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Cosmétique: Les microbilles sur la sellette
Arrivées en masse sur le marché de l’hygiène-beauté dans les années 1990, les microbilles (microbeads, en anglais) améliorent l'effet exfoliant des cosmétiques et le pouvoir nettoyant des gels douches et des dentifrices. Elles sont faites de polyéthylène ou de polypropylène, une famille de plastiques bon marché et sûrs, utilisés depuis des décennies en emballage alimentaire.

La première alerte est venue de Nouvelle-Zélande. Des chercheurs de l'université d'Auckland ont publié en 2009 un article dans la revue Marine Pollution Bulletin. Ils se sont aperçus que les stations d'épuration ne filtraient pas ces microbilles, trop petites (entre 0,1 et 0,02 mm), et qu'elles finissaient dans le milieu marin. De nombreux travaux ont complété ce constat. Le dernier en date, publié en janvier 2016, émane de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). Conduite par Arnaud Huvet, directeur du laboratoire d’écotoxicologie de Brest, l'étude a montré que les microbilles, en très fortes concentrations, perturbaient le cycle de vie des huîtres, qui les absorbent comme du phytoplancton. Cela confirme les travaux de François Galgani, également chercheur à l'Ifremer, qui avait évoqué à plusieurs reprises la nocivité de ces microbilles.

En volume, comme il en faut plusieurs centaines de milliers pour faire un gramme, elles représentent une fraction infime des quelque trois millions de tonnes de déchets en plastique générés chaque année par un pays comme la France. Le problème est leur capacité de dissémination et leur persistance. Chimiquement stable, le polyéthylène met des décennies à se dégrader.


Bientôt bannies des États-Unis

Les États-Unis ont adopté une loi d'interdiction de portée nationale fin 2015 qui entrera en vigueur début 2017. La Californie et l'Illinois (État qui borde les Grands lacs) avaient déjà légiféré dans ce sens. Il est fort probable que l'Union européenne s'oriente elle aussi vers une interdiction des microbilles à brève échéance. La question sera examinée lors d'une conférence internationale à Lanzarote (Canaries) les 25 et 27 mai 2016.

La protection de l'environnement pose souvent des dilemmes, nombre de produits étant à la fois néfastes et très utiles. Rien de tel dans le cas des microbilles. On cherche en vain une étude sérieuse démontrant leur efficacité cosmétique. L'Oréal a d'ailleurs annoncé que ses produits n'en contiendraient plus à partir de 2017.

Dès maintenant, si vous voulez les éviter, il existe quelques repères simples. « Polyéthylène » (sigle PE) dans les ingrédients d'un gel douche, d'un dentifrice ou d'une crème exfoliante, signale quasiment à coup sûr la présence de microbilles.
Que Choisir en Ligne
Erwan Seznec


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Compteur Linky: Peut-on le refuser ?
Après avoir fait le point sur les éventuels risques pour la santé engendrés par Linky, d’autres interrogations ont surgi et notamment celle-ci : est-il ou non possible de refuser le compteur Linky ? Les lobbyistes anti-Linky radicaux font le buzz en affirmant que oui. Mais pour Que Choisir, le problème est plus compliqué. Rien ne vaut des réponses factuelles dénuées de passion.


Ă€ qui appartient le compteur Ă©lectrique ?

Qu’il s’agisse d’un compteur classique ou de Linky, la règle est la même, votre compteur électrique ne vous appartient pas. L’article 6-2 des conditions générales de vente d’EDF précise que « le dispositif de comptage est fourni et posé par ERDF. Il fait partie du domaine concédé ». L’article 6-3 ajoute que « le dispositif de comptage est entretenu, vérifié et renouvelé par ERDF ». EDF parle de « domaine concédé » car le compteur n’est pas la propriété de sa filiale ERDF, mais appartient aux collectivités locales. Néanmoins, celles-ci ayant concédé le service public de distribution d’électricité à ERDF sur 95 % du territoire, les compteurs relèvent de son entière responsabilité. Sur les 5 % du territoire restants, ce sont les entreprises locales de distribution qui en ont la charge.

L’avis de QC

Le contrat de concession incluant la gestion des compteurs et les missions de comptage, le client ne peut pas s’opposer à l’installation du nouveau compteur.


