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Euro 2016: Les arnaqueurs n’ont pas attendu le coup d’envoi
Après le carton jaune adressé aux hôteliers dont les tarifs ont flambé en amont de la compétition, « Que Choisir » sort le carton rouge en cette journée de coup d’envoi de l’Euro de football. Jusqu’au 10 juillet, la France va accueillir 24 équipes pour 51 matchs, au grand plaisir des 7 à 8 millions de supporters attendus au total. Qu’ils soient dans les tribunes ou devant leur téléviseur, ce sont des cibles de choix pour les margoulins.

Des faux maillots en pagaille

En mai, les douaniers lyonnais ont saisi une centaine d’ensembles polo-short aux couleurs des pays en lice pour l’Euro 2016, probablement destinés à être revendus sur des étals dans la rue. Le 6 juin, à Dunkerque, c’est une cargaison de 1 200 faux maillots et shorts de l’équipe d’Espagne qui ont été découverts dans un poids lourd. Face à ces afflux de marchandises de contrefaçon, les douaniers conseillent de se renseigner sur le prix officiel des maillots et de s’orienter vers les vendeurs agréés. Les douaniers seront présents en nombre aux abords des stades pour surveiller les vendeurs à la sauvette. Au-delà de l’aspect économique de la contrefaçon sur les emplois en France, « ces faux produits, qui fleurissent notamment aux abords des stades et qui dupent les consommateurs, comportent beaucoup de risques toujours plus importants, à la fois pour la santé et la sécurité », a déclaré mercredi Christian Peugeot, président de l’Unifab (Union des fabricants pour la protection internationale de la propriété intellectuelle). Il cite la présence, dans les contrefaçons, de colles toxiques, de teintures allergènes et de matériaux ne répondant pas aux normes en vigueur.

Gare aux faux billets

Comme lors de chaque grand événement, il convient de se méfier des billets dont le prix semble trop attractif. Les vendeurs ont mis en place des sites de vente qui leur permettent de faire d’une pierre deux coups : soutirer de l’argent en vendant des faux billets, et récupérer les données bancaires des acheteurs. L’UEFA a mis en place une extension pour navigateur Internet, Brandsays (https://www.brandsays.com/fr/download/), qui vérifie l’authenticité des sites de vente.

Les faux billets peuvent aussi circuler par courriel : leurs pièces jointes peuvent contenir des virus affectant l’ordinateur ou récupérant les données bancaires. En toute circonstance, il ne faut pas ouvrir les messages d’expéditeurs inconnus, a fortiori lorsqu’ils promettent une « bonne affaire ».

Attention aux faux logiciels de visionnage des matchs

Outre les courriels vérolés, la société de sécurité informatique Trend Micro invite les supporters à se méfier des sites ou messages proposant aux internautes de télécharger un fichier permettant de visionner les matchs en temps réel. Là encore, il s’agit de logiciels malveillants qui affecteront l’ordinateur. Les matchs sont, de toute façon, visibles gratuitement sur les sites de TF1 et de M6, ainsi que sur celui de beIN Sports (sur abonnement).

Des jeux mobiles truffés de publicités

De son côté, la société d’antivirus Avast met en garde contre certaines applications mobiles. Sous le couvert de noms génériques, comme « Soccer 2016 » ou « Football 2016-2025 », elles se présentent comme des jeux surfant sur l’Euro 2016 et la Copa America. « Pour en avoir testé plusieurs depuis le Google Play Store, ces applis ne sont pas toutes de la qualité de celle de la FIFA et certaines se révèlent même être des adwares – ces logiciels qui diffusent des publicités intempestives. C’est pourquoi il est important que les utilisateurs les reconnaissent », explique Jan Piskacek, analyste des menaces mobiles chez Avast.
Que Choisir en Ligne
Morgan Bourven


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Culture à l’ère du numérique
Dix ans après le vote de la loi DADVSI élaborée à partir de l’idée fausse du consommateur-pirate par nature, l’UFC-Que Choisir rend publique aujourd’hui une étude exclusive consacrée à l’accès à la culture et au financement de la création à l’ère du numérique. Cette étude met en évidence que les consommateurs ont adapté leurs comportements face à l’amélioration de l’offre légale, bien que des freins à son développement soient toujours présents.
Constatant la hausse des revenus des industries culturelles tirés du numérique et la baisse des pratiques illicites,
l’UFC-Que Choisir dénonce la multiplication des taxes destinées au monde de la culture pesant sur le pouvoir d’achat des consommateurs et appelle la Commission européenne à proposer une révision de la directive 2001/29 intégrant pleinement les intérêts des consommateurs.

Culture sur internet : oui, une offre légale de qualité crée sa propre demande

Les progrès accomplis ces dernières années par l’offre culturelle légale sur internet (innovations comme le streaming, approfondissement des catalogues musicaux, etc.) se sont rapidement traduits par une modification des comportements des consommateurs. D’une part, ils ont considérablement augmenté leurs dépenses culturelles dans les formats numériques (hausse du chiffre d’affaires du marché numérique de la musique de 73 % entre 2010 et 2015, dépenses pour les services de vidéo à la demande par abonnement qui atteignent 180 millions d’euros en 2015). D’autre part, les pratiques illicites ont baissé significativement comme l’atteste la diminution de 7,4 % de la part des internautes consultant des sites liés à la contrefaçon entre 2009 et 2014. A l’industrie culturelle, qui a raté la transition numérique, de lever maintenant les freins au développement plus poussé de l’offre légale (prix du téléchargement à l’acte encore élevé, catalogues trop parcellaires pour la vidéo) afin de permettre à la dynamique actuelle de se poursuivre !

Financement de la création : halte à la « taxationnite » !

