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Pesticides tueurs d’abeilles: L’interdiction s’impose
« La plupart des utilisations des pesticides néonicotinoïdes présentent un risque pour les abeilles sauvages et pour les abeilles domestiques », assène l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments, dans un avis d’évaluation publié le 28 février, à peine un mois avant que les instances européennes se réunissent à nouveau pour se prononcer sur les restrictions d’usage en vigueur concernant cette famille d’insecticides. « Les conclusions sont variables, en raison de facteurs tels que l’espèce d’abeille, l’utilisation prévue du pesticide et la voie d’exposition, détaille l’Efsa. Mais dans l’ensemble, le risque pour les trois types d’abeilles est confirmé. »

Ce n’est pas le premier rapport accablant de l’Efsa sur cette famille de pesticides. C’est en 2013, 15 ans après le début des polémiques, des expertises et des contre-expertises, que l’Autorité européenne avait pour la première fois pointé la toxicité de ces insecticides d’enrobage des semences sur les abeilles. Depuis, elle ne les a plus lâchés, publiant deux nouveaux avis accablants en 2016.

Actuellement, un moratoire européen est déjà en vigueur sur les trois pesticides néonicotinoïdes les plus utilisés : la chlothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Ils sont interdits sur toutes les cultures réputées attirer les abeilles. Pourtant, les chiffres communiqués en 2017 par le ministère de l’Agriculture prouvent que leurs ventes n’avaient pas baissé après trois ans de moratoire. Elles avaient même augmenté de 4 % en France !

Tout récemment, la publication d’une étude menée de 1995 à 2014 sur les oiseaux sauvages granivores a démontré que ces insecticides ne tuent pas que les abeilles. Pour 70 % des foyers de mortalité étudiés, « un lien de causalité fort a pu être établi entre l’exposition à l’imidaclopride en tant que traitement de semences et la mortalité des animaux », souligne l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui a participé à l’étude.

Après cette nouvelle étude alarmante de l’Efsa et les données accablantes sur la mortalité des oiseaux, se contenter de prolonger le moratoire sans voter l’interdiction pure et simple des néonicotinoïdes relèverait du déni de réalité.
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Élisabeth Chesnais


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Autoconsommation photovoltaïque: Toujours des mensonges
« Gare aux mirages de l’autoconsommation », alertait Que Choisir à l’automne 2016, au moment où les premières offres d’autoconsommation photovoltaïque a priori alléchantes des grands énergéticiens, EDF et Engie en tête, sortaient à coups de publicités tonitruantes. Nous avions alors déconseillé d’investir dans ces offres impossibles à rentabiliser en maison individuelle tant elles sont chères, et nous le déconseillons toujours.

Nous en avions profité pour mettre en garde contre les mauvaises pratiques de sites et de réseaux peu scrupuleux sur ce nouveau créneau à la mode. Nous voilà aujourd’hui rejoints par Enerplan, le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, qui dénonce « les éco-délinquants du solaire qui détériorent l’image du secteur » et s’insurge contre « la recrudescence de sites Internet qui promettent monts et merveilles en alignant beaucoup de contrevérités pour abuser de la crédulité des profanes ».

Et de citer quelques exemples, comme ce guide éco-solaire d’un site qui n’hésite pas à affirmer : « Produisez votre électricité, finies les factures, libérez-vous d’EDF ». Un autre qui vend des radiateurs électriques à inertie propose de « brancher le soleil sur vos radiateurs » en les associant à des panneaux photovoltaïques. « Votre chauffage utilise principalement les watts que vous produisez », assure ce site. En réalité, c’est un non-sens technique. Comme chacun sait, les radiateurs chauffent l’hiver… et c’est la période où la production photovoltaïque est au plus bas. « Pour que l’autoconsommation soit rentable, rappelle Mélodie de l’Épine, coordinatrice du pôle photovoltaïque d’Hespul, l’association qui fait référence dans ce secteur, il faudrait consommer au moment où les panneaux produisent, c’est-à-dire en journée et au maximum l’été. » Autrement dit, à une période où le chauffage est parfaitement inutile !

Notre conseil reste donc le même, fuyez les commerciaux qui vous proposent du photovoltaïque, c’est une affaire en or pour eux, mais une perte financière pour vous.

Lire aussi:

Photovoltaïque • Les démarches indispensables pour réussir son projet de panneaux solaires photovoltaïques
Photovoltaïque • Comment traiter un litige ?


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Élisabeth Chesnais


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Affaire Lactalis: Des révélations lors des commissions

Les 3 principales informations dévoilées lors des auditions devant les sénateurs



- Lactalis aurait dissimulé aux services sanitaires des contrôles positifs à la salmonelle au cours de ces dix dernières années.

- Auchan et Carrefour ont remis en rayon des laits contaminés ramenés par les consommateurs.

- La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) accuse les laboratoires en charge des autocontrôles de ne pas avoir rempli leur rôle d’alerte.

Dans cette affaire de lait, les informations se distillent au compte-gouttes. Il aura fallu attendre les auditions devant le Sénat des principaux responsables et victimes du scandale Lactalis pour que les langues se délient (lire encadré). Du 24 janvier au 21 février, la Seconde chambre a ainsi convoqué toute la chaîne des acteurs impliqués dans ce scandale : le producteur (Lactalis), les distributeurs (pharmaciens et grandes surfaces dont Carrefour, Leclerc ou encore Système U), les services chargés de la sécurité alimentaire (DGAL et DGCCRF) et, enfin, les associations de consommateurs, dont l’UFC-Que Choisir. Des entretiens qui ont mis en lumière des aspects inédits de ce scandale sanitaire.

Des révélations saisissantes

Comme l’a relevé la présidente de la commission sénatoriale Sophie Primas (LR) lors de la clôture des tables rondes, « à plusieurs reprises, les auditions ont permis de pointer des dysfonctionnements à divers endroits : dans la production, d'abord et avant tout, mais aussi au stade du contrôle administratif et de la distribution des produits ». C’est notamment lors de sa convocation, le 13 février, que Patrick Dehaumont, directeur général de l'alimentation au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation (DGAL), a révélé que Lactalis aurait dissimulé aux services sanitaires des contrôles positifs aux salmonelles au cours de ces dix dernières années. Rebelote le lendemain, lorsque les représentants de la grande distribution ont été conviés à une table ronde afin d’expliquer les défaillances des procédures de retrait. Alors que des consommateurs vigilants, puis les services des fraudes, avaient d’ores et déjà signalé que des produits incriminés étaient restés en rayon, Auchan et Carrefour ont reconnu que certains de leurs magasins avaient carrément remis en vente des laits contaminés ramenés par les consommateurs ! Ces graves manquements entraîneront-ils des sanctions ? Pas directement, comme l’indique Sophie Primas : « ces auditions ne sont pas un tribunal où nous recherchons des responsabilités individuelles ».


Davantage de moyens pour les contrôles et les retraits

La commission a également permis à l’UFC-Que Choisir, auditionnée le 21 février, de réitérer son souhait d’une mise en place rapide d’un véritable plan de retrait et l'instauration d'audits externes sur leur qualité et leur fiabilité. Une information claire et centralisée du consommateur via un site officiel de référencement des rappels et des campagnes médias en cas de retrait important seraient également souhaitables. Enfin, l’UFC-Que Choisir préconise l’obligation de transmettre aux services de l’État les autocontrôles positifs en pathogènes, que ce soit dans l’environnement ou dans les produits. Pour l’heure, faute d’une législation suffisamment claire, la pratique est de ne communiquer que les résultats positifs dans les produits et non autour (sol, tuyauterie, matériel…).

Pour ce faire, l’UFC-Que Choisir insiste sur la nécessité de redonner de vrais moyens d’action à la DGCCRF, service de l’État en charge de chapeauter ces différentes missions qui a vu ses effectifs baisser de 1 000 agents entre 2007 et 2012. « On a l’obligation d’avoir de vrais effectifs, […] de vrais moyens, car demain, on peut avoir une bactérie beaucoup plus grave, peut-être mortelle », abonde le sénateur Martial Bourquin (PS).


Le Parlement sur les chapeaux de roue

De son côté, la commission d’enquête parlementaire, qui débutera probablement dès le mois de mars à l’Assemblée nationale, pourrait aboutir à des propositions de loi d’ici la fin de l’année, nous confie le député Grégory Besson-Moreau (LREM), qui devrait en être le rapporteur. Seul bémol, l’enquête judiciaire ouverte par le tribunal de Paris délimitera les possibilités d’investigation des 30 parlementaires qui siégeront à la commission. Pré carré de la justice, Lactalis et les laboratoires d’analyse sous-traitants ne pourront être entendus, comme l’a rappelé la garde des Sceaux Nicole Belloubet dans une lettre adressée aux parlementaires fin février. Un cloisonnement qui pourrait ne plus avoir lieu à l’avenir, une demande ayant été déposée par le Parlement en décembre 2017 afin que ses élus puissent enquêter indépendamment des instructions judiciaires. La proposition qui doit être étudiée par le Conseil constitutionnel ne sera toutefois vraisemblablement pas adoptée avant la fin de l’enquête parlementaire sur les laits contaminés, qui durera six mois.
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Marie-Noëlle Delaby


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Camembert de Normandie AOP: Vers une baisse de qualité ?
Depuis des années, une guerre économique sans merci fait rage en Normandie. Les artisans du camembert de Normandie AOP (appellation d’origine protégée) affrontent les industriels qui vendent des fromages « fabriqués en Normandie » sans respecter les obligations de l’appellation officielle. Alors que les premiers sont tenus de respecter un cahier des charges précis (fromage fabriqué à partir de lait cru, issu d’un cheptel majoritairement de race normande, produit dans une aire géographique bien délimitée, etc.), les seconds se bornent à implanter dans la Manche, le Calvados ou l’Orne des usines dans lesquelles ils fabriquent à la chaîne des camemberts à base de lait pasteurisé importé des quatre coins de la planète en fonction des cours du marché. Au fil des ans, ces ersatz ont envahi les linéaires des supermarchés. À tel point qu’aujourd’hui, le « camembert de Normandie AOP » ne représente que 5 500 tonnes de fromages produits annuellement contre 60 000 tonnes pour le « camembert fabriqué en Normandie ».

Dans ce combat de David contre Goliath, l’Organisme de défense et de gestion (ODG) des producteurs de camembert AOP a bien tenté à plusieurs reprises de faire appliquer la loi en interpellant l’État. Car selon l’article 13 du règlement européen 2081/92, seule l’AOP peut utiliser le terme « Normandie ». Mais le droit a ses limites. Il faut dire que sur le marché des camemberts, le tout-puissant groupe Lactalis est quasiment devenu le maître du jeu. Avec les camemberts industriels pasteurisés fabriqués sous les marques Président, Lanquetot et Lepetit, mais aussi dans l’AOP avec les marques Domaine du Plessis, La Petite Normande, Jort, Moulin de Carel, Bourdon, il représenterait aujourd’hui la majeure partie du marché. Après des années de tergiversation, les pouvoirs publics ont finalement pris le taureau par les cornes et mis les frères ennemis autour d’une table sous l’égide de l’Institut national d’origine et de la qualité (Inao). Le 21 février dernier, un communiqué de l’Institut indiquait qu’au terme d’un cycle de réunions, le groupe de travail mis en place fin novembre « avait abouti à un accord de principe pour trouver une issue au manque de lisibilité pour les consommateurs qu’entraîne la coexistence de deux produits, "AOP camembert de Normandie" et "camembert fabriqué en Normandie" ». Aux termes de cet accord, la filière s’oriente donc vers une AOP élargie permettant d’intégrer les producteurs de lait et de fromages de camembert « fabriqués en Normandie ». En contrepartie, les industriels devront respecter le futur cahier des charges qui prévoira de nouvelles conditions de « normandisation » des troupeaux, de pâturage et de fabrication du fromage.

AOP : des critères assouplis



Ainsi, la vache de race normande devrait retrouver sa place dans les exploitations laitières revendiquant l’AOP, mais à hauteur de 30 % au lieu des 50 % qui sont actuellement la règle. Le pâturage serait aussi rendu obligatoire 6 mois de l’année avec une part d’herbe minimale dans la ration estivale. Côté transformation, l’industrie devrait obtenir l’autorisation de la pasteurisation du lait, qu’elle avait réclamée en vain en 2009. Tant pis si le chauffage du lait met à mal la microflore lactique, gage de la typicité et de la richesse aromatique du produit final ! Toutefois, l’accord prévoit une mention spécifique du type « véritable camembert de Normandie AOP » pour les fromages au lait cru, moulés à la louche. Dans cette version plus haut de gamme de l’AOP, la part des Normandes serait portée à 70 % et le bocage revalorisé (100 m de haies par hectare de pâtures). Une manière d’encourager la biodiversité mais aussi de redonner une image bucolique au produit phare de l’art de vivre à la française. Reste que cette segmentation dévalorise de facto la version de base de l’appellation, pourtant garante, en principe, de l’authenticité du produit ! Pour l’association Fromages de terroirs, « l’AOP normande s’enfonce inexorablement dans la médiocrité » (un constat que nous faisions déjà lors d’un précédent test de dégustation). Et ce nouvel accord risque encore d’aggraver la situation : « 9 camemberts sur 10 vont être pasteurisés et industriels, prédit Véronique Richez-Lerouge, la présidente de l’association. On sait ce qu’il advient de l’autorisation de pasteurisation dans les AOP (course au volume, standardisation, disparition des fermiers) et de l’empilement des sous-labels qui ne crée que de la confusion chez les consommateurs ». Bien sûr, à l’Inao, le son de cloche est totalement différent. « Les producteurs et transformateurs normands ont choisi la bonne démarche : celle qui va non seulement permettre d’éclairer les choix des consommateurs mais aussi de mieux valoriser une partie importante de la production de lait », s’est félicité Jean-Louis Piton, le président du conseil permanent. L’avenir dira qui a raison. Seule certitude, la nouvelle réglementation devra entrer en vigueur au plus tard au début de l’année 2021. D’ici là, les choses restent inchangées.
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Florence Imbert


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Listeria dans les jambons: Des retraits mais très peu d’information en magasins
L’alerte était donnée le 13 février : des milliers de jambons cuits produits par l’usine de charcuterie Paul Prédault à Goussainville (95) et vendus sous les marques Casino, Monoprix, Leader Price, Lidl, Carrefour et Le Foué étaient retirés pour suspicion de contamination à la Listeria monocytogenes. Une bactérie à l’origine d’une infection potentiellement grave, la listériose, en particulier chez la femme enceinte et le nouveau-né, ainsi que chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.

S’il n’est pas rare que ce germe soit la cause de procédures de rappel, nul ne peut ignorer le contexte actuel où l’affaire Lactalis a mis en lumière de graves défaillances dans les procédures de retraits (produits non retirés et faisant même parfois l’objet de promotions).

Au-delà des laits contaminés, ce n’est pas la première fois qu’une procédure de retrait n’est pas suivie de mesures efficaces. Citons les cas récents de détecteurs de fumée défectueux ou de produits cosmétiques contenant des substances indésirables.

À chaque fois, l’UFC-Que Choisir a tiré la sonnette d’alarme. Et continue de se montrer vigilante dans l’attente d’une réponse adéquate des autorités de contrôle.


Les jambons retirés, l’information aux abonnés absents



C’est pourquoi du 16 au 20 février, 67 magasins ont été visités sur l’ensemble du territoire par nos enquêteurs. Des grandes surfaces consciencieuses après l’affaire Lactalis : les résultats de l’enquête montrent qu’aucun des 67 magasins ne proposait à la vente des jambons contaminés par la Listeria. Néanmoins, les distributeurs ne jouent pas la transparence. En effet, seuls 29 % des magasins visités par nos enquêteurs présentaient un affichage de type « Rappel marchandise » indiquant la présence de produits contaminés. R.A.S. dans le rayon charcuterie des 71 % restants, 5 % de ces magasins faisant même carrément mention d’une bien commode « Rupture de stock ».

Une absence d’information qui contrevient aux recommandations émises par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui précise que l’information, par voie d’affichettes apposées sur les lieux de vente, doit se faire « a minima au niveau des rayons où sont proposés à la vente les produits incriminés ».



Dans ce supermarché, si les jambons rappelés ont bien été retirés des rayons, aucun affichage n’informe les clients sur les raisons du retrait.

L’UFC-Que Choisir réclame des procédures adéquates



Rappelons enfin que sur environ 300 produits alimentaires rappelés chaque année, seule une soixantaine est recensée par le site de la Répression des fraudes. Conséquence, environ 20 % des produits au rappel seulement sont effectivement rapportés en magasin par les consommateurs lésés. Pour que cette situation évolue enfin, l’UFC-Que Choisir réclame la mise en place de procédures adéquates pour garantir l’éviction des produits défectueux voire dangereux. Il est urgent de mettre en place de véritables plans de retrait avec l'instauration d'audits externes sur leur qualité et leur fiabilité. De même, une information claire et centralisée du consommateur via un site officiel de référencement des rappels et des campagnes médias en cas de retrait important serait également souhaitable.
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Marie-Noëlle Delaby


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Médicaments pour enfants: Trop sont inutiles ou dangereux