Et si ma commune a voté contre la pose des compteurs Linky ?

Sensibles aux arguments des associations anti-Linky, des communes ont voté contre l’installation des compteurs Linky sur leur territoire. Forts de ces votes en conseil municipal, certains appellent à refuser la pose du compteur. Mais c’est loin d’être aussi simple. « La plupart des communes ont transféré la compétence du réseau électrique à leur intercommunalité, à leur métropole ou à un syndicat local de l’énergie, rappelle Charles-Antoine Gautier, chef du département Énergie de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR). C’est cette autorité qui gère la concession de service public, pas la commune ».

L’avis de QC

Les communes s’étant destituées de leur compétence au profit d’une autorité organisatrice (structure intercommunale, syndicat de l’énergie), le vote du conseil municipal peut avoir une portée symbolique, mais il n’a pas de valeur juridique.


Le maire peut-il interdire les compteurs Linky ?

« Le maire pourrait à la rigueur faire valoir son pouvoir de police en prenant un arrêté municipal d’interdiction, estime la FNCCR, mais cela supposerait que le risque soit grave ou imminent ».

L’avis de QC

Que Choisir a beau contester l’intérêt du compteur Linky pour les consommateurs et avoir prouvé qu’il peut renchérir le montant de leurs factures, on est loin du « danger grave ou imminent » inscrit dans le code général des collectivités territoriales.


Quelles conséquences si je refuse le compteur Linky ?

Dans l’immédiat aucune. ERDF a 35 millions de compteurs à poser et ne va sans doute pas perdre de temps à tenter de convaincre les récalcitrants. Dans l’avenir, c’est différent. Toutes les opérations se faisant à distance avec Linky, les déplacements pour les relevés de compteurs qui auraient dû être changés pourraient être facturés. Et le jour où l’ancien compteur tombera en panne, l’intervention se soldera par la pose… d’un compteur communicant !

L’avis de QC

La généralisation des compteurs Linky étant une obligation légale bien cadrée (loi + décret d’application + arrêté), les recours seront difficiles en cas de facturations élevées pour des compteurs classiques. En 2012, l’UFC-Que Choisir avait engagé une action contre l’arrêté de généralisation, sans succès malheureusement.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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La nécessité d’interdire les sacs victime du ressac
La mesure, adoptée dans la loi de Transition énergétique et qui devait entrer en vigueur au 1er janvier dernier est repoussée au… 1er juillet, au mieux. Ségolène ROYAL qui avait élevé en étendard (c’est l’aspect mousse du ressac) cette mesure au moment de la Loi et de la COP 21 vient en effet d’annoncer son report en raison du « besoin de transition » ! Cette raison officielle est pour le moins surréaliste ! Voilà une mesure qui est un véritable serpent de mer depuis pas moins de 13 ans, mais que bon nombre de professionnels ont cependant anticipé. En effet, en 2003, Roselyne BACHELOT en appelait déjà à l’autorégulation.

Face à l’échec, la loi d’orientation agricole de 2005 prévoyait l’interdiction de la commercialisation des sacs et emballages plastiques non biodégradables à l’horizon 2010… Mais cette loi est restée sans suite ! L’annonce dès 2014 de l’interdiction des sacs de caisse au 1er janvier 2016 et l’adoption de la mesure dans la Loi, semblait être la vague déterminante. C’était sans compter que là encore elle se briserait sur l’inertie du pouvoir exécutif qui se garde bien de publier les décrets d’application toujours en attente.

Il faut croire que certains professionnels ont utilement œuvré…. Il n’est donc pas à exclure que l’on repousse encore l’entrée en vigueur de cette mesure d’urgence environnementale. Faut-il en effet rappeler que d’ici 2050, il y aura autant de plastique dans les océans que de poissons ? Ces mouvements incessants de promesses suivies de dérobades finissent par donner la nausée, j’allais dire le mal de mer.
Blog d'A Bazot
Alain Bazot Président de l'UFC


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Recyclage des déchets électriques et électroniques: Les poubelles percées de la distribution
En 2014, le taux atteignait à peine les 30 %. Au-delà de la question économique, cet échec est également environnemental car les DEEE non recyclés constituent des ressources gaspillées et sont un danger sanitaire et écologique potentiel. Dans ce cadre, l’association, avec l’appui de son réseau environnement, a mené deux enquêtes qui ont permis de souligner la responsabilité des professionnels de la distribution dans cet échec. Face à ces profondes lacunes, l’UFC-Que Choisir appelle non seulement à un renforcement des contrôles des distributeurs mais aussi à la simplification des règles de collecte.

