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Vaccins obligatoires: Un passage obligé ?
Onze vaccins vont ĂȘtre rendus obligatoires pour les enfants de moins de 2 ans. Cette dĂ©cision, annoncĂ©e le 5 juillet par AgnĂšs Buzyn, la ministre de la SantĂ©, devrait mettre un terme Ă  une situation bancale qui prĂ©vaut en France depuis plusieurs annĂ©es. D’une part, 3 vaccins sont obligatoires : contre la diphtĂ©rie, le tĂ©tanos et la poliomyĂ©lite (DTP). D’autre part, 8 autres vaccins sont seulement recommandĂ©s : contre l'haemophilus influenzae B (bactĂ©rie provoquant notamment des pneumopathies et des mĂ©ningites), la coqueluche, l’hĂ©patite B, la rougeole, les oreillons, la rubĂ©ole, le mĂ©ningocoque C et le pneumocoque. Or il n’y a pas de justification mĂ©dicale particuliĂšre Ă  cette diffĂ©rence de statut rĂ©glementaire. La dĂ©cision a donc Ă©tĂ© prise de les rendre tous obligatoires, en 2018. La mesure a reçu un accueil trĂšs favorable dans la presse et auprĂšs des instances mĂ©dicales. Pour autant, quelques critiques sĂ©rieuses ont Ă©tĂ© Ă©mises par certains professionnels de santĂ©, qui s’interrogent sur le bien-fondĂ© et la pertinence de l’obligation.

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ?

Cette extension de l’obligation vaccinale a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©e comme un impĂ©ratif de santĂ© publique. Historiquement, l’obligation vaccinale s’inscrit dans cette logique, par exemple avec le vaccin contre la terrible variole au dĂ©but du XXe siĂšcle. Aujourd’hui, la situation est nettement diffĂ©rente. La couverture vaccinale n’est pas optimale au regard des objectifs de 95 % mais elle n’est pas catastrophique non plus – 70 % des enfants reçoivent dĂ©jĂ  les 11 vaccins. Pour certains vaccins, comme celui contre le mĂ©ningocoque C, on note une progression rĂ©guliĂšre du taux de petits vaccinĂ©s. Quant Ă  la rougeole souvent citĂ©e en exemple comme justification de l’obligation, elle entraĂźne entre 1 et 2 morts par an (10 morts entre 2008 et 2016). Ce sont des dĂ©cĂšs dramatiques mais on ne peut pas parler d’une mortalitĂ© massive. La situation n’est donc pas d’une gravitĂ© exceptionnelle qui imposerait de dĂ©crĂ©ter une mesure exceptionnelle comme l’obligation. La SociĂ©tĂ© française de santĂ© publique (la SFSP, que l’on peut difficilement qualifier de secte anti-vaccinaliste) s’est d’ailleurs prononcĂ©e l’an dernier pour la levĂ©e de l’obligation actuelle (DTP) et explique ne pas ĂȘtre en faveur d’une obligation vaccinale en routine. « Il serait prĂ©fĂ©rable, explique son vice-prĂ©sident le Dr Yves Charpak, de garder la possibilitĂ© d’une obligation vaccinale comme une mesure d’urgence, pour protĂ©ger la population en cas de vraie menace Ă©pidĂ©mique brutale. »

Quelle efficacité ?

Au-delĂ  des fondements, on peut aussi s’interroger sur l’efficacitĂ© de cette mesure. Actuellement, il est indĂ©niable que les vaccins obligatoires (DTP) bĂ©nĂ©ficient de la meilleure couverture vaccinale. Il en va de mĂȘme pour ceux de la coqueluche et de l'haemophilus influenzae qui sont de fait administrĂ©s en mĂȘme temps que les trois obligatoires. L’extension de l’obligation est donc susceptible d’augmenter le taux d’enfants vaccinĂ©s. Mais ce n’est pas une certitude : « il n’y a aucun Ă©lĂ©ment scientifique pour attester que cette mesure aboutisse Ă  une meilleure protection », avertit le CollĂšge national des gĂ©nĂ©ralistes enseignants qui juge l’obligation vaccinale « simpliste et inadaptĂ©e ». D’autant que les obligations s’accompagnent en gĂ©nