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Association Locale de l'Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir


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Étiquetage nutritionnel: Les surprises du code couleur
Des dizaines de données chiffrées, des abréviations compréhensibles des seuls initiés, des pourcentages dont on se demande à quoi ils se réfèrent : les tableaux de composition nutritionnelle présents sur les emballages alimentaires sont inexploitables par les consommateurs. Conscients qu’une alimentation équilibrée conditionne leur état de santé, ils sont pourtant demandeurs d’informations précises. C’est à leurs yeux un des principaux points sur lesquels devraient porter les efforts des industriels (1). Dans ce contexte, un code couleur résumant de façon simple les caractéristiques nutritionnelles des produits a été proposé dans un rapport remis fin 2013 au ministère de la Santé par le professeur Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (PNNS). Des pastilles allant du vert pour les produits les plus recommandables au rouge pour ceux de moins bonne qualité nutritionnelle, en passant par le jaune, l’orange et le rose seraient apposées sur la face avant des emballages. Ce système que soutiennent de nombreux scientifiques et associations dont l’UFC-Que Choisir permettrait aux consommateurs de se faire une idée plus précise de la valeur nutritionnelle des produits, parfois présentée sous des dehors trop flatteurs sur les emballages, mais aussi de comparer facilement deux produits de la même famille. C’est ce que nous avons constaté en passant 300 produits au crible de ce code couleur.

La réglementation européenne ne permet pas d’imposer l’utilisation d’un étiquetage nutritionnel simplifié, quel qu’il soit, aux industriels. Mais la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré qu’un système serait prochainement proposé et qu’il serait le même pour tous. Celui-ci est opérationnel, il serait dommage de s’en priver.
Quelques exemples révélateurs de l’utilité du code couleur

muffins Carrefour et Pasquier

Ces deux muffins a priori équivalents méritent l’un une pastille verte, l’autre une rose. Le Pasquier est beaucoup plus gras, sucré et salé que son concurrent de chez Carrefour.

Fleury Michon petit salé et lieu beurre blanc

Réputé roboratif, le petit salé affiche une pastille verte tandis que le lieu aux petits légumes, image typique du plat minceur, est noté jaune. Il contient beaucoup plus d’acides gras saturés et beaucoup moins de fibres.

BN goût chocolat céréales complètes et cake Vandame

« Céréales complètes », « 36 % de fruits » : en dépit des allégations flatteuses, c’est une pastille rouge qui reflète la qualité nutritionnelle réelle de ces produits.

Rillettes thon U et tarama U

Entre deux produits de la mer à tartiner, on passe d’un extrême à l’autre. Ces rillettes sont riches en thon, ce tarama, deux fois plus salé, l’est surtout en huile.


Consultez notre comparateur des tarifs des supermarchés pour trouver le magasin le moins cher près de chez vous.
Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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Etiquetage de la viande en Europe: La démocratie pourra-t-elle jouer son rôle?
Hier après-midi, à une écrasante majorité (plus des deux tiers excusez du peu !), le Parlement européen a voté une résolution demandant à la Commission européenne de se remettre à l’ouvrage législatif sur l’étiquetage de l’origine de la viande. Deux ans après le scandale des lasagnes de cheval, un an après l’étude de l’UFC-Que Choisir démontrant le surcoût minime que représenterait l’étiquetage de l’origine (seulement 1,5 centime d’euros pour une boîte de lasagnes), les députés européens ont réaffirmé ce droit fondamental des consommateurs : celui d’être informés.

La Commission va-t-elle encore longtemps rester sourde à cette attente des consommateurs en Europe, appuyée par le BEUC, organisation européenne regroupant plus de 40 organisations de consommateurs, et dorénavant relayée par l’instance démocratique parlementaire de l’Europe ? J’entends bien rappeler à Vytenis ANDRIUKAITIS, Commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire que je rencontre à la fin du mois, qu’en France, depuis la Loi « Hamon », tout est prêt pour la mise en place de cet étiquetage… pour peu que la Commission Européenne ne l’empêche pas.

Alors Messieurs de la Commission, à vous de sortir de votre autisme et d’arrêter de n’avoir une oreille attentive que pour les allégations fantaisistes des industriels plutôt qu’à une attente sociétale majeure se rapportant à la nourriture que ces mêmes industriels mettent sur le marché. Les consommateurs ont le droit de savoir ce qu’on leur propose d’avaler.
Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir
Alain Bazot


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Soldes: Des règles spécifiques à partir de cette année
Les périodes des soldes sont devenues un moment incontournable pour faire des achats tout en réalisant des économies, parfois substantielles. Mais même pendant les soldes, la réglementation s’applique.

PĂ©riode des soldes

Les soldes d’hiver (deuxième mercredi de janvier), comme celles d’été (dernier mercredi de juin), commencent à la même date et durent 6 semaines (du 7 janvier au 17 février et du 24 juin au 4 août) sur tout le territoire, hormis quelques exceptions liées à des particularités locales.

Depuis cette année, les commerçants ne peuvent plus pratiquer de soldes complémentaires, quand ils le souhaitent, pendant deux fois une semaine ou une fois deux semaines au cours de l’année (soldes flottants).

En dehors des soldes saisonniers, le mot « solde » ne peut pas être utilisé. Les commerçants peuvent en revanche procéder à des promotions, déstockages ou autres liquidations.