Le fort relais de croissance pour le monde de la culture que constituent les revenus tirés de l’exploitation numérique des œuvres culturelles lui offre à la fois l’opportunité d’accroître la rémunération des ayants droit et plus largement de financer de nouvelles créations. Dès lors, la mise en place d’une taxe sur les objets connectés (rapport Lescure, 2013), ou plus largement de toute autre taxe destinée au monde de la culture et grevant le pouvoir d’achat des consommateurs, ne s’avère aucunement justifiée. Qui plus est, le financement public déjà considérable de la culture en France (estimé à 20 milliards d’euros par an), à l’efficacité plus que contestable, appelle surtout les pouvoirs publics à s’interroger sur une remise à plat de ce financement, plutôt que de frapper les consommateurs au portefeuille !

Copie privée : contre le dévoiement du système en France, le salut passe par l’Europe !

Le développement des ressources financières dont disposent les acteurs de la création et de la diffusion de contenus culturels rend moins légitime que jamais le dévoiement de la redevance pour copie privée en France. Celle-ci n’est aujourd’hui pas vue comme ce qu’elle devrait être, une compensation liée à un préjudice économique, mais comme un mode de rémunération «normal» des ayants droit. Malgré le constat accablant déjà dressé en 2014 par l’UFC-Que Choisir(1) , les pouvoirs publics français continuent d’ignorer les pistes de réformes justes et équitables proposées par l’association. Dès lors, ce n’est qu’au niveau communautaire que la situation peut favorablement évoluer. Aussi, dans le cadre de la révision de la directive 2001/29 sur le droit d’auteur dans la société de l’information, la Commission européenne devra veiller à mettre en place une véritable harmonisation de la copie privée au niveau des États membres afin d’empêcher toute dérive du système au détriment des consommateurs.

Au vu de l’ensemble de ces éléments, l’UFC-Que Choisir, partisane d’un financement sain et vertueux de la culture, et soucieuse de la préservation des droits des consommateurs dans l’univers numérique, demande :

- Au gouvernement de lancer un audit sur le financement public de la culture en mettant l’accent sur son efficacité par rapport aux besoins réels des industries culturelles et à la demande des consommateurs ;
- A la Commission européenne de profiter de la révision à venir de la directive 2001/29 pour harmoniser l’exception pour copie, notamment en définissant une méthodologie objective de détermination du préjudice subi par les ayants droits en raison de la pratique de copies privées ;
- L’extension du principe de l’épuisement du droit de distribution (c’est-à-dire la capacité pour l’acheteur d’un bien culturel de le donner, le prêter ou encore le vendre) à toute oeuvre culturelle numérique acquise dont la copie est rendue impossible par la présence de mesures techniques de protection.


(1) Constat de Que Choisir en 2014

Retrouver l'étude et les propositions de l'UFC-Que Choisir sur "Accès à la culture et financement de la création à l'ère du numérique : la disposition des consommateurs à payer pour une offre légale de qualité comme garantie d’un financement sain et vertueux de la culture" (PDF - 1537 Ko)
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Sites de téléchargement: Gare aux fichiers parasites !
Une icône est apparue sur le bureau de votre ordinateur ? Votre écran est envahi de publicités ? Votre PC rame ? Vous avez peut-être été victime de PUP (Potentially unwanted programs, ou LPI pour logiciels potentiellement indésirables), de petits programmes qui profitent du téléchargement d’un fichier d’apparence anodine pour s’installer sur votre ordinateur.

Certains sites obligent en effet les internautes qui veulent installer un de leurs logiciels à télécharger au préalable un gestionnaire de téléchargement, ou downloader. Une fois exécuté sur le PC, ce dernier récupère le fichier demandé, mais installe aussi des offres commerciales (coupons de réduction, utilitaires, antivirus ou encore adwares qui afficheront de la publicité sur l’écran), ajoute des barres d’outils au navigateur Web, modifie la page d’accueil, le moteur de recherche, ouvre des onglets au démarrage… En théorie, l’internaute peut choisir de ne pas télécharger ces fichiers en décochant des cases lors de l’installation. Mais en pratique, rares sont ceux qui prennent le temps de lire les messages qui s’affichent. Sur certains sites, on peut opter pour une version « sans PUP » du logiciel, mais elle n’est jamais mise en avant.


Un phénomène en perte de vitesse

Les PUP ont connu leur apogée il y a 5 ans, jusqu’à ce que certains acteurs se mettent à diffuser des fichiers trop envahissants ou à créer des contenus spécifiques dans l’unique but de distribuer les offres de leurs partenaires. Face à l’exaspération grandissante des internautes, nombre d’acteurs ont décidé de se passer des PUP. « Les downloaders avaient une vraie utilité car ils permettaient de réduire les temps de téléchargement, mais leur image est désormais tellement mauvaise qu’après avoir tenté de faire le ménage, nous avons préféré y renoncer totalement en décembre dernier », garantit Olivier Martinez, le responsable du site Telecharger.com.

Nos recherches menées à la fin janvier 2016 sur plusieurs dizaines de sites semblent confirmer ce désintérêt. Sur aucun des principaux sites français de téléchargement, Telecharger.com, ZDNet.fr, Clubic.com, Cnetfrance.fr ou d’autres, nous n’avons trouvé de PUP. Ils n’ont pourtant pas totalement disparu. Sur des sites étrangers, dans les moteurs de recherche ou via la publicité, les PUP continuent à s’infiltrer sur les PC. La preuve par cinq.

Download.com

En installant un logiciel de conversion de vidéos proposé par ce site de téléchargement américain, nous avons reçu un faux antimalware (qui annonce des menaces alors qu’il n’y en a pas) et Yahoo! a remplacé notre page de démarrage.