Collecte des DEEE : le goulot d’étranglement de la filière de recyclage
Si la filière des DEEE s’enorgueillit d’un taux de recyclage de presque 80 %, c’est vite oublier que ce chiffre repose sur les seuls déchets collectés et non le total jeté par les ménages. Or, en 2014, seuls 38 % des DEEE jetés ont été collectés, ce qui limite le recyclage réel à 30 % (soit 6 kilos par habitant). Parmi les deux acteurs principaux de la collecte, déchetteries et distribution, c’est la dernière qui est la moins performante. En effet, alors que les points de collecte en magasin ont augmenté de 24 % entre 2010 et 2014, le volume récupéré a quant à lui baissé de 3,6 % sur la même période !

Obligation de reprise des DEEE par la distribution : une application sélective des dispositions légales
La loi oblige ainsi les distributeurs à reprendre les gros équipements usagés lors de l’achat d’un nouveau produit (reprise « 1 pour 1 »). Pourtant, seulement 67 % des ménages ayant acquis en magasin du gros électroménager se sont vus proposer une reprise gratuite de leur ancien équipement (et 53 % en cas d’achat sur internet) (1). Dans le cas du petit électroménager (fer à repasser, perceuse, téléphones, etc.), la situation est encore plus critique avec seulement 27 % de reprise à l’achat d’un nouveau produit en magasin, et 4 % sur internet.
Par ailleurs, les distributeurs ont, sous condition de surface de vente, une obligation de reprise même sans achat (reprise « 1 pour 0 ») pour les petits appareils. Bien respectée quand un meuble de collecte est présent en magasin, cette obligation tourne à la loterie en son absence. Ainsi, notre enquête client-mystère portant sur 170 magasins (2) révèle que les consommateurs sont confrontés à un refus de reprise quand ils en font la demande dans près d’un cas sur deux (43%).

Une information sur les modalités de collecte pas toujours cohérente et très souvent absente
Au-delà de la contre-performance de la distribution, notre étude ne peut manquer de pointer la défaillance à tous les niveaux s’agissant de l’information des consommateurs sur les modalités de reprise. Les différents éco-organismes en charge de la filière (3) présentent ainsi, dans 66 % des cas testés, des informations contradictoires sur les modalités de collecte, comme la reprise avec ou sans achat des petits équipements. Les magasins en ligne, quant à eux, n’informent pas les consommateurs sur les points de collecte des petits DEEE lors de l’achat d’un petit équipement. Enfin, en magasin physique, lorsque la reprise est impossible, dans plus de la moitié des cas (57 %) aucune alternative n’est indiquée au consommateur.

Dans la continuité de ses combats pour une meilleure gestion des déchets, et face aux carences de la collecte des DEEE et ses conséquences pour l’environnement, l’UFC-Que-Choisir :

- Appelle la ministre de l’Environnement à simplifier le dispositif de « reprise 1 pour 0 » des petits DEEE en imposant l’installation d’un meuble de collecte dans l’ensemble des magasins ayant une surface de vente minimum de 400 m², et à obliger les sites de vente en ligne à informer les consommateurs des points de collecte proches de chez eux lors d’un achat ;
- Saisit la Direction Générale de la Prévention des Risques pour obtenir le renforcement des contrôles et des sanctions des distributeurs ne respectant pas les obligations de collecte des DEEE et la publication des résultats afin de mobiliser plus fortement les acteurs de la distribution.


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Répartiteurs de frais de chauffage: Un surcoût inutile pour les copropriétés
Les répartiteurs de frais de chauffage seront a priori obligatoires d’ici mars 2017, la mesure est inscrite dans la loi sur la transition énergétique. Si la ministre de l’Écologie persiste dans l’erreur en signant le décret de généralisation, les copropriétés en chauffage collectif devront toutes en équiper leurs radiateurs. Car des sanctions sont prévues, et elles sont lourdes, 1 500 € par logement ! À croire que la ministre juge ces répartiteurs cruciaux pour la transition énergétique.