Articles soldés

Les soldes ne peuvent porter que sur des articles déjà proposés à la vente et payés par le commerçant depuis au moins 30 jours. Outre le prix réduit affiché, le prix de référence avant les soldes doit être indiqué. Si vous procédez à des repérages avant les soldes, vous pouvez vous-même vérifier que le rabais porte bien sur le prix initial et non pas sur un prix artificiellement gonflé.

La réduction peut être faite par escompte à la caisse, cette modalité doit alors faire l’objet d’une publicité et l’avantage annoncé s’entend par rapport au prix de référence (- 30 % sur les étiquettes jaunes, - 50 % sur les vertes, etc.). Un commerçant peut ne solder qu’une partie de ses produits, mais il doit l'indiquer clairement (par exemple avec un panneau « Nouvelle collection non soldée »). Il lui est en tout cas interdit d’acheter des produits pour les vendre exclusivement pendant la période des soldes ou de se réapprovisionner.

Garantie pendant les soldes

Que l’article soit soldé ou non, les règles en matière de garantie sont les mêmes : le commerçant est tenu d’échanger ou de rembourser un article en cas de vice caché (défaut de fabrication…). Tout article soldé est également couvert par la garantie légale de conformité (la puissance du four n’est pas celle promise, le téléviseur ne capte pas les chaînes de la TNT…) : le vendeur doit entièrement répondre des défauts de conformité existant lors de la remise du produit et qui sont présumés exister à ce moment-là s’ils apparaissent dans les six mois suivant.
Mais si l’article ne convient pas ou plus (problème de taille, de choix de la couleur), le commerçant n’est pas obligé de l’échanger ou de le rembourser. Il peut accepter de le faire à titre commercial uniquement (sauf publicité contraire comme par exemple un panneau « Échange ou remboursement possible même pendant les soldes »). Il est donc fortement conseillé d’essayer les articles (même si parfois trouver une cabine disponible dans certains magasins relève de l’exploit) avant l’achat.

Les soldes en ligne

La réglementation des soldes sur Internet est exactement la même que celle pratiquée en magasin. La principale différence tient au fait qu’il s’agit de vente à distance, les clients disposent donc d’un délai de rétractation de 14 jours à partir du jour de réception de l’article. Le client pourra ainsi échanger son article ou être remboursé, sans pénalité et sans avoir à justifier sa décision.
Que Choisir en Ligne
Franck Attia


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Galettes des Rois: Qui se partage le gâteau ?
La galette des Rois, les Français en raffolent. L’année dernière, ils en auraient dégusté 32 millions ! Le jour de L’Épiphanie, bien sûr, mais pas seulement. À peine les bûches disparues des vitrines des boulangeries-pâtisseries, c’est au tour des galettes à la crème d’amandes et autre frangipane de tenir la vedette dans les rayons pendant quatre bonnes semaines. Déconnecté de sa dimension religieuse, le gâteau des Rois est devenu une occasion de se réunir en famille, entre amis, et même en entreprise où les dirigeants en profitent pour présenter leurs vœux. Même l’Élysée ne déroge pas à la règle. « Il n’est pas rare d’en manger quatre ou cinq fois dans le mois », assure Dominique Anract, le président de la Chambre professionnelle des artisans boulangers-pâtissiers de Paris (CPABP).

Produit artisanal contre industriel

Mais il y a galettes et galettes : celles produites industriellement et que l’on retrouve à prix cassés dans la grande distribution, et celles des artisans boulangers-pâtissiers qui coûtent souvent la peau du dos. Selon une étude réalisée l’an dernier par Frédéric Adida, conseil en marketing spécialisé en pâtisserie, les tarifs s’échelonnent de 3 € la part à plus de 6 €, voire 8 € dans les grandes maisons parisiennes (Dalloyau, Lenôtre, La Maison du chocolat, Pierre Hermé…) contre moins de 1 € en grandes surfaces. Certes, les galettes ne sont pas les mêmes. « Comparer la mienne avec un produit industriel, c’est comme comparer du gros rouge à la tireuse avec un romanée-conti », s’insurge Jacques Génin, pâtissier et chocolatier hors pair à Paris. Pour justifier des tarifs parfois prohibitifs, les artisans mettent en avant le prix des bonnes matières premières : pâte feuilletée au beurre frais, AOP Charentes-Poitou de préférence, et farine sélectionnée chez un excellent meunier, amandes issues à 100 % du fruit de l’amandier, etc. (voir encadré). « Dans les galettes industrielles, on remplace souvent les amandes issues du fruit de l’amandier par des amandes d’abricot ou de pêche. Pour serrer les coûts, on ajoute des agents de charge, comme de la chapelure dans le fourrage, ou on force sur le sucre. On met plus de farine et d’eau dans la pâte pour diminuer le beurre », affirme Pierre Mirgalet, président de la Confédération des artisans pâtissiers de France. Mais c’est essentiellement le coût de la main-d’œuvre, lié à sa durée de fabrication, qui joue sur le prix de la galette. En effet, il faut trois jours pour faire une galette dans les règles de l’art. Car entre chaque manipulation (pétrissage de la pâte, feuilletage, découpe des deux abaisses et fourrage, quadrillage et dorure au jaune d’œuf, cuisson), s’intercalent des temps de repos de la pâte. « En coût matière, sans compter la totalité des frais fixes, et en fonction des tailles, on est entre 6 et 10 € sur une galette aux amandes de bonne qualité », indique Gontran Cherrier, boulanger-pâtissier parisien qui vend ses galettes de 15,20 € (4-5 personnes) à 30,40 € (8-10 personnes).

300 références de galettes surgelées

En période de fêtes et pour un achat exceptionnel, les clients sont plutôt enclins à mettre le prix pour une galette « faite maison ». Mais peut-on se fier aux produits des artisans boulangers et pâtissiers sans risque de tromperie sur la marchandise ? En 2012, le célèbre boulanger Jean-Luc Poujauran jetait un pavé dans la mare en affirmant, dans l’hebdomadaire Challenges, que 80 % des galettes vendues à prix d’or dans les boulangeries-pâtisseries parisiennes étaient des produits industriels surgelés que les artisans se contentaient de faire cuire. Bien qu’il ait modéré ses propos quelques jours plus tard sur une grande station de radio privée, sans doute après s’être fait taper sur les doigts par ses confrères, le doute demeure. Malheureusement, contrairement au pain qui, selon la loi, doit être pétri et cuit sur le lieu de vente, rien n’interdit au boulanger d’acheter ses pâtisseries congelées ou de recourir à des préparations industrielles. Nulle obligation non plus d’informer les clients sur l’origine des produits. Un créneau que les industriels ont largement investi en proposant une large gamme de « prêt à cuire » tant en pâtisserie qu’en viennoiserie ou, bien sûr, en galettes des Rois ! Ainsi, le leader du secteur, le groupe belge Panavi-Vandemoortele, propose 300 références de galettes surgelées. « Nous produisons chaque année 15 millions de galettes des Rois et approvisionnons 70 % de la grande distribution », déclare Antoine de Saint-Cyr, le directeur du site de Torcé, en Ille-et-Vilaine, la plus grande usine mondiale de fabrication de galettes des Rois. Rapidité, flexibilité et régularité de la qualité sont les maîtres mots de l’argumentaire du géant de l’agroalimentaire. De quoi séduire des artisans fatigués de travailler 14 heures par jour.

Les consommateurs veulent savoir

Pourtant, selon Frédéric Adida, consultant en marketing pâtisserie, l’impact des produits industriels reste limité dans le cas des galettes. « Contrairement aux viennoiseries, qu’il peut être tentant de sous-traiter car la marge est faible alors qu’elles sont longues et difficiles à fabriquer, les boulangers-pâtissiers ont tout intérêt à faire leurs galettes eux-mêmes. Ce produit est la signature du savoir-faire de l’artisan, une occasion de se distinguer de ses concurrents. Si sa galette est bonne, il peut fidéliser ses clients pour toute l’année. » Sans doute, mais combien d’entre eux suivent encore cette logique ? Impossible de le savoir faute d’enquêtes fiables. Car, sur ce marché, l’industrie et l’artisanat s’efforcent de tirer la couverture à eux. Selon Philippe Godard, de la Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie industrielles, « on peut estimer que quatre galettes sur cinq sont fabriquées par l’industrie. On les retrouve dans tous les circuits de distribution, y compris chez les artisans. » De son côté, la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française (CNBPF), qui représente environ la moitié des 30 000 boulangers de l’Hexagone, admet que le phénomène existe mais estime qu’il reste marginal. « La plupart des boulangers réalisent eux-mêmes leurs galettes, même si certains artisans peuvent céder à la facilité », affirme Hervé Benoist-Gironière, responsable de la formation à la CNBPF. On n’en saura pas davantage. Consciente du danger que ces moutons noirs représentent pour l’image de la filière, la Confédération des boulangers-pâtissiers planche sur un code des usages de la pâtisserie boulangère. Basé sur le volontariat, il valoriserait les artisans qui font eux-mêmes leurs gâteaux. Mais pas question d’étendre l’appellation « boulangerie » et les contraintes qui en découlent à la pâtisserie. Trop risqué pour la confédération. « On a au moins 25 % des artisans qui ne font pas leurs croissants », avoue Hervé Benoist-Gironière. Dommage, car, de plus en plus, les consommateurs veulent savoir s’ils ont affaire à de simples revendeurs ou à d’authentiques artisans. Faute de transparence, ils risquent de se détourner de produits qu’ils peuvent acheter bien moins cher en grandes surfaces. Avec le risque de voir disparaître tout un pan de notre culture gastronomique.

Reportage dans un salon professionnel : l’art de faire son beurre

Un fournisseur de pâtisserie industrielle pour les artisans, Coup de pâtes, nous a dévoilé ses secrets.


À quoi ressemblent les galettes proposées aux artisans par les industriels ? À quels prix leur sont-elles vendues ? Impossible de le savoir, les principaux distributeurs (Coup de pâtes, Européenne des desserts...) ayant refusé de nous répondre et de nous envoyer leurs catalogues. Face à cette omerta, nous sommes allés au Salon international de l’agroalimentaire (Sial), qui réunit chaque année à Villepinte (93) les acteurs majeurs du secteur, en nous faisant passer pour des clients potentiels sur le point d’ouvrir une pâtisserie. Réalisés en caméra cachée avec une équipe de France 5, qui préparait un reportage sur les bûches de Noël pour l’émission « Le doc du dimanche », les entretiens sont édifiants. Ainsi, Coup de pâtes incite ses clients à exploiter les failles de la réglementation et à tromper les consommateurs sur l’origine de la marchandise.