Rhume


L’eau salée est votre meilleure amie

Après six mois, les rhumes sont légion et jamais graves. Mais le nez bouché peut favoriser la toux, rendre le sommeil difficile, bref, plomber le quotidien ! Pour limiter les dégâts, faites simple : le sérum physiologique en dosette ou l’eau salée en spray plusieurs fois par jour sont vos meilleurs alliés, y compris pour éviter la toux (voir plus bas). Oubliez définitivement les sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez (ceux-là sont officiellement contre-indiqués aux moins de 15 ans), les suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol ou les inhalations à base d’huiles essentielles. Aussi naturelles soient-elles, ces dernières peuvent entraîner un risque de convulsions, à cause du camphre ou de l’eucalyptus, des terpènes.

Plus d’informations sur les traitements pour enfants contre le rhume


Toux


Traiter la cause, pas plus

Sauf si elle s’accompagne d’une fièvre persistante, de difficultés à respirer ou si elle est liée à une allergie, la toux est le plus souvent bénigne. C’est en supprimant sa cause qu’elle s’atténuera. En général, empêcher l’écoulement des glaires du rhume dans la gorge en désobstruant le nez, avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer stérile, est la mesure la plus efficace. La totalité des sirops, suppositoires ou poudres qui prétendent supprimer la toux sèche ou grasse n’ont pas d’utilité prouvée et présentent des effets indésirables. Mieux vaut s’en passer si on peut. À noter, ces médicaments sont tous contre-indiqués chez les moins de deux ans. Mais comme ils sont en vente libre, soyez vigilants !

Plus d’informations sur les traitements pour enfants contre la toux


Fièvre


Pas forcément l’ennemi à abattre

Elle fait peur, mais si le bébé ou l’enfant la supporte bien, il n’est pas forcément utile de la traiter. Si un médicament est nécessaire, le paracétamol (Doliprane, Dolko, Dafalgan pédiatrique) fait l’affaire, à condition de bien respecter la posologie. L’ibuprofène (Advilmed, Nurofenpro) est également efficace, mais en raison de ses contre-indications et de ses effets indésirables, un avis médical est nécessaire.

Plus d’informations sur les traitements pour enfants contre la fièvre


Douleurs


Le paracétamol en premier

Là encore, le paracétamol est le médicament de premier recours. Il agit aussi bien sur les douleurs des oreilles, le mal de tête, le mal de gorge ou les douleurs dentaires. L’ibuprofène peut être plus efficace dans les douleurs intenses et les traumatismes, mais mieux vaut l’utiliser en étant conscient des contre-indications, dans l’idéal après un avis médical. Il faut l’éviter dans les douleurs dentaires.

Plus d’informations sur les traitements pour enfants contre les douleurs


Diarrhée


La réhydratation prime

Les sociétés savantes sont formelles : la prise en charge de la diarrhée aiguë consiste avant tout à prévenir la déshydratation, en particulier chez l’enfant de moins de deux ans. Pour ce faire, les solutions de réhydratation orale (SRO) doivent être présentes de manière préventive dans l’armoire à pharmacie familiale. D’autres médicaments estampillés antidiarrhée n’ont en revanche rien à y faire ! Ainsi l’Imodium enfants, délivré sur ordonnance pour ralentir la motricité intestinale chez l’enfant à partir de 2 ans, peut provoquer des syndromes pseudo-occlusifs en bloquant le transit et expose à des somnolences gênant la réhydratation. De même, les antiseptiques intestinaux (panfurex, nifuroxazide), également sur ordonnance et réservés aux plus de 2 ans, n’ont aucun effet sur la diarrhée aiguë et sont même potentiellement toxiques pour l’enfant (troubles allergiques, effets indésirables cutanés graves…). À éviter !

Enfin, les AINS (Advilmed et Nurofenpro), disponibles sans ordonnance pour le nourrisson dès trois mois et souvent utilisés dans la douleur ou la fièvre (voir ci-dessus) sont contre-indiqués en cas de déshydratation. Ces médicaments courants peuvent favoriser la survenue d’insuffisance rénale chez l’enfant déshydraté.

