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Alimentation: Bruxelles revoit son système d’évaluation des risques
La polémique sur la réautorisation du glyphosate au mois de décembre 2017 dans l’Union européenne (UE) pour 5 ans aura eu le mérite de faire bouger les lignes. Certes, la pétition signée en octobre 2017 par plus d’un million de citoyens européens demandant à Bruxelles l’interdiction de l’herbicide n’aura pas atteint son but premier. Mais l’Europe n’y sera pas totalement restée sourde. Comme elle s’y était engagée en décembre, la Commission européenne a annoncé le 11 avril son intention de rendre plus transparente l’évaluation des substances à risque dans l’alimentation.

Depuis l’adoption en 2002 par l’UE de sa loi sur les procédures relatives à la sécurité des denrées alimentaires, le contexte politique, économique et sociétal a évolué. La perception et les attentes des consommateurs par rapport à la chaîne alimentaire ont été affectées par différents scandales alimentaires et sanitaires et le règlement vieux de 16 ans nécessitait un rafraîchissement, reconnaît la Commission.

« Trop souvent nous avons entendu que l’Efsa [ndlr : l’organisme européen en charge de l’évaluation des études scientifiques des substances jugées à risque] était entre les mains de l’industrie. Ces propositions ne laisseront plus la place à ces théories conspirationnistes », a déclaré le commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis, selon des propos rapportés par Agra presse.

En pratique, la Commission devrait réviser huit législations, chacune relative à un domaine alimentaire précis : les OGM, les additifs alimentaires dans l’alimentation humaine et animale, les arômes de fumée, les emballages alimentaires, les enzymes et arômes, les produits phytosanitaires et, enfin, les nouveaux aliments (algues, insectes…).

Parmi les principales dispositions de la commission :

La consultation des parties prenantes et du grand public sur les études soumises afin de garantir l'accès complet de l'Efsa aux éléments de preuve existants afin de fonder son évaluation.

La possibilité pour l'Efsa de commander ses propres études dans des circonstances exceptionnelles pour vérifier les preuves soumises. Jusqu’à présent, le travail de l’Efsa reposait exclusivement sur l’analyse de données existantes. Ces études seraient financées par le budget de l'UE.

Le renforcement de l’indépendance de l’Efsa grâce, notamment, à l’inclusion d’un représentant du Parlement européen dans sa gouvernance et à la révision de la sélection des experts.

« J'appelle les États membres et le Parlement européen à rapidement adopter ces propositions pour en faire une nouvelle loi, et ainsi apporter des résultats concrets aux citoyens avant les élections européennes de l'année prochaine », conclut Vytenis Andriukaitis dans un communiqué accompagnant cette annonce.

Fraude alimentaire:


La Commission lance également un centre de connaissances

En mars 2018, la Commission européenne annonçait également le lancement d’un centre de connaissances sur la fraude et la qualité des denrées alimentaires. Cet organisme de recherche intégralement financé par la Commission sera constitué d’experts internes et externes à la Commission. Il devrait soutenir le travail des autorités nationales en leur donnant accès à des connaissances scientifiques. Il aura notamment pour tâche l’élaboration de bases de données, de bulletins d’information ou encore de cartes interactives, alors que l’Europe a récemment fait face à des fraudes de dimensions internationales concernant les œufs contaminés au fipronil, l’huile d’olive ou encore le miel.

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Marie-Noëlle Delaby


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Seuil de revente à perte: Enfumage ? De quel enfumage parlez-vous ?
Commençons par l’outrance dont le ministre fait preuve dans cet entretien. Evoquant le chiffrage de l’impact de la mesure sur les prix, pouvant atteindre 5 milliards d’euros sur les deux ans de l’expérimentation et dont nous avions été les premiers à nous faire l’écho, le ministre parle « d’enfumage » et de « calcul absurde ». C’est oublier bien vite que ce chiffre provient des services des ministères eux-mêmes, puisqu’il est issu de l’étude d’impact que le gouvernement a présentée au Parlement en même temps que son projet de loi. S’il juge le calcul peu fiable, c’est à ses équipes qu’il doit faire la leçon, et certainement pas à nous ! A ce propos, Stéphane Travert avance un autre chiffrage : 800 millions d’euros (en fait, 875 millions si on fait le calcul à partir des chiffres qu’il fournit lui-même) par an. Soit 1,75 milliard d’euros sur les deux ans que dure l’expérimentation, soit justement la fourchette basse que j’évoquais dans le billet incriminé : rien de nouveau sous le soleil – et tout de même plus de 60 € de surcoût par ménage.

Continuons avec le mensonge, une nouvelle fois répété : celui du ruissellement vers les agriculteurs français. Alors même que le ministre avance que la mesure touchera les produits de tête de gondole – donc pas les produits agricoles -, on nous refait le coup de l’augmentation du revenu agricole grâce à cette mesure. Comme si augmenter les marges des distributeurs sur les produits vedettes, souvent très transformés et rarement à partir de matières premières françaises, allait aider nos agriculteurs. On en arrive à cette absurdité, où le ministre en vient à demander à Leclerc de bien vouloir, parce qu’il margera plus sur certains produits, augmenter ses prix d’achat ailleurs. Touchante naïveté.

Enfin, comment ne pas relever un oubli ô combien révélateur : où sont passés les plans de filière ? Pour rappel, le président de la République, dans son discours de Rungis, avait conditionné le relèvement du SRP (et l’encadrement des promotions) à l’émergence rapide de plans de filière ambitieux, qui devaient décrire précisément l’agriculture française de demain, filière par filière, avec des engagements portant notamment sur la qualité nutritionnelle et sur l’environnement. Or, il n’en est dit mot dans cette interview, révélant ainsi le jeu de dupes qui est en train de se dessiner sous nos yeux, malgré nos alertes répétées : le budget des consommateurs touché, des agriculteurs bernés et une qualité sacrifiée.

