayant acheté ce siphon et titulaires d’une carte de fidélité. « Chaque enseigne a son propre cahier des charges pour communiquer sur les rappels de produits », explique Jean-François Jeancolas, responsable de F2J, pour justifier cet attentisme. Beaucoup de distributeurs s’étaient contentés jusque-là d’un simple affichage en magasin.

Suite à cette missive d’Auchan, environ 12 000 personnes se sont manifestées pour obtenir le remplacement de la pièce défectueuse. Béatrice n’a pas eu la chance d’être parmi les destinataires. « Ma fille avait acheté ce siphon il y a trois ou quatre ans à Auchan, explique-t-elle. Peut-être n’avait-elle pas de carte de fidélité à l’époque. » Le distributeur cherche actuellement à retrouver les coordonnées de 20 000 clients supplémentaires, ayant payé par carte bancaire ou chèque.

Plus de 100 000 siphons encore dans nos cuisines…

Système U s’apprête à son tour à adresser un courrier à 2 500 personnes. Casino et Cora ont procédé à un tel envoi il y a quelques mois. Mais à chaque fois, le taux de réponse ne dépasse pas les 30 %. On peut émettre deux hypothèses : soit les consommateurs n’utilisent plus ou ne possèdent plus l’appareil, soit ils ne perçoivent pas la gravité de la mise en garde.

Au total, environ 25 000 siphons Ard’Time défectueux ont pu être repérés. On est encore loin des quelque 160 000 ustensiles vendus entre 2010 et mi-2012.
Dispositions tout à fait insuffisantes

Les dispositions prises par les autres marques se révèlent tout aussi insuffisantes. Par exemple, le 23 décembre dernier, le siphon Saveur & Dégustation – qui fait l’objet d’un rappel depuis avril 2012 – explose dans les mains de Tanguy. Il n’a jamais reçu aucune alerte du fabricant ni du vendeur, en l’occurrence Electro Dépôt. Le 13 mars, Charlotte se blesse avec un siphon Alinéa, rappelé par son fabricant depuis onze mois.

Vu la gravité des blessures, ne revient-il pas aux autorités de prendre le relais des fabricants et fournisseurs en organisant une campagne nationale d’information ? 60 Millions plaide pour qu’une véritable opération de communication soit menée autour du défaut de conception de ces siphons.

Liste de tous les siphons rappelés:

Parson’s International France, référence PI4018F - 18-11-2010-FR. Contactez l’entreprise qui vous a fourni le produit.
Table Wear, coffret Chantilly, distribué par Cora avec les code-barres 3700298912432 (siphon 0,25 L) et 3700298912623 (siphon 0,50 L). Également distribué par Gifi sous les références 300 131 (siphon 0,25 L) et 267 788 (siphon 0,50 L) inscrites sur le mode d'emploi. À rapporter au magasin.
Gifi, coffret "siphon + verrines + cuillères", référence 275 010 (ne pas confondre avec le nouveau modèle avec la tête en métal). À rapporter au magasin.
Saveur & Dégustation, KB5356. Téléphoner au 0 805 130 140.
Tutti cuisine, GLO4160. Téléphoner au 0 805 130 140.
Tay’s kitchen, TAY5010. Téléphoner au 0 805 130 140.
Sif, référence 906125, lot 04.10. Chargeur N20, référence 415, lot 12.10. À rapporter au magasin.
Urban Living, référence 18310, code 924015. À rapporter au magasin.
Idée cuisine, distribué par La Foir’ Fouille, 10000130931. À rapporter au magasin.
Equinox, 511072, 511146, 511164 ou 511730. À rapporter au magasin.
Alinea, coffret “Chantilly avec siphon et verrines”, 21478666. Écrire à hotline.ecom@alinea.fr.
Secret de gourmet, coffret “Mousse et chantilly”, siphon : 737010, coffret : 737090. À rapporter au magasin.
Ard’Time, distribué par Auchan, Cora, Système U, Hyper U, Casino, E. Leclerc, Intermarché, 19 modèles vendus à partir de mai 2010 (en consulter la liste). Écrire à siphon.ardtime@orange.fr.
My style, distribué par Culinarion et Ambiance & Style, code-barres : 2842104005882. À rapporter au magasin.
Celd, 92539. À rapporter au magasin.
Orfèvrerie de la tour, kits “Grande cuisine” et “Chantilly Espuma”, distribué par E. Leclerc, code-barres : 3 222 582 918 741 et 3 222 582 921 154, ou référence 91874. À rapporter au magasin.
Louis-Tellier, siphon semi-professionnel référence N4064, lot 03/2012, code-barres : 3 325 980 009 698. À rapporter au magasin.


