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Tabac: Comment les industriels ont infiltré les réseaux sociaux
Une jeune femme sur la plage, un groupe d'amis en soirée ou un jeune adulte en pleine séance de travail. Ces images sont légion sur les réseaux sociaux. Elles n'ont rien d'inhabituel, sauf si l'on y ajoute une cigarette ou un paquet, discrètement positionnés dans le cadre. À l'heure où le tabac connaît un désamour global, ce type de photographie a récemment fleuri sur les pages les plus fréquentées de Facebook, Twitter et Instagram.

Inutile d'y voir un regain de popularité venu de nulle part. Il s'agit, en fait, d'une manœuvre orchestrée par les fabricants de tabac pour redorer et banaliser l'image de leurs produits. À cette fin, ils ont infiltré les réseaux sociaux de 40 pays, détaille un rapport complet (1) remis aux autorités américaines.

Signé notamment par l'organisation à but non lucratif Campaign for Tobacco-Free Kids et plusieurs sociétés savantes, ce document désigne les coupables : Philip Morris International, British American Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Tobacco. Qui ont avoué, à demi-mot, avoir eu recours à des influenceurs, dans les colonnes du New-York Times (2).

Le cœur de cette opération séduction s'appuie sur les « influenceurs ». Ces internautes disposent de comptes très suivis par les utilisateurs des réseaux sociaux. Leurs pages sont donc convoitées des marques, qui nouent des partenariats avec eux. En échange de « vues » et de « likes », elles proposent produits gratuits et rémunération.


Une publicité qui tait son nom

British American Tobacco (BAT) « ne choisit que les personnes qui ont le plus de followers », témoigne un ambassadeur auprès des auteurs du rapport. Autrement dit, les comptes qui génèrent le plus de trafic et toucheront le plus de monde. En échange, les influenceurs « reçoivent 200 dollars par mois, et 2 cartouches de cigarettes ».

Mais la règle du jeu est loin d'être aussi transparente pour les internautes. Chez BAT comme les autres fabricants, la rémunération est soumise à plusieurs conditions. Pour parvenir à ses fins, l'industrie n'est pas prête à tous les sacrifices. Les marques interdisent à leurs ambassadeurs d'indiquer que le post est sponsorisé. Une pratique pourtant courante.

Les fabricants fixent aussi un certain nombre d'exigences esthétiques. La photographie doit mettre en valeur le produit, mais avec subtilité. L'internaute ne doit pas flairer la publicité... « Notre rôle consiste à mettre en ligne une sorte de publicité sur Instagram ou Facebook ; mais il faut qu'elle ait l'air naturelle... L'aspect créatif et naturel des photos est très important », développe un influenceur.

À ces photographies « spontanées » peuvent s'ajouter des événements au nom de la marque que les ambassadeurs relaient sur leurs pages. En France, c'est Marlboro qui mène la danse avec le hashtag #DecideTonight. Le fabricant a organisé plusieurs fêtes à ce nom. Dans d'autres pays, des jeux concours au nom de la marque (voyage, produits) peuvent être organisés.


Cibler les jeunes

Le choix des hashtags associés aux campagnes n'a rien d'anodin. Simples, ils traduisent le défi, le voyage, le mouvement. Il faut vendre du rêve et des termes susceptibles d'être repris par le plus grand nombre, dans une « conversation » mondiale. Pour cela, pas moins de 123 hashtags ont été diffusés. Et vus à 8,8 milliards de reprise rien qu'aux États-Unis.

En France, la campagne #DecideTonight de Marlboro a porté ses fruits. Mais elle n'est pas la seule. Celles d'autres pays ont également touché nos internautes nationaux : « Stay True, Stay Free » sponsorisé par Japan Tobacco International au Kazakhstan, la campagne de British American Tobacco en Italie, mais aussi #NightHunters lancé par Philip Morris en Uruguay... qui promeut des cigarettes mentholées interdites en France !

L'objectif de la démarche ? Redonner à la cigarette son image de produit « cool », tout particulièrement auprès des jeunes, qui fréquentent assidûment ces réseaux. Car au fil des politiques antitabac, le produit a perdu son succès. Ce public s'en éloigne, et la publicité à l'ancienne ne fonctionne plus. Il faut donc passer sous le radar des réticences habituelles. « Les marques s'appuient sur l'idée d’un marketing auprès des pairs... », indique un influenceur aux rapporteurs.


Une pratique illégale

Outre les dégâts sanitaires d'une telle approche (voir encadré), cette stratégie n'est pas légale. Aux États-Unis, les auteurs du rapport ont saisi la Federal Trade Commission (FTC) afin de forcer les industriels du tabac à se remettre dans le rang.

En ce qui concerne la France, toute publicité ou propagande en faveur des produits du tabac est interdite, qu'elle soit directe ou indirecte, et cela depuis 1991 (loi Évin). Une législation, depuis, étendue au vapotage. Voilà pour les fabricants.

Les influenceurs, eux, ne sont soumis à aucune règle spécifique. Le code de la consommation s'applique toutefois. Il stipule que toute publicité doit être clairement identifiée, ce qui vaut pour les posts sponsorisés. L'Autorité de régulation de la publicité professionnelle (ARPP) a d'ailleurs émis une série de recommandations (3) à leur destination.