Erightsoft.com

Sur cet autre site américain, c’est aussi un convertisseur vidéo qui a causé notre infection. Résultat, pas moins de 9 indésirables récupérés (un record !) : 5 offres commerciales (2 outils de recherche, 2 adwares, 1 application météo) et 4 programmes installés furtivement (1 logiciel de téléchargement de vidéos, 1 assistant shopping, 1 lanceur d’applications et 1 antivirus en langue chinoise).

Un lien publicitaire proposé par Yahoo! (aussi vu sur Bing)

Il a suffi de cliquer sur un lien publicitaire proposant de télécharger le logiciel de compression 7-zip pour installer aussi un logiciel de filtrage de sites malveillants.

Une publicité Google vue sur de nombreux sites

Cette fois, nous pouvions avoir gratuitement une barre d’outils. En cadeau, nous avons récupéré un installeur de pilotes et la page de démarrage de notre navigateur a été remplacée par le moteur de recherche Ask.com. Pour couronner le tout, les barres d’outils de solutions antimalwares présentes sur notre PC ont été désactivées. Pas rassurant.

Tuto4pc.com

Ce site français accompagne ses tutoriels d’un adware baptisé Eorezo. D’ailleurs, les documents expliquant comment utiliser Photoshop ou PowerPoint sont si basiques qu’on pourrait croire qu’ils ont été créés uniquement pour diffuser cet adware pourvoyeur de pubs sur un maximum d’ordinateurs.

Blocage des PUP : les antivirus hésitent

Inutiles, intrusifs, envahissants, les PUP n’en sont pas pour autant illégaux : l’utilisateur est censé avoir accepté de télécharger ces fichiers. Qui plus est, tous ne constituent pas une menace. Alors, face à ces PUP, comment réagissent les solutions de sécurité Internet de notre test ? Seul Eset les a tous bloqués. Les autres en ont laissé passer, soit parce qu’ils ne les ont pas détectés, soit parce qu’ils ne les considéraient pas comme indésirables. Pourtant, la plupart des solutions intègrent une fonction anti-PUP activée par défaut. Seul Eset donne le choix, au moment de l’installation, d’activer ou non la détection des PUP. Un conseil : faites-le.



Les résultats

5 PUP bloqués sur 5 : Eset
4 PUP bloqués sur 5 : AVG, Avira, Panda
3 PUP bloqués sur 5 : Bitdefender, BullGuard, F-Secure, G Data, Malwarebytes, Trend Micro
2 PUP bloqués sur 5 : Avast!, McAfee, Norton, Windows Defender (Microsoft Windows 10)
1 PUP bloqué sur 5 : Kaspersky, ZoneAlarm


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Cyril Brosset


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TNT Mpeg4 (vidéo): Questions-réponses sur le passage à la TNT HD
Quelles raisons justifient ce passage Ă  un nouveau mode de compression ?

Les motifs qui régissent ce changement sont tout à la fois techniques, politiques et économiques. Conformément à des directives européennes, la France a l’obligation de libérer des fréquences. Afin de réduire l’espace occupé par les chaînes de télévision, elle a adopté le format Mpeg4 qui permet de compresser davantage les signaux de diffusion. Ainsi, sur une bande moins large, on arrive à faire passer autant, voire plus d’informations qu’avec le mode de compression Mpeg2. Et ces fréquences « libérées » valent de l’or. L’État les a prévendues aux opérateurs de téléphonie mobile pour qu’ils déploient notamment leur réseau 5G, encore plus rapide que la 4G. Une couverture du territoire qui se fera progressivement, en commençant par Paris.


Quels foyers sont affectés par cette évolution ?

La fin de la coexistence du Mpeg2 et du Mpeg4 intéresse les particuliers qui reçoivent sur au moins l’un de leurs téléviseurs les chaînes de la TNT par l’antenne râteau, c’est-à-dire par voie hertzienne. « Cela concerne près de 16 % des foyers, estime Nicolas Curien, qui suit ce dossier au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Parmi eux, 5,6 % (soit 1,6 million de foyers) dépendent exclusivement de l’antenne râteau et ne sont pas prêts pour le Mpeg4. S’ils ne font rien, ils n’auront plus la télévision. »


Que doivent-ils faire ?

Ces foyers doivent s’assurer que leurs écrans – le principal et les autres – sont compatibles avec le Mpeg4. Qu’ils sont bien HD ou full HD (attention : les HD Ready ne sont pas tous compatibles). Les modèles mis en vente depuis la fin 2012 ont adopté ce profil (décembre 2009 pour les écrans de plus de 66 cm). Une astuce simple (voir notre vidéo ci-dessus) permet de vérifier que le téléviseur est prêt. Il faut se positionner sur Arte, donc la chaîne n° 7 ou n° 57 : si le logo HD apparaît sur l’une ou l’autre, c’est bon ! Des propriétaires de modèles trop anciens, incompatibles avec le Mpeg4 (appareils fonctionnant avec un adaptateur Mpeg2 ou TNT Mpeg2), vont certainement profiter du passage imposé au seul Mpeg4 pour en changer. Ceux qui garderont leur « vieux » poste devront le relier à un adaptateur TNT HD Mpeg4, qu’ils trouveront dans le commerce à partir d’une vingtaine d’euros.
Tous les foyers qui utilisent l’antenne râteau pour recevoir la TNT – y compris ceux équipés d’une télé Mpeg4 – devront, le 5 avril, en rallumant leur téléviseur, rechercher et mémoriser les chaînes. Une opération rendue nécessaire par la ré­organisation des multiplex, les « paquets » : les chaînes, qui transitent par les centaines d’antennes-relais terrestres implantées sur le territoire, sont regroupées par « paquets ». C’est cette répartition qui va être revue dans toutes les régions.

Bon à savoir. La diffusion exclusive en Mpeg4 ne nécessitera pas, en principe, de changer d’antenne de toit ou de procéder à des réglages particuliers. Une adaptation pourra cependant être nécessaire dans les immeubles collectifs. Attention, dès lors, à ne pas se laisser embobiner par des démarcheurs indélicats qui voudraient vendre à prix prohibitif une nouvelle antenne n’apportant rien de plus que l’ancienne !


Et si l’on reçoit les chaînes via une box (ADSL ou fibre) ou le satellite ?

Pour ceux qui accèdent aux chaînes grâce à la box d’un fournisseur d’accès Internet (Orange, Free…), que ce soit par l’ADSL ou la fibre, il n’y a rien à faire ! La situation est différente si la télé arrive au domicile par câble ou par satellite (sans abonnement). Dans la première configuration, il faut s’assurer auprès du câblo-opérateur que le décodeur est bien HD. Même chose pour ceux qui captent la TNT via une parabole, parce que non (ou mal) desservis par la diffusion hertzienne. Fransat (Eutelsat) et TNT Sat (Canal +) sont les deux opérateurs qui proposent ce service. Pour rendre conforme leur installation (dans le cas du satellite, le « tout-Mpeg4 » sera effectif le 25 avril), des adaptateurs « spécial satellite » Mpeg4 à brancher sur le téléviseur sont disponibles en magasin (de 90 à 160 € environ). Fransat a par ailleurs mis au point un petit module, vendu à partir de 70 €, pour les personnes possédant un téléviseur avec tuner satellite.


Existe-t-il des aides financières pour adapter son installation ?

L’ANFR (Agence nationale des fréquences) indique qu’une participation de 25 € à l’achat d’un adaptateur (elle ne s’applique pas, pour l’instant, à ceux qui passent par le satellite) est accessible aux personnes exonérées du paiement de la redevance audiovisuelle. Et dans les cas assez rares où le passage au « tout-Mpeg4 » nécessiterait de réorienter l’antenne ou d’opter pour une réception par satellite (si l’on se retrouve dans une « zone blanche », à savoir pas ou mal couverte), une aide maximale de 250 € pourra être accordée. Le consommateur avancera les frais et sera remboursé sur facture, mais l’aide ne couvrira pas toujours le montant de la dépense engagée. Certains auront des difficultés à opérer les branchements et réglages nécessaires : grâce à un partenariat avec La Poste, des facteurs pourront s’en occuper. « Ce service est offert – sur rendez-vous (1) – aux foyers recevant uniquement la télé par l’antenne râteau et à condition qu’ils soient composés de personnes ayant toutes plus de 70 ans ou ayant un handicap supérieur à 80 % », précise l’ANFR.


Les programmes seront-ils tous diffusés en haute définition, la HD ?

La quasi-totalité du territoire a déjà accès à la HD via l’antenne râteau. TF1, France 2, Canal +, Arte et M6 ont été les premières chaînes à diffuser des programmes en HD. Les nouvelles chaînes de la TNT les ont suivies en 2012. Dès le 5 avril, toutes les chaînes auront basculé dans ce mode. Mais cela ne signifie pas que la totalité des images reçues sur le téléviseur seront en « haute définition d’origine » (« HD native »), ce qui entraîne une amélioration réelle de leur qualité. Pour cela, il faut que le programme diffusé soit tourné (ou converti pour les films anciens) en HD. Or, ce n’est pas systématique. Quant à ceux qui devront brancher un adaptateur sur leur « vieux » poste, l’image envoyée en HD sera toujours restituée en qualité standard. Le passage en Mpeg4 ne changera rien pour eux !

(1) Pour tout renseignement ou pour obtenir une aide : 0 970 818 818 (du lundi au vendredi, de 8 h à 19 h, prix d’un appel local) ; www.recevoirlatnt.fr
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Arnaud de Blauwe


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SFR: Les clients voient de plus en plus rouge
Que se passe-t-il chez SFR ? Alors qu’il vient de lancer une grande offensive commerciale avec sa nouvelle box Zive, le deuxième opérateur de France doit faire face à des niveaux de mécontentement sans précédent. C’est en tout cas ce que laissent entendre les différents indices statistiques tenus à jour par Que Choisir.

SFR est ainsi l’opérateur qui génère le plus d’appels téléphoniques au Service d’information juridique (SIJ) chargé de répondre aux questions juridiques des abonnés de Que Choisir et de les aider dans leurs démarches. Entre octobre et décembre 2015, pas moins de 153 dossiers ouverts concernaient SFR et 22 Numericable, soit un total de 175 pour le groupe Altice. Sur la même période, Orange générait 124 dossiers alors que l’opérateur compte un plus grand nombre d’abonnés. Free et Bouygues Télécom, quant à eux, en totalisaient respectivement 45 et 42. Accès Internet interrompu, problèmes de résiliation, de facturation… les faits reprochés à SFR sont très variés. Parmi les victimes, il y a par exemple cet ancien abonné qui, après avoir résilié son abonnement, a continué à être facturé et a même reçu des courriers menaçants émanant d’une société de recouvrement. Il a bien tenté d’expliquer sa situation à l’opérateur, mais son courrier est resté sans réponse. Un autre client, lui, s’est plaint de ne plus avoir d’accès à Internet depuis 40 jours après avoir demandé à changer d’offre. Un abonné nous a appelé après avoir découvert que SFR avait modifié son forfait de téléphonie mobile alors qu’il n’avait rien demandé et un autre a dénoncé le fait que SFR l’ait contacté pour lui dire que l’offre qu’il avait souscrite deux ans auparavant n’était plus commercialisée et qu’il devait en choisir une autre. Chez un autre encore, la connexion à la fibre qu’on lui a fait souscrire n’a jamais fonctionné malgré l’intervention à trois reprises d’un technicien à son domicile. Sans compter les nouveaux abonnés qui ont attendu plusieurs semaines que leur box leur soit livrée. SFR a d’ailleurs reconnu « quelques couacs » dans la livraison « à cause de volumes de commandes plus importants que prévu ».