C’est pourtant tout l’inverse, il s’agit même de l’arme antirénovation énergétique par excellence. Le gouvernement voudrait tuer ce marché qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Certes, l’idée de faire payer chacun en fonction de sa consommation relève du bon sens. Mais si l’eau se prête bien au décompte individuel, ce n’est pas le cas du chauffage. La chaleur se diffuse, le logement qui coupe ses radiateurs est chauffé par les voisins, et tous les immeubles comptent des appartements mieux situés que d’autres. Certains profitent des répartiteurs, les autres non.

Alors il n’est plus question d’obtenir un vote en faveur de gros travaux de rénovation énergétique en assemblée générale de copropriété, les résidents bien situés s’y opposent ! Adieu la rénovation BBC (bâtiment basse consommation) que la loi sur la transition énergétique veut promouvoir.

Quant à la soi-disant « individualisation des frais de chauffage », c’est un leurre. Seule une partie de la facture de chauffage est concernée. Il faut en exclure les frais de maintenance et de réparation, la part de combustible qui produit l’eau chaude sanitaire, et ne garder que 70 % du combustible utilisé pour chauffer. Les 50 à 70 € facturés pour les relevés amputent sérieusement les économies.

D’ailleurs le puissant mouvement HLM, très soucieux de la réduction des charges, s’y oppose avec force. L’Union sociale pour l’habitat s’est même associée à l’ARC, l’Association des responsables de copropriété, pour dénoncer « une mesure inutile et coûteuse ». Cette situation ubuesque est le fruit d’une opération de lobbying réussie. À la manœuvre, le Syndicat de la mesure qui promet 20 % d’économies. Pour ses adhérents, ce marché national des répartiteurs, c’est le jackpot assuré. Il a su faire passer cet intérêt privé pour un enjeu national. Chapeau !

La guerre des chiffres

Le projet de décret étant en consultation, le ministère a fait les comptes pour justifier la généralisation des répartiteurs de frais de chauffage. Les experts de la Direction de l’habitat ont d’abord pris une hypothèse très optimiste en se basant sur 13 % d’économies d’énergie, alors que l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) parlait en 2013 de « 10 %, sachant qu'une dérive dans le temps a été observée, les occupants faisant attention la première année et plus par la suite ». Ils ont à l’inverse choisi une hypothèse basse à 40 € pour les coûts annuels, car ce total doit inclure à la fois les relevés et les honoraires du syndic. Pourtant, en dépit de ces hypothèses qui sous-estiment les coûts et surestiment les gains, leurs calculs prouvent que toutes les copropriétés y perdent de l’argent sur les trois premières années. Et pour la moitié d’entre elles, c’est toujours un surcoût au bout de 10 ans. Les comptes viennent donc d’être refaits, en augmentant les économies d’énergie à 15 % et avec une inflation annuelle du prix de l’énergie de 4 %. Ouf ! Cette fois tout le monde y gagne… sauf que les prix de l’énergie n’ont rien d’inflationnistes et que les 15 % d’économies ne seront pas au rendez-vous.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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GDF Suez devient Engie: Quelles conséquences pour les consommateurs ?
Les consommateurs vont devoir s’y faire, GDF Suez s’appelle désormais Engie. L’énergéticien en profite d’ailleurs pour rebaptiser ses offres commerciales. On passe de Dolce Primo à Gaz Fixe et Élec Fixe, de Dolce Vert à Gaz Vert et Élec Verte. Jusque-là tout va bien. En revanche, ça se gâte dès qu’on veut comparer le prix des différentes offres gaz d’Engie sur son site.

Quand on lance l’estimation pour son logement, seules les offres commerciales à prix de marché s’affichent. Le comparateur Engie « oublie » celle qui reste pourtant très prédominante dans son portefeuille clients, le tarif réglementé. En cachant que ses offres en prix de marché peuvent coûter plus cher que le tarif réglementé, cette présentation présente un avantage évident pour Engie… mais pas pour les consommateurs.

