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Publicité pour enfants: La France mauvaise élève
Dans son dernier rapport(1), publié le 15 octobre 2018, l’OMS tire encore une fois la sonnette d’alarme : « les enfants continuent à être exposés à des messages commerciaux vantant les aliments riches en graisses, en sel et en sucre » (dénommés HFSS(2)), alors même que l’obésité infantile est un problème majeur de santé publique, déplore-t-elle. Les enfants sont particulièrement réceptifs aux messages véhiculés par ces publicités, mais les adolescents en subissent également l’impact, quoique moins fortement.

Malgré ses précédents rapports et un ensemble de recommandations approuvées en 2010 en assemblée générale, l’agence onusienne constate que les pays européens « traînent à appliquer [ses] recommandations ». En Europe, 29 des 53 pays ont déclaré avoir mis en place des mesures, mais elles ne sont pas vraiment efficaces, constate encore l’OMS.

En France, la régulation n’est pas efficace

L’Hexagone ne fait pas preuve de diligence sur ce sujet, sans doute freiné par le poids de l’industrie agroalimentaire dans l’économie française (plus de 2 % du PIB et un solde du commerce extérieur positif). « Malgré quelques dispositions législatives, la France n’a pas spécifiquement encadré par la loi le marketing sur les aliments HFSS », critique l’OMS. Seule obligation, depuis 2004, l’insertion de messages de santé dans les publicités d’aliments HFSS.

S’y ajoute depuis 2009 une charte volontaire d’engagement des industriels à avoir « des pratiques de marketing responsables »… Mais, basée sur l’autorégulation, elle n’est pas efficace. « Il est clair que la charte ne vise pas à réduire l’exposition des enfants à la commercialisation des produits alimentaires HFSS », reproche l’OMS.

Des « fausses promesses », alors que « le harcèlement nutritionnel des enfants s’est aggravé », concluait déjà l’UFC-Que Choisir en 2010, suite à une étude destinée à évaluer la réalité des engagements de l’industrie agroalimentaire vis-à-vis de l’obésité infantile.

Un petit pas sur les chaînes de télévision publiques

En décembre 2016, un petit pas supplémentaire a été fait, avec l’adoption d’une loi stipulant l’interdiction de publicité, sur les chaînes publiques de télévision, pendant les programmes destinés aux enfants de moins de 12 ans. « Malgré sa portée limitée, ce texte est important », reconnaît l’OMS. Sauf qu’en termes d’audience pour le public infantile, les chaînes publiques n’arrivent qu’en 5e position, au mieux… Cette loi est entrée en application au 1er janvier 2018.

Un autre article, voté simultanément, stipulait que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) devait remettre chaque année un rapport au Parlement faisant le bilan des publicités ciblant les enfants, sur les chaînes publiques et privées. L’un des objectifs du législateur était d’apprécier l’efficacité de l’autorégulation. À ce jour, aucun rapport n’est encore parvenu aux élus…

Un cadre réglementaire est nécessaire

Aucune avancée réelle n’ayant eu lieu depuis 2010, les demandes qu’avait formulées l’UFC-Que Choisir restent – malheureusement – d’actualité. Elles prévoyaient notamment :

- l’encadrement strict des publicités télévisées pour les produits les plus gras ou sucrés aux heures de grande écoute des enfants ;
- la validation par le Programme national nutrition santé de programmes télévisés informatifs, afin d’aider les parents à identifier l’intérêt nutritionnel des produits alimentaires transformés ;
- la gratuité de diffusion pour les communications sur l’équilibre nutritionnel émanant de l’Institut national pour la prévention et l’éducation sanitaire.


Les propositions de l’OMS

L’OMS formule ses critiques sur les politiques menées jusqu’à présent, et énumère des pistes à mettre en œuvre :

* la plupart des mesures existantes ciblent uniquement la publicité radio, alors que les enfants sont aussi exposés via les supports numériques, les présentoirs de produits, les emballages et les parrainages par des grandes marques… Les pays doivent donc envisager une réglementation englobant non seulement la publicité, mais toutes les autres communications commerciales ;
* en général, les réglementations se limitent aux programmes pour enfants et portent principalement sur la publicité. Échappent à tout contrôle un large éventail de programmes, de médias et de techniques de marketing auxquels sont exposés les enfants. Les pays doivent mettre en place des politiques visant à limiter l’exposition réelle des enfants ;
* les réglementations ciblent généralement les tranches d’âge jusqu’à 12 ou 13 ans, alors que les adolescents aussi subissent les effets négatifs du marketing. Le champ d’application des lois doit être élargi pour protéger tous les enfants ;
* les pays n’ont pas toujours adopté des systèmes efficaces de catégorisation des aliments pour déterminer lesquels ne doivent pas faire l’objet de publicité auprès des enfants. Ils doivent recourir à des systèmes existants, ou en concevoir de nouveaux, pour le profilage des nutriments sur la base de données scientifiques. Ces systèmes doivent définir efficacement les aliments peu sains en fonction de leur qualité nutritionnelle ;
* les pays de l’Union européenne ont échoué à réglementer efficacement le marketing de façon transfrontalière. Ils doivent coopérer et harmoniser leurs réglementations pour éviter un affaiblissement des mesures nationales, en particulier contre le problème de la publicité dans les médias numériques.

Notes:

(1) Rédigé avec l’université de Liverpool et l’Open University (Royaume-Uni).
(2) High in saturated fats, trans fats, free sugars and/or salt (à haute teneur en acides gras saturés, acides gras trans, sucres et/ou sel).
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Elsa Casalegno


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Alimentation bio: Moins de risque de cancer
Malgré l'enjeu de santé publique, il existait jusqu'à présent une seule étude épidémiologique de grande ampleur, britannique, étudiant le lien entre bio et cancer. Une équipe française (1) vient d'en publier une deuxième, qui montre une « association » probable entre une alimentation à base de produits biologiques et la réduction du risque de déclencher cette pathologie. Les résultats de cette étude s'appuient sur un échantillon de 68 946 personnes de la cohorte NutriNet-Santé suivies entre 2009 et 2016. La nature de leur alimentation, bio ou conventionnelle, a été renseignée au cours de ces sept années de suivi. Toujours au cours de cette période, 1 340 d'entre elles ont déclaré un premier cancer.