Plus d’informations sur les traitements pour enfants contre la diarrhée


Reflux du nourrisson


Rassurer vaut mieux que surtraiter

Courant mais néanmoins pénible quand il s’accompagne de pleurs fréquents et d’inconfort chez l’enfant, le reflux du nourrisson est la plupart du temps absolument bénin, ne justifiant pas de proposer un traitement médicamenteux. Si chercher de la réassurance auprès de son pédiatre ou médecin généraliste est normal et même conseillé, des mesures hygiéno-diététiques (comme l’épaississement du bol alimentaire ou le fractionnement des repas chez les gros mangeurs) sont en général suffisantes. Sortir avec une longue liste de prescriptions n’est donc pas la solution !

En témoignent les médicaments à base de dompéridone (Motilium, Peridys, Oroperidys et leurs génériques) qui étaient très prescrits pour les « bébés RGO » il y a une dizaine d’années. Responsables d’effets indésirables graves tels que des problèmes cardiaques et neurologiques rares, ils ont fort heureusement été abandonnés dans cette indication du fait de leur totale inefficacité. En 2005, la Haute autorité de santé (HAS) restreignait leur remboursement aux traitements des nausées et vomissements, et depuis 2016 elle recommande de ne plus les utiliser chez l’enfant. Toutefois, ces derniers n’ont pas encore tous été retirés du marché (en cours pour le Peridys et l’Oroperidys, mais pas le Motilium). Pensez donc à faire le tri dans l’armoire à pharmacie.

Plus d’informations sur les traitements pour enfants contre le reflux gastro-œsophagien
UFC Que Choisir en ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Phishing: L’arnaque passe aussi par la carte SIM !
L’imagination des escrocs n’a pas de limites. On connaissait le phishing (ou hameçonnage), un classique désormais dans l’art de soutirer des renseignements personnels, comme des coordonnées bancaires ou un mot de passe. Pour rappel, la technique consiste à usurper l’identité visuelle d’un tiers connu, comme votre banque ou votre fournisseur d’électricité, de vous envoyer un e-mail alarmiste ou miraculeux (prétextant un remboursement des impôts, par exemple) et de vous pousser à saisir les informations, que les pirates récupèrent ensuite à des fins frauduleuses. Dans le cas de l’arnaque à la carte SIM, les pirates vont plus loin : ils prennent la main sur votre ligne mobile.

Pour cela, il leur suffit d’envoyer un e-mail aux couleurs de votre opérateur mobile ou de votre FAI (souvent, il s’agit du même fournisseur). « Ce courriel indique qu’un incident touche les services prévus dans votre abonnement et que pour le résoudre, vous devez cliquer sur le lien et renseigner les identifiants d’accès à votre espace client », détaille Marion Lemoine, de l’UFC-Que Choisir de Vannes. Le client s’exécute, les pirates n’ont plus qu’à ramasser les identifiants. C’est alors qu’ils se connectent à l’espace client et s’empressent de changer le mot de passe de sorte que la victime n’y ait plus accès. Ils demandent ensuite à l’opérateur une nouvelle carte SIM sous prétexte d’avoir perdu ou abîmé l’actuelle. « Je me suis aperçue que je n’avais plus de réseau sur mon téléphone, raconte Nathalie qui, pourtant, ne se souvient pas d’avoir répondu à un e-mail frauduleux. J’ai alors appelé Free, qui m’a répondu que j’avais appelé quelques heures plus tôt pour signaler un vol de mobile et demander à désactiver ma carte SIM. Évidemment, ce n’était pas moi. » Les pirates reçoivent la carte SIM à l’adresse de leur choix, qu’ils ont pris soin de modifier dans l’espace client. Dans le cas de Nathalie, ils l’avaient retirée dans l’une des bornes interactives que Free a installées un peu partout sur le territoire, chez les marchands de journaux.


12 000 € volés à la banque

Les pirates peuvent alors appeler partout dans le monde, faire des achats en ligne ou carrément piller le compte en banque de leurs victimes en programmant des virements. « Ma banque m’a appelée pour me faire part de mouvements suspects sur mon compte. Deux personnes que je ne connaissais pas avaient été ajoutées à la liste des bénéficiaires. Et trois virements, d’un montant total de 11 800 € avaient été effectués vers des comptes basés à Malte et à Cergy-Pontoise. Un quatrième de 5 000 € a été stoppé à temps », poursuit Nathalie. Le mécanisme exact de l’arnaque est difficile à percer, dans la mesure où le numéro de carte de crédit ne figure pas explicitement dans l’espace client. Le pirate peut en tout cas contourner le système 3D Secure, puisqu’il reçoit par SMS le code de validation envoyé par la banque pour valider le paiement.