Les juristes du SIJ ne sont pas les seuls à constater une recrudescence des litiges liés à SFR. Alors qu’ils représentent à eux deux environ 20 % du marché, SFR et Numericable ont généré pas moins de 44 % des litiges liés à la téléphonie mobile reçus à l’UFC-Que Choisir en 2015, que ce soit au niveau de nos associations locales ou à la fédération parisienne.

Une satisfaction en berne

Logiquement, la hausse du nombre de litiges se retrouve dans d’autres études. C’est le cas par exemple dans la dernière enquête satisfaction menée par notre Observatoire de la consommation. Celle-ci montre en effet qu’en 2015, seuls 77 % des clients mobiles de SFR se disaient satisfaits des services de leur opérateur, soit une baisse de 10 points sur les 2 années précédentes et le plus faible taux tous opérateurs confondus, bien loin derrière Free Mobile et ses 96 % de clients satisfaits. Dans la même enquête, seuls 45 % des clients SFR mobile disaient avoir envie de recommander cet opérateur à leurs proches, soit, là aussi, le plus mauvais score de tous. Conséquence de cette tendance, SFR et Red, sa marque mobile low cost, perdent chacune 2 places dans notre comparateur des opérateurs de téléphonie mobile.

Depuis son rachat par Altice, le groupe propriétaire de Numericable, SFR est en complète restructuration, que ce soit au niveau des équipes, des réseaux et des offres. Aussi considérable soit-il, ce chantier ne doit pas faire oublier à l’opérateur la satisfaction de ses abonnés.
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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Données personnelles; Cnil et DGCCRF convoquent Facebook
Facebook prend un peu trop ses aises avec nos données personnelles. Ce n’est pas nouveau : il y a deux ans déjà, l’UFC-Que Choisir attaquait le réseau social en justice devant le TGI (tribunal de grande instance) de Paris pour clauses abusives ou illicites. Cette procédure, toujours en première instance, suit son cours. Mais l’actualité récente tend à lui donner du poids.

De multiples manquements à la loi Informatique et libertés

Il y a deux jours, la Cnil annonçait en effet qu’elle avait adressé à Facebook une mise en demeure de corriger certaines pratiques en matière de données personnelles. Selon elle, le réseau social ne respecte pas la législation (loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978), et ce à plusieurs égards. D’abord, la Cnil déplore qu’à aucun moment, lors de l’inscription au site, les utilisateurs ne soient informés du traitement qui sera fait de leurs données personnelles. Elle reproche ensuite à Facebook de ne pas demander le consentement exprès des utilisateurs lorsqu’il leur propose de compléter leur profil avec leurs opinions politiques, religieuses ou encore leur orientation sexuelle. En outre, la Cnil estime que Facebook n’assure pas la sécurité des données de ses abonnés car ils peuvent choisir un simple mot de passe à 6 caractères, insuffisant. Les enquêteurs, qui se sont rendus dans les locaux parisiens de Facebook en avril 2015 avant de procéder à des tests en ligne en décembre, ont constaté plusieurs autres manquements. Le réseau social piste les internautes même lorsqu’ils n’ont pas de compte Facebook : un clic sur un bouton « j’aime », comme on en voit de plus en plus souvent sur Internet (e-commerçants, blogs, articles de presse, etc.), suffit. Il s’agit en fait d’un cookie déguisé. Pour celui-ci comme pour tous ceux qu’il dépose dans les PC et les smartphones de ses utilisateurs, Facebook est d’ailleurs tenu d’obtenir l’accord préalable des internautes, ce qu’il ne fait pas non plus. Il conserve par ailleurs les adresses IP des internautes pendant plus de 6 mois, ce que la Cnil juge disproportionné. Citons enfin, parmi les griefs, le fait que Facebook transfère les données personnelles de ses abonnés hors de l’Union européenne, et ce malgré l’invalidation récente de l’accord qui le lui permettait, le Safe Harbor. S’il ne modifie pas tous ces points litigieux dans un délai de 3 mois, Facebook risque une amende pouvant atteindre 150 000 €. Un montant qui ne devrait pas effrayer le groupe californien qui a réalisé au dernier trimestre 2015 un chiffre d’affaires de 3,54 milliards de dollars !

Des clauses contractuelles jugées abusives

La DGCCRF est moins diserte sur les reproches qu’elle a adressés à Facebook le lendemain de la Cnil. Après avoir examiné les conditions d’utilisation du site, elle a constaté qu’elles contenaient des clauses abusives, interdites par la loi. « Dans la Déclaration des droits et responsabilités figurent plusieurs clauses qui créent un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, au détriment des utilisateurs », explique la Répression des fraudes. En fait, celle-ci reproche à Facebook de pouvoir supprimer, sans avertir personne, des contenus publiés par les abonnés. Elle tique également sur le droit que Facebook s’octroie de modifier unilatéralement ses conditions d’utilisation et son service de paiement. Cette fois, le réseau social a 2 mois pour mettre à jour ses conditions d’utilisation. Mais il pourrait contester cette obligation devant le juge administratif, ce qui éloignerait considérablement la perspective d’une issue tant les procédures judiciaires sont longues.