Les chercheurs avancent deux hypothèses. Tout d'abord, les résidus de pesticides moins fréquents et à dose moindre dans les aliments bio, comme nous l’avons montré dans tous nos tests, entraînant une plus faible exposition des consommateurs réguliers de produits bio. Or, depuis 30 ans, les études suggérant un lien entre pesticides et certains cancers s'accumulent progressivement, comme nous l'expliquions.

Autre hypothèse : les teneurs potentiellement plus élevées, dans les aliments biologiques, en certains nutriments comme les antioxydants, les polyphénols, les caroténoïdes, la vitamine C, ainsi que des profils d’acides gras plus bénéfiques. L’étude souligne néanmoins que ces variations sont modestes, et que leurs conséquences sur la santé « restent à déterminer ». Cette hypothèse nous semble un peu moins convaincante. En effet, il ressortait de tests réalisés en 2010 par Que Choisir que ces teneurs sont davantage dues au mode de culture ou d’élevage intensif ou extensif qu'au mode bio ou non bio.

Des biais possibles

De multiples facteurs influencent la survenue ou non d'un cancer. L'équilibre alimentaire en est un, en particulier les apports en fibres, la quantité de viande, de charcuterie ou de fruits et légumes ingérés, mais aussi la consommation d'aliments ultratransformés et de compléments alimentaires. La catégorie socio-économique et l'hygiène de vie (consommation de tabac ou d'alcool, exposition au soleil, activité physique...) ou encore les antécédents familiaux sont d'autres éléments potentiellement déclencheurs. Autant de biais possibles. Pris en compte dans l'étude, ces critères ont néanmoins peu modifié les résultats.

Les chercheurs évoquent eux-mêmes plusieurs « limites », en particulier le mode de recrutement, volontaire et par Internet, de la population suivie dans NutriNet-Santé : ces personnes ont tendance à prendre davantage soin de leur santé et sont mieux informées que la moyenne des Français. L'incidence des cancers de l'échantillon est d'ailleurs inférieure à la moyenne nationale, y compris chez les non-consommateurs de bio. Il manquerait donc dans l'étude le suivi des comportements les plus à risque, et la corrélation entre alimentation et cancer est probablement sous-estimée !

Autre limite citée, la quantité d'aliments bio n'est pas mesurée précisément, pouvant engendrer une approximation de la part du bio chez les consommateurs occasionnels. Pour Emmanuelle Kesse-Guyot, directrice de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et l'une des auteures de l'étude, ce n'est finalement pas un problème, car « l'intérêt était de comparer les deux extrêmes – les gros consommateurs et les non-consommateurs. Les profils intermédiaires permettant surtout de vérifier la progressivité des résultats ».

Malgré ces restrictions, ces résultats s'ajoutent à d'autres travaux allant dans le même sens. Sachant le caractère multifactoriel du cancer et les polémiques autour des pesticides, les chercheurs se sont néanmoins entourés de toutes les précautions pour rendre leurs conclusions. Ils rappellent que « le lien de cause à effet ne [peut] être établi sur la base de cette seule étude », et estiment qu’il faut maintenant les « confirmer par d’autres études épidémiologiques » avant de mettre en place des mesures de santé publique.

(1) Réalisée par une équipe mixte de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), l’université Paris 13 et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
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Fabienne Maleyson


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Additifs alimentaires: 87 molécules à éviter


Alors qu’au niveau européen, l’évaluation officielle des additifs s’enlise faute de moyens humains, financiers et analytiques, l’UFC-Que Choisir a passé en revue les études publiées par les instances scientifiques reconnues : l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA), l’Organisation Mondiale de la Santé1, ainsi que le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Sur cette base, l’Association a défini une grille d’appréciation des additifs alimentaires autorisés : des plus acceptables à ceux qu’il faudrait éviter.

• Un quart des additifs à risque : sur les plus de 300 additifs autorisés, nos travaux2 montrent que 87 d’entre eux sont à éviter ou peu recommandables, soit plus du quart. Parmi ceux-ci on peut citer les nitrates et nitrites (E249, E250, E251, E252), ces conservateurs très présents dans les charcuteries, qui sont associés à un risque accru de cancer du côlon. Les caramels élaborés au moyen d’ammoniaque ou de sulfite d’ammonium (E150c, E150d), utilisés par l’industrie agro-alimentaire dans une grande variété d’aliments, peuvent contenir des substances immunotoxiques à forte dose et suspectées d’être cancérigènes. Quant aux colorants azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129), souvent présents dans les confiseries, ils pourraient contribuer à l’hyperactivité chez l’enfant.





• Une présence massive, y compris dans les produits de grandes marques : l’exposition quotidienne pendant des années à ces molécules accroît encore les risques. Or ils sont massivement utilisés dans les produits alimentaires industriels, y compris ceux de grandes marques. Par exemple, sur les 7 colorants trouvés dans les bonbons Jelly Belly, pas moins de 4 sont à éviter. Les nouilles « Yum-Yum saveur poulet grillé », comptent 14 additifs dans leur formule, dont 2 sont à éviter et 5 sont peu recommandables. Quant aux 14 additifs dénombrés dans les chewing-gums « Airwaves chloro-menthol », un est à éviter et 3 sont peu recommandables.



• Procédure européenne : trop de laxisme. L’évaluation des additifs par les instances communautaires consiste généralement en une simple relecture d’études fournies par les fabricants d’additifs eux-mêmes. Cette procédure laxiste laisse planer un doute sur la transparence et l’exhaustivité des recherches menées par des industriels, qui ont tout intérêt à ne présenter que des travaux permettant à leurs molécules d’être acceptées. Il existe donc un besoin criant d’analyse critique et indépendante de leur innocuité.