Alors parler d’enfumage, pourquoi pas. Mais de la part de qui, au juste ?
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Alain Bazot


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Affaire Lactalis: Des révélations lors des commissions

Les 3 principales informations dévoilées lors des auditions devant les sénateurs



- Lactalis aurait dissimulé aux services sanitaires des contrôles positifs à la salmonelle au cours de ces dix dernières années.

- Auchan et Carrefour ont remis en rayon des laits contaminés ramenés par les consommateurs.

- La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) accuse les laboratoires en charge des autocontrôles de ne pas avoir rempli leur rôle d’alerte.

Dans cette affaire de lait, les informations se distillent au compte-gouttes. Il aura fallu attendre les auditions devant le Sénat des principaux responsables et victimes du scandale Lactalis pour que les langues se délient (lire encadré). Du 24 janvier au 21 février, la Seconde chambre a ainsi convoqué toute la chaîne des acteurs impliqués dans ce scandale : le producteur (Lactalis), les distributeurs (pharmaciens et grandes surfaces dont Carrefour, Leclerc ou encore Système U), les services chargés de la sécurité alimentaire (DGAL et DGCCRF) et, enfin, les associations de consommateurs, dont l’UFC-Que Choisir. Des entretiens qui ont mis en lumière des aspects inédits de ce scandale sanitaire.

Des révélations saisissantes

Comme l’a relevé la présidente de la commission sénatoriale Sophie Primas (LR) lors de la clôture des tables rondes, « à plusieurs reprises, les auditions ont permis de pointer des dysfonctionnements à divers endroits : dans la production, d'abord et avant tout, mais aussi au stade du contrôle administratif et de la distribution des produits ». C’est notamment lors de sa convocation, le 13 février, que Patrick Dehaumont, directeur général de l'alimentation au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation (DGAL), a révélé que Lactalis aurait dissimulé aux services sanitaires des contrôles positifs aux salmonelles au cours de ces dix dernières années. Rebelote le lendemain, lorsque les représentants de la grande distribution ont été conviés à une table ronde afin d’expliquer les défaillances des procédures de retrait. Alors que des consommateurs vigilants, puis les services des fraudes, avaient d’ores et déjà signalé que des produits incriminés étaient restés en rayon, Auchan et Carrefour ont reconnu que certains de leurs magasins avaient carrément remis en vente des laits contaminés ramenés par les consommateurs ! Ces graves manquements entraîneront-ils des sanctions ? Pas directement, comme l’indique Sophie Primas : « ces auditions ne sont pas un tribunal où nous recherchons des responsabilités individuelles ».


Davantage de moyens pour les contrôles et les retraits

La commission a également permis à l’UFC-Que Choisir, auditionnée le 21 février, de réitérer son souhait d’une mise en place rapide d’un véritable plan de retrait et l'instauration d'audits externes sur leur qualité et leur fiabilité. Une information claire et centralisée du consommateur via un site officiel de référencement des rappels et des campagnes médias en cas de retrait important seraient également souhaitables. Enfin, l’UFC-Que Choisir préconise l’obligation de transmettre aux services de l’État les autocontrôles positifs en pathogènes, que ce soit dans l’environnement ou dans les produits. Pour l’heure, faute d’une législation suffisamment claire, la pratique est de ne communiquer que les résultats positifs dans les produits et non autour (sol, tuyauterie, matériel…).

Pour ce faire, l’UFC-Que Choisir insiste sur la nécessité de redonner de vrais moyens d’action à la DGCCRF, service de l’État en charge de chapeauter ces différentes missions qui a vu ses effectifs baisser de 1 000 agents entre 2007 et 2012. « On a l’obligation d’avoir de vrais effectifs, […] de vrais moyens, car demain, on peut avoir une bactérie beaucoup plus grave, peut-être mortelle », abonde le sénateur Martial Bourquin (PS).


Le Parlement sur les chapeaux de roue

De son côté, la commission d’enquête parlementaire, qui débutera probablement dès le mois de mars à l’Assemblée nationale, pourrait aboutir à des propositions de loi d’ici la fin de l’année, nous confie le député Grégory Besson-Moreau (LREM), qui devrait en être le rapporteur. Seul bémol, l’enquête judiciaire ouverte par le tribunal de Paris délimitera les possibilités d’investigation des 30 parlementaires qui siégeront à la commission. Pré carré de la justice, Lactalis et les laboratoires d’analyse sous-traitants ne pourront être entendus, comme l’a rappelé la garde des Sceaux Nicole Belloubet dans une lettre adressée aux parlementaires fin février. Un cloisonnement qui pourrait ne plus avoir lieu à l’avenir, une demande ayant été déposée par le Parlement en décembre 2017 afin que ses élus puissent enquêter indépendamment des instructions judiciaires. La proposition qui doit être étudiée par le Conseil constitutionnel ne sera toutefois vraisemblablement pas adoptée avant la fin de l’enquête parlementaire sur les laits contaminés, qui durera six mois.
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Marie-Noëlle Delaby


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Camembert de Normandie AOP: Vers une baisse de qualité ?
Depuis des années, une guerre économique sans merci fait rage en Normandie. Les artisans du camembert de Normandie AOP (appellation d’origine protégée) affrontent les industriels qui vendent des fromages « fabriqués en Normandie » sans respecter les obligations de l’appellation officielle. Alors que les premiers sont tenus de respecter un cahier des charges précis (fromage fabriqué à partir de lait cru, issu d’un cheptel majoritairement de race normande, produit dans une aire géographique bien délimitée, etc.), les seconds se bornent à implanter dans la Manche, le Calvados ou l’Orne des usines dans lesquelles ils fabriquent à la chaîne des camemberts à base de lait pasteurisé importé des quatre coins de la planète en fonction des cours du marché. Au fil des ans, ces ersatz ont envahi les linéaires des supermarchés. À tel point qu’aujourd’hui, le « camembert de Normandie AOP » ne représente que 5 500 tonnes de fromages produits annuellement contre 60 000 tonnes pour le « camembert fabriqué en Normandie ».