Le commercial qui nous reçoit sur le stand de Coup de pâtes nous rassure d’emblée : « Nous, c’est vraiment du haut de gamme, on ne vend pas aux supermarchés ! » Et il est vrai que la tarte au citron qu’il nous offre est délicieuse. « Mais n’est-on pas obligé d’informer le client que les gâteaux ne sont pas faits maison ? », lui demande-t-on. « Ah non, pas du tout, c’est bien le principe ! Notre credo, c’est d’être discrets. Donc, on va vous livrer très tôt le matin ou tard le soir, pour que les gens ne sachent pas que vous avez du surgelé chez vous. Ça, c’est vraiment notre truc ! Nos cartons sont blancs, nos camions sont blancs, ça n’est jamais écrit Coup de pâtes », précise-t-il. Et si on s’inquiète du risque de retrouver les mêmes gâteaux dans les pâtisseries voisines, il balaie l’objection : « Il y a tellement de choix dans notre catalogue… Pour vous retrouver avec la même chose que vos concurrents et, surtout, pour que les gens le remarquent, les probabilités sont vraiment faibles. »

C’est le jackpot !

Notre interlocuteur nous promet des gains faramineux sur ses galettes. Car, contrairement à la bûche, dont la période de vente se limite à quelques jours, la pâtisserie de L’Épiphanie a une fenêtre de tir bien plus large. « Autant il faut être raisonnable sur la bûche, autant vous allez vous rattraper sur la galette. Une bonne galette 10/12 parts, vous pouvez la revendre 27 € et vous nous l’achetez 12  € ! » Vérification faite sur le catalogue fournisseur, la galette en question coûte en fait 6,63 € HT. Une opportunité à ne pas manquer de faire son beurre sur le dos des consommateurs !

Reconnaître une galette faite maison

Le « fait maison » n’est pas un gage de qualité absolu, car les professionnels ne sont pas tous consciencieux. Dès lors, comment reconnaître une bonne galette ? Voici quelques points de repère.


Différence galette artisanale - industrielle

L’aspect


Forme, couleur… autant de critères qui entrent en ligne de compte. Privilégiez les galettes avec une belle teinte caramel, un aspect régulier et lisse, sans vagues ni bosses, signes que les abaisses de pâte feuilletée ont été étalées avec soin et que la cuisson a été bien menée.

La beauté du décor (feuilles, dessins, etc.) témoigne également du soin apporté par l’artisan à la réalisation de sa galette. À l’inverse, un rayage standard en damiers, comme on le pratique dans l’industrie, doit éveiller votre méfiance sur la provenance du produit. À fuir aussi, les galettes trop levées pour être honnêtes : la proportion du feuilletage et de la garniture est déséquilibrée. Enfin, prêtez attention aux mentions indiquées sur l’étiquetage : beurre frais, amandes issues du fruit de l’amandier, etc.

La dégustation

C’est le test décisif. Selon Jocelyn Lohézic, boulanger-pâtissier à Paris 17e et gagnant du concours 2014 de la meilleure galette en Île-de-France, « une bonne galette c’est d’abord un feuilletage clair et net. Quand vous la coupez avec un couteau-scie, le feuilletage ne s’émiette pas, signe de sa richesse en beurre. Quant à la garniture, elle doit être généreuse, onctueuse et parfumée. Crème d’amandes (à base d’œufs, de sucre, de beurre et d’amandes) ou frangipane (la même chose additionnée d’un peu de crème pâtissière), c’est une affaire de goût. La crème d’amandes est tout de même un peu plus dense avec un parfum plus prononcé. »

Que Choisir en Ligne
Florence Humbert


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1er janvier 2015: Tout ce qui change
Gaz et électricité

Le prix du gaz aurait dû baisser de 0,6 % ce 1er janvier mais, en réalité, il augmente. Car si le kWh baisse, les taxes, elles, s’accroissent. Au final, la hausse est de +1,8 % sur la facture. Elle s’applique à tous les usagers, qu’ils soient au tarif réglementé ou en prix fixe de marché sur 1, 2 voire 3 ans.
Le prix de l’électricité augmente lui aussi, et là encore, c’est à cause des taxes, en particulier de la CSPE qui passe de 16,50 € à 19,50 € par MWh (soit 1 000 kWh), ce qui conduit à une hausse moyenne de la facture de 2,5 %. Tous les usagers sont concernés, qu’ils soient au tarif réglementé chez EDF ou en prix fixe de marché.

Crédit d’impôt pour les travaux d’économie d’énergie

Le crédit d’impôt de 30 % en vigueur depuis le 1er septembre pour les travaux d’économie d’énergie peut inciter à sauter le pas et à isoler ses combles, changer ses fenêtres pour du double vitrage très performant ou remplacer un système de chauffage obsolète par un équipement à haut rendement. Mais attention, à compter de ce 1er janvier, il faut impérativement faire effectuer les travaux par une entreprise RGE (reconnu garant de l’environnement) pour bénéficier de ce crédit d’impôt pour la transition énergétique. Le site http://renovation-info-service.gouv.fr/ fournit la liste actualisée de tous les professionnels RGE. Si le professionnel ne présente pas son attestation, il vaut mieux vérifier qu’il est effectivement RGE avant de signer le devis. Il serait dommage de se priver de 30 % de crédit d’impôt par négligence ou confiance mal placée.

Gazole : hausse de 4 centimes

Le litre de gazole augmente de 4 centimes en raison de l’ajout de deux taxes : celle qui financera l’abandon de l’écotaxe (2 centimes) et la taxe carbone (2 centimes également) qui ne devait concerner initialement que les camions.


SNCF

La compagnie nationale n’a pas attendu le 1er janvier pour appliquer ses hausses de tarifs, elles sont effectives depuis le 31 décembre. Les tarifs de référence ont ainsi augmenté de 2,6 % pour les TGV, TER et Intercités.

