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Médicaments à éviter: Prescrire met à jour sa liste noire
Cela ressemble à un petit miracle pour cette dame de plus de 80 ans, amaigrie, handicapée et dont les fonctions cérébrales se disloquaient. En quelques mois, cette personne âgée a retrouvé sa tête et sa broderie. A-t-elle pris un nouveau médicament ? Non ! En réalité, elle a arrêté un de ses médicaments qui finissait par lui causer plus de tort que de bien. Cette histoire attestée par le centre de pharmacovigilance de Rouen (76) illustre le bénéfice qui peut exister, plus souvent qu’on ne le croit, à stopper la prise d’un médicament.


Des médicaments plus dangereux qu’utiles

L’arrêt des médicaments, appelé aussi « déprescription » du côté des médecins, était le thème de la conférence annuelle de Prescrire. Certes, la revue a décerné quelques bons points. Elle inscrit ainsi au tableau d’honneur le Strensiq (asfotase alfa), un médicament destiné aux nourrissons et enfants âgés de moins 5 ans atteints d’une rare mais très grave maladie (hypophosphatasie). Mais aucune « pilule d’or », la plus haute des récompenses, n’a été attribuée. Et surtout, les mauvais points ont été largement distribués. La revue a mis à jour sa liste noire (1) : une centaine de spécialités qui sont soit plutôt inefficaces, soit plutôt dangereuses, voire les deux. Parmi celles qui font leur entrée dans cette liste, notons la présence de la métopimazine, un médicament d’usage courant (Vogalène, Vogalib) contre les nausées et vomissements. Cette substance n’est pas très bien évaluée et selon Prescrire, les données indiquent qu’elle peut entraîner des problèmes cardiaques, ce qui représente un risque disproportionné par rapport au simple mal de cœur qu’elle est censée soulager.


Informer les patients

Dans l’intérêt des patients, mieux vaut donc éviter de commencer ces substances plus dangereuses qu’utiles, ou les arrêter le cas échéant. Ce n’est toutefois pas toujours facile en pratique. De multiples raisons à cela, en premier lieu les réticences des patients ou le désaccord d’autres médecins, par exemple entre le médecin généraliste et le médecin spécialiste ! Pour dépasser ces difficultés, l’information des patients est primordiale afin qu’ils puissent prendre des décisions en connaissance de cause. Des expériences montrent qu’ils peuvent même être à l’initiative de l’arrêt de certaines substances non recommandées. Après tout, ce sont bien eux qui avalent les comprimés et qui en subissent les conséquences le cas échant. Dans cette optique, Que Choisir Santé a rédigé un dossier pratique (2) pour les aider à comprendre les enjeux de l’arrêt de certains médicaments et à agir s’ils ont l’impression d’en prendre trop.



(1) http://www.prescrire.org/fr/3/31/53765/0/NewsDetails.aspx

(2) Que Choisir Santé est disponible sur notre kiosque en ligne (accès payant)
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Perrine Vennetier


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Nanoparticules : Une opacité généralisée


Carton plein pour nos recherches de nanoparticules dans des produits de consommation courante. Aliments, cosmétiques, médicaments : les vingt références que nous avons analysées (résultats complets et dossier disponibles à partir du jeudi 25 janvier) contiennent ces particules infiniment petites dont les risques éventuels sont encore très mal cernés. Pire, à trois exceptions près, les nanos voyagent incognito. Alors que la réglementation oblige à indiquer leur présence dans la liste d’ingrédients des denrées alimentaires et des cosmétiques, la quasi-totalité des industriels négligent de le faire. Pourtant vieille de plus de trois ans (1), cette obligation légale n’est toujours pas appliquée par la grande majorité des opérateurs. Une situation d’infraction généralisée difficile à comprendre et à admettre. D’où la décision de l’UFC-Que Choisir de porter plainte contre neuf fabricants dont les colorants, antiagglomérants et autres filtres solaires contiennent des proportions significatives de nanoparticules sans en mentionner la présence. À 10 % de nanos dans un additif, on peut toujours laisser à l’industriel le bénéfice du doute. Mais à 30 %, 40 %, voire 100 % comme c’est le cas pour six des produits concernés, il peut difficilement prétendre qu’il ne savait pas et que son fournisseur d’ingrédients l’a trompé.

Le cas des médicaments est différent du point de vue réglementaire mais similaire sur le fond : plus de 4 000 références de médicaments sont susceptibles de contenir des nanoparticules mais rien n’oblige les laboratoires à en faire état sur les notices (2).