Données personnelles : comment paramétrer son compte Facebook

Même si Facebook se plie aux exigences de la Cnil et de la DGCCRF, l’utilisateur devra toujours intervenir sur les paramètres de son compte pour protéger au mieux ses données personnelles. Notre vidéo (réalisée en 2013) vous indique, pas à pas, la marche à suivre.

Retrouvez aussi nos tutoriels pour paramétrer vos comptes Twitter (2013) et Google + (2014).
Que Choisir en Ligne
Camille Gruhier


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Droit à l’oubli: Google change les règles
Vous avez participé, mineur(e), à un jeu-concours dont la presse locale s’était fait l’écho sur Internet ? Votre nom est cité dans un article en ligne traitant d’une sombre affaire à laquelle vous n’êtes pas directement lié(e) ? Vous pouvez demander à Google de supprimer les liens vers ces contenus qui sortent quand on saisit votre nom dans le moteur de recherche. En effet, depuis le printemps 2014 et une décision historique de la Cour de justice de l’Union européenne, le « droit à l’oubli » oblige le moteur de recherche à examiner votre demande (sans obligation toutefois d’y accéder).

Mais Google et le G29 (qui regroupe les Cnil européennes) ont une interprétation différente de la mise en application de cette mesure. Google accepte de déréférencer les liens, mais uniquement sur les déclinaisons européennes de son moteur de recherche (Google.fr, Google.es, Google.it, etc.) et pas sur Google.com. Explication de Google : il est impossible d’imposer à tous les internautes de la planète des décisions qui découlent du seul droit européen. Autrement dit, en se connectant sur Google.com, un internaute, où qu’il soit, tombe sur les liens supprimés au nom du droit à l’oubli européen. En France, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) n’a jamais été d’accord avec cette interprétation, rejetée officiellement en septembre 2015.

Géolocaliser l’internaute grâce à son adresse IP

Dans les faits, ce point de blocage concerne assez peu d’internautes puisque nous sommes 98 % à nous connecter à la version locale de Google (Google.fr depuis la France, par exemple). Google va toutefois infléchir sa position. Dans quelques semaines, le moteur examinera l’adresse IP (numéro d’identification d’un appareil connecté à Internet) de l’internaute avant d’afficher la page de résultats de Google.com. Cette adresse IP lui permettra de géolocaliser l’internaute. S’il se trouve en Europe, les liens déréférencés n’apparaîtront pas. Mais s’il est ailleurs dans le monde, si. Google espère ainsi satisfaire le G29, et pourquoi pas… la Cnil. Celle-ci refuse pour le moment de commenter cette initiative. Mais elle n’aura pas vraiment d’autre choix que de s’en tenir à ce compromis. Plusieurs homologues européens se sont déjà dits satisfaits. C’est notamment le cas de l’ICO (1) britannique, mais aussi de l’AEPD (2) espagnole, celle-là même qui avait saisi la Cour de justice européenne et induit, ce faisant, l’introduction du droit à l’oubli.

(1) Information Commissioner’s Office

(2) Agencia Española de Protección de Datos
Que Choisir en Ligne
Camille Gruhier


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Téléviseurs: Votre matériel est-il aux normes ?
Le compte à rebours a commencé… Dans moins de 6 mois, la télévision numérique terrestre (TNT) va basculer vers la haute définition (HD). « Actuellement, deux normes sont utilisées pour diffuser les chaînes de la TNT en France : le mpeg 2, qui est le mode standard, et le mpeg 4, celui de la HD, explique l’ANFR (Agence nationale des fréquences). À partir du 5 avril 2016, le mpeg 2 sera abandonné au profit du mpeg 4, ce qui permettra donc de passer à la TNT HD. »

Les foyers qui reçoivent la télévision par l’ADSL, le câble ou le satellite (bouquets payants) ne sont pas concernés, leur installation étant déjà configurée. En revanche, la date du 5 avril 2016 doit être marquée d’une pierre blanche par ceux qui accèdent aux programmes de télévision par l’antenne râteau pour au moins l’un de leurs téléviseurs. Selon le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), « 1,8 million de foyers reçoivent exclusivement les chaînes par ce mode ». Et il faut aussi compter avec tous les postes de télévision annexes (ceux installés dans une chambre, une cuisine ou une résidence secondaire) encore reliés à l’antenne râteau.

S’ils ne veulent pas se retrouver avec un écran noir au matin du 5 avril, ces foyers doivent d’ores et déjà vérifier la compatibilité de leur installation avec le mpeg 4. Il faut que leur téléviseur soit HD ou Full HD. Depuis décembre 2012, tous les appareils mis sur le marché le sont (décembre 2009, pour ceux de plus de 66 cm). Dans le doute, il faut se positionner sur Arte (chaîne no 7 ou 57) : si le logo HD apparaît sur l’une ou l’autre de ces numérotations, cela signifie que le téléviseur est apte !

À moins d’acheter un nouvel appareil, les foyers équipés d’une télé non compatible (modèles anciens sur lesquels est déjà branché un adaptateur mpeg 2, modèles TNT à la seule norme mpeg 2) seront contraints d’acheter un adaptateur mpeg 4, vendu à partir de 25 € dans le commerce.


Campagne de communication et aides financières

Au matin du 5 avril, tous les téléspectateurs qui reçoivent la TNT par l’antenne râteau devront en outre opérer avec leur télécommande une recherche et une mémorisation des chaînes. La raison ? Leur répartition va en effet être revue dans les différents multiplex (en simplifiant, ils transitent par les 1 624 antennes-relais en service sur tout le territoire).

Pour aider les consommateurs à franchir le cap, les pouvoirs publics lancent une campagne de communication qui se déroulera par étapes. Ils ont également prévu une aide d’un montant de 25 € pour l’acquisition d’un équipement TNT HD. Un dispositif uniquement ouvert aux foyers exonérés du paiement de la redevance télé.