Taxi

Majoration de 1 % des tarifs des taxis, qui sont fixés par arrêté préfectoral. Le montant minimal d’une course passe quant à lui de 6,86 € à 7 €.


Fourrière

Le montant de l’enlèvement passe de 116,56 € à 150 € pour une voiture particulière et de 45,70 € à 49 € pour un deux-roues. Les frais de garde facturés 6,18 € jusqu’à présent pour une voiture grimpent à 29 €, soit 375 % d’augmentation. Pour un deux-roues, le tarif de frais de garde journaliers passera de 3 € à 10 €.


PV : aussitôt verbalisé, aussitôt payé

Selon l’arrêté du 4 décembre 2014, il est désormais possible de payer immédiatement sa contravention constatée par PV électronique à l’agent verbalisateur (policier ou gendarme).


Transports en ĂŽle-de-France

Le prix des transports en commun en Île-de-France augmente de 2,9 % en moyenne. Le ticket à l’unité passe de 1,70 à 1,80 € (+5,8 %), le carnet de 10 tickets augmente de 2,9 % et le Passe Navigo mensuel pour les zones 1 à 2 passe de 67,10 à 70 € (+4,3 %). À noter qu’à partir de septembre 2015, le Passe Navigo à tarif unique (70 € par mois) entrera en vigueur (le Passe Navigo est actuellement vendu de 60,70 à 116,50 € dans une dizaine de zones tarifaires).


Timbres : hausse Ă  deux chiffres

Timbre prioritaire (rouge) : de 0,66 à 0,76 € soit +15 % (de 0,63 à 0,66 € l’année dernière)
Timbre écologique (vert) : de 0,61 à 0,68 € soit +11 % (de 0,58 à 0,61 € l’année dernière)
Timbre économique (gris) : de 0,59 à 0,66 € soit +11 % (de 0,56 à 0,59 € l’année dernière)


Soldes

Après quelques années d’expérience, les règles spécifiques aux soldes évoluent :

Les soldes d’hiver et les soldes d’été vont durer 6 semaines, contre 5 auparavant.
Les soldes flottants sont supprimés (les commerçants pouvaient pratiquer 2 semaines de soldes complémentaires quand ils le souhaitaient).


MĂ©dicament : de la marque Ă  la DCI

Les médecins ont désormais l’obligation de prescrire les médicaments en dénomination commune internationale (DCI) sur les ordonnances. L’objectif est d’apprendre à connaître le nom du principe actif des médicaments pour éviter les doublons, ne pas rester en panne à l’étranger et faire des économies en incitant à privilégier les médicaments génériques.


Déchets : « Triman » à la rescousse



Issu du Grenelle de l’environnement, et déjà présent sur quelques bouteilles et canettes, le nouveau logo « Triman » entre enfin en vigueur. L’objectif de ce pictogramme est de mettre en avant les produits et les emballages recyclables car actuellement, faute d’un marquage spécifique, encore plus du tiers des produits de consommation courante ne sont pas recyclés.


Redevance TV

La contribution à l’audiovisuel public augmente de 3 € (de 133 à 136 €), elle avait augmenté de 2 € l’année dernière. Elle passe de 85 à 86 € dans les départements d’Outre-mer (Dom).


Smic

Le salaire minimum de croissance (Smic) est revalorisé à hauteur de 0,8 %, le nouveau montant horaire brut est fixé à 9,61 € soit 1 457,52 € bruts mensuels.


Revenu de solidarité active

Le RSA « socle » augmente de 0,9 %. Le montant forfaitaire mensuel pour une personne seule sans enfant passe à 513,88 €, à 770,82 € pour une personne seule avec un enfant et à 1 079,14 € pour un couple avec deux enfants. Il était passé de 492,90 € à 499,31 € pour une personne seule l’année dernière.


Sécurité sociale

Le plafond de la Sécurité sociale est fixé à 3 170 € par mois, soit +1,3 % (3 129 € en 2014). Il est utilisé pour le calcul de certaines cotisations sociales et de certaines prestations de la Sécurité sociale.


Prestations familiales

Les plafonds d’attribution des prestations (allocation rentrée, accueil du jeune enfant…) sont revalorisés de 0,7 %.


ImpĂ´t sur le revenu

La première tranche de l’impôt sur le revenu est supprimée. Cela concerne 6,1 millions de foyers aux revenus modestes et moyens. Les ménages commenceront donc à être imposés à partir de 10 000 € par part, contre 6 000 € jusqu’à présent.


Bisphénol A : interdit aussi dans les contenants alimentaires

La loi date de 2012 mais c’est seulement à partir du 1er janvier 2015 que le bisphénol A, un perturbateur endocrinien déjà interdit dans les biberons, est interdit dans tous les contenants alimentaires (bouteilles en plastique, canettes ou boîtes de conserve).


Détecteur de fumée


Les détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) deviendront obligatoires, mais seulement le 8 mars 2015. Vous pouvez bien entendu vous équiper avant cette date, toutefois, gare aux tentatives d’arnaque.
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Franck Attia


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Cadeaux de Noël: Échange sous conditions
Achat en magasin

Mieux vaut éviter de se tromper de cadeau car, une fois l'article acheté, rien n'oblige un commerçant à le reprendre. Néanmoins, nombreux sont ceux qui proposent cette solution à titre commercial. Dans ce cas, il est possible d'échanger voire de se faire rembourser un article qui ne plaît pas ou qui a été reçu en double, à condition de l'accompagner du ticket de caisse ou de la facture.