Taille infime et comportement imprévisible

Cette opacité est d’autant plus inadmissible que c’est de notre santé qu’il s’agit. L’arrêté de mai 2017 qui vient rappeler aux opérateurs de l’agroalimentaire l’obligation d’étiquetage déjà en vigueur depuis plusieurs années justifie cette nécessité d’informer le consommateur par les « incertitudes scientifiques [qui] demeurent concernant l’impact sur la santé humaine des nanomatériaux manufacturés ». Taille infime favorisant la pénétration dans notre organisme et le franchissement des barrières biologiques, réactivité importante, comportement imprévisible, autant de particularités des nanoparticules qui suscitent l’inquiétude. La recherche avance à petit pas car l’évaluation des risques est beaucoup plus complexe que pour des particules de taille plus importante et on nage dans un océan d’inconnues. Mais les signaux qui émergent comme cette mise en évidence de lésions précancéreuses chez le rat après consommation d’un colorant répandu, le dioxyde de titane, incitent à la prudence. Le consommateur doit donc avoir la possibilité d’éviter les nanos s’il le souhaite.

Reste donc à espérer que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) fasse preuve de la plus grande fermeté sur ce dossier. Ses agents ont procédé en 2017 à des contrôles sur la présence de nanoparticules dans les produits alimentaires (confiseries, épices, décorations pour pâtisseries) et cosmétiques, ciblant ceux dont la liste d’ingrédients faisait apparaître un ou des additifs susceptibles d’être nanométriques. Sur 40 produits cosmétiques analysés, 35 contenaient des nanoparticules, sur 74 produits alimentaires, 29 étaient dans ce cas. Sur ces 64 produits qui auraient dû afficher la mention [nano] dans leur liste d’ingrédients, seul un était en règle.

Les produits visés par notre plainte



Alimentation



M&M’s Peanut 34 % de nanoparticules dans le dioxyde de titane (E171)
Maxwell House Cappuccino (préparation instantanée) 100 % de nanoparticules dans le dioxyde de silicium (E551)
Ducros Mélange malin italien 100 % de nanoparticules dans le dioxyde de silicium (E551)
Casino soupe poule au pot déshydratée 100 % de nanoparticules dans le dioxyde de silicium (E551)


Cosmétiques



Lavera crème solaire 100 % minérale SPF 30 100 % de nanoparticules dans le filtre solaire dioxyde de titane (titanium dioxide)
Avène cold cream stick lèvres nourrissant 100 % de nanoparticules dans le dioxyde de titane (titanium dioxide CI 77891)
Aquafresh dentifrice triple protection + blancheur 40 % de nanoparticules dans le dioxyde de titane (titanium dioxide)
Bourjois Gloss effet 3D-33 brun poetic 100 % de nanoparticules dans l’oxyde de fer (iron oxides CI 77491)
Sanex Nature protect 48 h déodorant 31 % de nanoparticules dans l’oxyde d’aluminium (potassium alum)



(1) Elle est applicable depuis juillet 2013 pour les cosmétiques et décembre 2014 pour les produits alimentaires.

(2)Une absence d’obligation dont bénéficient aussi les fabricants d’autres produits susceptibles de contenir des nanos : vêtements antibactériens, peintures, matériel de sport, pneus, etc.
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Fabienne Maleysson


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Régimes amaigrissants: Ils allègent surtout votre porte-monnaie
Louise a perdu 44 kg en 9 mois. Photos avant/après à l’appui, la jeune femme blonde s’expose dans sa nouvelle robe et sa silhouette affinée sur les affiches vantant les bénéfices du régime « Comme J’aime ». Vous aussi, « Perdez du poids ! », promet la publicité. Sauf qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Le cas de Louise, aussi impressionnant soit-il en apparence, ne constitue pas une garantie de succès.



Publicité pour « Comme J’aime » dans le métro parisien (janvier 2018).

Des résultats pas garantis

Après les fêtes et ses excès, ce début du mois de janvier est propice à la promotion de méthodes d’amaigrissement. Outre les compléments alimentaires censés brûler les graisses et les cures de détox à base de jus, on trouve aussi des publicités pour des régimes tels que « Comme J’aime », Kitchendiet ou Dietbon. Ces programmes fonctionnent sur un principe commun de livraison de repas minceur tout prêts à domicile. Les promesses sont également comparables avec une perte de poids annoncée de 3 à 5 kilos par mois. Annoncée mais pas garantie ! Les conditions générales de vente sont explicites : « Comme J’aime ne pourrait être tenu responsable de résultats éventuellement décevants pour le Client ».