Enfin, les principaux réseaux sociaux (Instagram, Twitter, Facebook) ne laissent aucune ambiguïté sur le sujet. Ils interdisent toute publicité en faveur du tabac. Voilà qui est clair, et qui fait de ces campagnes une violation manifeste des conditions d'utilisation.
Le tabac a du plomb dans l'aile

Entre 2016 et 2017, plus d'un million de Français et de Françaises ont arrêté de fumer. Ce recul massif s'accompagne d'une chute des ventes de tabac, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Sur cette période, le volume de cigarettes vendues a reculé de 0,7 % et celui de tabac à rouler de 5,1 %.

C'est chez les jeunes que le désamour se constate le mieux. En 2016, les adolescents de 17 ans étaient 68 % à expérimenter le tabac et un tiers à fumer chaque jour. L'année suivante, ils étaient 59 % à tester la cigarette et seulement un quart à fumer quotidiennement...
Le tabac, un produit nocif pour la santé

Si les campagnes antitabac se multiplient, c'est avant tout parce que le tabac est responsable de nombreuses pathologies (maladies cardiovasculaires, cancers, etc.). Il faut dire qu'une cigarette abrite de nombreux produits toxiques et cancérogènes connus. Première cause de mortalité évitable en France, le tabagisme serait à l'origine d'au moins 79 000 décès par an. Et il coûte cher à la société puisqu'on estime à 120 milliards d'euros les dépenses qu'il occasionne chaque année. Sur cette somme, 25 milliards d'euros sont consacrés à la prise en charge des maladies provoquées par la cigarette (hospitalisations, soins, médicaments).

(1) Rapport remis Ă  la Federal Trade Commission.
(2) Article du New-York Times.
(3) Recommandations de l'ARPP Ă  destination des influenceurs.
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Audrey Vaugrente


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Légumes surgelés: De nombreux rappels pour un risque de Listeria
C’est la douche froide pour les amateurs de petits pois, carottes et autres légumes surgelés. Une vingtaine de produits surgelés ont été placés sous surveillance par la Direction générale des fraudes (DGCCRF) et font l’objet de rappels en raison d’une possible contamination à la Listeria. Cette infection alimentaire grave, due à la bactérie Listeria monocytogenes, se traduit habituellement par une fièvre accompagnée de maux de tête et parfois de troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements). Chez la femme enceinte, elle peut provoquer un avortement ou une infection néonatale grave. Le 3 juillet dernier, l’Efsa (l’autorité européenne de sécurité des aliments) faisait un point sur cette nouvelle épidémie alimentaire à l’origine de 48 cas humains dont 10 décès. Aucun cas n’a été identifié en France à ce jour, le délai d’incubation pouvant aller jusqu’à huit semaines.

Rappel à l’international

À l’instar de l’affaire des œufs contaminés au fipronil survenue à l’été 2017, cette nouvelle infection alimentaire collective se joue à l’échelle européenne. C’est en effet le géant belge du légume surgelé Greenyard, leader européen du secteur, qui est à l’origine de la vague d’infections via une de ses usines hongroises.

Mais contrairement au scandale du fipronil, la communication entre le réseau de vigilance européen et les services sanitaires nationaux semble cette fois avoir fonctionné, avec malgré tout une semaine de délai. Ainsi, le 6 juillet 2018, la direction des fraudes (DGCCRF) a été informée par le biais du réseau d’alerte européen Rasff de la décision de l’autorité hongroise chargée de la sécurité alimentaire de demander, le 29 juin 2018, à Greenyard le retrait et rappel des légumes surgelés (notamment du maïs) fabriqués dans son usine hongroise entre le 13 août 2016 et le 20 juin 2018.

L’affaire ne daterait toutefois pas d’hier, la bactérie Listeria ayant déjà été repérée en 2017 en Belgique dans deux échantillons de maïs surgelé, rapportent les journaux Het Nieuwsblad, Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg selon une information du quotidien belge Le Soir.

En France l’alerte concerne des légumes des marques D’Aucy, et des marques de distributeurs (Lidl, Carrefour, Intermarché, Leclerc, Netto, Auchan)… La liste détaillée est disponible sur le site de la DGCCRF.

D’après les autorités, ces produits utilisés pour réaliser des plats cuisinés sont aussi susceptibles d’avoir été utilisés par des fournisseurs de restauration collective (crèches, cantines d’entreprise…). La liste des produits rappelés risque donc de s’allonger dans les prochains jours.
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Marie-Noëlle Delaby


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Vente de produits extraits du cannabis: Ce que l’on sait des effets du cannabidiol (CBD)
Un produit de consommation courante ? Depuis l’ouverture de plusieurs « coffee shops » en France, le cannabidiol se présente comme tel. Pour autant, la substance suscite évidemment plus de fantasmes et controverses qu’un nouveau yaourt. De fait, il s’agit d’une substance active aux effets multiples et parfois encore mal connus.

Est-ce du « cannabis légal » ?