Nathalie a eu des difficultés à obtenir le remboursement des sommes détournées de son compte. Pourtant, la banque a obligation de rembourser immédiatement : la loi l’y oblige (articles L. 133-18, L. 133-19 et L. 133-2 du code monétaire et financier). « Souvent, la banque refuse de recréditer les sommes frauduleusement prélevées car les paiements ont été avalisés par les codes SMS », explique Marion Lemoine. Mais dans un arrêt du 18 janvier 2017, la Cour de cassation a tranché : la saisie d’un code confidentiel ne suffit pas à prouver la « négligence grave » du client, seul motif qui permet à la banque de s’exonérer de son obligation de rembourser.

Autant s’éviter ce genre de tracas… en repérant les e-mails frauduleux qui pourraient polluer votre boîte de réception. Pour cela, retrouvez ici tous nos conseils.
UFC Que Choisir en ligne
Camille Gruhier


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Chaînes de TF1 et box d’Orange: Les abonnés pris en étau
Après deux ans de bras de fer, TF1 a mis ses menaces à exécution. Le 1er février dernier, le groupe audiovisuel a assigné Orange afin qu’il coupe l’accès de ses abonnés fixes aux replays de ses chaînes : à celui de TF1 bien sûr, mais aussi à ceux de TMC, TFX (ex-NT1), TF1 Séries Films (ex-HD1) et LCI. Résultat : non seulement ces replays ont disparu des box Orange, mais en plus les chaînes du groupe TF1 ont été supprimées de l’écran présentant la liste des canaux. Il est en revanche toujours possible, à l’heure actuelle, d’accéder au direct.

Avec ce coup de force, TF1 entend pousser Orange à lui verser l’argent qu’il lui réclame depuis longtemps en échange de la diffusion de ses contenus, ce qu’Orange a toujours refusé de faire, à l’instar de Free et de Canal Plus. SFR et Bouygues Télécom (qui a le même actionnaire que TF1), quant à eux, ont accepté il y a quelque temps de passer un accord commercial avec le groupe audiovisuel.

Alors qu’ils n’ont rien demandé, les abonnés Orange sont les principales victimes de cette décision puisqu’ils ne bénéficient plus d’un service qui était jusque-là inclus dans leur abonnement. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont en droit de réclamer une ristourne à leur opérateur sur le montant de leur abonnement ni de résilier leur abonnement sans frais, comme c’est parfois possible dans ce genre de cas. Car même si le préjudice qu’ils subissent ne fait aucun doute, le fait qu’Orange, en coupant le replay, ait répondu à une assignation de TF1 pourrait suffire à le dédouaner de sa responsabilité.

En attendant que les deux poids lourds du secteur retrouvent la raison, les clients Orange peuvent accéder aux replays des chaînes de TF1 via le site Internet MyTF1.fr ou par le biais de l’application du même nom. Il est même possible, en connectant l’ordinateur ou la tablette au téléviseur, de voir le programme sur grand écran. De son côté, l’UFC-Que Choisir a adressé un courrier au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) afin de lui demander de se positionner clairement sur le sujet et de faire en sorte que les consommateurs ne soient pas impactés par ces batailles commerciales. Un première demande avait déjà été transmise au CSA il y a un an. À l’époque, aucune suite n’y avait été donnée.
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Cyril Brosset


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Substances toxiques: Des produits du quotidien au-delà des limites autorisées
Au total, ce sont pas moins de 5 625 articles de consommation courante vendus dans les pays de l’Union européenne qui ont été analysés. Le but était de vérifier que les industriels, importateurs et distributeurs respectent bien les interdictions et restrictions d’emploi exigées par le règlement européen Reach (1). Les analyses ont eu beau cibler des substances d’ores et déjà interdites, ou dont l’emploi est encadré de façon très stricte, les taux de non-conformité, 18 % sur le total, sont beaucoup trop élevés.

Dans le détail, 20 % des jouets contrôlés contiennent des phtalates à des teneurs supérieures au seuil limite autorisé. C’est d’autant plus grave que les plastifiants en cause, le DEHP, le DBP et le BBP, sont à la fois classés reprotoxiques et perturbateurs endocriniens.

Côté bracelets brésiliens, c’est le cadmium qui pose problème, il est présent dans 14 % des articles contrôlés. Plus généralement, les bijoux fantaisie sont à risques, outre le cadmium, la présence de nickel et de plomb est trop fréquente. Autant de résultats qui concordent avec la recherche de métaux lourds, nickel, cadmium et plomb, effectuée par Que Choisir. Notre test de 2015 a détecté au moins un de ces composés très toxiques au-delà des seuils réglementaires autorisés dans des jouets en métal et dans des bijoux fantaisie.