60 millons de consommateurs
Fabienne Loiseau


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Photovoltaïque: L incompréhensible cécité des sociétés de crédit
Fiché au grand banditisme, Chaouki Bouskaya était une des figures du milieu marseillais des années 1990. Cet ancien combattant de la guerre des machines à sous, impliqué dans une quinzaine de règlement de comptes sanglants, avait été condamné pour meurtre en 2002. Ayant passé cinq années à l’ombre, il s’est ensuite mis au soleil ou, plus précisément, au solaire. En 2006, il a monté à Avignon une société spécialisée dans l’installation de panneaux photovoltaïques, BSP. Celle-ci a fait faillite en janvier 2010, laissant derrière elle des centaines de contentieux et un passif de 32 millions d’euros. Suite à une enquête qui doit beaucoup à la ténacité d’une inspectrice de la direction départementale de la protection des populations du Vaucluse (DDPP), l’affaire BSP sera jugée à Avignon fin juin. On ignore si Chaouki Bouskaya sera présent. Parti en disant à sa femme qu’il allait faire une course le 4 avril 2013, il n’est jamais revenu.
Patron de Next Generation, autre société de vente de panneaux photovoltaïques liquidée en juin 2013 après avoir floué des centaines de particuliers, Willy Bernard a déjà été jugé. Début mars 2014, le tribunal correctionnel du Mans l’a condamné à deux ans de prison ferme pour fraude fiscale. Ex-jeune entrepreneur prometteur, élu «Talent des cités» en 2003 (1), Willy Bernard n’était pas à l’audience. Il a quitté la France en 2011, suite à une première condamnation à deux ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de gérer pour fraude fiscale, abus de bien sociaux et faux en écriture. Les affaires de Willy Bernard étaient passablement embrouillées. AB Fenêtres, sa première société, a été liquidée en 2008, laissant des centaines de contentieux derrière elle. Next Generation, qu’il a créé juste après, en 2009, et qu’il dirigeait malgré son interdiction de gérer via une holding à Tanger, a suivi exactement le même chemin. Le tout s’est déroulé de manière ostentatoire, Willy Bernard étant tout sauf discret (entrepreneur sans grande expérience, il avait racheté en 2006 le club de foot d’Angers, le SCO).

Soutien des sociétés de crédit

En plus de vendre des panneaux photovoltaïques avec des méthodes douteuses, Willy Bernard et Chaouki Bouskaya ont un autre point commun. Jusqu’à la toute fin de leur activité, alors que des forums sur Internet regorgeaient de mises en garde, ils ont été soutenus par des sociétés de crédit ayant pignon sur rue comme Sofemo, Solfea et Sygma.

Interrogées, ces sociétés se disent aujourd’hui «victimes» de ces entrepreneurs indélicats. Des «victimes» d’une candeur toute de même confondante. Les arnaques au photovoltaïque semblent avoir démarré massivement dans le Midi avant de remonter vers la moitié nord de la France. En 2009, quand Next Generation commence ses activités, Sofemo ou Solfea savent déjà que les méthodes commerciales de BSP sont plus que douteuses. Leur manque de vigilance est difficilement compréhensible, sauf à admettre l’hypothèse la plus cynique: compte tenu des méthodes de vente employées, les sociétés de crédit se doutaient qu’il y aurait de la casse, et elles auraient intégré le prix des contentieux dans les primes payées par tous les emprunteurs… Cela pourrait expliquer le coût faramineux de certains crédits en photovoltaïque: jusqu’à 15 000€ d’intérêts et de frais pour 20 000€ empruntés, soit 35 000€ à rembourser au total!
Selon Jean-Pierre Brissaud, expert installé dans le Var et qui a eu à connaître quelque 250 dossiers d’installations litigieuses, il ne fait «aucun doute» que les sociétés de crédit savaient que certains commerciaux bâclaient le travail et survendaient les rendements. «Lors d’une formation pour les vendeurs de panneaux, j’ai vu un commercial de Sofemo citer BSP en exemple et donner aux vendeurs une des astuces de la société pour doper les simulations de rendement: multiplier le nombre d'heures annuelles d'ensoleillement selon Météo France par le nombre de m2 de panneaux et en déduire la production d'électricité. En réalité, ça n'a aucun sens. L'ensoleillement au sens de Météo France démarre à 200 W par m2, alors qu'il faut 1 000 W par m2 pour qu'un panneau solaire fonctionne».