L’UFC-Que Choisir, soucieuse d’une alimentation quotidienne dénuée de tout risque sanitaire :
- Publie une base de données des additifs consultable gratuitement pour permettre aux consommateurs de détecter les indésirables et de les éviter ;
- Demande aux autorités européennes de mettre en œuvre une évaluation réellement indépendante de la dangerosité des additifs, à partir d’études financées par un fonds abondé par les fabricants ;
- Appelle le législateur à interdire les 87 additifs reconnus à risque par nos experts, sur la base d’études scientifiques.


Notes:
1 Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additives.
2 Retrouvez la totalité de l'enquête dans la nouvelle formule de Que Choisir en kiosque aujourd'hui.
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Additifs alimentaires: Mais que font les industriels ?
Tous les additifs ne sont pas à mettre dans le même panier.Selon notre classement, 87, à éviter ou peu recommandables, devraient soulever la méfiance des consommateurs. Pour ceux-ci, un faisceau d’études pointe des effets indésirables, en particulier chez les populations sensibles comme les enfants, qui parfois dépassent les doses journalières admissibles (1) de consommation. Alors que les alertes se multiplient, les industriels, voulant prouver leur bonne volonté, surfent sur le « clean-labelling », avec des étiquettes de plus en plus sobres. Un défi quand les additifs servent à assurer la stabilité et la sécurité sanitaire des aliments. Une démarche louable, par contre, pour les additifs les plus cosmétiques ou servant à masquer une mauvaise qualité des produits. Certains industriels s’engagent à supprimer les plus controversés de leurs recettes. C’est le cas pour le dioxyde de titane, largement décrié jusqu’au gouvernement qui entend le bannir en France dans les produits alimentaires d’ici la fin de l’année. En juin dernier, le syndicat des confiseurs s’engageait de lui-même à ne plus utiliser cet additif, jusqu’ici couramment employé pour conférer un aspect brillant aux produits. Les distributeurs, eux, investissent ce nouveau créneau de consommation qu’est en train de devenir le « sans additifs ». Intermarché a ainsi lancé sa gamme distributeur l’Essentiel, 34 produits garantis sans additifs à ce jour, tandis que Carrefour ou U ont décidé de bannir les substances les plus controversées de l’intégralité de leurs gammes distributeur. Dommage que dans le même temps, ces mêmes distributeurs continuent à vendre des marques dont les recettes sont loin d’être aussi épurées…

Que Choisir a réalisé des comparaisons de produits de la même famille. Les résultats sont sans appel : certains industriels jouent le jeu et d’autres moins. En confiserie, Haribo se positionne comme meilleur élève que Jelly Belly. Les Dragibus d’Haribo respectent l’engagement des confiseurs d’employer plus de colorants naturels, à une exception près, puisqu’ils contiennent du bleu patenté V, classé orange dans notre barème. Les bonbons de Jelly Belly, eux, comportent plusieurs colorants que nous classons rouge, comme des colorants azoïques, dont certains sont suspectés de favoriser l’hyperactivité chez les enfants. L’emploi de colorants douteux touche aussi le domaine des boissons sans alcool, comme les sirops. Ainsi, si le sirop à la fraise Teisseire ne contient aucun colorant et un seul additif, l’acide citrique, le sirop équivalent chez Monin tient sa couleur du E129 rouge allura AC, classé comme additif « à éviter » par Que Choisir. Pour le sirop menthe verte de la même marque, c’est la tartrazine E102 qui apparaît sur l’étiquette, un colorant lui aussi classé comme additif « à éviter ».

Parmi les soupes instantanées, produits hautement transformés, les additifs foisonnent en véritables cocktails. Alors que les nouilles Mamee contiennent « seulement » 7 additifs dont un seul classé orange et revendiquent l’absence de glutamate, les nouilles Yum-Yum saveur poulet grillé incorporent 14 additifs dans leur recette, dont 2 classés rouge et 5 orange, comme les glutamates ou des additifs pouvant contenir des nanoparticules. Un produit à éviter le plus possible.

Des produits équivalents mais des additifs différents





Ces quelques exemples illustrent parfaitement le règne actuel des produits alimentaires industriels ultra-transformés. Face au risque sanitaire que cette alimentation fait courir aux consommateurs, l’UFC-Que Choisir demande non seulement une évaluation indépendante de la dangerosité des additifs mais appelle le législateur à interdire les 87 additifs reconnus à risque par nos experts.

Une législation pas toujours respectée



Pour autant, tous ces additifs restent autorisés et leur exclusion des recettes ne dépend que du bon vouloir des industriels. Les fraudes réelles sont, elles, traquées par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). En 2017, les alertes ont principalement concerné des manquements à l’obligation d’étiquetage. En effet, tous les additifs doivent être signalés sur les étiquettes des produits (sauf rares dérogations, pour des additifs supports d’autres additifs ou dans des boissons alcoolisées comme le vin, par exemple). Les manquements repérés portaient sur des défauts d’étiquetage liés à la présence de nanomatériaux ou encore de nitrates et phosphates dans des mélanges destinés à des fabricants de préparations à base de viande. Tout de même 84 % de non-conformité sur 19 établissements contrôlés. D’autant plus choquant que le défaut d’information ne peut que se répercuter ensuite sur l’étiquette du produit final. Plus grave mais fait rare, la DGCCRF a retrouvé des traces d’un dérivé non autorisé de l’acide carminique E120, l’acide 4 amino-carminique, dans des boissons, sirops et confiseries à destination des enfants. Obtenu par chauffage en présence d’ammoniaque du E120, colorant extrait de la cochenille lui bien autorisé, il permet à la couleur rouge d’être plus stable en milieu acide.
Notes
(1) La dose journalière admissible (DJA) est dérivée de la dose sans effet (DSE) obtenue par des expérimentations animales ou humaines. On obtient la DJA en divisant la DSE par un facteur 100 (composés non cancérogènes) à 1 000. Elle fournit ainsi une large marge de sécurité et représente une dose pouvant théoriquement être ingérée quotidiennement sans risque pour la santé, avec des dépassements occasionnels sans conséquence.