Dans ce combat de David contre Goliath, l’Organisme de défense et de gestion (ODG) des producteurs de camembert AOP a bien tenté à plusieurs reprises de faire appliquer la loi en interpellant l’État. Car selon l’article 13 du règlement européen 2081/92, seule l’AOP peut utiliser le terme « Normandie ». Mais le droit a ses limites. Il faut dire que sur le marché des camemberts, le tout-puissant groupe Lactalis est quasiment devenu le maître du jeu. Avec les camemberts industriels pasteurisés fabriqués sous les marques Président, Lanquetot et Lepetit, mais aussi dans l’AOP avec les marques Domaine du Plessis, La Petite Normande, Jort, Moulin de Carel, Bourdon, il représenterait aujourd’hui la majeure partie du marché. Après des années de tergiversation, les pouvoirs publics ont finalement pris le taureau par les cornes et mis les frères ennemis autour d’une table sous l’égide de l’Institut national d’origine et de la qualité (Inao). Le 21 février dernier, un communiqué de l’Institut indiquait qu’au terme d’un cycle de réunions, le groupe de travail mis en place fin novembre « avait abouti à un accord de principe pour trouver une issue au manque de lisibilité pour les consommateurs qu’entraîne la coexistence de deux produits, "AOP camembert de Normandie" et "camembert fabriqué en Normandie" ». Aux termes de cet accord, la filière s’oriente donc vers une AOP élargie permettant d’intégrer les producteurs de lait et de fromages de camembert « fabriqués en Normandie ». En contrepartie, les industriels devront respecter le futur cahier des charges qui prévoira de nouvelles conditions de « normandisation » des troupeaux, de pâturage et de fabrication du fromage.

AOP : des critères assouplis



Ainsi, la vache de race normande devrait retrouver sa place dans les exploitations laitières revendiquant l’AOP, mais à hauteur de 30 % au lieu des 50 % qui sont actuellement la règle. Le pâturage serait aussi rendu obligatoire 6 mois de l’année avec une part d’herbe minimale dans la ration estivale. Côté transformation, l’industrie devrait obtenir l’autorisation de la pasteurisation du lait, qu’elle avait réclamée en vain en 2009. Tant pis si le chauffage du lait met à mal la microflore lactique, gage de la typicité et de la richesse aromatique du produit final ! Toutefois, l’accord prévoit une mention spécifique du type « véritable camembert de Normandie AOP » pour les fromages au lait cru, moulés à la louche. Dans cette version plus haut de gamme de l’AOP, la part des Normandes serait portée à 70 % et le bocage revalorisé (100 m de haies par hectare de pâtures). Une manière d’encourager la biodiversité mais aussi de redonner une image bucolique au produit phare de l’art de vivre à la française. Reste que cette segmentation dévalorise de facto la version de base de l’appellation, pourtant garante, en principe, de l’authenticité du produit ! Pour l’association Fromages de terroirs, « l’AOP normande s’enfonce inexorablement dans la médiocrité » (un constat que nous faisions déjà lors d’un précédent test de dégustation). Et ce nouvel accord risque encore d’aggraver la situation : « 9 camemberts sur 10 vont être pasteurisés et industriels, prédit Véronique Richez-Lerouge, la présidente de l’association. On sait ce qu’il advient de l’autorisation de pasteurisation dans les AOP (course au volume, standardisation, disparition des fermiers) et de l’empilement des sous-labels qui ne crée que de la confusion chez les consommateurs ». Bien sûr, à l’Inao, le son de cloche est totalement différent. « Les producteurs et transformateurs normands ont choisi la bonne démarche : celle qui va non seulement permettre d’éclairer les choix des consommateurs mais aussi de mieux valoriser une partie importante de la production de lait », s’est félicité Jean-Louis Piton, le président du conseil permanent. L’avenir dira qui a raison. Seule certitude, la nouvelle réglementation devra entrer en vigueur au plus tard au début de l’année 2021. D’ici là, les choses restent inchangées.
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Florence Imbert


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Etats généraux de l’alimentation: Après les discussions, place à l’action
Tout d’abord, nous dénonçons fermement le fait que, parallèlement aux discussions des EGA censées préparer un virage agroécologique de notre agriculture et de notre alimentation, le gouvernement ait opéré ces 6 derniers mois des reculs sur des sujets cruciaux : suppression d'aides au développement de l’agriculture biologique, autorisation de nouveaux néonicotinoïdes, entrée en vigueur provisoire du CETA, fragilisation de la politique foncière. Nous regrettons également le manque d’ambition du gouvernement sur les enjeux agricoles et alimentaires dans le cadre de la politique française de solidarité internationale. Aucune annonce positive du discours de Rungis n’a encore été concrétisée. Certaines annonces semblent rester lettre morte comme l’enveloppe de 200 millions d’euros pour les paiements de services environnementaux qui ne semble pas exister pour les ministères concernés. Il est clair que ces signaux négatifs doivent être éteints par des engagements clairs et précis du gouvernement ce jeudi.

Au-delà de la forme très variable des ateliers, leurs conclusions doivent maintenant être transformées en engagements concrets qui répondent aux attentes sociétales et citoyennes, en cohérence avec le discours d’Emmanuel Macron du 11 octobre 2017. Dès jeudi, les moyens financiers et réglementaires permettant de juger de leur crédibilité et de la volonté du gouvernement doivent être précisés. Concernant les attentes de la société civile, nous ne nous contenterons pas d’une coquille vide en guise de projet de loi. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour assurer la transition agroécologique des modèles agricole et alimentaire au Nord comme au Sud.