Pas vraiment. Le cannabis (ou chanvre) est une plante qui contient un grand nombre de substances dont les terpénoïdes ainsi qu’une centaine de cannabinoïdes. Parmi ces dernières, deux composés actifs majeurs : le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). C’est ce cannabidiol qui est vendu dans les boutiques (1) qui se sont récemment multipliées et qui ont provoqué l’ire des pouvoirs publics. Alors que le THC est classé comme stupéfiant, le CBD ne l’est pas. Les produits qui en contiennent ne sont donc pas interdits, sauf s’ils contiennent aussi du THC et ce, quelle que soit la dose, ou s’ils sont extraits de plants non autorisés (c’est-à-dire contenant plus de 0,2 % de THC). Le CBD proposé à la vente n’est donc pas un « cannabis légal », c’est plutôt un extrait légal du cannabis.

Est-ce un produit psychoactif ?

Oui, mais pas autant que le THC. Beaucoup d’articles à propos du cannabidiol affirment qu’il n’est pas psychoactif. Il est vrai que le CBD n’a pas les effets planants ou euphorisants, typiques, que son acolyte, le THC, est connu pour entraîner. Pour autant, il n’est pas dénué d’effets psychiques. Ainsi, le cannabidiol diminue probablement l’anxiété. Il a été testé avec une certaine efficacité en ce sens. Il a aussi des effets sur le sommeil. Certaines études montrent un accroissement de la vigilance. Mais lors d’essais médicamenteux avec le cannabidiol, la somnolence est apparue comme un effet secondaire très fréquent. Cet effet sédatif se manifeste sans doute à haute dose. Le cannabidiol est donc une substance psychoactive, comme l’a indiqué la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’Agence du médicament en 2015.

Est-ce un produit qui provoque des dépendances et des abus ?

Probablement pas. Le fait que le cannabidiol soit psychoactif ne signifie pas automatiquement qu’il soit addictif. Le cannabidiol ne semble pas l’être. En la matière, les études manquent pour être totalement affirmatif. Mais il n’y a pas d’indications d’usages compulsifs. Les risques d’abus et de dépendance semblent minimes. Son usage a même été évoqué dans le sevrage tabagique.

Est-ce qu’il agit contre la douleur ?

On ne sait pas. Associé à du THC, le cannabidiol a parfois montré des effets sur des douleurs chroniques (mais pas sur les douleurs aiguës). Dans le médicament Sativex, par exemple, le mélange THC/CBD est reconnu efficace par plusieurs pays européens contre les contractures musculaires douloureuses dont peuvent souffrir les personnes atteintes de sclérose en plaques. Mais aucun effet propre du cannabidiol seul, comme antidouleur, n’est établi.

Y a-t-il des usages sur prescription ?

Oui mais limités. Le 25 juin dernier, le premier médicament à base de cannabidiol était autorisé par l’Agence américaine du médicament. Appelée Epidiolex, cette spécialité est indiquée dans des formes rares et sévères d’épilepsie (syndromes de Lennox-Gastaut ou de Dravet) qui se déclarent dans la petite enfance.

Au Canada, le cannabidiol est aussi utilisé dans le cadre d’un dispositif de « cannabis médical ». Au contraire des conditions d’emploi de l’Epidiolex, extrêmement précises, celles du cannabidiol au Canada restent très floues. Il n’existe pas de recommandations pour les médecins sur les motifs médicaux pour lequel il peut être prescrit, ni sur les doses, ni sur les durées…

Quels sont ses effets secondaires ?

Les études du médicament fournissent une liste de possibles effets indésirables : somnolence et léthargie ou, au contraire, insomnie, perte d’appétit, diarrhées, érythème, fatigue et infections. Même si les doses ne sont pas nécessairement comparables, cela donne des indications sur d’éventuels effets secondaires en cas de consommation récréative. Le cannabidiol peut aussi avoir des effets délétères sur le foie (élévation des transaminases). Prudence donc pour les personnes qui ont des troubles hépatiques. Prudence aussi pour les femmes enceintes et allaitantes (le cannabidiol passe dans le lait).

(1) Du moins en théorie. Des contrôles sont en cours pour vérifier que ces produits ne contiennent pas aussi du THC, auquel cas leur vente est illégale. Plusieurs boutiques ont été fermées.



Merci à Pierre Beaulieu, directeur du Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur à l’université de Montréal, spécialiste de la pharmacologie du cannabis.
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Perrine Vennetier


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Maladie de Lyme: Des recommandations, enfin
Finalement, la Haute autorité de santé (HAS) a tenu les délais. En dépit de désaccords persistants au sein du groupe de travail qui planche depuis un an et demi sur la maladie de Lyme, elle a publié de nouvelles recommandations de prise en charge très attendues. C’était d’autant plus nécessaire, a plaidé la HAS lors de sa conférence de presse, que la saison des tiques bat son plein. Et que le nombre de cas signalés de la maladie a, selon les chiffres récents de Santé Publique France, fortement augmenté en 2016.

Il fallait, a souligné la Pr Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, apporter une réponse concrète aux médecins de premier recours. Même pour les malades les plus problématiques, c’est-à-dire les personnes persuadées d’être touchées par un Lyme, mais dont les symptômes – fatigue intense, troubles du sommeil, douleurs, troubles cognitifs – sont peu évocateurs de la maladie. Parmi elles, certaines ont déjà été traitées pour un Lyme par le passé mais estiment, contre l’avis des médecins en général, ne pas être encore guéries. D’autres présentent les mêmes signes cliniques mais les tests actuellement utilisés pour le diagnostic de Lyme ont toujours été négatifs. Quelle que soit la sérologie, la HAS a décidé de regrouper tous ces cas « chroniques » sous le terme « symptomatologie/syndrome persistant polymorphe après une possible piqûre de tique » (SPPT). Pour eux, la conduite à tenir, a détaillé le Dr Cédric Grouchka, membre de la HAS, « consiste d’abord à les prendre au sérieux. Puis à mener un bilan complet pour rechercher une autre maladie. » Si aucun diagnostic n’est trouvé et que les symptômes sont toujours là, alors un traitement dit « d’épreuve » pourra être prescrit. Il s’agit de donner des antibiotiques pendant 28 jours, pour voir s’ils ont un impact sur les signes cliniques.

C’est la grande nouveauté de ces recommandations : la possibilité de donner un traitement y compris en cas de test négatif. Toutefois, sa durée est encadrée, et il devra être répertorié et supervisé par un des cinq centres spécialisés dans les maladies vectorielles à tiques (MVT) prévus par le plan Lyme.

Polémiques immédiates

Sans surprise, le positionnement de la HAS n’a pas calmé la guerre qui fait rage sur la maladie de Lyme. La Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), pourtant partie prenante du groupe de travail, a manifesté dans un communiqué son opposition au SPPT, « qui pourrait conduire à des excès de diagnostics susceptibles d’orienter les patients vers des prises en charge inadéquates ». L’association de patients ChroniLyme, elle, déplore l’absence de mesures d’urgence et l’impossibilité de cures d’antibiotiques longues. La Fédération française des maladies vectorielles à tiques (FFMVT), constituée de médecins plus proches des malades, pointe de nombreux manques mais salue tout de même l’avancée que constitue, selon elle, la reconnaissance du SPPT.
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Anne-Sophie Stamane


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Gaz radioactif dans les maisons: Le radon sous-évalué
Il est invisible, indolore, indétectable, et pourtant il constitue la deuxième cause de cancer du poumon en France. Certes, très loin derrière le tabac. Mais il cause 1 200 à 3 000 décès par an, qui pourraient être évités. Lui, c’est le radon, un gaz radioactif d’origine naturelle. Présent en particulier dans les sous-sols granitiques ou volcaniques, il peut s’infiltrer dans les maisons et y atteindre des teneurs dangereuses pour la santé des occupants.

La France sous-estime le risque depuis longtemps. Les analyses et les mesures correctives en cas de concentrations élevées ne concernent que des catégories d’établissements recevant du public, et dans 31 départements jugés prioritaires, selon les autorités. Cette liste et cette réglementation lacunaires suscitent bien des critiques de la part de la Criirad, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, créée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Car son laboratoire d’analyses effectue de nombreuses mesures de radon, et il lui arrive de détecter des teneurs élevées dans des zones classées à potentiel de radon « faible », a priori sans risque. Plus grave, les habitations sont exclues de la surveillance, alors qu’on y passe en moyenne 67 % de son temps, sachant qu’on monte à 83 % pour les jeunes enfants et les retraités. Du coup, il s’agit d’un lieu d’exposition privilégié.

Un décret très attendu


Dès 1990, la Commission européenne avait émis des recommandations pour protéger la population des dangers de l’exposition au radon dans tous les bâtiments, y compris l’habitat. La France n’en a jamais tenu compte. Heureusement, la directive européenne Euratom, parue en janvier 2014, a fixé des échéances incontournables. Les États membres devaient s’y conformer dans un délai maximal de quatre ans. Le gouvernement aurait dû publier un nouveau décret radon au plus tard le 6 février 2018. Il vient seulement de paraître. Il abaisse le seuil acceptable de 400 à 300 becquerels de radon par mètre cube. Au-delà, des interventions seront indispensables. Surtout, les logements sont désormais concernés : le radon va faire partie des informations à transmettre lors des transactions immobilières, à la vente comme à la location. De même que le risque d’inondation ou d’avalanche, le niveau d’exposition de la commune au radon sera indiqué sur « l’état des servitudes risques et d’information sur les sols », le document qui remplace « l’état des risques naturels et technologiques » depuis le 1er janvier 2018. Un nouvel arrêté doit définir le zonage radon au niveau communal. Au total, 7 033 communes vont y figurer en catégorie 3, celle des zones à potentiel radon significatif, sans que cela soit vraiment satisfaisant. Une maison peut en effet accumuler du radon sans se trouver dans une commune à risque fort, et vice versa. Certains types de construction sont plus propices au radon que d’autres, quel que soit leur secteur.

Les mesures, c’est en automne et en hiver


Cependant, définir ou confirmer le risque si on a un doute sur la présence de ce gaz nécessite toujours des analyses. Or, celles-ci doivent impérativement se faire en automne et en hiver, les saisons où les teneurs des intérieurs en radon sont les plus élevées. Effectuer les mesures au printemps ou en été ne sert à rien, des résultats rassurants peuvent masquer une forte présence hivernale.

Que Choisir a donc décidé de ne pas traiter des problèmes du radon, des types de logements à risques et des remèdes adaptés dès maintenant, mais d’y revenir en détail en octobre prochain. C’est en effet le mois où doser ce gaz radioactif devient pertinent, à supposer qu’on ait des raisons de s’inquiéter. Quoi qu’on puisse lire ou entendre, il faut donc laisser passer l’été sans se faire trop de souci. En ce qui concerne les teneurs en radon, on entre dans la basse saison !
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Élisabeth Chesnais


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Intoxication alimentaire: Des reblochons suspectés d’avoir contaminé de jeunes enfants
Quatorze enfants âgés de 1 à 5 ans originaires de diverses régions de France ont été victimes d’infections bactériennes après avoir consommé du reblochon au lait cru fabriqué par la fromagerie Chabert sur le site de Cruseilles (Haute-Savoie). Parmi ces enfants, 6 ont été hospitalisés pour un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une infection grave touchant le rein. Vendredi 1er juin, Santé publique France annonçait le décès de l’un d’eux.



Une bactérie très virulente chez le jeune enfant

Le 11 mai 2018, le ministère de la Santé et de l’Agriculture, alerté par la survenue de plusieurs cas d’intoxication sévère chez de jeunes enfants provoqués par la même souche de bactéries E. coli, ordonnait le retrait de reblochons au lait cru de la fromagerie Chabert vendus sous la marque « Nos régions ont du talent » et commercialisés depuis le 21 janvier 2018 dans les enseignes Leclerc. Une procédure élargie 3 jours plus tard à l’ensemble des reblochons entiers (450 g) produits par la fromagerie, « par mesure de précaution » selon le ministère, la contamination étant probablement liée à un même conteneur de lait cru parvenu à la fromagerie fin janvier. Ces fromages sont notamment vendus sous les marques Chabert, Nos régions ont du talent (Leclerc), Saveurs de nos régions (Lidl), Reflets de France (Carrefour) ou encore Itinéraire des saveurs (Intermarché).

« De récentes avancées technologiques nous permettent aujourd’hui d’identifier avec précision la signature génomique d’une bactérie. Grâce à un système de surveillance dynamique, nous avons pu identifier début mai 4 cas d’enfant malade dont les coprocultures [analyses de selles] révélaient la présence de bactéries de type E. coli productrices de toxines ayant le même ADN », explique Simon Le Hello, co-responsable du Centre national de référence des E. coli à l’Institut Pasteur, précisant que les 14 cas désormais identifiés par les autorités sanitaires sont biologiquement ou épidémiologiquement confirmés.

La bactérie mise en cause est E. coli O26, une E. coli entérohémorragique (EHEC). Cette bactérie qui colonise habituellement le tube digestif des ruminants libère dans le corps humain des toxines (shigatoxines) susceptibles d’entraîner dans les jours suivant la consommation de l’aliment contaminé des diarrhées sanglantes, des douleurs abdominales et des vomissements. Les sources les plus fréquentes sont les steaks hachés et, dans une moindre mesure, les fromages au lait cru. Dans les cas les plus sévères, les symptômes peuvent évoluer vers un SHU. « Le risque est surtout présent chez le jeune enfant dont le système immunitaire encore immature peut s’emballer sous l’effet des shigatoxines. Il attaque alors les reins, plus rarement le cœur ou le système nerveux, avec des conséquences graves comme des atteintes rénales sévères pouvant nécessiter une dialyse à vie et parfois causer la mort », précise le Dr Le Hello.

Les investigations menées par Santé publique France et l’Institut Pasteur ont confirmé un lien épidémiologique entre ces cas et la consommation de reblochons au lait cru commercialisés dans plusieurs régions par la fromagerie Chabert. Le 4 juin 2018, le syndicat interprofessionnel du reblochon précisait que la bactérie E. coli O26 ayant rendu ces enfants malades n’avait pas été retrouvée à ce jour, ni dans le fromage accusé de l’avoir véhiculée, ni dans le lait ayant servi à sa fabrication. Cette absence ne dédouane pas pour autant les dits fromages. Une très faible contamination suffit en effet à entraîner un risque, et la bactérie peut très bien avoir échappé à l’échantillonnage, reconnaît le syndicat. Selon l’AFP, 456 analyses auraient été réalisées par l’entreprise Chabert, 100 % des lots analysés s’étant révélés conformes.

Demi-fromage et demi-mesure

Cela n’a hélas pas empêché l’annonce par Santé publique France, vendredi 1er juin, du décès d’un jeune patient atteint d’un SHU. Dans la foulée, le site du ministère de la Santé annonçait que les enquêtes menées par les autorités sanitaires à la suite de ce nouveau cas avaient permis d’identifier des lots supplémentaires de reblochons qui n’avaient pas été visés par les premières procédures de rappel. L’État élargissait donc encore une fois le retrait, cette fois à des demi-reblochons portant le numéro d’estampille 74.289.050 et au fromage LeTartiflard (un fromage de Savoie au lait cru) produits sur le site à la même période.


Cette procédure à multiples rebondissements n’est pas sans rappeler la très récente affaire Lactalis au cours de laquelle plusieurs listes de produits au rappel incomplètes ont été diffusées avant qu’un document a priori exhaustif soit disponible, à la plus grande exaspération des consommateurs.

L’entreprise Chabert met à la disposition des consommateurs le numéro de téléphone suivant : 0 800 94 52 35, ouvert de 8 h à 19 h.

Rappelons enfin que, selon les recommandations des autorités sanitaires, les jeunes enfants doivent éviter les fromages à pâte molle au lait cru (reblochon, morbier) sauf s’ils sont cuits (tartiflette, etc.), la chaleur détruisant la bactérie E. coli. On leur préférera donc les fromages au lait pasteurisé. Cette recommandation vaut également pour les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
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Marie-Noëlle Delaby


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Ingrédients indésirables dans les cosmétiques: Prudence confirmée pour le phénoxyéthanol
Conservateur fréquemment utilisé, le phénoxyéthanol présente à certaines doses des effets toxiques, c’est pourquoi « Que Choisir » le considère comme un ingrédient indésirable dans les produits pour les tout-petits. Les moins de 3 ans sont en effet particulièrement à risque compte tenu de leur poids et de la pénétration possible des produits, notamment via le siège potentiellement irrité, lors du change. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a donc recommandé, dans un avis publié en 2012, de ne pas l’utiliser dans les produits destinés au siège et de limiter sa concentration à 0,4 % (au lieu de 1 % en général) dans tous les cosmétiques utilisés chez les enfants en bas âge.

Mais les experts européens, eux, ne partagent pas cette analyse : selon un avis publié en 2016 par le SCCS (Scientific Committee on Consumer Safety, Comité scientifique sur la sécurité des consommateurs), la concentration de 1 % est sûre pour toutes les populations et il n’y a pas lieu de faire une exception pour les tout-petits. Face à cette querelle d’experts, nous avons décidé de continuer à tenir compte de l’avis de l’ANSM dans notre évaluation des produits cosmétiques, que ce soit à l’occasion de nos tests ou dans notre base de données (disponible également sur notre application QuelCosmetic). La filière cosmétique n’a pas manqué de nous le reprocher, estimant sans doute que le dernier qui parle a forcément raison.

Pourtant, un nouveau rapport publié par l’ANSM nous conforte dans ce choix. Le groupe d’experts mandaté par l’Agence a repassé au crible les publications scientifiques et, surtout, a tenu compte des connaissances acquises grâce à un récent travail de recherche sur l’exposition des consommateurs aux produits cosmétiques. Selon cette étude, les parents utilisent pas moins de 5 produits cosmétiques en moyenne sur leurs enfants de moins de 3 ans. Typiquement, un nettoyant cheveux et corps, un lait hydratant, une eau lavante pour le siège, une crème pour le siège et des lingettes. Les produits pour le siège en général et les lingettes en particulier représentant une part importante de l’exposition au phénoxyéthanol, l’ANSM maintient sa recommandation de ne pas utiliser cet ingrédient dans ces produits.

Enfin, le groupe d’experts attire l’attention sur une autre population, celle des femmes en âge de procréer. L’étude Pélagie, qui observe les liens entre perturbateurs endocriniens et santé maternelle et infantile, a montré une association entre la concentration du principal métabolite du phénoxyéthanol et l’allongement du délai nécessaire pour concevoir, entre autres. On ignore s’il s’agit d’un lien de cause à effet mais si ces résultats étaient confirmés, cela remettrait en cause l’évaluation du risque pour les adultes.
UFC Que Choisir en ligne
Fabienne Maleyson


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Les perturbateurs endocriniens (les PE)
Nous sommes tous concernés, tous victimes de ces substances nocives qui envahissent notre quotidien, même si les enfants, les ados et surtout les femmes enceintes encourent un risque encore plus grand.
Ces PE sont des polluants chimiques très nocifs qui se stockent dans notre organisme durant toute notre vie… On en trouve un peu partout (dentifrice, rouge à lèvres, fond de teint, parfums, shampoing, mais aussi aspirateurs, rideaux, meubles, peintures, ou encore fruits et légumes. Etc.). Plus d’un millier de substances ont été identifiées. Elles dérèglent notre système hormonal. Les PE sont soupçonnés de provoquer certains cancers et des malformations congénitales avec de graves problèmes d’infertilité.

Pour démêler le vrai du faux, L’UFC QUE CHOISIR DE L’ARDECHE organise une conférence débat sur le sujet, jeudi 17 mai à 18h au Centre Lebournot, 4 Bd Gambetta à AUBENAS avec la participation du Docteur Wilfried SANCHEZ, Directeur Général de la Fondation Rovaltain, Spécialiste de l’étude des PE.

L’entrée sera gratuite.

