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Association Locale de l'Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir


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Déserts médicaux: Le Sénat frappe fort
Ce n’est pas la première fois que cette proposition est mise sur la table. Dans un rapport rendu public jeudi 8 février 2013, le groupe de travail sur la présence médicale au sein de la Commission du développement durable, des infrastructures, de l’équipement et de l’aménagement du territoire du Sénat préconise, au vu de la situation catastrophique de certains territoires, de ne plus conventionner les médecins qui veulent s’installer dans les zones où ils sont déjà trop nombreux. En clair : ils pourraient, s’ils le souhaitent vraiment, continuer de visser leur plaque mais l’assurance maladie ne rembourserait pas du tout les patients. Or la prise en charge des consultations est un élément capital, en début de carrière, pour se constituer une clientèle. Ce n’est donc pas une remise en cause pure et dure de la liberté d’installation, mais la mesure aurait un effet dissuasif certain.

En ce sens, le rapport fait moins dans la nuance que l’UFC-Que Choisir, pour qui l’installation en zone « surdotée » est envisageable, à condition que le médecin s’engage à pratiquer les tarifs de l’assurance maladie. S’ajouterait, pour les spécialistes, l’obligation de passer les deux premières années de leur vie professionnelle dans les hôpitaux des départements où les manques sont les plus criants.

Une quinzaine d’autres pistes, plus incitatives, sont tracées dans le rapport : stage de médecine générale obligatoire pendant les études, transfert de tâches vers d’autres professionnels de santé, exercice regroupé, développement de la médecine salariée, promotion de la télémédecine, mobilisation des agences régionales de santé… Ces propositions font l’unanimité, y compris du côté du ministère de la Santé, qui les a incluses dans son plan de lutte contre les déserts médicaux. Mais leur concrétisation nécessite de la bonne volonté et des financements, deux conditions qui ne sont pas toujours réunies.
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Anne-Sophie Stamane


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Diabète: Les boissons
La consommation de boissons sucrées type sodas est associée depuis toujours à un risque accru de diabète de type 2. Ce qui n’est pas le cas des boissons « light », édulcorées notamment à l’aspartame, ne contenant pas de sucre. Or une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) portant sur 66 000 femmes vient de mettre à mal cette idée reçue. Les chercheurs montrent même que le risque est supérieur avec les boissons édulcorées.

Par rapport aux femmes qui ne consomment que de l’eau ou des jus de fruits, celles qui boivent 1,5 litre de soda sucré par semaine ont moitié plus de risque de déclarer un diabète à terme. Pour la même quantité de boisson aux édulcorants, elles ont 2,3 fois plus de risques.

Parallèlement, une étude récente a montré que l’augmentation du taux de sucre dans le sang était similaire avec une boisson à l’aspartame et avec une autre sucrée. En attendant des études complémentaires, l’eau reste la seule boisson indispensable et dénuée de risques.
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Fabienne Maleysson


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Gaz: Le sens de la formule retrouvé
Un « nouveau mécanisme tarifaire » pour une « plus grande transparence » et une vraie « couverture de coûts »… Delphine Batho, ministre de l’Écologie, a pesé ses mots pour annoncer la révision de la formule de calcul du tarif du gaz. Il aura fallu pas moins de cinq mois, depuis l’annulation par le Conseil d’État du gel des tarifs de l’automne 2011, et deux augmentations, dont l’une récemment invalidée, pour que le gouvernement suive enfin les recommandations de l’UFC-Que Choisir. Alors que GDF Suez renégocie nombre de ses contrats de longs termes pour s’alimenter de plus en plus sur les marchés de gros, avec des cours en baisse, comment pouvait-on admettre le statu quo concernant une formule de calcul largement indexée sur le pétrole ? D’autant que la loi exige que cette formule reflète les coûts d’approvisionnement de l’opérateur. Suivant les recommandations émises par notre association depuis des mois, mais aussi celles du Conseil d’État – dont l’appel était passé inaperçu – en faveur d’une réforme, le gouvernement se décide enfin à réviser tous les ans la formule. Désormais, elle inclura, entre autres, une « clause de sauvegarde », pour plus de réalisme économique et moins de coups de massues tarifaires pour les consommateurs. Voilà une heureuse nouvelle pour débuter l’année, même si cette bonne résolution gouvernementale, qui reste à concrétiser, aurait pu intervenir bien plus tôt pour s’appliquer dès cet hiver.
Bonne année à tous.
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A Bazot


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Facture EDF Une CSPE mal maîtrisée
ous le sigle CSPE se cache la contribution au service public de l’électricité. Mise en place en 2003, cette taxe est collectée auprès des consommateurs d’électricité, aussi bien les ménages que les entreprises. Elle rétribue EDF pour les charges de service public que la loi lui impose de remplir. Elles sont diverses. Il y a le soutien à la cogénération et aux énergies renouvelables via les tarifs de rachat. Il y a aussi la péréquation tarifaire dans les îles, là où le tarif unique EDF ne permet pas de couvrir les surcoûts des moyens de production qui y sont nécessaires ; c’est le cas des départements d’outre-mer, de la Corse, des îles bretonnes. Il y a enfin les dispositifs sociaux appliqués aux clients en situation de précarité et le budget du Médiateur national de l’énergie.

En 2006, la loi a maintenu le prélèvement nécessaire pour couvrir toutes ces charges à 4,50 € par mégawattheure. Ce montant a été reconduit jusqu’en 2011. Mais entre-temps, les charges ont augmenté et ce montant n’a pas suffi à couvrir les frais d’EDF. De nouveaux investissements ont été nécessaires dans les îles pour remplacer des centrales en fin de vie, la crise économique fait augmenter le nombre des bénéficiaires des tarifs sociaux, et les énergies renouvelables sont en pleine progression. Pour les tenants du tout-nucléaire, c’est d’ailleurs la cause de tous les maux. Si la CSPE augmente, c’est la faute au photovoltaïque ! C’est en partie vrai, car si la responsabilité est partagée entre tous les postes financés par la CSPE, la part du photovoltaïque progresse et ça va continuer.
Errements de la politique menée sur le photovoltaïque

Malgré tout, le déficit cumulé de 4,9 milliards d’euros d’EDF sur la CSPE depuis 2007 ne provient pas seulement des énergies renouvelables, loin s’en faut. À 57 %, il est lié au soutien aux énergies fossiles, et notamment à la cogénération, selon les calculs du CLER, le réseau pour la transition énergétique. La Cour des comptes s’est d’ailleurs interrogée sur ce soutien à la cogénération, notant que de nombreux contrats de cogénération arrivant à terme entre 2009 et 2011 ont pu profiter d’un « effet d’aubaine » et continuer à bénéficier de la CSPE. Et la Cour de s’étonner de ce maintien du soutien à la cogénération, « une filière qui ne figure pas parmi les priorités gouvernementales ». Les usagers vont néanmoins payer ce déficit via la ligne CSPE de leur facture d’électricité jusqu’en 2018.

Quant à la part du photovoltaïque, si elle augmente, c’est surtout en raison des errements de la politique menée de 2008 à 2011 sur les tarifs d’achat. Durant ces années-là, la France se vantait d’offrir les tarifs d’achat du photovoltaïque les plus élevés au monde. Les investisseurs ont accouru, alléchés par la certitude d’une sur-rentabilité, d’autant que les coûts d’installation chutaient. Le gouvernement d’alors ne s’est guère préoccupé de l’impact de ces tarifs d’achat très élevés sur la facture des usagers. Les consommateurs vont pourtant les rembourser sur toute la durée de ces contrats signés à prix d’or, c’est-à-dire pendant… 20 ans ! L’augmentation de la CSPE est liée à ces erreurs encore plus qu’aux nouveaux contrats de photovoltaïque, moins rémunérateurs.

En principe, car certains s’en tirent bien. Et le paradoxe, concernant les énergies renouvelables qui pèsent de plus en plus lourd dans la CSPE, c’est que si EDF est le payeur, c’est aussi un important bénéficiaire via sa filiale EDF Énergies nouvelles, leader en éolien et en photovoltaïque, dont l’activité est intimement liée aux tarifs de rachat d’EDF, sa maison mère. EDF Énergies nouvelles a d’ailleurs inauguré une énorme centrale photovoltaïque à Toul cet automne, et pour bénéficier d’un tarif d’achat encore très élevé de 35 centimes, la capacité totale de 143 MW a été divisée en tranches de 12 MW, le maximum autorisé pour bénéficier d’un tel tarif ! Un tour de passe-passe qui alourdit la CSPE. Malgré cela, toutes les sommes imputables au tarif de rachat des renouvelables sont toujours traitées comme une charge de CSPE que les usagers doivent rembourser à EDF, jamais comme le moteur de l’activité industrielle d’une filiale d’EDF. C’est bien dommage pour la facture des usagers !
La CSPE 2011 en chiffres :