Les actions doivent notamment porter sur:

- le droit au revenu des paysans,

- l’allocation de moyens pour une restauration collective responsable, via une prime à la conversion des cantines, finançant l’investissement afin d’atteindre les objectifs suivants : 30 % de produits bio en 2022, intégration de produits issus du commerce équitable, diversification des sources de protéines et alternative végétarienne quotidienne, etc.

- un plan d’action pour la sortie des pesticides (et du glyphosate en 3 ans), avec des moyens réglementaires, financiers et fiscaux.

- un plan d’action contre la contamination chimique de l’alimentation (perturbateurs endocriniens, huiles minérales, nanos, etc.) dans le cadre d’une politique efficace de santé environnementale.

- des mesures pour améliorer la composition nutritionnelle des produits alimentaires et l’information des consommateurs : étiquetage sur les modes de production, la composition exacte des produits, les perturbateurs endocriniens, la rémunération des producteurs, etc.

- un plan bio ambitieux doté de moyens : objectifs de 20 % de la SAU en agriculture biologique en 2022 et mise en oeuvre des paiements pour services environnementaux. - un financement ambitieux des mesures de transition et des investissements dédiés à la relocalisation des systèmes alimentaires, via le Plan d’investissement d’avenir et la PAC.

- des mesures concrètes pour réduire l’impact climatique de notre alimentation grâce notamment à un plan visant à l’autonomie en protéines végétales de la France (diminution des engrais et lutte contre l’importation de produits issus de la déforestation).

- l’ouverture de la gouvernance des SAFER et des chambres d’agriculture aux organisations de la société civile.

- la mise en cohérence des politiques publiques pour l'aide au développement en mettant en place un rapporteur à la cohérence des politiques pour le développement et en fléchant 50 % de l'APD agricole vers l'agro-écologie et les agricultures familiales.

- les engagements forts pour faire évoluer les standards de bien-être animal et favoriser les modes d’élevages plus respectueux du bien-être animal, comme l’interdiction de la production d’oeufs de poules élevées en cages.

- une réforme de politique agricole de l’eau avec la mise en place de véritables mesures de prévention des pollutions agricoles et l’application du principe pollueur-payeur.

- la réglementation des nouveaux OGM.

Pour en savoir plus sur les mesures portées par la Plateforme Citoyenne pour une Transition Agricole et Alimentaire, voir la liste de nos 63 priorités, disponible en ligne ici.

Concernant les plans de filière annoncés par le président de la République lors de son discours de Rungis, la Plateforme citoyenne déplore la déconnexion entre leur élaboration par les interprofessions et les conclusions de la seconde phase des EGA. Elle demande à ce que ces plans de filière répondent aux conclusions des ateliers des EGA et qu’une phase de consultation avec la société civile ait lieu avant leur approbation.

Nous étions dans le temps de la discussion, nous entrons maintenant dans le temps de l’action, et cette phase doit se faire avec la société civile.

Nous attendons du Président et du gouvernement un cap ferme pour une transition agricole et alimentaire, basée sur une approche globale et transversale, et impulsée par une grande loi. De simples engagements des parties prenantes ne suffiront pas, le gouvernement ne peut pas se défausser. En gage de sincérité, nous attendons que le gouvernement ouvre la gouvernance agricole, remette sur la table les 400 millions d'euros manquants pour les 3 ans à venir pour le maintien de l'agriculture bio, et qu'il annule définitivement la récente autorisation des deux nouveaux pesticides tueurs d'abeilles.

La Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire:

A l’annonce de la tenue d’Etats généraux de l’alimentation, une plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire s’est constituée. Elle rassemble plus d’une cinquantaine d’organisations de la société civile : acteurs économiques venant du monde agricole, de la pêche ou du commerce équitable, acteurs scientifiques, acteurs citoyens issus de la consommation responsable, de l'action sociale, de la santé humaine, du bien-être animal, de la protection de l'environnement et du climat, du monde étudiant et de la solidarité internationale.



Signataires : Action contre la Faim / ActionAid France / Agir Pour l'Environnement /Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières / Amis de la Terre France / Association française des Diététiciens Nutritionnistes / Association Max Havelaar France / Attac France / BLOOM / CCFD-Terre Solidaire / CIWF France / CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) / Comité français pour la solidarité internationale / Confédération paysanne / Coordination SUD / CRID / Criigen / Eau et Rivières de Bretagne / Fédération Artisans du Monde / Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (FADEAR) / Fédération Nationale d’Agriculture Biologique / Fermes d'Avenir / Filière Paysanne / Fondation pour la Nature et l’Homme / Foodwatch France / France Nature Environnement / Générations Futures / Greenpeace France / Ingénieurs Sans Frontières AgriSTA (Agricultures et Souveraineté Alimentaire) / IUFN (International Urban Food Network) / LPO / Miramap (Mouvement interrégional des AMAP) / Mouvement de l'Agriculture Bio-Dynamique / Nature et Progrès / OGM dangers / Oxfam France / Commerce Equitable France / Plateforme pour une petite pêche / REFEDD (REseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) / RENETA (Réseau National des Espaces-Test Agricoles) / Réseau Action Climat / Réseau CIVAM / Réseau Cocagne / Réseau Environnement Santé / RESOLIS / Secours Catholique - Caritas France / SOL / Syndicat National d'Apiculture / Terre & Humanisme / Terre de Liens / UFC-Que Choisir / Union Nationale de l’Apiculture Française / WECF France / WWF France.
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Pour la mise en place du logo officiel Nutri-Score Halte aux manoeuvres de brouillages de certains industriels de l agro-alimentaire
La France possède donc aujourd’hui un logo nutritionnel officiel destiné à être mis en place sur la face avant des emballages des aliments avec un double objectif :
1. mieux informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des aliments et leur permettre de les comparer entre eux et,
2. inciter les industriels à améliorer la composition de leurs produits.