UFC Que Choisir Ardeche


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Appli QuelCosmetic: Une application mobile gratuite pour choisir ses produits cosmétiques

Téléchargez l'application mobile QuelCosmetic



La sécurité des cosmétiques est un de nos chevaux de bataille. Différents outils mis en ligne depuis deux ans vous permettaient déjà de mieux vous y retrouver dans ce rayon. Avec notre application disponible gratuitement sur Google Play et l’App Store, le choix devient enfantin. Il suffit de scanner le code-barres du produit via votre smartphone, ce qui se fait très simplement, pour voir apparaître sa notation.



Quels sont les produits concernés ?



Tous les rayons sont représentés : soins du visage, du corps, des cheveux, produits pour bébés, solaires, hygiène dentaire, maquillage, parfums, qu’ils soient vendus en grandes surfaces, parapharmacies ou parfumeries. Nous avons même introduit quelques crèmes ou dentifrices au statut de médicament mais qui, aux yeux du client, ressemblent à des cosmétiques.

Avec plus de 6 000 références déjà évaluées, il y a des chances que vous trouviez votre bonheur. Mais, si nous avons pu facilement scanner des centaines de produits en grande surface pour alimenter notre base de données, l’opération est plus délicate dans les boutiques plus exiguës telles que les parfumeries par exemple.

Au cas où le produit qui vous intéresse ne serait pas encore présent dans notre base de données, nous vous invitons à nous le signaler via notre application QuelCosmetic en scannant le code-barres et en photographiant le produit en question et sa liste d’ingrédients. En quelques jours, il y sera intégré. Si vous avez choisi de nous laisser votre adresse mail, vous en serez personnellement informé(e).


Quels sont les ingrédients jugés indésirables ?



Des perturbateurs endocriniens, des allergènes, des irritants et autres toxiques : notre liste d’ingrédients indésirables est établie grâce à la veille scientifique de nos experts. Jusqu’à présent, elle figurait sur notre carte-repère à télécharger et glisser dans son portefeuille pour faire ses courses, mais cela impliquait une gymnastique fastidieuse pour l’acheteur. L’appli QuelCosmetic permet un pas de géant dans la simplicité d’usage.

Deux points clés à garder en tête pour l’utiliser en connaissance de cause : d’abord, la liste des ingrédients indésirables est évolutive puisque les connaissances scientifiques s’affinent en permanence. Tel ingrédient jugé sans risque aujourd’hui peut se révéler dans quelques années moins inoffensif qu’on le pensait. Ensuite, nous avons choisi de ne pointer que les ingrédients nocifs pour la santé, ceux qui ont un impact sur l’environnement ne sont pas pris en compte. Non que le sujet nous indiffère, ils le seront sans doute à l’avenir. Mais nous préférions concentrer nos efforts dans un premier temps sur la santé de l’utilisateur, préoccupation première des consommateurs.

Comprendre le résultat



Comme la toxicité potentielle des ingrédients peut varier selon les populations, l’évaluation diffère selon la personne concernée : un pictogramme s’affiche pour les femmes enceintes et les tout-petits (de la naissance à 3 ans), un autre pour les enfants et adolescents, un troisième pour les adultes. La couleur va du vert (aucun risque identifié à ce jour) au rouge (risque significatif) et est accompagnée de lettres de A à D à destination des daltoniens. Elle correspond à celle de l’ingrédient le plus nocif de tous ceux présents : une crème peut comporter dix composants au-dessus de tout soupçon, si le onzième est un perturbateur endocrinien avéré, c’est sa couleur rouge qui l’emportera. Attention, le résultat ne concerne que la composition du produit. En aucun cas, il ne renseigne sur sa qualité intrinsèque ou son efficacité. Ces critères ne peuvent être mesurés qu’en laboratoire et nous le faisons à l’occasion des tests comparatifs que nous publions régulièrement sur telle ou telle famille de produits. Mais forcément, le nombre de références concernées est sans commune mesure avec celles présentes dans l’appli.


Le plus que vous attendiez



Depuis notre première grande campagne sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques, vous êtes nombreux à nous demander une liste positive des produits n’en contenant pas. Demande satisfaite avec l’appli QuelCosmetic ! Lorsque le produit que vous convoitez contient des ingrédients indésirables, il suffit d’un clic pour voir s’afficher une liste d’homologues plus recommandables.

Si vous êtes curieux de savoir pourquoi tel produit hérite d’une mauvaise note, cliquez sur le pictogramme de couleur et l’ingrédient incriminé s’affiche avec des explications sur sa nocivité. Par ailleurs, la composition complète du produit est affichée.


Et pour l’avenir ?



Par nature, une appli est évolutive. Pour une information toujours plus conforme à vos attentes, de nouvelles fonctionnalités seront certainement proposées à l’avenir. N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions via le formulaire de contact.



Les fonctionnalités offertes en scannant le produit:

Exemple du dentifrice Colgate total



1 La page d’accueil du produit : ce produit présente un risque significatif pour les femmes enceintes et les tout-petits et un risque moyen pour les enfants, adolescents et adultes.

2 Un clic sur le pictogramme de couleur : les ingrédients indésirables s’affichent. Ici, un irritant et un perturbateur endocrinien.

3 Un clic sur un ingrédient : une explication de sa nocivité apparaît.




Un clic sur « produits sans risque » : une liste d’équivalents sains vous est proposée.