Ces programmes, qui se basent sur le vieux principe de la restriction calorique (manger moins), n’ont pas fait la preuve de leur efficacité à long terme. Comme nous l’expliquions dans une vidéo, la baisse des apports énergétiques est souvent efficace dans un premier temps (on maigrit) mais ensuite, le corps réagit aux privations, se met à dépenser moins (donc on ne maigrit plus) et on finit souvent par reprendre du poids. C’est même plutôt la règle : à terme, 8 personnes sur 10 reprendront du poids. Ce risque de « rebond » est d’autant plus à craindre que les programmes basés sur du tout prêt n’apprennent pas franchement à adopter de bonnes habitudes puisque l’on ne cuisine pas. De plus, les packs ne contiennent ni fruits ni légumes dont la consommation est pourtant la base d’une alimentation santé.

Un compte en banque bien dégraissé

Ah oui, parce qu’en dépit des centaines d’euros facturés par mois par « Comme J’aime », tout n’est pas compris dans les packs ! Les clients doivent acheter par ailleurs tout ce qui est frais : produits laitiers, fruits, légumes à cuire ou à manger en crudités… Ce genre de petit détail a toute son importance et rappelle qu’il faut lire plutôt deux fois qu’une les conditions de vente avant de s’engager. En effet, il ne s’agit pas d’un simple achat ponctuel de pack mais d’une formule d’abonnement. Si vous vous engagez sur 8 mois, le tarif sera de 349 €/mois contre 509 € si vous ne prenez qu’un mois. En conséquence, si vous résiliez plus tôt, la société vous facturera la différence de prix. De même, la mention « une semaine gratuite », mise en avant sur fond rouge, est accompagnée de mentions en petits caractères qui méritent d’être lues. Pour en « bénéficier », vous devez quand même payer un pack d’un mois (au moins) et, si au bout d’une semaine vous arrêtez, vous serez remboursé à condition de renvoyer les biscottes, plats, soupes, desserts, compotes et collations correspondant aux 3 semaines restantes. À vos frais bien sûr ! Pour renvoyer par la Poste plus de 10 kg de nourriture, comptez une trentaine d’euros.
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Perrine Vennetier


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Médicaments: La liste noire de Prescrire
Cette année encore, pas de Pilule d’Or. La revue médicale indépendante Prescrire, qui passe en revue l’intérêt de tous les nouveaux médicaments, a estimé qu’en 2016, aucun d’entre eux ne méritait d’être distingué. C’était déjà le cas l’an dernier. Seules deux molécules indiquées dans le cancer ont été « citées au palmarès ».

À l’inverse, il reste encore sur le marché français 82 médicaments qui n’y ont pas leur place, en raison d’un rapport bénéfice-risque défavorable. En clair, ils sont plus dangereux que bénéfiques pour la santé. Sur cette liste noire, mise à jour pour la 5e année consécutive, figurent bon nombre de produits courants. Comme la pseudoéphédrine, un décongestionnant qui entre dans la composition de beaucoup des médicaments contre le rhume vendus en automédication dans les pharmacies, qui expose à des troubles cardiovasculaires graves, notamment s’il est pris par des personnes déjà fragiles. Nous l’avions mentionné dans notre article sur les produits à ne surtout pas prendre pour soigner les petites pathologies de l’hiver. La dompéridone, la molécule du Motilium, parfois prescrit dans la gastroentérite, est également pointée du doigt, en raison de troubles du rythme cardiaque et de morts subites, alors même que le bénéfice dans le traitement de la maladie est très limité. En 2014 déjà, Prescrire mettait en garde contre la dompéridone. Les médicaments anti-Alzheimer, depuis longtemps décriés et dont l’intérêt médical est enfin officiellement reconnu comme « insuffisant » par la Haute autorité de santé (HAS), sont aussi en bonne place de ce palmarès du pire. L’intégralité de la liste des médicaments à écarter est consultable sur le site prescrire.org.