Le choix du logo a été fait par le gouvernement et validé par l’Europe sur la base des travaux scientifiques reconnus. Le bureau Europe de l’Organisation mondiale de la Santé s’est félicité de cette initiative, et a salué le fait que « la France a très largement fondé sa décision sur les données probantes disponibles à ce sujet ».

Avec Nutri-Score, la France dispose donc d’un outil de santé publique qui, en cohérence avec d’autres mesures de santé publique, doit permettre d’avoir une efficacité sur l’état nutritionnel et la santé de nos concitoyens.

Nous, citoyens, consommateurs, scientifiques, sociétés savantes représentant différentes disciplines de la santé, associations de consommateurs, d’usagers et de patients, concernés par l’importance de la qualité nutritionnelle des aliments :

1. apportons notre total soutien à la mise en place de cette mesure de santé publique utile aux consommateurs, que certains industriels agro-alimentaires et certains distributeurs se sont déjà engagés à appliquer ;

2. appelons tous les acteurs du secteur agro-alimentaire, fabricants et distributeurs, à s’engager à apposer dans les plus brefs délais le Nutri-Score sur les emballages de leurs aliments ;

3. condamnons avec force toutes les tentatives de brouillage de cette intitiative, en particulier la position de grandes multinationales (Nestlé, Coca-Cola, PepsiCo, Mars, Mondelez et Unilver) qui refusent le Nutri-Score et appellent, notamment en France via la Fédération des produits de l’épicerie et de la nutrition spécialisée Alliance

7. à utiliser un autre système, basé sur une approche par portions, beaucoup moins claire pour les consommateurs et source de confusion ;

4. invitons tous les citoyens à signer la pétition « Oui au Nutri-Score sur nos aliments. Non aux menaces de brouillages de certains industriels »

Nous soutenons l’élargissement de l’utilisation du Nutri-Score à l’échelle européenne. Un tel logo, qui apporte une information facilement appropriable sur la qualité nutritionnelle des aliments et permet à chacun de prendre des décisions éclairées sur son alimentation, devrait être rendu obligatoire en Europe.

Liste des organisations signataires (par ordre alphabétique)
1. Association CLCV : Consommation, Logement et Cadre de Vie
2. Association des chercheurs en activités physiques et sportives (ACAPS)
3. Association des épidémiologistes de terrain (EPITER)
4. Association des Médecins Inspecteurs et autres médecins de Santé Publique (AMISP)
5. Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
6. Association Française des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN)
7. Association Francophone en Activité Physique Adaptée (AFAPA)
8. Association Nationale des Puéricultrices (teurs) Diplômé(e)s et des Etudiants (ANPDE)
9. Association nationale pour la prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA)
10. Association pour la prise en charge et la prévention de l'obésité en pédiatrie (APOP)
11. Chaire prévention des cancers de l'EHESP
12. Collège de liaison des internes de santé publique (CLISP)
13. Collège universitaire des enseignants de santé publique (CUESP)
14. Fédération Addiction
15. Fédération nationale d’éducation et de promotion de la santé (FNES)
16. Fédération régionale des acteurs en promotion de la santé (FRAPS)Centre Val de Loire
17. Foodwatch France
18. Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé (IREPS) Nouvelle Aquitaine
19. Ligue Nationale Contre le Cancer (LNCC)
20. Réseau de prévention et de prise en charge de l’obésité en pédiatrie d’Aquitaine (RéPPOP)
21. Société Française de Santé Publique (SFSP)
22. Société Francophone du Diabète (SFD)
23. Société Régionale de Santé Publique Centre-Val de Loire
24. Société Régionale de Santé Publique Occitanie
25. Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle et Infantile (SNMPMI)
26. UFC-Que Choisir




ANNEXE : Lettre d'engagement envoyée par Alliance 7 (Fédération des produits de l'épicerie et de la nutrition spécialisée regroupant les industriels de la confiserie, des biscuits, des céréales de petit-déjeuner, du chocolat, des produits de snacking...).




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Viande Du bœuf contaminé vendu au rabais aux industriels
Chaque année en France, 8 000 bêtes (soit 3 000 tonnes de viande) sont testées positives à la tuberculose bovine, abattues et néanmoins mises dans le circuit alimentaire. Une information révélée cette semaine par le Canard enchaîné suite à une indiscrétion de la Direction générale de l'alimentation (DGAL), qui supervise les contrôles vétérinaires en abattoir.

Depuis 2004, la réglementation européenne prévoit en effet que lorsqu’une lésion tuberculeuse est détectée en abattoir dans un seul organe ou partie de la carcasse, « seul ce dernier est déclaré impropre à la consommation ». Tout le reste peut donc être commercialisé et la curée à bas coût peut commencer.
Viande au rabais et profits industriels

En effet, les animaux testés positifs à la maladie sont retirés des troupeaux et abattus afin d'éviter d'autres contaminations, moyennant une compensation de l'État à l'éleveur. Un dédommagement prétexte pour les négociants à un rachat de la viande au rabais. Selon le Canard enchaîné, le kilo de carcasse de bœuf tomberait alors de 3,5 à 1,5 €. Parmi les industriels pointés du doigt : le groupe Bigard qui, selon le journal satirique, profiterait largement du filon du bœuf souffreteux.

Si la Confédération française de la boucherie, charcuterie, traiteurs (CFBCT) et l’Interprofession de viande bovine française (Interbev) se gardent pour l’heure de commentaires sur ce sujet sulfureux, d’autres langues se délient. Pour Jean-Christophe Prosper, grossiste en viande à Rungis (94) et artisan-boucher, « cela n’a rien d’étonnant dans la mesure où Bigard tire la majorité de ses bénéfices de ses hachés de viande, qui sont le premier mode de consommation de viande en France. Il tire les prix vers le bas en se fournissant en viande de basse qualité et en premier lieu en animaux dépréciés, que ce soit pour leurs défauts physiques – mauvaise constitution, blessure – ou pour cause de maladie ». Le boucher rappelle que si ces bêtes sont certifiées par les services sanitaires, elles ne sont pas valorisables pour la boucherie classique mais constituent une véritable manne pour les fabricants de haché à destination de la grande distribution ou de la restauration collective.