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Noëlle Guillon


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Appli QuelCosmetic: Une application mobile gratuite pour choisir ses produits cosmétiques (évolution)

Téléchargez l’application mobile QuelCosmetic







Voilà un bel exemple d’interactivité entre l’UFC-Que choisir et les consommateurs ! Lorsque nous avons lancé l’application gratuite QuelCosmetic, en mars dernier, la base de données comportait déjà 5 000 produits. Mais c’est grâce aux utilisateurs, qui nous ont fait parvenir codes-barres et photos des produits manquants, qu’elle s’est considérablement étoffée. Aujour­d’hui, ce sont plus de 120 000 références (environ 99 000 à risque et 24 000 sans risque) dont vous pouvez consulter les appréciations établies par nos experts. Cette possibilité de se faire une idée, de façon simple et rapide, de la composition des cosmétiques est manifestement appréciée puisque près de 800 000 personnes ont téléchargé l’appli via l’App Store ou Google Play. Pas question pour autant de nous reposer sur nos lauriers : nous avons tenu compte de vos remarques et venons de lancer une deuxième version qui collera encore mieux à vos attentes. La mise à jour se fera automatiquement. Voici les améliorations essentielles.

L’historique des scans



Difficile de se souvenir, entre deux visites au supermarché ou à la parapharmacie, si l’on a déjà scanné un produit et quel a été le verdict de l’appli. Celle-ci conserve donc désormais l’historique de vos scans. Vous pouvez vous y reporter à tout moment. Pratique aussi pour établir une liste de courses.

Des catégories de population plus précises



Jusqu’à maintenant, les résultats étaient présentés pour trois catégories de populations : adultes, bébés et femmes enceintes, enfants et adolescents. Désormais, bébés et femmes enceintes font l’objet de catégories séparées, car si de nombreux ingrédients, les perturbateurs endocriniens, sont tout aussi délétères pour les deux populations, il existe aussi des substances à éviter seulement chez les tout-petits mais a priori inoffensifs pour les futures mamans. C’est le cas en particulier du phenoxyethanol. Les réponses de QuelCosmetic sont donc dorénavant plus adaptées, d’autant que nous avons supprimé la catégorie « bébés » des produits qui ne les concernent pas, et ils sont nombreux (produits de rasage, antirides, déodorants, pour ne prendre que quelques exemples).

Des réponses personnalisées



C’est justement pour votre bébé que vous utilisez en particulier notre application ? Vous êtes enceinte et voulez prendre un maximum de précautions pendant votre grossesse ? Au contraire, vous êtes un homme qui n’a que faire des mises en garde destinées aux populations les plus fragiles ? Vous pouvez désormais entrer d’emblée votre profil et ne verrez que les réponses qui vous concernent. À tout moment, lorsque vous parcourez l’appli, vous pouvez modifier ces préférences. Un filtre vous permet aussi de ne voir apparaître que les produits sans risques. Par ailleurs, vous pouvez décider d’être alerté sur la présence d’allergènes ou non. On parle ici des 26 allergènes de parfum dont la déclaration a été rendue obligatoire par la Commission européenne. D’autres allergènes, qui déclenchent très fréquemment des réactions, comme la methylisothiazolinone ou encore la paraphenylenediamine, sont signalés systématiquement. Les 26 allergènes de parfum sont en particulier à éviter chez les tout-petits et si vous avez un terrain allergique. En revanche, même s’il est possible de déclencher une réaction à tout âge et sans antécédent, les adultes qui ont la chance de ne pas avoir une peau réactive peuvent raisonnablement décider d’ignorer la présence dans un produit d’un ou plusieurs de ces 26 allergènes, très souvent repérables dans tous types de cosmétiques.

Une utilisation plus pratique



Le mode « recherche » a été amélioré. Vous pouvez désormais associer un type de produit et une marque, par exemple « déodorant Narta », « crème hydratante Roche Posay », etc. Par ailleurs, pour plus de clarté, la présentation du glossaire a été modifiée. Vous pouvez vous y reporter pour en savoir plus sur les ingrédients indésirables présents dans les produits que vous scannez et les raisons de leur nocivité. Enfin, nous avons ajouté une foire aux questions. Vous y trouverez les réponses aux interrogations le plus souvent exprimées par les utilisateurs via notre formulaire de contact notamment.

Comprendre le résultat



Comme la toxicité potentielle des ingrédients peut varier selon les populations, l’évaluation diffère selon la personne concernée : un pictogramme s’affiche pour les tout-petits (de la naissance à 3 ans), un pour les femmes enceintes, un autre pour les enfants et adolescents (de 3 à 16 ans), un quatrième pour les adultes. La couleur va du vert (aucun risque identifié à ce jour) au rouge (risque significatif) et est accompagnée de lettres de A à D à destination des daltoniens. Elle correspond à celle de l’ingrédient le plus nocif de tous ceux présents : une crème peut comporter dix composants au-dessus de tout soupçon, si le onzième est un perturbateur endocrinien avéré, c’est sa couleur rouge qui l’emportera. Attention, le résultat ne concerne que la composition du produit. En aucun cas, il ne renseigne sur sa qualité intrinsèque ou son efficacité. Ces critères ne peuvent être mesurés qu’en laboratoire et nous le faisons à l’occasion des tests comparatifs que nous publions régulièrement sur telle ou telle famille de produits. Mais forcément, le nombre de références concernées est sans commune mesure avec celles présentes dans l’appli.


Les pictogrammes et les codes couleur utilisés dans l’application QuelCosmetic.

Le plus que vous attendiez



Depuis notre première grande campagne sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques, vous êtes nombreux à nous demander une liste positive des produits n’en contenant pas. Demande satisfaite avec l’appli QuelCosmetic ! Lorsque le produit que vous convoitez contient des ingrédients indésirables, il suffit d’un clic pour voir s’afficher une liste d’homologues plus recommandables.