Encore un exemple récent avec l’Uvestérol D

Le directeur de Prescrire, Bruno Toussaint, a dénoncé, lors de la conférence accompagnant la publication de cette liste, l’inertie des pouvoirs publics. Il a notamment regretté qu’il faille systématiquement des morts pour que les médicaments dangereux soient retirés de la circulation. Le dernier exemple en date étant l’Uvestérol D, probablement impliqué dans le décès d’un nourrisson en décembre dernier. Et quand il n’y a pas de morts, les autorités se contentent de déremboursements, qui limitent l’usage mais n’entraînent pas le retrait du marché. Aujourd’hui encore, en dépit des nombreux scandales liés aux médicaments, l’action publique est largement insuffisante.

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Anne-Sophie Stamane


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Rhume: Des médicaments interdits de publicité
Prise en toute discrétion, la décision est effective depuis le 18 décembre dernier : la publicité grand public pour les médicaments contre le rhume en vente libre qui contiennent de la pseudoéphédrine est désormais interdite. Sont concernées des spécialités comme Actifed Rhume, Actifed Rhume Jour et Nuit, Actifed LP Rhinite allergique, Dolirhume, Dolirhumepro, Fervex Rhume Jour et Nuit, Humex Rhume, Nurofen Rhume, Rhinadvil Rhume, Rhinureflex et Rhumagrip. On ne les verra donc plus en grand format dans les vitrines des pharmacies, pas plus qu’il ne sera possible d’en vanter les soi-disant vertus à la télévision.

La pseudoéphédrine est un vasoconstricteur de la famille des amphétamines, qui peut avoir des effets secondaires cardiovasculaires et neurologiques graves. Il vaut mieux ne pas y avoir recours, surtout pour un simple rhume qui se soigne en quelques jours avec des lavages de nez et du paracétamol en cas de fièvre ou de maux de tête.

Lire aussi:

Médicaments contre les maux de l’hiver - Le rhume : mieux vaut laisser couler !
Médicaments - La liste noire de Prescrire


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Anne-Sophie Stamane


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Télécoms: Les plaintes toujours au sommet
À l’UFC-Que Choisir, les plaintes visant les opérateurs de téléphonie et les fournisseurs d’accès à Internet n’en finissent pas d’affluer. Que ce soit auprès de nos associations locales ou de notre Service d’information juridique qui vient en aide aux abonnés à notre magazine, le secteur des télécoms occupe beaucoup nos juristes et nos bénévoles. Après avoir connu une hausse historique de plus de 20 % en 2016, leur nombre a encore augmenté de 4,8 % en 2017.

Réseau défaillant, erreur de facturation, options imposées d’office, problème lors de la livraison de la box ou de la résiliation... les sujets de discorde des années précédentes étaient encore bien présents en 2017. À ces litiges « classiques » s’est ajouté un mécontentement grandissant des clients face aux hausses de tarifs successives imposées notamment par SFR, Bouygues Télécom et dans une moindre mesure Orange. De toute évidence, les consommateurs en ont assez que les opérateurs se permettent d’augmenter le prix de leur abonnement sous prétexte de leur fournir des gigaoctets en plus ou des chaînes de télé dont ils n’ont pas besoin.

En 2017, les factures incompréhensibles ont aussi été à l’origine de nombreuses remontées. En cause : l’ajout d’office d’options permettant d’accéder à des journaux, à des magazines, voire à des bandes dessinées. Si ces services supplémentaires n’ont pas eu d’impact sur le montant des abonnements, ils ont entraîné un profond remaniement des factures par les opérateurs qui y ont vu une bonne occasion de baisser le montant de la TVA qu’ils sont censés reverser à l’État. SFR a initié le mouvement, suivi de Bouygues Télécom puis d’Orange.

SFR en tête des litiges

De tous les opérateurs, SFR reste largement en tête des récriminations. Avec plus de 6 500 litiges recensés (en légère baisse de 3 % par rapport à 2016), l’opérateur au carré rouge est à l’origine de près de la moitié des litiges dans le secteur des télécoms. Il serait temps que la promesse de son propriétaire Patrick Drahi de mieux traiter ses clients soit suivie d’effet. Alors qu’il compte plus de clients que SFR, Orange est loin derrière, avec environ 1 700 litiges recensés (en baisse de 9 % par rapport à 2016). Suivent Free (stable par rapport à l’année précédente) et Bouygues Télécom dont le nombre de litiges a sensiblement augmenté en 2017 (+11 %). Parmi les opérateurs virtuels, La Poste mobile est celui qui génère le plus de litiges. Plus même qu’EI Télécom (NRJ Mobile, CIC Mobile, etc.) alors qu’il compte moins de clients.
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Cyril Brosset


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Prélèvements SEPA: Attention aux fraudes
La norme SEPA (ou Single Euro Payments Area, espace unique de paiement en euros) a été mise en place au niveau de l'Union européenne et des États associés en août 2014. Grâce à ce changement technique de grande envergure, il n'est plus nécessaire de donner une autorisation de prélèvement à sa banque. Si vous communiquez vos coordonnées à un fournisseur d'eau ou d'énergie, ce dernier peut se faire virer les sommes que vous lui devez sans formalités supplémentaires. C'est ce qu'on appelle un SEPA direct débit, ou SDD.