Recrudescence de la maladie

Si la tuberculose bovine, maladie bactérienne transmissible à l’homme, avait quasiment disparu de France en 2001, on assiste depuis 2004 à une forte recrudescence de la maladie chez les bovins, notamment en Côte-d’Or et en Dordogne, probablement liée à une contamination par la faune sauvage (blaireaux et sangliers). Quant au risque de transmission de l'animal à l'homme, il est jugé très faible mais pas nul. S’il concerne avant tout les éleveurs et vétérinaires au contact des animaux, des cas de contamination bactérienne du lait cru ou de la viande crue sont évoqués par la littérature scientifique, toutefois sans que des cas récents soient mentionnés.

L’étiquetage se fait porter pâle

Cette affaire a de quoi émousser encore davantage la confiance du consommateur en la traçabilité de la viande. Rappelons qu’en 2013, le Sunday Times (1) révélait des pratiques similaires en Angleterre, où une agence vétérinaire publique vendait carrément elle-même, en toute légalité, des carcasses d’animaux tuberculeux à des abattoirs qui les destinaient au Vieux Continent et notamment à la France ! Dans un cas comme dans l’autre, on peut déplorer qu’il ne soit jamais fait mention sur l’étiquetage des causes de l’abattage de l’animal.

Notes
(1) https://www.thetimes.co.uk/article/french-get-a-taste-of-our-tb-rosbif-h0wfrkb79d3 (article payant).
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Marie-Noëlle Delaby


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Fruits et légumes bio: Les sur-marges de la grande distribution
Un panier de fruits et légumes bio 79 % plus cher que son équivalent en produits conventionnels
Le prix élevé des fruits et légumes bio constitue un frein pour les consommateurs, rédhibitoire pour les plus modestes. En effet, notre étude identifie que le prix d’une consommation annuelle en fruits et en légumes exclusivement bio pour un ménage français revient en moyenne à 660 €, contre 368 € pour les équivalents en conventionnel, soit 79 % plus cher. Si les coûts de production sont plus élevés en bio qu’en agriculture conventionnelle (rendements plus faibles, main-d’œuvre relativement plus importante, coûts des contrôles et de la certification…), ceci n’explique qu’à peine la moitié du surcoût payé par les consommateurs.
Des tarifs prohibitifs s’expliquant par les marges exorbitantes de la grande distribution
46 % du surcoût du bio provient en réalité des ‘sur-marges’ réalisées sur le bio par les grandes surfaces : en moyenne les marges brutes sur les fruits et légumes sont deux fois plus élevées (+ 96 %) en bio qu’en conventionnel. Cet écart de marge est encore plus spectaculaire pour les deux produits frais les plus consommés du rayon : + 145 % pour la tomate et + 163 % pour la pomme ! Au global, la stratégie de marge de la grande distribution – à la justification économique obscure – aboutit à renchérir de 135 € le panier bio annuel d’un ménage. Autrement dit, seulement la moitié du surcoût du bio payé par le consommateur va à la production, le reste étant capté par la distribution en sur-marges.



Une politique de marge contreproductive qui réduit l’accès au bio et pénalise son développement
Ces marges brutes excessives sont non seulement un frein rédhibitoire à l’accès au bio pour de nombreux consommateurs, mais sont en plus économiquement aberrantes pour tous les acteurs de la chaîne. Notre étude montre qu’en baissant seulement de moitié sa sur-marge sur le bio, la grande distribution permettrait aux ménages consommant du bio de réaliser une économie annuelle pouvant aller jusqu’à 72 €. Cette baisse, en enclenchant un cercle vertueux élargissant l’accès au bio à de nouveaux consommateurs, permettrait aisément à la grande distribution de conserver sa marge brute totale sur le rayon fruits et légumes1. Ce développement du marché bio serait qui plus est bénéfique pour les producteurs en leur offrant davantage de débouchés.

Une offre bio indigente
L’enquête réalisée par les bénévoles de l’UFC-Que Choisir dans 1 541 magasins met en lumière l’indigence de l’offre pour les deux fruits et légumes frais privilégiés par les consommateurs : les tomates et les pommes. Dans près d’un cas sur deux (43 %), il est impossible de trouver à la fois des pommes et des tomates bio dans un même magasin. Pire, 23 % des magasins ne proposent aucun de ces deux produits en version bio. Magasin U est l’enseigne pour laquelle l’offre bio en tomates et en pommes est la moins étoffée, suivie par Intermarché et Monoprix.



La situation n’est pas pour autant réjouissante dans les magasins qui commercialisent ces fruits. En effet, nos enquêteurs ont constaté que lorsque des tomates bio étaient commercialisées, dans près d’un cas sur quatre les casiers étaient vides (7 %) ou aux trois quarts vides (16 %) ! Concernant les pommes, seulement deux variétés sont proposées en moyenne en bio, contre 8 en conventionnel.


Au vu de la convergence de l’intérêt sanitaire et environnemental du bio, l’UFC-Que Choisir, soucieuse de permettre à plus de consommateurs d’accéder aux produits de l’agriculture biologique, exige que la grande distribution fasse preuve d’une réelle cohérence entre certains de ses slogans commerciaux sur le bio et ses pratiques en termes de tarification et de disponibilité des produits bio, et demande à l’Observatoire de la formation des prix et des marges d’étudier la construction des prix dans les magasins de la grande distribution pour les principaux produits d’agriculture biologique, et de faire toute la transparence sur les marges nettes réalisées par produit pour chaque enseigne.