42 % : énergies renouvelables

35 % : surcoûts de l’électricité dans les îles

21 % : cogénération

2 % : tarifs sociaux et budget du Médiateur national de l’énergie

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Élisabeth Chesnais


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Origine des aliments: Arrêtez de nous faire avaler n'importe quoi!
Face à l’absence de règlementation obligeant les professionnels à indiquer l’origine des aliments, les fabricants multiplient ainsi les mentions et illustrations fallacieuses pour affubler leurs produits d’un caractère régional : sauce tomate auréolée des couleurs italiennes mais produite en Allemagne, foie gras « Périgord » dont la matière première vient d’Europe de l’Est, en passant par de la paella hispanisante mais fabriquée hors d’Espagne.

Devant cet imbroglio informatif, l’attente des consommateurs est claire : ils veulent connaître l’origine détaillée des produits qu’ils achètent. L’enquête du BEUC, réalisée en France, en Suède, en Pologne et en Autriche auprès de plus de 4000 consommateurs démontre ainsi que :

- L’origine est un facteur important lors des achats alimentaires pour 70% des sondés.

- S’agissant des produits transformés, 60% des consommateurs veulent connaître non seulement le pays de fabrication du produit, mais aussi l’origine de l'ingrédient principal.

Malgré cette forte demande, le projet de la Commission se limite à deux mentions d’origine (Union européenne/non Union européenne), très larges et vagues qui revient cautionner l’inadmissible stratégie commerciale d’une grande partie de l’agro-alimentaire. Pas étonnant, que ce projet soit boudé par 90% des européens interrogés.

Alors que la mention précise de l’origine des aliments constitue un élément essentiel de la transparence due aux consommateurs, l’UFC-Que Choisir réclame donc aujourd’hui aux autorités françaises et européennes l’obligation d’indiquer :

- Le pays d’origine de tous les produits bruts ou composés d’un ingrédient unique (viandes, lait, sucre, farine, huile …),

- Et dans le cas des produits transformés : le pays de fabrication du produit et celui d’origine pour son principal ingrédient.

(*) Sondage réalisé dans quatre pays européens sur l’étiquetage de l’origine pour les produits alimentaires : Intérêt, compréhension et attentes des consommateurs. Bureau Européen des Unions de Consommateurs – Janvier 2013
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Pesticides: Trois produits reconnus toxiques
Enfin, devrait-on dire, car il en a fallu du temps. Que Choisir a soulevé le problème du Gaucho, l’un des trois coupables, dès 1998. Depuis 15 ans, les polémiques n’ont jamais cessé, expertises et contre-expertises se sont succédé à un rythme effréné, les apiculteurs ont vu leurs colonies d’abeilles s’effondrer, ils ont alerté les autorités sans relâche, attaqué en justice. Il y eut notamment le Gaucho (Bayer) et sa matière active l’imidaclopride, le Régent (BASF) et le fipronil, le Cruiser (Syngenta) et le thiametoxame. Le ministère de l’Agriculture a fini par interdire le Gaucho face aux preuves accablantes. Le Régent l’a remplacé, les polémiques se sont déplacées de l’imidaclopride au fipronil, à son tour interdit en grandes cultures. Puis ce fut le Cruiser. Les apiculteurs ont dû batailler jusqu’au Conseil d’État pour obtenir gain de cause. En juillet 2012, le ministre de l’Agriculture l’a interdit en traitement du colza, mais il reste autorisé sur le maïs.

Le travail des scientifiques de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pourrait cette fois mettre un coup d’arrêt définitif à cette nouvelle génération d’insecticides des semences très prisés du monde agricole. À la demande de la Commission européenne, ils ont évalué les risques pour les abeilles de trois insecticides de la famille des néonicotinoïdes : la chlothianidine, l’imidaclopride et le thiametoxame. Les conclusions sont accablantes.