Quand la réforme est entrée en vigueur, les banques avaient assuré que les dispositions nécessaires étaient prises pour encadrer les risques de fraude. Trois ans plus tard, Tracfin fait le constat d'un « effet pervers ». « Avec le SDD, écrit la cellule dans son rapport, rien n’empêche une société fraudeuse d’ouvrir des comptes dans des pays peu regardants », puis d’émettre « une vague de prélèvements transfrontaliers, avant de virer les fonds vers des comptes tiers et de disparaître. Le fraudeur peut compter sur le manque de vigilance de certains débiteurs et sur les délais nécessaires pour faire remonter les contestations ».

Le client indûment débité a 13 mois pour se faire rembourser. La banque doit le faire sous huit semaines, sans pouvoir exiger qu'il porte plainte. Ce système avantageux pour le consommateur était la contrepartie du SDD. Problème : des prélèvements de faibles montants aux intitulés anodins peuvent passer inaperçus.

Une liste blanche pour se protéger

Il existe un moyen de se protéger. C'est la liste blanche des prestataires seuls autorisés à faire des prélèvements sur votre compte. Il existe aussi une liste noire, mais son utilité est moins évidente. Il suffit que les escrocs changent de raison sociale pour la contourner. Ces listes sont gérées par les banques, qui en parlent assez peu à leurs clients et les facturent parfois au prix fort. L'inscription d'un nouveau nom sur la liste blanche ou noire est gratuite dans quelques banques (LCL, Banques populaires Sud, ING Direct...) mais elle peut dépasser les 15 € dans certains établissements, ce qui paraît démesuré par rapport au travail demandé. Au sein du réseau des Caisses d'épargne, ajouter un nom ne coûte rien en Bretagne Pays de la Loire, mais monte à 16,95 € en Rhône-Alpes, selon un pointage fait par le site Meilleuresbanques.com.


Et bientôt, le virement instantané...

D'autres arnaques au paiement se profilent déjà à l'horizon, avec l'arrivée prochaine du virement instantané. Pour le moment, les dates de valeur d'un virement sont de 24 h minimum et peuvent monter à 72 h en cas de pont ou de jour férié. C'est plus qu'il n'en faut aux banques pour repérer les mouvements frauduleux. Selon l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, le taux de fraude au virement en 2016 était de 0,0004 %, soit 1 sur 250 000 seulement ! Depuis cet automne, la technologie et le cadre réglementaire permettent des virements en 10 secondes. Les banques françaises ne se bousculent pas pour proposer ce service à leurs clients, considérant que la carte bancaire suffit. Seule la BPCE l'annonce pour le printemps 2018. Les autres établissements parlent plutôt de 2019.

Le virement instantané est d'une utilité incontestable pour les paiements entre particuliers. Vous vendez une voiture d'occasion ? Vous vous faites payer instantanément et de manière irréversible. Le paiement est sécurisé, en théorie, par l'envoi de SMS de confirmation et l'authentification de « terminaux de confiance », à savoir nos téléphones et tablettes, répertoriés par les banques. Même si des pirates dérobent des numéros de compte, ce qui arrive assez souvent, ils ne pourront pas facilement les siphonner par virement. En revanche, il y a un risque évident d'explosion des fraudes sur des sites comme Le bon coin, ou dans le démarchage abusif à domicile. Les escrocs qui arriveront à convaincre un particulier de faire un virement instantané auront plusieurs heures devant eux pour disparaître. La Banque centrale européenne, pour accélérer encore la procédure, propose de remplacer le code IBAN par le numéro de téléphone, plus facile à retenir. Fort pratique, mais pas sans danger.