Si vous êtes curieux de savoir pourquoi tel produit hérite d’une mauvaise note, cliquez sur le pictogramme de couleur et l’ingrédient incriminé s’affiche avec des explications sur sa nocivité (via un clic sur le i ). Par ailleurs, la composition complète du produit est affichée.

Les fonctionnalités offertes en scannant le produit:



Exemple du baume à lèvres Labello Classic care



1 La page d’accueil du produit : ce produit présente un risque significatif pour les populations.

2 Un clic sur sur la ligne correspondant à une des populations, le ou les ingrédients qui posent problème apparaissent.

3 Un clic sur le "i" donne accès à une explication sur les raisons de la nocivité de l’ingrédient.

D’autres possibilités pour explorer la base de données





1 On peut choisir une catégorie sur la page d’accueil.

2 Puis une sous-catégorie.




1 Tous les produits à risque s’affichent.

2 En cliquant sur « produits sans risque », on accède à la liste de leurs homologues sains.




1 On peut faire apparaître les listes par ordre alphabétique.

2 On peut aussi chercher une référence particulière à l’aide de la fonction « rechercher ».

3 Mais lorsqu’on a le produit en main, le plus pratique est de scanner son code-barres.

4 On peut conserver l’historique des produits scannés et s'y référer à tout moment.


Pourquoi des différences entre les applis



Parmi les questions fréquemment posées par les utilisateurs, celles sur les différences entre les résultats de QuelCosmetic et ceux trouvés sur d’autres applications. Vert d’un côté, rouge de l’autre pour un même produit, c’est déroutant. L’explication, c’est que nous n’avons pas les mêmes critères de classement. D’abord, certaines applis tiennent compte de l’impact des cosmétiques sur l’environnement alors que nous avons préféré nous concentrer sur la santé, en tout cas dans un premier temps (nous ne nous interdisons pas de faire évoluer notre approche à l’avenir). Autre différence, nous classons des ingrédients en indésirables seulement si des études solides montrent sans ambiguïté leur nocivité. D’autres préfèrent condamner des substances dès la moindre publication suggérant, sans le démontrer, qu’il pourrait y avoir un risque, même minime. Certains utilisateurs assimilent ce choix à une plus grande fiabilité mais c’est un rapprochement qui n’a pas lieu d’être, car la rigueur scientifique n’est alors pas toujours au rendez-vous. Cela dit, la science progresse tous les jours et la liste de nos ingrédients indésirables peut, elle aussi, évoluer. C’est pourquoi il est conseillé d’accepter les notifications qui vous signalent les éventuelles nouveautés ou, au moins, de procéder régulièrement à des mises à jour.


Des outils rendus possibles grâce à vos dons !



L’appli QuelCosmetic fait partie des projets mis en œuvre par l’UFC-Que Choisir au bénéfice de tous les consommateurs et financés grâce à notre fonds de dotation. Ce dernier est notamment alimenté par vos dons et par les royalties obtenues grâce à la commercialisation de la licence d’utilisation de La Note Que Choisir, un repère au service des consommateurs utilisable par les professionnels pour distinguer les produits ayant obtenu plus de 14/20 à l’un de nos essais comparatifs.
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Fabienne Maleyson


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DĂ©pistage du cancer du sein: Une campagne trompeuse
À la veille d’Octobre Rose, l’Institut national du cancer (INCa) publie sa nouvelle campagne vidéo sur le dépistage systématique du cancer du sein. La forme choisie, un questions-réponses, donnait l’occasion de faire le point sur les bénéfices réels de la mammographie réalisée tous les deux ans chez les femmes de 50 à 74 ans. Le surdiagnostic de lésions qui n’auraient pas évolué, et le surtraitement, sont aujourd’hui deux effets secondaires bien identifiés du dépistage. En regard, le nombre de vies sauvées grâce au dépistage n’est pas aussi important qu’attendu.

Malheureusement, l’INCa loupe une nouvelle fois le coche. Au moment d’évoquer le « surdiagnostic », le terme n’est même pas prononcé. Tout juste le spot mentionne-t-il qu’« il arrive que l’on diagnostique et que l’on traite un cancer qui n’aurait pas ou peu évolué ». Mais la suite est pour le moins elliptique : « Le risque zéro n’existe pas. » Peu importe que des dizaines de femmes subissent des examens en trop, ou soient opérées pour rien, l’INCa estime que cela ne vaut pas le coup de s’y attarder. Et préfère mettre en avant des bénéfices « vraiment plus importants ». Grâce au dépistage, plus de 10 000 cancers agressifs seraient soignés plus tôt, affirme l’INCa. Outre qu’on ne sait pas d’où sort ce chiffre, notons qu’il n’est pas précisé si ces cancers soignés plus tôt guérissent plus souvent. Or c’est bien l’enjeu : combien de vies le dépistage sauve-t-il ? La réalité est moins rose qu’on voudrait le faire croire aux femmes concernées : avec le dépistage, sur 1 000 femmes de 50 ans dépistées pendant 10 ans, 4 mourront d’un cancer du sein, contre 5 sans dépistage. Le dépistage épargne une vie. En contrepartie, 19 femmes seront diagnostiquées et traitées à tort.

Voilà les informations que les femmes invitées au dépistage systématique du cancer du sein ont besoin de connaître avant de se décider. Encore une fois, l’INCa ne leur fait pas confiance pour faire la part des choses. Une information loyale et complète était pourtant une des recommandations de la concertation citoyenne sur le dépistage du cancer du sein il y a deux ans.

Même démarche pour les cancers de petite taille

Parmi les arguments en faveur du dépistage systématique, le spot de l’INCa cite la détection précoce de cancers de petite taille. De ce fait, les traitements seraient « moins lourds, moins longs et plus efficaces ». Là encore, la réalité est plus contrastée : les chiffres de l’assurance maladie montrent que le nombre de mastectomies (ablation totale ou partielle d’un sein) n’a pas baissé depuis l’instauration du dépistage en 2004.