Un effet aigu » sur les abeilles

Concernant l’exposition des abeilles via le pollen et le nectar, « seule l’utilisation de ces insecticides sur des cultures n’attirant pas les abeilles présente un risque faible. » Des risques aigus sont en revanche identifiés sur des cultures qui les attirent. On pense évidemment au colza et au tournesol. L’exposition des abeilles a lieu aussi via les poussières produites par les graines ou les granulés lors des semis, et surtout via l’exsudation des cultures traitées, qui produit de minuscules gouttelettes d’eau imprégnées du pesticide. « Les études menées sur du maïs traité avec du thiamétoxame démontrent un effet aigu sur les abeilles. »

La contamination des abeilles est donc bien réelle. Et les experts de l’EFSA soulignent aussi les lacunes importantes des tests et le manque de données présentées par les industriels dans les demandes d’homologation. Avec des résultats aussi accablants, la Commission européenne dispose à présent de tous les éléments pour interdire définitivement les insecticides d’enrobage des semences. On imagine mal qu’il en aille autrement.
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Élisabeth Chesnais


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Scandale de l’assurance emprunteur: L’UFC-Que Choisir refuse de s’en remettre au Père Noël !
Face à l’obstination des établissements financiers et à leur refus de discuter avec l’UFC-Que Choisir, aux difficultés d’accéder à leurs documents comptables, sans oublier le refus gouvernemental de s’impliquer dans ce dossier, l’UFC-Que Choisir est contrainte de saisir aujourd’hui l’Autorité de contrôle prudentiel.

Le 23 juillet 2012, le Conseil d’Etat a pourtant été catégorique : l’arrêté sur lequel banques et assurances se fondaient pour refuser aux assurés la participation aux bénéfices des contrats d’assurances emprunteurs était illégal. La décision du Conseil d’Etat ouvrait donc enfin la voie à la possible redistribution aux assurés emprunteurs de la participation aux bénéfices colossaux des contrats d’assurance emprunteur (16 milliards).

Mais la mise en œuvre de cette décision par les assurés s’avère particulièrement difficile en raison de la nécessité d'accéder à des pièces comptables, non publiques, permettant de déterminer, pour chaque contrat, le montant exact des bénéfices techniques et financiers avant de devoir effectuer un calcul de la part que les assurés emprunteurs peuvent, le cas échant, réclamer. De même, après l’arrêté illégal, de nouveaux arguments (absence de mention dans le contrat) ont été opposés par les assureurs pour refuser tout versement.

Soucieuse de mettre en place des outils simples et efficaces au service des consommateurs, l’UFC-Que Choisir a multiplié, depuis juillet, les actions pour faire avancer ce dossier mais s’est trouvée confrontée à un véritable mur. L’UFC-Que Choisir a ainsi :

Diligenté deux consultations publiques auprès de professeurs de droit qui appuient ses dires et conforte sa position.
Récupéré des contrats entre banquiers et assureurs qui soulignent bel et bien que de nombreuses banques ont touché de l’assureur, avec lequel elles ont souscrit un contrat d’assurance collective, un pourcentage important (pour certaines 70 %) de la participation aux bénéfices revenant normalement aux emprunteurs, seuls bénéficiaires de telles sommes en vertu du Code des assurances.
Obtenu le dépôt de 100 questions parlementaires au gouvernement pour qu’il se mobilise aux fins de simplifier les démarches des consommateurs. La déception quant à la réponse gouvernementale est à la hauteur de l’attente : immense. Le gouvernement a repris à son compte les arguments des assureurs.
Mis en demeure la FBF et la FFSA d’ouvrir des discussions en raison des refus opposés par leurs membres aux demandes de restitution. Cette démarche auprès des deux fédérations est restée lettre morte.

Un tel entêtement est d’autant plus choquant, qu’en 2007, un procès-verbal du Conseil de l’association française des banques constatait qu’une déclaration d’illégalité de l’arrêté précité emporterait des « conséquences rétroactives (…) pour tous les contrats en cours » et qu’il existait « un risque sur le stock » de contrats préalables au nouvel arrêté de 2007.

Banques et assurances jouent donc la montre et le découragement. C’est sans compter sur la détermination de l’UFC-Que Choisir qui saisit aujourd’hui l’autorité de régulation, l’Autorité de contrôle prudentiel, pour qu’elle diligente une enquête, accède aux documents comptables, et permette enfin la redistribution effective de la participation aux bénéfices aux uniques destinataires que sont les assurés emprunteurs.
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Fin du monde: Êtes-vous couvert ?
Le 21 décembre 2012 correspond à la fin d’un cycle du calendrier des Mayas interprété par certains (1) comme la fin du monde. Leur civilisation, qui a perduré pendant 1 000 ans en Amérique centrale, sur un territoire aujourd’hui partagé entre le Mexique, le Belize, le Guatemala, le Honduras et le Salvador, s’est éteinte au XVIe siècle. Les auteurs du calendrier maya n’ont pas donné, hélas, de précisions sur la forme que prendrait la fin du monde, ce qui complique considérablement la question des assurances utiles.