L'arnaque au SEPA des artisans dépanneurs

Tracfin a relevé une autre forme d'arnaque au SEPA dont les consommateurs sont indirectement les victimes. Les escrocs créent une société de dépannage à domicile, serrurerie, plomberie, travaux de rénovation et d’isolation. Ils investissent massivement dans le référencement par Internet et réalisent en quelques mois seulement plusieurs centaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires, grâce à leur notoriété éclair. Ils bâclent le travail et multiplient les mécontents, mais peu importe. Au bout de six mois, ils exigent de leur banque le remboursement de leurs dépenses de référencement, payées par SEPA. La banque est obligée de s'exécuter. Le temps que les sociétés de référencement réagissent, les escrocs se sont envolés dans la nature...

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Erwan Seznec


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Spray Puressentiel: Assainissant, vraiment ?
Le spray assainissant Puressentiel aux 41 huiles essentielles est une vieille connaissance de Que Choisir. « Il prétend purifier l’air mais il le charge en polluants », écrivions-nous dès le printemps 2014 après avoir effectué des analyses de composition. Ces résultats très préoccupants nous ont ensuite conduits à réaliser des analyses d’émission, tant sur les sprays aux huiles essentielles les plus vendus que sur des désodorisants classiques, afin d’évaluer leur impact sur la qualité de l’air intérieur des logements.

Publiés fin 2014, nos résultats démontraient qu’ils étaient tous polluants, les sprays aux huiles essentielles étant les pires. Ils relarguaient des composés organiques volatils en forte quantité, le spray assainissant Puressentiel était même le plus mal classé de tous. En utilisant ce genre de produits, alors qu’on croit bien faire, on charge en fait l’air de son domicile en substances polluantes au lieu de l’assainir comme promis.

Quant à l’action sur les virus et les bactéries, elle répond à des normes NF, mais dans des conditions qui ne sont pas celles de l’utilisation d’un spray. Des pastilles d’huiles essentielles sont mises en contact avec des bactéries et des virus pendant un certain temps, précisé sur l’emballage. Ces tests ne correspondent pas à la pulvérisation du spray dans une pièce.

Dans un avis publié en octobre dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) épingle d’ailleurs à son tour ces « sprays dits assainissants », jugeant notamment qu’ils « ne devraient pas être utilisés par des personnes asthmatiques ». L’Anses souligne aussi « la nécessité de conduire des travaux d’étude sur l’impact sanitaire lié à l’usage d’huiles essentielles qui peuvent se retrouver dans de multiples produits de consommation courante ».

La publicité de Puressentiel début janvier dans un abribus parisien:


Vente en pharmacie, aucune garantie



Le spray Puressentiel est vendu en pharmacie, la publicité prend bien soin de le rappeler. En réalité, bien qu’elle inspire confiance, la vente en pharmacie ne garantit rien, que ce soit en matière de qualité ou d’innocuité. Il s’agit juste d’une stratégie marketing du fabricant. Les sprays aux huiles essentielles sont des biocides qui pourraient tout aussi bien être vendus en grandes surfaces.

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Élisabeth Chesnais


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Canal Plus: Des hausses de tarif hors les clous
Vous êtes abonné à Canal Plus ou à CanalSat ? Vérifiez bien votre messagerie électronique et votre boîte aux lettres. La chaîne de télévision payante adresse actuellement à certains de ses clients des courriers les informant que leur offre allait prochainement évoluer. Des abonnés à CanalSat ont ainsi appris qu’ils pourraient bientôt accéder à Canal Plus, à Canal Plus Décalé et aux chaînes de Canal Plus Family. Cette nouvelle offre leur sera facturée 5 € de plus par mois. Les abonnés à Canal Plus pourront quant à eux bénéficier d’une soixantaine de chaînes supplémentaires pour 2 € de plus par mois.

Ces nouvelles offres pourraient paraître intéressantes si elles n’étaient pas appliquées d’office. Certes, dans ses messages, Canal précise bien qu’il est possible de refuser cette modification en se rendant sur son espace client en ligne ou en appelant le service client de la chaîne. Tant pis pour ceux qui n’auront pas vu le courrier et qui découvriront donc sur leur prochaine facture que le tarif de leur abonnement a augmenté. Ils disposeront alors de 4 mois supplémentaires pour revenir à l’ancienne offre. Passé ce délai, Canal Plus laisse entendre que tout retour en arrière sera impossible.