Consultez l'étude :
Produits bio en grandes surfaces

Notes
1 Sur la base de l’hypothèse d’un doublement de la part de marché du bio en volume à 5,6 % contre 2,8 % actuellement.
Que Choisir en Ligne


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Œufs contaminés: Une première liste des produits concernés publiée
Plus de deux semaines après la révélation de la contamination dans plusieurs pays de l’Union européenne d’œufs et de viandes de volailles par un produit antipoux utilisé de manière frauduleuse, le fipronil, le ministère de l'Agriculture a publié jeudi une première liste de produits commercialisés en France et contenant des traces de fipronil.

Le site du ministère a prévu de mettre à jour, de manière évolutive, deux listes : la première comprend les produits retirés de la vente en France et la seconde, les produits retirés de la vente et faisant en plus l’objet d’une mesure de rappel auprès des consommateurs.

Pour l’instant, la seconde liste est vide. Seuls des produits retirés de la vente car leur niveau de fipronil dépasse la « limite maximale de résidus » (LMR ; soit 0,005 mg/kg de produit) ont été mis en ligne. « Bien que ne présentant pas de risque pour la santé, ils sont listés […] dans un souci d'information du consommateur », précise le ministère.

Il s’agit pour l’instant exclusivement de gaufres industrielles (voir encadré). « Les produits figurant sur cette liste ont été identifiés par des contrôles menés par des entreprises néerlandaises. Ces produits non conformes ont été immédiatement retirés de la vente, en France, par les distributeurs concernés. Les niveaux de fipronil constatés dans les produits concernés ne présentent pas de risque pour le consommateur au regard des références scientifiques », précise le ministère.

Déjà le 11 août, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait conclu à un risque très faible pour la santé humaine « au vu des niveaux de fipronil constatés dans les œufs contaminés et au vu des habitudes françaises de consommation alimentaire ». Reste que l’Anses n’a émis un avis qui ne concerne que la toxicité des produits : son potentiel impact en tant que perturbateur endocrinien n’a pas encore été défini. Malgré cet avis rassurant, nous conseillons donc de ne pas consommer les produits concernés, en particulier les enfants et les femmes enceintes.

En Belgique, des œufs contaminés en septembre 2016

Par ailleurs, la polémique enfle alors que l’affaire s’étend en Europe et en Asie et touche désormais 18 pays. De plus, les autorités belges ont découvert un échantillon d'œufs contaminés au fipronil remontant à septembre 2016, a annoncé ce jeudi l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Puis, « de janvier à mai 2017, nous avons pu retrouver des traces de fipronil dans 10 de 35 échantillons », a-t-elle ajouté.

Autant de développements qui mettent une fois de plus en avant la nécessité d’une meilleure traçabilité des produits alimentaires, réclamée depuis des années par l'UFC-Que Choisir, ainsi qu’une meilleure coopération européenne dans ce domaine. Il est en effet incompréhensible que la Belgique ait tant tardé à alerter ses voisins, dont la France, de cette contamination découverte en juin. L’UFC-Que Choisir regrette également le manque de recommandations pratiques pour les consommateurs. En outre, ceux-ci n'ayant pas à assumer le coût d’une vente non conforme, l'UFC-Que Choisir demande aux distributeurs de rembourser les consommateurs qui voudraient rapporter leur produit, même en l’absence de rappel.

Liste des produits contaminés au fipronil retirés de la vente en France (à jour au 25/08/2017)

(Dénomination du produit/Marque/Origine/Lots/Date de mise sur le marché)

BROWNIE INDIVIDUEL CHOCOLAT ET PEPITES 240G MARQUE REPERE BE 28-juin
BROWNIE A PARTAGER CHOCOLAT PEPITES 285G MARQUE REPERE BE 7177 DDM : 27/09/17 29-juin
MUFFINS PEPITES CHOCOLAT NOIR 4X75G MARQUE REPERE BE 7179 DDM : 07/09/17 03-juil.
Muffins Vanille pépites chocolat 4x75g Leader Price BE 7178 DDM : 01/09/17 pas d'infos
Muffins chocolat pépites chocolat 4x75g Leader Price BE 7178 DDM : 01/09/17 pas d'infos
Muffins Vanille pépites chocolat fourrés noisette 4x75g Leader Price BE 7178 DDM : 01/09/17 et 30/08/17 pas d'infos
Muffins Vanille fourrés myrtilles 4x75g Leader Price BE 7178 DDM : 30/08/17 pas d'infos
Pommes Dauphine U - Sachet de 1kg U BE lot D3 70432352 DDM 11/02/2019 pas d'infos
Mini torsades 7 oeufs 250 g Marque Grand-mère Matière première (NL)Pâtes de fabrication françaises H 27.06.2020 XX :XX/4A et 4B 17-juil
Nids 4 mm 7 oeufs 500g Marque Grand-mère Matière première (NL) Pâtes de fabrication françaises H 08.06.2020 XX:XX/6A et 6B H 09.06.2020 XX :XX /6A et 6B 17-juil
Nids 4 mm 7 oeufs Format 250g Marque Grand mère Matière première (NL) Pâtes de fabrication françaises H 21.06.2020 17:10:6A et 6B à H 21.06.2020 21:00/6A et 6B 17-juil
Nids 4 mm 7 oeufs Format 250g Marque Nos régions ont du talent Matière première (NL )Pâtes de fabrication françaises H22.06.2020 05:00/ 6Aet 6B à H22.06.2020 11:35/ 6A et 6B 17-juil
8 mini gaufres 165g Les Trouvailles de Luciles NL DLUO 21/09 27-juil
Frangipane 208g LOTUS BE 041017B de DDM 04/10/17 03-août
Mini frangipane 260g LOTUS BE DDM 12/09/17 - DDM 05/10/17 - DDM 06/10/17 - DDM 05/10/17 07-juil
4 gaufres 165g le prix gagnant LEADER PRICE NL DLC 17/08 - 24/08 - 31/08 - 07/09 - 05/10 28-juin
12 mini gaufres 250g LEADER PRICE NL DLC 21/09 01-août
6 gaufres poudrées 260g LEADER PRICE NL DLC 14/09 et 21/09 27-juil
12 mini gaufres 250g FRANPRIX NL DLC 21/09 26-juil
6 gaufres poudrées 260g FRANPRIX NL DLC 14/09 et 21/09 26-juil
6 gaufres flash poudrées 260g SYSTÈME U NL DLC 25/09 et 04/10 01-août
6 gaufres patissières 250g SYSTÈME U NL DLC 31/08 - 07/09 - 25/09 - 05/10 05-juil
Gaufres moelleuses poudrées 260g MONOPRIX NL 24/08 et 31/08 12-juil
Mini gaufres molles poudrées 208g MONOPRIX NL DLC 29/09 - 18/08 - 25/08 – 01/09 - 21/09 23-juin
6 gaufres flash poudrées 260g CASINO NL 17/08 - 27/09
Gaufres flash tous les jours 165g CASINO NL 17/08 - 18/08 - 04/10
gaufres molles CHABRIOR 345 g (ITM) NL DLC 29/09- 12/10- 13/10 20-juil
gaufres molles NETTO 260 g (ITM) NL DLC 29/09- 12/10 20-juil
gaufres molles TOP BUDGET 250 g (ITM) NL DLC 29/09 - 13/10 20-juil
6 gaufres poudrées 260g MARQUE REPERE - P’TIT DELI (Leclerc) NL DLC 31/08 - 07/09 - 14/09 - 21/09 - 25/09 -06/10 28-juin
12 gaufres aux oeufs frais 250G ECO + (Leclerc) NL DLC 02/09 - 22/09 28-juin
Gaufres poudrées aux oeufs frais (4x26g) CARREFOUR NL DLC 18/8 - 25/8 - 22/09 11/08 - 17/07 - 29/07