Lire aussi:

Cancer du sein - L’INCa a fourni aux femmes une information incomplète et partiale sur les avantages et les inconvénients à suivre le dépistage organisé

< href='https://www.quechoisir.org/decryptage-cancer-du-sein-nos-reponses-a-vos-questions-n23529/' target='blank'>Cancer du sein - Nos réponses à vos questions


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Anne-Sophie Stamane


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Tabac: Comment les industriels ont infiltré les réseaux sociaux
Une jeune femme sur la plage, un groupe d'amis en soirée ou un jeune adulte en pleine séance de travail. Ces images sont légion sur les réseaux sociaux. Elles n'ont rien d'inhabituel, sauf si l'on y ajoute une cigarette ou un paquet, discrètement positionnés dans le cadre. À l'heure où le tabac connaît un désamour global, ce type de photographie a récemment fleuri sur les pages les plus fréquentées de Facebook, Twitter et Instagram.

Inutile d'y voir un regain de popularité venu de nulle part. Il s'agit, en fait, d'une manœuvre orchestrée par les fabricants de tabac pour redorer et banaliser l'image de leurs produits. À cette fin, ils ont infiltré les réseaux sociaux de 40 pays, détaille un rapport complet (1) remis aux autorités américaines.

Signé notamment par l'organisation à but non lucratif Campaign for Tobacco-Free Kids et plusieurs sociétés savantes, ce document désigne les coupables : Philip Morris International, British American Tobacco, Japan Tobacco International et Imperial Tobacco. Qui ont avoué, à demi-mot, avoir eu recours à des influenceurs, dans les colonnes du New-York Times (2).

Le cœur de cette opération séduction s'appuie sur les « influenceurs ». Ces internautes disposent de comptes très suivis par les utilisateurs des réseaux sociaux. Leurs pages sont donc convoitées des marques, qui nouent des partenariats avec eux. En échange de « vues » et de « likes », elles proposent produits gratuits et rémunération.


Une publicité qui tait son nom

British American Tobacco (BAT) « ne choisit que les personnes qui ont le plus de followers », témoigne un ambassadeur auprès des auteurs du rapport. Autrement dit, les comptes qui génèrent le plus de trafic et toucheront le plus de monde. En échange, les influenceurs « reçoivent 200 dollars par mois, et 2 cartouches de cigarettes ».

Mais la règle du jeu est loin d'être aussi transparente pour les internautes. Chez BAT comme les autres fabricants, la rémunération est soumise à plusieurs conditions. Pour parvenir à ses fins, l'industrie n'est pas prête à tous les sacrifices. Les marques interdisent à leurs ambassadeurs d'indiquer que le post est sponsorisé. Une pratique pourtant courante.

Les fabricants fixent aussi un certain nombre d'exigences esthétiques. La photographie doit mettre en valeur le produit, mais avec subtilité. L'internaute ne doit pas flairer la publicité... « Notre rôle consiste à mettre en ligne une sorte de publicité sur Instagram ou Facebook ; mais il faut qu'elle ait l'air naturelle... L'aspect créatif et naturel des photos est très important », développe un influenceur.

À ces photographies « spontanées » peuvent s'ajouter des événements au nom de la marque que les ambassadeurs relaient sur leurs pages. En France, c'est Marlboro qui mène la danse avec le hashtag #DecideTonight. Le fabricant a organisé plusieurs fêtes à ce nom. Dans d'autres pays, des jeux concours au nom de la marque (voyage, produits) peuvent être organisés.


Cibler les jeunes

Le choix des hashtags associés aux campagnes n'a rien d'anodin. Simples, ils traduisent le défi, le voyage, le mouvement. Il faut vendre du rêve et des termes susceptibles d'être repris par le plus grand nombre, dans une « conversation » mondiale. Pour cela, pas moins de 123 hashtags ont été diffusés. Et vus à 8,8 milliards de reprise rien qu'aux États-Unis.

En France, la campagne #DecideTonight de Marlboro a porté ses fruits. Mais elle n'est pas la seule. Celles d'autres pays ont également touché nos internautes nationaux : « Stay True, Stay Free » sponsorisé par Japan Tobacco International au Kazakhstan, la campagne de British American Tobacco en Italie, mais aussi #NightHunters lancé par Philip Morris en Uruguay... qui promeut des cigarettes mentholées interdites en France !

L'objectif de la démarche ? Redonner à la cigarette son image de produit « cool », tout particulièrement auprès des jeunes, qui fréquentent assidûment ces réseaux. Car au fil des politiques antitabac, le produit a perdu son succès. Ce public s'en éloigne, et la publicité à l'ancienne ne fonctionne plus. Il faut donc passer sous le radar des réticences habituelles. « Les marques s'appuient sur l'idée d’un marketing auprès des pairs... », indique un influenceur aux rapporteurs.


Une pratique illégale

Outre les dégâts sanitaires d'une telle approche (voir encadré), cette stratégie n'est pas légale. Aux États-Unis, les auteurs du rapport ont saisi la Federal Trade Commission (FTC) afin de forcer les industriels du tabac à se remettre dans le rang.

En ce qui concerne la France, toute publicité ou propagande en faveur des produits du tabac est interdite, qu'elle soit directe ou indirecte, et cela depuis 1991 (loi Évin). Une législation, depuis, étendue au vapotage. Voilà pour les fabricants.

Les influenceurs, eux, ne sont soumis à aucune règle spécifique. Le code de la consommation s'applique toutefois. Il stipule que toute publicité doit être clairement identifiée, ce qui vaut pour les posts sponsorisés. L'Autorité de régulation de la publicité professionnelle (ARPP) a d'ailleurs émis une série de recommandations (3) à leur destination.

Enfin, les principaux réseaux sociaux (Instagram, Twitter, Facebook) ne laissent aucune ambiguïté sur le sujet. Ils interdisent toute publicité en faveur du tabac. Voilà qui est clair, et qui fait de ces campagnes une violation manifeste des conditions d'utilisation.
Le tabac a du plomb dans l'aile

Entre 2016 et 2017, plus d'un million de Français et de Françaises ont arrêté de fumer. Ce recul massif s'accompagne d'une chute des ventes de tabac, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Sur cette période, le volume de cigarettes vendues a reculé de 0,7 % et celui de tabac à rouler de 5,1 %.