Il est possible de contester



Canal Plus n’est pas le premier à tenter d’imposer une augmentation de tarif en procédant de cette manière. Avant lui, Free avait déjà agi de la sorte pour son offre Panorama et SFR avait fait pareil l’été dernier lorsqu’il avait augmenté les tarifs de ses offres fixes. Sauf que contrairement à Free et SFR, Canal Plus n’est pas un opérateur télécom. Il ne peut donc pas appliquer l’article L. 224-33 du code de la consommation qui permet aux opérateurs télécom d’augmenter à tout moment leurs tarifs sous réserve de prévenir les clients concernés et de leur laisser la possibilité de résilier sans frais. Qui plus est, les contrats souscrits chez Canal sont à durée déterminée d’un an avec reconduction tacite. Canal Plus aurait donc dû attendre la date d’échéance de chaque contrat pour modifier le tarif et en informer ses clients « au moins deux mois avant », comme il le précise dans ses conditions générales d’abonnement (article 8.7). Juridiquement, ces augmentations ne sont donc pas valables (1).

Pour les clients souhaitant contester ces augmentations, le plus simple reste cependant de refuser la nouvelle offre en se rendant sur leur espace client, comme le propose Canal. Mais ceux qui n’ont pas vu le courrier et qui découvrent sur leur facture que leur abonnement a augmenté, ils sont en droit de contester la surfacturation. Ils doivent pour cela mettre Canal en demeure de revenir aux conditions tarifaires initiales en s’appuyant sur l’article 1103 du code civil et de leur rembourser les sommes prélevées conformément à l’article 1302 du code civil. Si Canal Plus persiste à vouloir leur faire souscrire à cette nouvelle offre, la chaîne devra impérativement relancer une procédure d’information en bonne et due forme et procéder au changement lors de l’échéance suivante.

(1) Néanmoins, dans le cas où l’augmentation de tarif interviendrait précisément à la date d’échéance de votre contrat et où l’abonné a été prévenu de cette modification au moins deux mois avant, celui-ci n’aurait alors d’autre choix que d’accepter la nouvelle offre ou de résilier son abonnement.
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Cyril Brosset


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Lait bébé contaminé: Un filet de contrôles aux mailles bien trop larges
Encore une affaire qui questionne la capacité de l’agro-industrie à maîtriser les risques sanitaires ! Mission à laquelle le leader mondial des produits laitiers a failli, de l’avis du ministre de l’Économie Bruno Le Maire qui, après avoir ordonné le retrait de plus de 700 lots de laits infantiles fin décembre, annonçait, lapidaire, le 11 janvier, que « l’État s’est substitué à une entreprise défaillante, seule responsable de la qualité des produits mis sur le marché ». Les mesures prises par l’entreprise n’étant pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas âge, la question de l’efficacité des plans d’autocontrôles se pose donc plus que jamais !


Des signaux d’alerte que personne ne voit



Selon le porte-parole de Lactalis, Michel Nallet, la contamination serait en effet survenue sur l'une des deux tours de séchage de l'usine de Craon dans la période du 1er au 6 mai 2017, « probablement suite à une opération de maintenance sur la ligne de production ». « Les tours de séchage sont des milieux très sensibles où la moindre trace d’humidité favorise les contaminations, confirme à Que Choisir, sous couvert d’anonymat, une auditrice en hygiène alimentaire. Le dépôt d’un biofilm dans un tuyau, un bouchon dans un coude ou une simple peinture qui s’écaille peut y devenir une zone de rétention de bactéries. Or, dans l’agro-industrie il n’existe pas réellement de plan de contrôle obligeant à certifier les interventions comme c’est notamment le cas dans l’aéronautique. »

Trois mois plus tard, des prélèvements internes au site de Craon s'étaient avérés positifs aux salmonelles. Des traces retrouvées sur les sols et non sur les laits ou le matériel en contact avec ces derniers, précise Lactalis. Qui affirme n’avoir fait le lien entre ces deux événements « par faisceau de présomption » qu’au moment où les cas de salmonelloses se sont déclarés chez les nourrissons. Mais, surtout, l’industriel se défend en arguant avoir respecté la procédure. Une inspection des services vétérinaires (Direction départementale de cohésion sociale et de la protection des populations, DDCSPP) réalisée en septembre avait ainsi rendu un avis positif sur l’usine en ayant pourtant connaissance de ces fameux tests positifs à la salmonelle.