Achat Ă  distance

En cas d'achat à distance (par Internet, par téléphone ou par correspondance), la législation diffère. L'acheteur dispose de 14 jours à partir de la réception de l’article ou de la conclusion du contrat de service pour se rétracter, soit en utilisant le formulaire type qu’a dû lui transmettre le professionnel, soit par tout autre moyen lui permettant de prouver qu’il a bien cherché à se rétracter (par courrier recommandé, de préférence). Il dispose ensuite de 14 jours supplémentaires pour retourner à ses frais le produit dans son emballage d’origine. Les vêtements et les appareils peuvent avoir été essayés, mais les CD, DVD, jeux vidéo et logiciels doivent être retournés scellés dans leur emballage d'origine. Les voyages, la nourriture ou encore les objets ayant fait l’objet d’une personnalisation ne peuvent pas non plus être rendus.

Le commerçant a 14 jours à partir du moment où il a été informé de la demande de rétractation pour procéder au remboursement des sommes versées, frais de livraison compris. Toutefois, il est en droit, lorsqu’il s’agit d’un bien, de procéder au remboursement après avoir récupéré le colis ou reçu une preuve d’expédition.

Article non conforme

Le principe change lorsque l'article reçu ne correspond pas à celui qui était commandé ou présente un défaut. Il est alors possible de le rapporter dans le magasin d'achat ou de le retourner au cybermarchand (en respectant scrupuleusement les règles précisées dans les conditions générales de vente) pour qu'il soit réparé ou remplacé par un article équivalent.

Si le délai de retour est dépassé, si vous ne pouvez pas vous procurer la facture ou si, tout simplement, vous n'osez pas avouer que le cadeau ne vous plaît pas, il est toujours possible de le revendre, notamment par le biais d'Internet
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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Société Get Easy: 300 % de rentabilité, 100% de vente pyramidale
Promesse d’enrichissement rapide sans travail, domiciliation exotique (Macao, en Chine), pas d’adresse en France, pas de comptes déposés et des dirigeants déjà inquiétés par la justice brésilienne pour vente pyramidale. Le moins que l’on puisse dire est que la société Get Easy n’a pas tout pour inspirer confiance.

Son modèle économique pour vous « permettre de gagner réellement de l’argent avec une société de marketing de réseau » : vous investissez dans un « pack ». Il y en a de deux sortes. Soit un lot de balises GPS (des traceurs pour véhicules, équipements divers ou animal de compagnie), soit des accès payants à une plateforme de musique en ligne. Vous placez les balises en location auprès de particuliers pour environ 20 € par mois, ou bien vous faites souscrire à ces particuliers un abonnement à la plateforme musicale. Ensuite, vous touchez une part des loyers ou des abonnements. Pour vous enrichir plus vite, l’idéal reste néanmoins d’acheter et de revendre des packs entiers à des particuliers, qui eux-mêmes revendront des packs, dans un grand mouvement d’enrichissement général. Jusqu’à la ruine finale propre à tout système pyramidal.

Les balises proposées par Get Easy (sur la base des maigres informations disponibles sur le site) ont des équivalents à 150 € dans le commerce. Il est impossible que la société trouve chaque mois, comme elle le prétend, des dizaines de milliers de particuliers pour les louer à 20 € mensuels. Sans parler des abonnements payants à une plateforme musicale confidentielle, à l’heure du streaming. Le système ne tient pas la route. Dès que le flux d’argent apporté par les nouvelles recrues se tarit, il s’effondre.

Le directeur du marketing de Get Easy, Pedro Mira Godinho, est connu de la justice au Brésil. Il a participé là-bas au développement d’une société nommée Bbom dont les activités étaient similaires à celle de Get Easy. La justice brésilienne a conclu en septembre 2013 qu’il s’agissait d’un système de vente pyramidale, illégal au Brésil comme presque partout dans le monde. Les avoirs de la société ont été saisis. La Banque du Portugal, équivalent de la Banque de France, a quant à elle lancé une mise en garde contre Get Easy le 14 novembre 2014, cette société ayant des bureaux à Lisbonne et des activités au Portugal. Nous n’avons pas eu de réponse à la demande de précisions laissée sur la page en français du site de Get Easy.
Que Choisir en Ligne
Erwan Seznec


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Bûches de Noël: De l’industriel en vitrine !
Diffusée ce soir sur France 5 dans le cadre de l’émission « Les Docs du dimanche » (20 h 50), l’enquête sur les bûches de Noël, à laquelle Que Choisir a participé, va provoquer quelques désillusions chez de nombreux téléspectateurs.

Beaucoup de consommateurs pensent en effet que les traditionnelles bûches, l’un des produits phares des fêtes de fin d’année, vendues dans les boulangeries-pâtisseries sont « faites maison ». Erreur ! Dans la grande majorité des cas, elles ont été fabriquées par des industriels et livrées surgelées en magasin. Le boulanger pouvant néanmoins apporter sa touche personnelle en y plaçant sur le dessus des décorations en plastique (père Noël, sapins…), des feuilles en chocolat ou encore des petits macarons. Il peut aussi y déposer une petite étiquette avec le nom de son magasin, ce qui plaide pour une fabrication maison.

Le phénomène n’est pas propre à la bûche. Comme l’avait révélé une enquête remarquée de Que Choisir publiée il y a deux ans, de nombreux boulangers achètent leurs viennoiseries et gâteaux auprès d’industriels comme Coup de pates, Four à idée… Certains se fournissant même chez Métro.