Les pièges du financement différé

BSP et Next Generation font partie des sociétés les plus caricaturales, celles qui auraient dû inspirer le plus de méfiance, mais ce ne sont pas les seules à avoir travaillé en dépit du bon sens avec le soutien actif des sociétés de crédit. Ces dernières ont considérablement amplifié le danger que représentaient les commerciaux mal formés ou peu scrupuleux, avec leur système de financement différé. Dans le cadre de ce système, le client passe commande plus facilement, car il n’a rien à débourser tout de suite; la société paye l'installateur directement, sans vérifier ni le devis ni la qualité des travaux. Le client est censé rembourser quand les panneaux produisent mais dans les faits, ça n’est pas le cas. Il se passe six mois, l'installation n'est pas raccordée. L'installateur devait prendre en charge les démarches, il ne le fait pas, et ne répond plus au téléphone. Le début des galères pour les clients…

A combien se monte le stock de dossiers litigieux: Difficile de le savoir pour le moment. Ils sont certainement des milliers et des dizaines d’entre eux sont déjà arrivés en justice. Si les recours semblent difficiles et s’il existe toujours un aléa judiciaire, de nombreux consommateurs ont déjà pu obtenir gain de cause devant les tribunaux en étant exonérés du remboursement de leur crédit. Si vous souhaitez connaître vos possibilités d’actions, n’hésitez pas à contacter l’association locale UFC Que Choisir la plus proche de votre domicile. Elle vous aidera à comprendre et utiliser des décisions de justice favorables aux consommateurs.

(1) Initiative du ministère délégué à la Ville et du Sénat, «Talents des Cités» récompense les jeunes créateurs d'entreprise ou d'association des quartiers prioritaires de la ville ou zone franche urbaine.


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Erwan Seznec


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Droit au compte bancaire: La Société générale condamnée
Impossible ou presque de vivre aujourd’hui sans un compte bancaire : ne serait-ce que pour encaisser un salaire ou régler une facture d’électricité. La loi de séparation et de régulation du système bancaire de juillet 2013 a notamment rappelé le principe du droit au compte. Il s’agit de la possibilité, pour quiconque en fait la demande, d’obtenir l’ouverture d’un compte et d’avoir accès aux prélèvements et virements. En pratique, le dispositif s’adresse aux personnes les plus fragiles (en situation de surendettement ou interdites de crédit). Pour en bénéficier, il faut s’être vu refuser l’ouverture d’un compte dans un établissement bancaire et présenter une attestation de refus à la banque de France. C’est en effet cette dernière qui désignera un établissement chargé de fournir au client des services de base… gratuits.

Une demande sur cinq de droit au compte effective

Une gratuité qui ne fait apparemment pas les affaires des banques, comme le révèle à nouveau la condamnation de la Société générale. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) vient en effet de prononcer une amende de 2 millions d’euros contre la banque pour avoir ouvert des comptes assortis de prestations payantes à des titulaires du droit au compte (donc gratuit). Ce jugement succède à celui prononcé contre LCL-Crédit Lyonnais l’année dernière pour les mêmes motifs. La banque avait en effet prélevé environ un million d’euros de commissions à des personnes relevant du droit au compte. La Société générale, qui se serait bien passée de cette publicité, a réclamé à l’Autorité de tutelle que son nom ne soit pas cité dans la décision rendue publique. Demande refusée par l’ACPR qui a au passage précisé qu’entre juillet 2010 et juin 2012, la Banque de France a désigné plus de 6 500 fois la Société générale pour ouvrir des comptes gratuits à des titulaires de ce droit mais qu’au final, seulement 1 257 personnes ont pu en bénéficier. La Société générale n’a pas encore annoncé si elle ferait appel de la décision.
Que Choisir en Ligne
Élisa Oudin


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Faille de sécurité Heartbleed: Des données exposées
Chaque jour ou presque, des failles de sécurité sont découvertes. Mais celle qui a été découverte la semaine dernière est d’une toute autre ampleur. Jamais une erreur de programmation n’avait ouvert autant de portes aux pirates. Car Heartbleed (c’est son nom) a deux particularités. D’une part, elle n’affecte pas un serveur en particulier, mais OpenSSL, un utilitaire de chiffrement des données utilisé par des milliers de sites Internet à travers le monde. Surtout, Heartbleed donne potentiellement accès aux clés de chiffrement destinées à protéger les données que les sites échangent avec leurs utilisateurs. Dans ces conditions, rien ne dit que des pirates n’aient pas dérobé les données personnelles stockées sur les serveurs des sites utilisant OpenSSL. C’est le cas entre autres de Facebook, Google, Yahoo, mais aussi de Youtube, Pinterest, Tumblr, Instagram et de bien d’autres sites. Plus inquiétant encore, dans le cas où un pirate se serait emparé des clés de chiffrement, il pourrait continuer à accéder aux données des serveurs, même une fois le patch de sécurité mis en place. C’est un peu comme une serrure dont la clé aurait été répliquée, décrypte pour nous le responsable d’un laboratoire spécialisé dans la sécurité Internet. On a beau refermer la porte, celui qui détient la copie de la clé peut toujours l’ouvrir.