L’autre souci pour les usagers du gaz, ce sont les zones tarifaires d’Engie. À partir d’une consommation de 6 000 kWh par an, il en existe 6 en tarif réglementé, de la zone 1, la moins chère, à la zone 6, la plus chère. Or au lieu de les conserver pour ses offres en prix de marché, Engie a créé 8 zones, de A à H. Ce découpage maison peut réserver de mauvaises surprises. L’ennui, c’est qu’il est impossible de savoir dans quelle zone se trouve un logement. La note qui figure à la fin des fiches descriptives des offres est censée fournir l’information. En réalité, elle ne fait que renvoyer sur l’estimation de facture annuelle pour son domicile, sans fournir la zone tarifaire.

Lampiris crée aussi ses propres zones tarifaires

Souvent bien classé dans notre comparateur pour les offres gaz, Lampiris vient d’imiter Engie en créant lui aussi ses propres zones tarifaires. Son offre s’intitule désormais « le gaz jusqu’à 12 % moins cher », et ce « jusqu’à » change tout.

À Lyon c’est même - 12,5 %, à Caen c’est - 10 %, des tarifs très intéressants. En revanche à Biarritz ou Hendaye, l’offre Lampiris n’est plus qu’à - 2,3 % par rapport au tarif réglementé, donc sans intérêt. Heureusement, le site Lampiris reste plus transparent que celui d’Engie. Il fournit à la fois le tarif réglementé et son propre tarif pour chaque simulation. Quand on souscrit, c’est en toute connaissance de cause.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Crédit d'impôt rénovation énergétique: Une très coûteuse inefficacité
La rénovation énergétique : une urgence pour plus de 23 millions de logements


Enjeu environnemental (23 millions de logements ont des performances énergétiques médiocres voire déplorables(1) ) et économique (1697 € de facture énergie par logement), la rénovation énergétique est encouragée par les pouvoirs publics à travers un crédit d’impôt(2) depuis 2005. Ce dispositif a déjà coûté à la collectivité pas moins de 15,6 milliards d’euros, pour un résultat calamiteux.

Crédit d’impôt : pas de stimulation, voire un risque d’inflation

Peu sensibles à cette stimulation fiscale, les dépenses réelles des ménages en travaux de rénovation énergétique sont restées stables depuis 2009, autour de 12 milliards € par an (hors crédit d’impôt). Ainsi, la baisse du crédit d’impôt observée entre 2008 et 2013 (-1,97 milliard €) n’a fait reculer le marché total de la rénovation que de 2,31 milliards € : les chiffres montrent donc que le crédit d’impôt n’a pas d’effet d’entraînement, puisque les aides accordées ne sont pas à l’origine de dépenses supplémentaires des ménages destinées à la rénovation.

Par ailleurs, on ne peut qu’être interpellé par la concomitance des évolutions, à la hausse comme à la baisse, du crédit d’impôt et du prix moyen des travaux (+ 1500 € entre 2006 et 2008, puis - 1660 € jusqu’en 2013), sans que l’on puisse constater en parallèle une variation de l’ampleur des travaux menés. C’est à se demander à qui profite réellement le crédit d’impôt !

Conception des travaux : l’ambition énergétique en berne

Par sa conception, le crédit d’impôt ne permet d’orienter les dépenses des consommateurs ni vers les travaux les plus pertinents, ni vers les produits les plus performants. Ainsi, ce dispositif, ciblant uniquement les équipements, n’a pas d’impact sur la performance énergétique globale des logements. Seulement un tiers des dépenses des ménages se sont concentrées sur l’isolation, alors que cette dernière peut représenter jusqu’à 75% des pertes thermiques d’un logement.

Pire, même pour les équipements, le crédit d’impôt n’incite pas à aller vers le plus efficace. En 2014, malgré l’existence du crédit d’impôt, moins d’une fenêtre installée sur deux (45 %) avait une performance thermique satisfaisante(3), et seulement 8 % des consommateurs allaient au-delà des performances minimales pour obtenir le CITE. On constate ainsi un « effet plancher », qui incite les consommateurs à se contenter des produits tout justes éligibles.