C'est chez les jeunes que le désamour se constate le mieux. En 2016, les adolescents de 17 ans étaient 68 % à expérimenter le tabac et un tiers à fumer chaque jour. L'année suivante, ils étaient 59 % à tester la cigarette et seulement un quart à fumer quotidiennement...
Le tabac, un produit nocif pour la santé

Si les campagnes antitabac se multiplient, c'est avant tout parce que le tabac est responsable de nombreuses pathologies (maladies cardiovasculaires, cancers, etc.). Il faut dire qu'une cigarette abrite de nombreux produits toxiques et cancérogènes connus. Première cause de mortalité évitable en France, le tabagisme serait à l'origine d'au moins 79 000 décès par an. Et il coûte cher à la société puisqu'on estime à 120 milliards d'euros les dépenses qu'il occasionne chaque année. Sur cette somme, 25 milliards d'euros sont consacrés à la prise en charge des maladies provoquées par la cigarette (hospitalisations, soins, médicaments).

(1) Rapport remis Ă  la Federal Trade Commission.
(2) Article du New-York Times.
(3) Recommandations de l'ARPP Ă  destination des influenceurs.
UFC Que Choisir en ligne
Audrey Vaugrente


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Légumes surgelés: De nombreux rappels pour un risque de Listeria
C’est la douche froide pour les amateurs de petits pois, carottes et autres légumes surgelés. Une vingtaine de produits surgelés ont été placés sous surveillance par la Direction générale des fraudes (DGCCRF) et font l’objet de rappels en raison d’une possible contamination à la Listeria. Cette infection alimentaire grave, due à la bactérie Listeria monocytogenes, se traduit habituellement par une fièvre accompagnée de maux de tête et parfois de troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements). Chez la femme enceinte, elle peut provoquer un avortement ou une infection néonatale grave. Le 3 juillet dernier, l’Efsa (l’autorité européenne de sécurité des aliments) faisait un point sur cette nouvelle épidémie alimentaire à l’origine de 48 cas humains dont 10 décès. Aucun cas n’a été identifié en France à ce jour, le délai d’incubation pouvant aller jusqu’à huit semaines.

Rappel à l’international

À l’instar de l’affaire des œufs contaminés au fipronil survenue à l’été 2017, cette nouvelle infection alimentaire collective se joue à l’échelle européenne. C’est en effet le géant belge du légume surgelé Greenyard, leader européen du secteur, qui est à l’origine de la vague d’infections via une de ses usines hongroises.

Mais contrairement au scandale du fipronil, la communication entre le réseau de vigilance européen et les services sanitaires nationaux semble cette fois avoir fonctionné, avec malgré tout une semaine de délai. Ainsi, le 6 juillet 2018, la direction des fraudes (DGCCRF) a été informée par le biais du réseau d’alerte européen Rasff de la décision de l’autorité hongroise chargée de la sécurité alimentaire de demander, le 29 juin 2018, à Greenyard le retrait et rappel des légumes surgelés (notamment du maïs) fabriqués dans son usine hongroise entre le 13 août 2016 et le 20 juin 2018.

L’affaire ne daterait toutefois pas d’hier, la bactérie Listeria ayant déjà été repérée en 2017 en Belgique dans deux échantillons de maïs surgelé, rapportent les journaux Het Nieuwsblad, Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg selon une information du quotidien belge Le Soir.

En France l’alerte concerne des légumes des marques D’Aucy, et des marques de distributeurs (Lidl, Carrefour, Intermarché, Leclerc, Netto, Auchan)… La liste détaillée est disponible sur le site de la DGCCRF.

D’après les autorités, ces produits utilisés pour réaliser des plats cuisinés sont aussi susceptibles d’avoir été utilisés par des fournisseurs de restauration collective (crèches, cantines d’entreprise…). La liste des produits rappelés risque donc de s’allonger dans les prochains jours.
UFC Que Choisir en ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Vente de produits extraits du cannabis: Ce que l’on sait des effets du cannabidiol (CBD)
Un produit de consommation courante ? Depuis l’ouverture de plusieurs « coffee shops » en France, le cannabidiol se présente comme tel. Pour autant, la substance suscite évidemment plus de fantasmes et controverses qu’un nouveau yaourt. De fait, il s’agit d’une substance active aux effets multiples et parfois encore mal connus.

Est-ce du « cannabis légal » ?

Pas vraiment. Le cannabis (ou chanvre) est une plante qui contient un grand nombre de substances dont les terpénoïdes ainsi qu’une centaine de cannabinoïdes. Parmi ces dernières, deux composés actifs majeurs : le delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). C’est ce cannabidiol qui est vendu dans les boutiques (1) qui se sont récemment multipliées et qui ont provoqué l’ire des pouvoirs publics. Alors que le THC est classé comme stupéfiant, le CBD ne l’est pas. Les produits qui en contiennent ne sont donc pas interdits, sauf s’ils contiennent aussi du THC et ce, quelle que soit la dose, ou s’ils sont extraits de plants non autorisés (c’est-à-dire contenant plus de 0,2 % de THC). Le CBD proposé à la vente n’est donc pas un « cannabis légal », c’est plutôt un extrait légal du cannabis.

Est-ce un produit psychoactif ?

Oui, mais pas autant que le THC. Beaucoup d’articles à propos du cannabidiol affirment qu’il n’est pas psychoactif. Il est vrai que le CBD n’a pas les effets planants ou euphorisants, typiques, que son acolyte, le THC, est connu pour entraîner. Pour autant, il n’est pas dénué d’effets psychiques. Ainsi, le cannabidiol diminue probablement l’anxiété. Il a été testé avec une certaine efficacité en ce sens. Il a aussi des effets sur le sommeil. Certaines études montrent un accroissement de la vigilance. Mais lors d’essais médicamenteux avec le cannabidiol, la somnolence est apparue comme un effet secondaire très fréquent. Cet effet sédatif se manifeste sans doute à haute dose. Le cannabidiol est donc une substance psychoactive, comme l’a indiqué la Commission des stupéfiants et psychotropes de l’Agence du médicament en 2015.