Le cuir n’est pas non plus exempt de contaminants, 13 % des articles en cuir analysés dans l’Union européenne contiennent du chrome VI, un allergène cutané très puissant. Une présence que nos analyses récentes sur des articles en cuir ont également mise en évidence.

Si 17 % des produits à risques proviennent de Chine, l’Echa souligne que près de 40 % sont d’origine inconnue. Il n’a pas été possible d’identifier le pays de production. Il est donc préférable d’acheter des produits qui affichent leur lieu de production.



(1) Règlement européen du 18 décembre 2006 renforçant la législation européenne en matière d’autorisation et d’utilisation des substances chimiques.
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Élisabeth Chesnais


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Seuil de revente à perte: Le gouvernement chiffre jusqu’à 5 milliards d’euros d’inflation
L’étude, tardive, car réalisée après que la décision du gouvernement a été prise, ne fait pas apparaître directement le chiffre de 5 milliards ; elle exprime cette réalité en pourcentages. On comprend ce biais de communication : entre 0,7 % et 2 % d’inflation sur les produits alimentaires, cela parle moins que sa traduction en euros sonnants et trébuchants, à savoir entre 1,74 et 4,98 milliards d’euros de surcoûts pour les consommateurs (soit jusqu’à 177 € par ménage) – et de sur-marge pour les grands groupes, distributeurs en tête. Et c’est bien là la totale aberration de cette histoire. Si l’impact inflationniste est officialisé, les promoteurs de la mesure, dont la FNSEA, ne sont toujours pas à même de nous expliquer par quel procédé miracle ces sur-marges de la grande distribution « percoleront », c’est leur terme, vers les agriculteurs français.

On voudrait nous faire croire que permettre à Auchan, Carrefour, Leclerc, Super U etc. de réaliser davantage de profits sur le dos des consommateurs les rendrait plus enclins à cesser la pression sur leurs fournisseurs. Le déroulement actuel des négociations commerciales est un cinglant démenti. L’aveu d’impuissance des pouvoirs publics à faire respecter une « charte de bonne conduite » sans valeur juridique quand le ministre de l’agriculture indique vouloir montrer du doigt les distributeurs, pour ne pas dire les regarder de travers, est pitoyable. Et quand bien même les distributeurs achèteraient plus chers les produits alimentaires à leurs fournisseurs industriels, encore faudrait-il que ceux-ci, à nouveau, augmentent d’eux-mêmes leur prix d’achat aux agriculteurs. Avec des si on met Paris en bouteille. Par ailleurs le gouvernement peut-il expliquer aux consommateurs en quoi, non seulement encadrer les promotions, mais encore obliger à vendre plus cher le Nutella (principal ingrédient : huile de palme), le jus d’orange, le café, le thé, la poudre de cacao etc… va améliorer le revenu des agriculteurs français qui ne produisent aucune de ces matières premières ?

Et je laisse pour le moment de côté l’autre grande absente du débat qu’est la qualité, notamment nutritionnelle et environnementale. Les premiers plans de filières disponibles ne laissent pas entrevoir la montée en gamme pourtant promise en contrepartie.

On le voit, il y a donc loin de la coupe aux lèvres et le matraquage des prix fera inutilement souffrir le pouvoir d’achat des consommateurs. Lors de la dernière période de relèvement du SRP en France, sous l’égide de la Loi Galland, l’inflation des produits alimentaires avait été 8 points plus élevée en France que dans les autres pays d’Europe de l’Ouest, tandis que les marges de la grande distribution avaient, elles, augmenté de près de 54 % ! C’est pourquoi, devant cette mesure à l’impact négatif certain pour les consommateurs et aux bénéfices improbables pour les producteurs agricoles, l’UFC-Que Choisir va se rapprocher des parlementaires qui ont encore le temps de stopper cette dangereuse mascarade, où les difficultés d’une partie des agriculteurs français servent de faux-nez à la grande distribution et à l’industrie agroalimentaire et amènent la FNSEA, en plein fantasme, à se fourvoyer sur le dos des consommateurs.

Etude d'impact du projet de loi sur les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire
UFC Que Choisir en ligne
Alain Bazot


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