Piloté à l’aveugle par les pouvoirs publics depuis dix ans, le crédit d’impôt a fait la preuve de sa coûteuse inefficacité. Pour lever les freins à la rénovation énergétique, essentielle d’un point de vue économique et environnemental, l’UFC-Que Choisir appelle les parlementaires, dans le cadre du projet de loi de finances 2016 :

A instaurer un crédit d’impôt progressif (en taux et en niveau), basé sur la performance thermique atteinte après travaux et non plus sur les équipements installés,
A créer une complémentarité entre l’Eco-prêt et le CITE afin que tous les consommateurs qui réalisent une rénovation énergétique lourde de leur logement puissent cumuler le CITE et l’Eco-prêt, là encore en fonction de la performance atteinte.





(1) Environ 8,5 millions de logement ont une performance thermique mauvaise se situant entre F et G, (soit une consommation dépassant les 331 kWhEP/m2/an) et 14,9 millions entre D et E (soit une consommation entre 151 et 330 kWhEP/m2/an). Source enquête Phébus (2013)
(2) Le crédit d’impôt transition énergétique (CITE), précédemment crédit d’impôt développement durable (CIDD), permet aux consommateurs de déduire une partie de leurs travaux de rénovation de leurs impôts
(3) Uw inférieur à 1,4, soit le seuil d’éligibilité au CITE


Retrouvez l'étude et les propositions de l'UFC-Que Choisir sur "Rénovation énergétique des logements: le crédit d’impôt, une mesure à grand frais qui manque sa cible environnementale" (PDF-1521 Ko)
Que Choisir en Ligne


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Rénovation énergétique: Méfiance avant de s’engager
Diagnostiqueurs défaillants, pratiques commerciales douteuses, travaux non exécutés ou mal coordonnés… Maintes fois dénoncés par l’UFC-Que Choisir et ses associations locales, qui croulent sous les litiges, les abus en matière de rénovation énergétique sont légion. Et la gabegie des crédits d’impôts accordés pour ces travaux noircit encore le tableau. Sur la période 2005-2013, les pouvoirs publics ont versé 15,6 milliards d’euros pour la rénovation énergétique. Pour un résultat quasi nul : le nombre de rénovations performantes n’a pas dépassé 300 000 logements, alors que l’ambition était de 500 000. Et le projet de loi de finances pour 2016 ne va pas modifier la donne. Il se contente de réformer le Cite (Crédit d’impôt pour la transition énergétique) à la marge sans le corriger en profondeur afin de tenir compte du niveau de performance obtenu par les appareils et/ou les matériaux. Encore plus aberrant, la récente loi sur la transition énergétique retire au consommateur toute garantie sur la performance énergétique promise par l’artisan pour une rénovation ou une construction, validant ainsi l’irresponsabilité des professionnels. En attendant que les pouvoirs publics, plus soucieux de communiquer sur la COP 21 (21e conférence sur le climat), prennent enfin le problème à bras-le-corps, l’UFC-Que Choisir recommande aux consommateurs d’être très vigilants avant de s’engager dans des travaux de rénovation énergétique.
Que Choisir en Ligne
Alain Bazot Président de l'UFC


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POUR UN PRIX DU FIOUL MOINS CHER AVEC l’UFC-Que Choisir
Bien qu’en baisse du fait de la chute des cours de pétrole, le fioul, troisième énergie de chauffage en France, reste néanmoins une énergie onéreuse avec une facture moyenne annuelle de 1 365 euros. Les ménages chauffés au fioul sont en outre, depuis la suppression de la prime à la cuve en 2009, les grands oubliés de la lutte contre la précarité énergétique. Faut-il rappeler que les tarifs sociaux sont limités au gaz et à l’électricité, que le «chèque énergie» pour le fioul, institué par la Loi de transition énergétique, ne sera en effet pleinement applicable qu’en… 2018 ?

Décidée à obtenir dès aujourd’hui la meilleure offre pour une énergie pour laquelle de nombreux ménages sont captifs (changer de mode de chauffage est coûteux, et parfois impossible, notamment pour le gaz de ville), les associations locales et Unions Régionales d’Alsace, de Lorraine, du Nord-Pas-de-Calais et de Rhône-Alpes se sont donc lancées dans la campagne choisirsonfioul.fr.