Est-ce un produit qui provoque des dépendances et des abus ?

Probablement pas. Le fait que le cannabidiol soit psychoactif ne signifie pas automatiquement qu’il soit addictif. Le cannabidiol ne semble pas l’être. En la matière, les études manquent pour être totalement affirmatif. Mais il n’y a pas d’indications d’usages compulsifs. Les risques d’abus et de dépendance semblent minimes. Son usage a même été évoqué dans le sevrage tabagique.

Est-ce qu’il agit contre la douleur ?

On ne sait pas. Associé à du THC, le cannabidiol a parfois montré des effets sur des douleurs chroniques (mais pas sur les douleurs aiguës). Dans le médicament Sativex, par exemple, le mélange THC/CBD est reconnu efficace par plusieurs pays européens contre les contractures musculaires douloureuses dont peuvent souffrir les personnes atteintes de sclérose en plaques. Mais aucun effet propre du cannabidiol seul, comme antidouleur, n’est établi.

Y a-t-il des usages sur prescription ?

Oui mais limités. Le 25 juin dernier, le premier médicament à base de cannabidiol était autorisé par l’Agence américaine du médicament. Appelée Epidiolex, cette spécialité est indiquée dans des formes rares et sévères d’épilepsie (syndromes de Lennox-Gastaut ou de Dravet) qui se déclarent dans la petite enfance.

Au Canada, le cannabidiol est aussi utilisé dans le cadre d’un dispositif de « cannabis médical ». Au contraire des conditions d’emploi de l’Epidiolex, extrêmement précises, celles du cannabidiol au Canada restent très floues. Il n’existe pas de recommandations pour les médecins sur les motifs médicaux pour lequel il peut être prescrit, ni sur les doses, ni sur les durées…

Quels sont ses effets secondaires ?

Les études du médicament fournissent une liste de possibles effets indésirables : somnolence et léthargie ou, au contraire, insomnie, perte d’appétit, diarrhées, érythème, fatigue et infections. Même si les doses ne sont pas nécessairement comparables, cela donne des indications sur d’éventuels effets secondaires en cas de consommation récréative. Le cannabidiol peut aussi avoir des effets délétères sur le foie (élévation des transaminases). Prudence donc pour les personnes qui ont des troubles hépatiques. Prudence aussi pour les femmes enceintes et allaitantes (le cannabidiol passe dans le lait).

(1) Du moins en théorie. Des contrôles sont en cours pour vérifier que ces produits ne contiennent pas aussi du THC, auquel cas leur vente est illégale. Plusieurs boutiques ont été fermées.



Merci à Pierre Beaulieu, directeur du Département d’anesthésiologie et de médecine de la douleur à l’université de Montréal, spécialiste de la pharmacologie du cannabis.
UFC Que Choisir en ligne
Perrine Vennetier


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Maladie de Lyme: Des recommandations, enfin
Finalement, la Haute autorité de santé (HAS) a tenu les délais. En dépit de désaccords persistants au sein du groupe de travail qui planche depuis un an et demi sur la maladie de Lyme, elle a publié de nouvelles recommandations de prise en charge très attendues. C’était d’autant plus nécessaire, a plaidé la HAS lors de sa conférence de presse, que la saison des tiques bat son plein. Et que le nombre de cas signalés de la maladie a, selon les chiffres récents de Santé Publique France, fortement augmenté en 2016.

Il fallait, a souligné la Pr Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS, apporter une réponse concrète aux médecins de premier recours. Même pour les malades les plus problématiques, c’est-à-dire les personnes persuadées d’être touchées par un Lyme, mais dont les symptômes – fatigue intense, troubles du sommeil, douleurs, troubles cognitifs – sont peu évocateurs de la maladie. Parmi elles, certaines ont déjà été traitées pour un Lyme par le passé mais estiment, contre l’avis des médecins en général, ne pas être encore guéries. D’autres présentent les mêmes signes cliniques mais les tests actuellement utilisés pour le diagnostic de Lyme ont toujours été négatifs. Quelle que soit la sérologie, la HAS a décidé de regrouper tous ces cas « chroniques » sous le terme « symptomatologie/syndrome persistant polymorphe après une possible piqûre de tique » (SPPT). Pour eux, la conduite à tenir, a détaillé le Dr Cédric Grouchka, membre de la HAS, « consiste d’abord à les prendre au sérieux. Puis à mener un bilan complet pour rechercher une autre maladie. » Si aucun diagnostic n’est trouvé et que les symptômes sont toujours là, alors un traitement dit « d’épreuve » pourra être prescrit. Il s’agit de donner des antibiotiques pendant 28 jours, pour voir s’ils ont un impact sur les signes cliniques.

C’est la grande nouveauté de ces recommandations : la possibilité de donner un traitement y compris en cas de test négatif. Toutefois, sa durée est encadrée, et il devra être répertorié et supervisé par un des cinq centres spécialisés dans les maladies vectorielles à tiques (MVT) prévus par le plan Lyme.

Polémiques immédiates

Sans surprise, le positionnement de la HAS n’a pas calmé la guerre qui fait rage sur la maladie de Lyme. La Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), pourtant partie prenante du groupe de travail, a manifesté dans un communiqué son opposition au SPPT, « qui pourrait conduire à des excès de diagnostics susceptibles d’orienter les patients vers des prises en charge inadéquates ». L’association de patients ChroniLyme, elle, déplore l’absence de mesures d’urgence et l’impossibilité de cures d’antibiotiques longues. La Fédération française des maladies vectorielles à tiques (FFMVT), constituée de médecins plus proches des malades, pointe de nombreux manques mais salue tout de même l’avancée que constitue, selon elle, la reconnaissance du SPPT.
UFC Que Choisir en ligne
Anne-Sophie Stamane


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