Note:
La liste mise à jour est à consulter sur le site du ministère: http://agriculture.gouv.fr/fipronil-liste-des-produits-retires-de-la-vente-en-france
Que Choisir en Ligne
Morgan Bourven


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États Généraux de l’Alimentation: L’UFC-Que Choisir veillera aux intérêts des consommateurs
L’annonce des États Généraux de l’Alimentation, faite par le candidat Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, laissait présager des réorientations décisives en faveur d’une alimentation plus saine et d’une agriculture plus durable. Mais la déception a été à la hauteur des attentes, au vu du programme de travail transmis début juillet à la société civile. Sur les 14 groupes de travail prévus, pas moins de 9 sont relatifs aux problèmes économiques des agriculteurs et des filières, 4 à l'alimentation et seulement un à l'environnement ! Rien de concret n'est dit ou presque sur les impacts négatifs des activités agricoles sur l’environnement, les ressources aquatiques et la santé, sur la qualité des aliments ou sur la loyauté des informations fournies au consommateur. Ce sont en fait les demandes traditionnelles des syndicats professionnels, notamment agricoles, qui structurent le document :

- La réglementation environnementale oubliée : bien que les aides de la Politique Agricole Commune soient -en théorie- conditionnées au respect de la réglementation environnementale, la protection des milieux naturels est surtout vue à travers le prisme des agriculteurs avec, par exemple, la proposition de rémunérations supplémentaires pour les ‘services environnementaux’ de l’agriculture.

- L’impasse sur les perturbateurs endocriniens : alors que les perturbateurs endocriniens sont au cœur des débats actuels en France et en Europe, ceux-ci ne sont pas une seule fois mentionnés dans le projet !

- Rien sur la transparence des prix : si l’on ne peut que s’accorder sur une juste rémunération des agriculteurs face au déséquilibre manifeste régnant dans les négociations commerciales, on ne voit nulle mention en revanche de la transparence dans la construction des prix payés par les consommateurs.

- Le consommateur bouc émissaire de la malbouffe : en matière de déséquilibres alimentaires, la responsabilité de l’industrie agro-alimentaire et de son marketing sont scandaleusement passés sous silence, ces problèmes étant abordés sous l’angle de la responsabilité des consommateurs.


Refusant que ces États Généraux soient une occasion manquée d’aborder l’alimentation dans toutes ses dimensions, l’UFC-Que Choisir a transmis au Ministère de l’Agriculture de nombreuses demandes de modifications au projet initial, comme la plupart des autres acteurs de la société civile. Au vu de ces très nombreuses amendements, l’Administration nous a indiqué avoir renoncé à l’idée de rédiger une trame pour les ateliers, les axes de travail devant être arrêtés pour chacun d’entre eux lors des premières réunions. C’est donc sans fil conducteur prédéfini que sont censés s’engager les débats de ces États Généraux, au risque que l’intérêt des consommateurs passe à la trappe.

Compte tenu des enjeux consuméristes, sanitaires et environnementaux, l’UFC-Que Choisir participera aux débats des États Généraux de l’Alimentation, mais conditionnera son maintien dans les ateliers à la réelle prise en compte du point de vue des consommateurs, notamment :
- Le respect des réglementations environnementales existantes, avec l’application du principe pollueur-payeur, une réelle incitation à limiter l’utilisation des pesticides et des engrais et la protection des milieux naturels ;

- La transparence des prix payés par les consommateurs et la garantie d’une concurrence effective au sein de la grande distribution ;

- La réaffirmation du principe de précaution et la prise en compte des perturbateurs endocriniens dans les procédures d’autorisation des pesticides et des molécules de synthèse ;

- La diminution des quantités de gras, de sucre et de sel dans les produits alimentaires et la moralisation du marketing à destination des enfants ;

- La relance d'une politique de produits de qualité.

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