Une aide à la réception de 120 € maximum (si une réorientation de l’antenne est rendue nécessaire par ce passage au tout-HD) ou de 250 € maximum (si la réception par l’antenne râteau n’est plus possible et qu’elle doit être remplacée par une réception satellite) est également disponible, sans conditions de ressources. Les consommateurs doivent faire l’avance des fonds et sont ensuite remboursés sur justificatifs.

Enfin, ne aide de proximité est mise en place pour les foyers « dont tous les membres ont plus de 70 ans ou souffrent d’un handicap de plus de 80 % ». Elle se traduit concrètement par l’intervention d’un agent de la Poste qui viendra procéder aux branchements et aux réglages nécessaires de l’installation.

Pour bénéficier de ces aides ou obtenir davantage d’informations sur le passage à la TNT HD, les consommateurs peuvent consulter le site www.recevoirlaTNT.fr ou composer, du lundi au vendredi de 8 à 19 h, le 0 970 818 818 (prix d’un appel local).
Que Choisir en Ligne
Arnaud de Blauwe


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Loi Numérique: Les propositions de l’UFC-Que Choisir
Avec plus de 10 000 participations à ce jour, il semblerait que les internautes se soient pris au jeu de la consultation publique mise en place par le gouvernement. Depuis le 26 septembre dernier, tous les citoyens, toutes les associations, toutes les institutions peuvent s’exprimer sur le projet de loi pour une République numérique porté par la secrétaire d’État Axelle Lemaire. Chacun est libre de donner son avis, de commenter les articles de la loi, de proposer des modifications, et de voter sur les propositions des participants. « Cette loi définit les grandes orientations de notre société numérique de demain. Nous avons souhaité lui donner une dimension démocratique particulière en permettant à chacun de s’exprimer sur son contenu. Cette consultation permettra sans doute de corriger certains articles afin qu’ils répondent plus précisément aux attentes des citoyens », expliquait Axelle Lemaire lors d’une rencontre à l’European American Press Club, le 7 octobre dernier.

Abstrait aujourd’hui, très concret demain

Cette loi aborde plusieurs thématiques qui, bien qu’elles puissent sembler abstraites aujourd’hui, s’avéreront fondamentales dans les années à venir. « Open data », « autodétermination informationnelle », « loyauté des plateformes »… Autant de grands concepts qui recouvrent en fait des questions cruciales, concrètes et pas encore spécifiquement réglementées comme la neutralité du Net, le droit à l’oubli des mineurs ou encore la mort numérique. Concrètement, la loi est structurée autour de trois axes. Le premier concerne l’économie de la donnée, le deuxième le renforcement de la confiance des utilisateurs sur Internet. Le dernier, plus social, aborde des questions comme celle de l’accessibilité à Internet.

Sans entrer dans le détail du texte, disponible sur la page Internet dédiée (1), nous vous présentons ici, dans leur contexte, les principales mesures sur lesquelles l’UFC-Que Choisir a souhaité réagir dans le cadre de la consultation. Vous pouvez les retrouver en intégralité en cliquant sur ce lien. Pour soutenir ces propositions, il suffit de voter !

Circulation des données et du savoir

« La data, c’est le capital du XXIe siècle. Nous préparons l’environnement législatif pour accueillir cette nouvelle donne », expliquait Axelle Lemaire lors de la rencontre. L’objet de ce premier volet de la loi est de passer d’une économie du culte du secret à une économie transparente dans laquelle les services publics ont l’obligation, par défaut, de rendre publiques toutes les données dont elles disposent (c’est l’« open data »). Objectif : stimuler l’activité économique autour de ces données. Par exemple, on peut imaginer que des développeurs exploitent les informations sur la qualité de l’eau des piscines municipales pour proposer des applications mobiles pourquoi pas payantes.

La loi prévoit que ne soient pas considérées comme des informations publiques celles qui font l’objet d’un droit de propriété intellectuelle (article 2). Il faut aller plus loin en précisant quels sont les tiers qui peuvent opposer ce droit, sinon, la loi sera trop facile à contourner.

De même, le texte d’Axelle Lemaire prévoit trop d’exceptions d’ouverture des données par défaut dans les contrats de délégation de services publics (article 5).

Confiance dans Internet : de la neutralité du Net aux avis de consommateurs…

La LRN veut rassurer les citoyens dans leur utilisation d’Internet. C’est tout l’objet du deuxième volet du texte, qui aura des conséquences concrètes pour les internautes. Il assoit le principe de la neutralité du Net en France, qui interdit par exemple aux opérateurs de réduire la bande passante accordée à certains sites de partages de vidéos et d’augmenter cette bande passante auprès d’autres sites moyennant paiement. L’UFC-Que Choisir applaudit des deux mains mais souhaiterait que la loi prévoie d’ores et déjà les modalités d’un contrôle. Dans le prolongement de la loi Hamon, les agents de l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) pourraient signaler à la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) tout manquement constaté à la loi. Avec la LRN, les internautes pourront récupérer toutes leurs données s’ils souhaitent changer de prestataire, et ce pour les e-mails, les contacts, les fichiers stockés dans le cloud ou encore les listes de lecture de musique écoutée en streaming. Parfait, sauf qu’en l’état, l’article exempte les cas où le prestataire indique que c’est « impossible ». Un non-sens qui doit être supprimé ! L’UFC-Que Choisir estime aussi que les sanctions prévues en cas de manquement (3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale) sont insuffisantes et propose de les augmenter pour les rendre dissuasives.