Le principe de précaution

Personne ne sait à l’heure actuelle si la faille Heartbleed a été exploitée et si des données ont été dérobées. Dans le doute, chacun doit réagir. Même si ce n’est pas une garantie totale de sécurité, modifier les mots de passe des sites touchés est un passage obligé. Pour vous aider à les repérer, le site Mashable.com en fait la liste (page en anglais). Notre laboratoire spécialisé dans les tests d'antivirus et de suite de sécurité conseille aussi d’y retirer les éventuelles données bancaires qui s’y trouveraient et même d’éviter de s’y connecter tant que le site n’a pas indiqué que le problème était résolu. Cette information risque toutefois d’être compliquée à obtenir : par crainte pour leur image, les sites Internet ont souvent tendance à cacher ce genre de renseignements. Dernier conseil: méfiez-vous plus que jamais des e-mails que vous recevrez. Des personnes mal intentionnées pourraient se faire passer pour Facebook ou Google et, sous prétexte d’améliorer la sécurité, vous demander vos identifiants et vos mots de passe. Cette technique appelée phishing (ou hameçonnage) reste très prisée des pirates.


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Cyril Brosset


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Vache folle: Scandale sanitaire sans coupable ?
Dix-huit ans de procédure… Voilà donc un dossier « majeur » à tous les sens du terme qui risque d’aboutir à un non-lieu. La plainte déposée par l’UFC-Que Choisir, aux avant-postes sur le dossier de la vache folle, n’aboutira peut-être pas à faire toute la lumière sur les responsabilités des uns et des autres dans LE scandale sanitaire du xxe siècle. Alors que la presse s’est fait l’écho du non-lieu général requis dans ce dossier, l’occasion est donc donnée de revenir sur l’inadmissible retard à l’allumage des pouvoirs publics.

Retard à l’allumage au niveau réglementaire d’abord, car entre le premier cas de vache folle détecté en Grande-Bretagne en 1986 et la mise en place de mesures réellement protectrices, il aura fallu attendre 4 ans pour que la France se décide à interdire les farines animales dans l’alimentation des bovins, et pas moins de 10 ans pour que les abats porteurs du prion soient prohibés en alimentation humaine !

Retard au niveau judiciaire ensuite, car la justice n’a réellement débuté son travail que de longs mois après les plaintes déposées par l’association. Dans de telles affaires, la constitution de preuves doit intervenir dans les plus brefs délais, et chaque jour perdu est préjudiciable à la quête de vérité. Comment aujourd’hui admettre, en raison de la lenteur coupable pour avancer sur le dossier, l’affirmation du Parquet selon laquelle il n’a pas été démontré que les produits vendus par ces usines contenaient des protéines animales ? Cette justice interminable est parfaitement insupportable : si les réquisitions du Parquet étaient suivies, alors nous aboutirions à un véritable déni de justice.

D’autres scandales depuis

Certes, pour nuancer ces critiques, il faut rappeler que, sous la pression de l’UFC-Que Choisir, la crise de la vache folle a permis d’obtenir des avancées indéniables en termes de traçabilité, d’information sur l’origine de la viande ou d’indépendance des experts. C’est d’ailleurs sur cette base que les pouvoirs publics français ont longtemps claironné que tout risque sanitaire était désormais exclu en alimentation. Les récents scandales de la viande de cheval leur ont néanmoins donné tort. Car si les crises font avancer, c’est uniquement dans le domaine de consommation touché par ladite crise. En effet, si la traçabilité est assurée dans la filière bovine, en revanche, pour les aliments transformés, elle est plus que jamais menacée par la complexité et l’opacité régnant dans les filières d’approvisionnement industrielles. Quant à l’origine des produits, si elle est désormais obligatoirement mentionnée pour les viandes fraîches, les consommateurs ne sont pas près de l’obtenir sur les plats préparés…

Bref, dans les scandales de cette ampleur, il n’est pas rare que les seules réponses données soient des réponses pour l’avenir, souvent partielles, et que, pour le passé, la politique de l’étouffoir, pour ne pas dire la politique de l’autruche, soit la règle. Il est regrettable que ce dossier puisse se finir en « eau de boudin » !
Que Choisir en Ligne
Par le département des Études


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