Commençons par une des rares fins du monde sur laquelle nous ayons prise : la guerre nucléaire totale. Mauvaise nouvelle, vous ne serez pas couvert. Les assurances emprunteurs, les assurances sur la vie, les assurances annulation voyage… toutes comportent la même clause, selon laquelle « les effets directs ou indirects d’explosions, de dégagement de chaleur et d’irradiation, provenant de la transmutation des noyaux d’atome » sont exclus du contrat.

Un accident nucléaire civil serait éventuellement couvert en France par un pôle de quarante assureurs et réassureurs, le groupement d’intérêt économique Assuratome, créé en 1957 pour protéger les exploitants. Ses garanties se substitueraient aux polices individuelles. Problème, l’accident de Fukushima a montré que les estimations des dégâts probables étaient largement en dessous de la réalité !

Autre éventualité, la collision avec une météorite. Là encore, difficile de se faire rembourser. À supposer que le siège de l’assureur n’ait pas été réduit en cendres, celui-ci risque fort de vous rétorquer qu’il ne couvre pas la chute sur vos biens de « tout ou partie d’appareils de navigation aérienne, d’engins spatiaux ou de météorites ». Si vous prenez un Airbus A380 sur le toit, vous pouvez vous retourner contre la compagnie aérienne. Mais qui affrète les météorites ?

Et un bain de sang sur fond d’apocalypse guerrière, emportant la civilisation dans un tourbillon de meurtres et de violences ? Ne rêvez pas : « Les guerres civiles ou étrangères, les rixes, les crimes, les délits, les mouvements populaires, les actes de sabotage, les attentats, les émeutes », comme le précise un contrat d’assurance obsèques Cardif, font partie des exclusions systématiques. Consolation, vous pourrez peut-être obtenir le remboursement de votre téléphone portable, dont l’assurance couvre en général les vols avec violence.

Le plus sûr, en matière de fin du monde, serait en définitive un dérèglement climatique. Il permettrait d’activer la loi sur les catastrophes naturelles, dite loi « catnat ». Elle met en jeu un fonds qui se substitue aux polices individuelles, avec à la clé une indemnisation des « dommages matériels directs non assurables ayant eu pour cause déterminante l'intensité anormale d'un agent naturel ». Enfin une bonne nouvelle.

Ironie des assurances, les Mayas n’auraient même pas pu se faire rembourser la fin de leur monde. Elle a été provoquée par l’arrivée des conquistadors espagnols en Amérique centrale et aux « guerres, rixes et crimes » qui s’en sont suivis.

(1) Parmi lesquels ne figure aucun spécialiste sérieux de la civilisation maya…
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Erwan Seznec


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Doubl’ô Une Caisse d’épargne condamnée
Premier procès pénal perdu par la Caisse d'épargne Loire-Drôme-Ardèche pour la commercialisation de Doubl'ô, un produit de placement qui promettait le doublement de la mise de départ. La banque a été condamnée à une amende de 40 000 € par le tribunal correctionnel de Saint-Étienne le 13 décembre 2012. Elle devra également verser de 450 à environ 7 000 € de dommages et intérêts à une quinzaine de victimes, ainsi que 5 000 € à l’UFC-Que Choisir, au titre de l'intérêt collectif des consommateurs. L’association s’est réjouie de cette décision et espère de nouvelles décisions dans le même sens.

Doubl’ô est un fonds commun de placement structuré à capital garanti, alliant un panier d’actions et une option. Il assure à l’épargnant de retrouver son capital, ainsi que le meilleur résultat entre « doublement du capital ou 100 % de la performance d’un panier de 12 valeurs internationales ». Les plaquettes publicitaires vantaient un fond de placement « haute performance, pour doubler son capital en toute sécurité ». En réalité, ces résultats n’étaient garantis que si aucune des actions du panier ne baissait de plus de 40 % par rapport au cours en vigueur lors de l’ouverture du placement. Mais cette mention écrite en petits caractères n’apparaissait pas du tout de façon évidente. Les épargnants ont en réalité enregistré des pertes comprises entre 3 et 5 % du capital investi, correspondant aux frais de gestion du placement.