Certes, vendre des bûches industrielles n’est pas illégal en soi. Pour pouvoir appeler son commerce « Boulangerie », la loi exige que le pain soit fabriqué sur place, sans recours à un ingrédient surgelé. Rien de tel n’est imposé pour les pâtisseries et les viennoiseries. En revanche, un artisan qui affiche que ses bûches sont faites maison alors que ce n’est pas vrai, serait en faute (publicité trompeuse). Il est également tenu d’indiquer par un logo (igloo ou pingouin, sur la vitrine) s’il met en rayon des produits décongelés (information importante pour le consommateur car ils ne doivent pas être recongelés). En pratique, bien peu d’artisans le signalent.

Évidemment, il existe encore des boulangers et pâtissiers qui fabriquent eux-mêmes leurs bûches (le bouche-à-oreille étant la meilleure publicité pour ces derniers). De fait, comment distinguer celles-ci de leurs homologues industrielles qui, au demeurant, peuvent être de qualité ? Difficile de répondre à la question.
Des bûches industrielles plus vraies que nature

Un coup d’œil sur les différents catalogues que nous avons recueillis montrent que l’industrie présente une gamme très étendue de bûches… dont certaines ont effectivement tout l’air d’avoir été « faites maison ». Si dans sa boutique les gammes sont variées et que pour chacune d’entre elles, les bûches sont proposées en quantité… industrielle, il y a dès lors de fortes probabilités qu’elles sortent d’une usine. On peut également faire le tour des boulangeries de son quartier. Et peut-être trouvera-t-on régulièrement les mêmes « modèles » de bûches. Ce qui, là encore, laisse à penser qu’elles sont d’origine industrielle. Bien sûr, il est possible de poser franchement la question au boulanger. Mais, pour des raisons commerciales, il aura en général du mal à reconnaître qu’elles viennent de l’extérieur !

La difficulté à trouver des pâtissiers, les charges de personnels et des règles d’hygiène toujours plus contraignantes, sont les raisons les plus fréquemment évoquées pour expliquer le recours à l’industriel. Avec ces produits, le boulanger regarde aussi à sa marge ! Par exemple, sur catalogue, la bûche individuelle est vendue de 1,50 à 2 € HT (et avant négociation). En vitrine, elle se retrouvera souvent avec un prix public variant de 3 à 4,50 €.


Bûches crème au beurre du catalogue Coup de pates
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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Étiquetage simplifié de la viande: Un déni de culture
Entrecôte, faux-filet, bavette, viande bovine française (VBF)… Même en sélectionnant soigneusement sa barquette, quel consommateur n’a jamais été déçu par un steak préemballé, acheté en supermarché ? Fade et duraille, une fois dans l’assiette, très souvent la viande a fondu comme neige au soleil ! Une mésaventure qui serait due, selon les professionnels de la filière, non pas à la piètre qualité des produits proposés mais à une mauvaise compréhension de l’étiquetage par les consommateurs ! « Les dénominations des morceaux de viande sont trop techniques pour être comprises des clients », prétend Gérard Cladière, le président du groupe viande de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). Résultat, de plus en plus de consommateurs se sentant démunis sans les conseils d’un boucher, et ne sachant quels morceaux choisir ni comment les cuisiner, finiraient, ô scandale, par s’abstenir d’acheter ! Face à des ventes en perte de vitesse, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev) a donc décidé de réagir. Non pas en faisant œuvre de pédagogie auprès d’un large public qui ne demande qu’à apprendre (le succès populaire des émissions culinaires en témoigne), mais au contraire en simplifiant l’étiquetage, afin que « la viande parle enfin au consommateur », selon le slogan d’Interbev ! Un comble alors que l’information des clients va être largement amputée.

Des Ă©toiles, comme pour les hĂ´tels

Le nouvel affichage conçu par la profession a pourtant reçu l’aval des pouvoirs publics et s’applique dès le 13 décembre aux barquettes de viande bovine et ovine vendus dans les grandes et moyennes surfaces (heureusement, les boucheries artisanales en sont exemptées, mais jusqu’à quand ?). Seules les dénominations connues de tous, telles que filet, faux-filet, rumsteck, onglet, T-bone, jarret… figureront désormais sur les emballages. Exit, en revanche, le merlan, la poire, l’araignée, le rond de tranche ou le mouvant. Tant pis pour les connaisseurs qui appréciaient ces morceaux. Ils ne pourront plus les repérer sur les étiquettes car ils sont désormais regroupés sous des appellations génériques beaucoup moins poétiques : steak, rôti, bourguignon, pot-au-feu… Leur mode d’emploi (à griller, à rôtir, ou à mijoter) est également précisé, pour éviter de fausses manœuvres aux cuisiniers débutants. Enfin, la qualité des morceaux apparaît sur l’étiquetage. Ce classement, exprimé par une, deux ou trois étoiles, comme pour les hôtels, indique la tendreté pour les morceaux à griller ou à rôtir, mais également le moelleux, lié à la teneur en collagène, pour les morceaux à mijoter. Ainsi un steak obtient trois étoiles, s’il provient de la « surprise » (morceau situé dans le dessus de palette) alors qu’il n’en obtient qu’une s’il est issu du « dessus de boule de macreuse ». Bien entendu le consommateur ne saura jamais les raisons de cette différence, puisqu’il est supposé incapable de comprendre les informations d’une étiquette !
De plus, sauf à les proposer à prix cassés, qui aura envie d’acheter les viandes les moins biens classées, donc de qualité médiocre, à part les personnes les plus démunies ? Une stigmatisation supplémentaire à leur égard qui est difficilement acceptable. Quant aux amateurs, ils risquent de ne pas se satisfaire d’un système uniquement basé sur la tendreté et qui fait l’impasse sur d’autres critères au moins aussi importants : la race de l’animal, le mode d’élevage, les conditions d’abattage, la maturation de la viande, etc. Ainsi une entrecôte peut être classée trois étoiles, qu’elle provienne d’une vache laitière de réforme ou d’une race à viande, comme la Limousine ou la Salers… Les grands gagnants de ce nouveau système ne sont donc pas les consommateurs mais les grandes surfaces qui vont pouvoir continuer à vendre de vieilles carnes sous un classement trompeur… en toute légalité.