Regrettable mais vrai, nous confirme l’experte : « Le rôle de la DDCSPP est de contrôler les autocontrôles mais ils n’expertisent pas les plans mis en place par les usines et n’ont pas pour mission de faire eux-mêmes des analyses. Ces inspections s’assimilent souvent à des visites de courtoisie ». Concrètement, si l’environnement et non le produit est contaminé par la salmonelle, la décision d’arrêter ou non la ligne de production est interne à l’usine qui n’a pas d’obligation d’en informer les pouvoirs publics. « Une analyse positive aurait dû les alerter et augmenter le plan de contrôle mais, visiblement, ils n’ont pas été assez vigilants et la bactérie est passée entre les trous de la raquette », conclut-elle. Lactalis va désormais devoir répondre devant la justice de ces défaillances afin que la lumière soit faite sur ce nouveau scandale sanitaire.

Lactalis, pharmaciens et distributeurs dans le collimateur des parents



« On a l’impression dans cette affaire d’être dans un no man’s land réglementaire. L’impunité semble être totale. On vend des produits rappelés sans être inquiétés, on produit de l’alimentation infantile sans contrôles efficaces. […] Il faut que cela cesse ! », s’insurge Quentin Guillemain, président de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS). Après avoir porté plainte contre Lactalis, il annonce vouloir attaquer l’enseigne Leclerc qui reconnaissait, le 9 janvier, avoir vendu des produits Lactalis contaminés malgré le rappel général du 21 décembre.

Ce père d’une petite fille de deux mois déplore également le manque d’information des parents, notamment de la part des professionnels de santé. Un sentiment partagé par Natasha, mère d’une petite fille de 2 ans atteinte d’une insuffisance rénale prenant quotidiennement de la maltodextridine, une poudre nutritive produite à Craon. « À aucun moment, ni mon pharmacien ni le néphropédiatre pourtant prescripteur de cet aliment diététique, ne nous ont informé du retrait des lots, or les boîtes que prenait ma fille faisaient bien partie des lots potentiellement contaminés. » Les professionnels de santé étaient-ils informés ? Contacté par nos soins, l’ordre des pharmaciens précise avoir envoyé différentes alertes, au gré des retraits, via le « dossier pharmaceutique », un logiciel que possède 99 % des officines françaises. Visiblement, dans certaines pharmacies, les alertes de l’ordre semblent rester lettre morte…

Certains produits incriminés toujours dans les rayons



Malgré 2 500 contrôles effectués par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) depuis le 26 décembre, c’est une consommatrice vigilante qui, la première, a lancé publiquement l’alerte : certains lots de laits infantiles, censés être retirés depuis mi-décembre, étaient toujours en rayon dans des magasins Leclerc le 9 janvier. Une affaire qui fait boule de neige, les distributeurs reconnaissant les uns après les autres avoir pu laisser passer des produits à risque. Deux jours après cette nouvelle crise, la DGCCRF, à qui incombe d’encadrer la bonne marche des retraits, annonçait les résultats de ses inspections : 91 établissements épinglés, soit 30 grandes surfaces, 44 pharmacies, 3 grossistes, 12 hôpitaux et 2 crèches !

Dans une allocution le 11 janvier, le ministre de l’Économie a déclaré qu’à l’avenir, un contrôle électronique systématique en caisse, en supermarchés, permettra de garantir qu’aucune boîte de lait infantile produite par Lactalis à Craon ne sera vendue. Il précise que des procès-verbaux seront transmis à la justice, annonce un renforcement des contrôles dans les semaines à venir et promet une réflexion à plus long terme pour améliorer les retraits. En effet, jusqu’à présent, force est de constater que la mise en œuvre des décisions de l’État et des pouvoirs publics est inopérante ! Alors qu’aujourd’hui, les retraits sont basés en premier lieu sur des mesures volontaires des distributeurs, l’UFC-Que Choisir réclame la mise en place de procédures adéquates pour garantir l’éviction des produits défectueux voire dangereux. Il est urgent de mettre en place de véritables plans de retrait avec l'instauration d'audits externes sur leur qualité et leur fiabilité.

Ce n’est pas la première fois qu’une procédure de retrait n’est pas suivie de mesures efficaces. Citons les cas récents de détecteurs de fumée défectueux ou de cosmétiques contenant des substances indésirables. À chaque fois, l’UFC-Que Choisir a tiré la sonnette d’alarme. Et continuera de se montrer vigilante dans l’attente d’une réponse adéquate des autorités de contrôle.

UFC Que Choisir en ligne
Marie-Noëlle Delaby


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