Les internautes se méfient des avis de consommateurs qu’ils lisent sur Internet, et nos différentes enquêtes sur le sujet prouvent qu’ils ont raison : les faux avis sont très fréquents. La loi prévoit d’imposer aux sites Internet d’indiquer, de manière explicite, si les avis qu’ils publient ont fait l’objet d’un processus de vérification. Inciter les sites Internet à respecter la norme Afnor existante, bien qu’elle soit timide, constituerait un préalable.

… et du droit à l’oubli au testament numérique

Le droit à l’oubli est l’une des dispositions phares du projet de règlement européen sur les données personnelles. Il s’agit de permettre aux internautes de demander, dans certains cas, à ne plus apparaître dans les résultats des moteurs de recherche. Ce principe soulève de nombreuses questions mais demeure essentiel pour la protection de la vie privée. La LRN veut que la procédure soit particulièrement rapide pour les mineurs, afin qu’une soirée un peu trop festive ne nuise pas à une potentielle embauche, par exemple.

Autre disposition intéressante, celle du testament numérique, qui permettra à tous les internautes de décider par avance du sort de ses données en cas de décès. Certains sites, notamment les réseaux sociaux, ont déjà pris les devants.

Votre correspondance restera privée

Jusqu’à présent, les e-mails n’étaient pas expressément inclus dans le droit concernant le secret des correspondances privées (art. 226-15 du code pénal). La LRN rectifie le tir et intègre également tous les messages privés échangés sur les réseaux sociaux. Les hébergeurs ne pourront plus utiliser le contenu de vos messages pour cibler la publicité qu’ils affichent sur votre écran.

Autre disposition concernant le courrier, le recommandé électronique, précisément. Axelle Lemaire souhaite offrir à la lettre recommandée électronique les mêmes garanties et la même reconnaissance que la lettre recommandée papier. Mais l’article qui l’instaure pose plusieurs problèmes. D’abord, le texte prévoit que tout prestataire de recommandé électronique doit préalablement recevoir une autorisation de l’Arcep. Mais rien n’oblige le prestataire à prouver qu’il a bien reçu cette certification. Ensuite, de nombreuses boîtes mail ne sont plus utilisées bien qu’elles existent toujours. Se pose alors la question de l’effectivité du recommandé électronique dès lors que le destinataire pourrait recevoir ce type de mail sans en avoir pris forcément connaissance…

(1) https://www.republique-numerique.fr/consultations/projet-de-loi-numerique/consultation/consultation
Que Choisir en Ligne
Camille Gruhier


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Arnaque sur smartphone; Abonné d’office à Droid6000
Des centaines, peut-être des milliers… il est difficile de savoir exactement combien Droid6000 a fait de victimes. Toujours est-il que ce nom tout droit sorti d’un film de science-fiction est depuis quelques semaines la bête noire de nombreux abonnés à la téléphonie mobile. Tous ont découvert la supercherie après avoir reçu sur leur smartphone un SMS leur confirmant leur inscription à un certain Droid6000, un service payant sur abonnement facturé 4,99 € par semaine. Certains de ne s’être jamais inscrit à quelque service que ce soit, la plupart ont immédiatement contacté leur opérateur qui a accepté de résilier l’abonnement. En revanche, rares sont ceux qui sont parvenus, par ce biais, à se faire rembourser les sommes déjà prélevées.
De fait, en cas de souci avec un abonnement multimédia, mieux vaut se tourner directement vers l’éditeur du service. Pour trouver son nom et ses coordonnées, il suffit de les demander à son opérateur ou de se rendre sur le site Infoconso-multimedia.fr, rubrique « Services clients éditeurs », et de suivre la procédure indiquée. Malheureusement, les coordonnées qui apparaissent ne sont pas forcément celles de l’éditeur qui a conçu le service. Dans le cas de Droid6000, ce ne sont pas les coordonnées de la société éditrice qui sont fournies (celle-ci est basée aux États-Unis), mais celles du prestataire technique, en l’occurrence la société Highconnexion installée à Oullins, près de Lyon (69). Même si celle-ci n’a fait que son job (à savoir assurer une prestation d’intermédiation entre l’éditeur et les opérateurs), c’est à elle qu’il faut s’adresser pour obtenir le remboursement des sommes versées.

L’affiliation en question

Le plus étonnant dans cette histoire, c’est que Droid6000 est un vrai service édité, d’après les professionnels contactés, par une société sérieuse. Il semblerait en fait que, dans ce cas précis, le problème ne vienne pas de l’éditeur lui-même, mais d’un de ses revendeurs. Les premiers litiges seraient en effet apparus à partir du moment où l’éditeur a fait appel à des affiliés chargés de vendre son service pour son compte. L’un de ces distributeurs serait parvenu à diffuser en masse le service en cachant l’étape de validation permettant à l’utilisateur du téléphone de confirmer sa demande de souscription. De nombreux abonnements ont donc été souscrits sans que le propriétaire du téléphone s’aperçoive de quoi que ce soit.
Consciente de l’effet néfaste de tels dérapages, l’Association française de multimédia mobile (AFMM) tente depuis longtemps de les stopper. C’est à elle, par exemple, que l’on doit l’envoi systématique d’un SMS de confirmation par l’opérateur, qui a permis aux victimes de Droid6000 de constater le problème et de résilier rapidement. Sans lui, le préjudice aurait sans doute été beaucoup plus élevé. Leurs plaintes ont par ailleurs permis d’alerter les opérateurs et contribué à faire fermer le service. Quant au développement de l’affiliation, il a pour conséquence de multiplier le nombre d’intermédiaires et donc de rendre plus difficile le contrôle de chacun d’entre eux. Suite à l’affaire Droid6000, la commission Déontologie de l’AFMM a demandé au syndicat d’éditeurs, le Geste, de travailler à la mise en place d’une charte de bonnes pratiques.
Que Choisir en Ligne
Cyril Brosset


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