Le jugement du tribunal de Saint-Étienne est conforme aux réquisitions prononcées par le parquet lors de l'audience du 8 novembre 2012.

Reste à espérer que cette décision encouragera les tribunaux saisis par d’autres clients, notamment le tribunal correctionnel de Paris, à trancher de la même façon. La Caisse d’épargne Loire-Drôme-Ardèche a, quant à elle, annoncé qu’elle ferait appel du jugement.
Que Choisir en Migne
Élisa Oudin


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Nouvelles chaînes de télévision gratuites
Était-ce bien nécessaire ? Toujours est-il que l’offre disponible sur la TNT (télévision numérique terrestre) s’étoffe. À partir d’aujourd’hui, six nouvelles chaînes gratuites vont commencer à émettre en haute définition (HD). Leur déploiement sur le territoire se fera progressivement pour s’achever le 2 mai 2015 en région Rhône-Alpes et Auvergne. Premières zones couvertes (25 % de la population métropolitaine) : l’Île-de-France, l’Aube, les Bouches-du-Rhône, la Gironde, l’Yonne, une grande partie des Pyrénées-Atlantiques et une partie de la Haute-Marne, du Var et du Vaucluse.

Pour les foyers qui reçoivent encore la télévision par une antenne râteau – ils sont très majoritaires – l’arrivée de ces chaînes va se traduire par quelques adaptations et vérifications. Pour ceux qui passent par la box de leur fournisseur d’accès à Internet (FAI), il n’y a en revanche rien à faire : elles leur seront automatiquement fournies.

Numérotation modifiée

En premier lieu, la numérotation est modifiée. Le canal 20 est attribué à HD1 (chaîne de fiction), le 21 à Équipe 21 (chaîne d’informations sportives) le 22 à 6ter (chaîne familiale), le 23 à Numéro 23 (chaîne mini-généraliste), le 24 à RMC découverte (chaîne de documentaires) et le 25 à Chérie 25 (chaîne musicale). Conséquence de ce nouvel ordonnancement, les chaînes locales basculent à partir du canal 30 et les chaînes payantes de la TNT à partir du 40.

Ces changements de numérotation vont obliger les téléspectateurs concernés à une légère manipulation s’ils veulent retrouver les chaînes actuelles et bénéficier des nouvelles. À partir d’aujourd’hui, lorsqu’ils rallumeront leur téléviseur, ils devront se rendre, via leur télécommande, dans le menu et sélectionner la fonction « installation », « réglage », « configuration », « recherche » ou « mise à jour ». Cette opération effectuée, les chaînes seront alors mémorisées dans leur nouvel ordre.

Décodeurs première génération incompatibles

Par ailleurs, les nouvelles chaînes émettant exclusivement en HD, il est nécessaire de disposer de l’installation adéquate pour les visionner. Les téléviseurs achetés avant le 1er décembre 2009 doivent en général être branchés à un décodeur à la norme mpeg 4, les seuls capables de lire la HD. Pour les téléviseurs de plus de 66 cm mis sur le marché après cette date, pas de soucis : ils sont obligatoirement compatibles avec la réception de la HD. Une règle étendue à tous les téléviseurs et décodeurs TNT commercialisés depuis le 1er décembre 2012.

En pratique, de nombreux foyers reçoivent encore les chaînes de la TNT grâce à un décodeur de première génération relié à leur « vieille » télévision. Au format mpeg 2, il n’est dès lors pas adapté à la HD. Les téléspectateurs qui se trouvent dans cette situation doivent donc changer de décodeur pour profiter des nouvelles chaînes. Au passage, cela leur permettra également de voir en HD les programmes que les chaînes déjà installées sur la TNT (TF1, France 2, M6…) diffusent dans ce format.

Mais attention : même si depuis plus d’un an tous les décodeurs mis en vente doivent être à la norme mpeg 4, nos confrères de 60 millions de consommateurs ont constaté que des modèles obsolètes continuaient d’être proposés sur les sites Internet de certains distributeurs (Darty, Fnac, Carrefour…). Des fonds de stocks vendus en toute illégalité. Vigilance de rigueur !
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Arnaud de Blauwe


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