Les habitants de ces 4 Régions chauffés au fioul peuvent s’inscrire gratuitement et sans engagement jusqu’au 23 octobre (midi) sur le site choisirsonfioul.fr ou par voie téléphonique au 09 70 26 34 30 (prix d'un appel local) ou 06.71.44.37.41 (Du lundi au vendredi : 9h à 19h et le samedi : 9h à 12h).

Les inscrits recevront leur offre personnalisée le 23 octobre sur la base de l’offre lauréate qui résultera de l’appel d’offres lancé aux différents distributeurs de ces Régions (petite et moyenne entreprise, grande distribution, groupes pétroliers). Une fois l’offre personnalisée reçue, les inscrits auront 72 h pour y souscrire ou non. En cas de souscription, la livraison du fioul devra intervenir dans les 15 jours.

À l’approche de la saison hivernale et du remplissage des cuves, les associations locales et Unions Régionales d’Alsace, de Lorraine, du Nord-Pas-de-Calais et de Rhône-Alpes invitent donc les habitants de ces régions chauffés au fioul à répondre à l’appel du « soyons plus pour payer moins » !
Que Choisir-Ardeche


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Tarifs de l’électricité: Une fausse bonne nouvelle
Avec + 8 % d’augmentation réclamée pour ce 1er août, le rapport de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avait jeté un froid le mois dernier. La ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a aussitôt calmé le jeu en limitant la hausse des tarifs de l’électricité à + 2,5 %. Pour les gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, refuser ou minorer les augmentations du prix de l’énergie est d’ailleurs devenu une habitude ces dernières années.

En 2012 par exemple, les tarifs de l’électricité ont augmenté de + 2 % au lieu des + 7 % préconisés par la CRE. En 2013, la hausse fut très significative avec + 5 %, mais cette fois la CRE recommandait + 9,6 % ! Et en 2014, la ministre de l’Écologie a d’abord gelé l’augmentation de 5 % réclamée par EDF et avalisée par la CRE. Suite à la mise en place d’une nouvelle formule de calcul du prix de l’électricité, basée en partie sur les prix du marché de gros de l’électricité et plus seulement sur les coûts comptables d’EDF, une hausse de + 2,5 % est finalement intervenue en novembre 2014.

L’UFC-Que Choisir devrait a priori se réjouir de ces limitations des hausses de tarif puisque à court terme, c’est tout bénéfice pour les consommateurs, elles préservent leur pouvoir d’achat. Mais ce n’est que partie remise, l’addition commence d’ailleurs à peser lourd pour les usagers, tant sur le gaz que, depuis peu, sur l’électricité. Ce sont les fameuses factures rétroactives, qui ont suscité tant d’incompréhension chez les usagers du gaz et qu’il faut malheureusement payer comme l’a expliqué Que Choisir.

Le mécanisme des factures rétroactives est rigoureusement identique pour l’électricité. Presque à chaque fois que les pouvoirs publics gèlent ou limitent la hausse de tarif demandée par EDF et avalisée par la CRE, les fournisseurs d’énergie alternatifs attaquent la décision. Jusqu’à présent, se fondant sur le seul cadre juridique, le Conseil d’État leur a donné raison en imposant une hausse tarifaire rétroactive. Elle gonfle déjà les factures d’électricité depuis le printemps. Les montants réclamés compensent le manque à gagner d’EDF au titre de 2012-2013, quand le gouvernement a limité la hausse à + 2 %, au lieu des + 7 % réclamés, pour protéger le pouvoir d’achat des ménages. La hausse de + 2,5 % de ce 1er août inclut d’ailleurs une partie des rattrapages. Sans eux, la nouvelle formule de calcul aurait fait baisser le prix de l’électricité de - 1 %.

Les économies réalisées ces dernières années reviennent donc en boomerang en surfacturation aujourd’hui, et ce n’est peut-être pas fini. Les fournisseurs d’énergie, furieux du manque à gagner, ont engagé un nouveau recours l’automne dernier, suite à la hausse limitée à + 2,5 %. Le Conseil d’État devra se prononcer.

Les mauvaises surprises pourraient donc encore tomber, et les factures continuer à s’alourdir plus que de raison…
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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