Exemple d'étiquette de viande avant et après la réforme. (Crédit : Interbev)

La filière viande a donc choisi de se positionner délibérément à contre-courant des tendances actuelles en privilégiant un modèle à deux vitesses : les produits de qualité, à la traçabilité irréprochable vendus par des artisans bouchers à destination des classes aisées de la population, et des produits tout-venant, vendus préemballés par la grande distribution avec un étiquetage simpliste à base de pictogrammes et d’étoiles, à destination d’une clientèle « incapable » de se repérer. Un positionnement pour le moins malvenu, qui risque d’appauvrir encore un peu plus le référentiel alimentaire du plus grand nombre. Dans ces conditions, mieux vaut fuir les rayons concernés et acheter sa viande chez un artisan boucher. Un vrai gage de qualité !

L’étiquetage du poisson sur la bonne voie

Allez comprendre : à l’heure où l’étiquetage des morceaux de viande vendus en grandes surfaces devient moins précis, le nouvel étiquetage des produits de la pêche, qui entre en vigueur le 13 décembre, se veut, au contraire, plus complet. Cette mesure vise à permettre aux consommateurs d’être mieux informés, selon la Commission européenne, qui l’a mise en place à travers la nouvelle politique commune de la pêche. Les zones se font plus précises et l’engin de pêche utilisé doit lui aussi être affiché.

Que Choisir en Ligne
Florence Humbert


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Copie privée : triste palmarès !
Si la France a perdu la finale de la Coupe DAVIS, elle garde néanmoins le triste titre de « championne d’Europe de la perception pour copie privée ». En effet, l’UFC-Que Choisir vient de dénoncer le fait que les consommateurs, censés réparer un préjudice auprès des ayants droit (auteurs, compositeurs, interprètes, producteurs…) lié à la possibilité de réaliser des copies privées (d’œuvres acquises licitement), sont en réalité ceux qui subissent le préjudice le plus important : l’établissement de redevances extrêmement élevées qu’ils payent lorsqu’ils achètent des supports vierges de stockage (CD vierges, clés USB, smartphones par exemple).

Ainsi, il ressort que les consommateurs français sont en moyenne mis à contribution 5 fois plus que leurs homologues européens, sans qu’il ne soit démontré que leurs pratiques de copies privées diffèrent par rapport à d’autres pratiques au sein de l’Union européenne. Cette appétit pantagruélique des ayants droit français leur a permis d’engloutir 208 millions d’euros en 2013 (soit une hausse de plus de 200 % depuis 2001 !)…. Au moins 208 millions d’euros. En effet, ce chiffre est tiré d’une publication d’une Société de perception et de répartition des droits (SPRD) étant entendu qu’il n’existe à ce jour aucun chiffre officiel. C’est d’autant plus dommage que j’ai lu dans la presse ces derniers jours que cette somme devait être en réalité bien plus importante (on parle de 240 millions voire 270 millions d’euros !). Le tout hors taxes s’il vous plait… Pour la transparence, il faudra malheureusement repasser.

Afin de poser sainement le débat sur une réforme de la commission copie privée en France dont je parlais dans une récente note de blog, il est donc nécessaire de mettre des chiffres sur des maux. L’origine de cette différence est désormais parfaitement identifiée : les barèmes en France sont jusqu’à 280 % plus élevés que dans le reste de l’Union européenne. Et cette différence, c’est le consommateur français qui la paye puisque les importateurs/revendeurs répercutent intégralement la redevance pour copie privée sur le prix des biens proposés aux consommateurs. Ces écarts sont par ailleurs d’autant plus importants que les capacités de stockage augmentent. Pour les grandes capacités, l’écart explose même. Ainsi à une clé USB de 128 Go s’applique une redevance de 12,8 euros en France contre 1,56 euros en Allemagne. Plus qu’un écart : un gouffre !

Il faut rappeler que les barèmes en France sont déterminés au doigt mouillé sur la base d’arguments souvent farfelus par une commission dédiée où le poids des ayants droit permet toutes les dérives. Savez-vous que même que lorsque vous copiez légalement une œuvre gratuite (exemple, une bande annonce d’un film), les ayants droit considèrent que cela leur cause un préjudice ? L’absurde n’est pas seulement frôlé, il est percuté de plein fouet !

En conséquence, en attendant une indispensable harmonisation européenne de l’exception pour copie privée, une urgente réforme de la commission qui détermine ces barèmes doit être mise en place. Elle constitue l’étape indispensable vers la crédibilité et le bienfondé de redevance pour copie privée en France…. Oui, il faut revoir la copie, et vite !
Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir
Alain Bazot


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