D’autres possibilités pour explorer la base de données



1 On peut choisir une catégorie sur la page d’accueil.

2 Puis une sous-catégorie.




1 Tous les produits à risque s’affichent.

2 En cliquant sur « produits sans risque », on accède à la liste de leurs homologues sains.




1 On peut faire apparaître les listes par ordre alphabétique.

2 On peut aussi chercher une référence particulière à l’aide de la fonction « rechercher ».

3 Mais lorsqu’on a le produit en main, le plus pratique est de scanner son code-barres.
Accès Apple store

Des outils rendus possibles grâce à vos dons !



L’appli QuelCosmetic fait partie des projets mis en œuvre par l’UFC-Que Choisir au bénéfice de tous les consommateurs et financés grâce à notre fonds de dotation. Ce dernier est notamment alimenté par vos dons et par les royalties obtenues grâce à la commercialisation de la licence d’utilisation de La Note Que Choisir, un repère au service des consommateurs utilisable par les professionnels pour distinguer les produits ayant obtenu plus de 14/20 à l’un de nos essais comparatifs.

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Enquête en pharmacies: Le conseil et la concurrence en souffrance sur l’automédication
Conseil en automédication : peut largement mieux faire
Le scénario de notre enquête était le suivant : les enquêteurs de nos associations locales se présentaient incognito et sans ordonnance en pharmacie, et expliquaient être enrhumés. Ils demandaient alors à acheter pour eux-mêmes deux médicaments, qu’il est déconseillé d’associer car ils contiennent la même molécule (paracétamol) : du Doliprane 1000 mg et de l’Actifed Rhume Jour et Nuit. Dans 86 % des cas, nous avons bien été mis en garde sur les dangers de cette association. Mais alors que la dose maximale en automédication est de 3 grammes de paracétamol par jour, 54 % des pharmacies ont conseillé une dose supérieure. Pire, dans 24 % des cas, le conseil donné pouvait aboutir à prendre au-delà de 4 grammes par jour, un niveau dangereux pour la santé.

Prix : l’opacité entretenue facilite le grand écart tarifaire
Si la visibilité des tarifs est bonne dans plus de 8 pharmacies visitées sur 10, il n’en est pas de même pour l’affichage obligatoire informant les clients que le prix des médicaments non remboursables varie d’une officine à l’autre. Nos enquêteurs n’ont trouvé que 10 % d’officines conformes à la réglementation sur cet aspect. Comment s’étonner de ce peu d’allant à informer les consommateurs, alors que nous avons pu acheter un même médicament courant (Actifed Rhume Jour et Nuit) à un prix variant de 2,99 € à 9,10 € (prix moyen de 5,71 €) selon la pharmacie, soit un écart de plus de 200 % ? Au sein de chaque agglomération enquêtée, pour des officines proches, les écarts de tarifs peuvent atteindre 4,50 € sur l’Actifed.

Libéralisation encadrée de l’automédication : 250 millions d’euros de gain annuel pour les usagers
Les Français ont consacré l’année dernière 2,24 milliards d’euros à leurs achats d’automédication, soit 14 % de leurs dépenses directes de santé. L’enjeu concurrentiel est donc majeur, comme le confirme notre enquête de terrain. Dès lors, il est urgent que le gouvernement entende notre appel, porté également par l’Autorité de la Concurrence et la Cour des Comptes, pour une libéralisation encadrée de l’automédication. L’étude d’impact que nous publions montre qu’en autorisant la vente des médicaments sans ordonnance en parapharmacies et dans des espaces dédiés des grandes surfaces, en présence permanente d’un pharmacien, cette mesure permettrait un gain annuel pour les consommateurs de 252 millions d’euros.

Dans le même temps, la santé financière des officines, loin des discours syndicaux alarmistes, est jugée bonne et en amélioration tant par les inspections générales des finances et des affaires sociales que par la Cour des comptes. Elle ne serait que marginalement affectée par la mesure (baisse de 5 % seulement de leur excédent brut d’exploitation), et les pharmacies rurales seraient préservées. L’exemple italien prouve en outre que la mesure n’entraîne pas de surconsommation de médicaments.

Au vu des résultats de son enquête, et soucieuse de promouvoir une automédication sûre et accessible à tous, l’UFC-Que Choisir demande au gouvernement :
- l’interdiction de la publicité sur l’automédication auprès du grand public ;
- la présence d’un encadré spécifique sur l’emballage des médicaments sans ordonnance, pour informer le consommateur sur les principales interactions et contre-indications ;
- l’ouverture de la distribution de l’automédication aux grandes surfaces et parapharmacies, sous la surveillance impérative d’un pharmacien.


Consulter notre Ă©tude:
Le conseil et la concurrence en souffrance sur l’automédication

Retrouvez l'enquête sur les conseils en pharmacie dans le numéro d'avril 2018 de Que Choisir, en kiosque le 22 mars.

1 Enquête menée les 23 et 24 novembre 2017, dans 772 pharmacies des villes suivantes et de leurs couronnes : Bordeaux, Brest, Caen, Chambéry, La Rochelle, Le Mans, Le Puy-en-Velay, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Mulhouse, Nantes, Paris, Reims et Strasbourg.
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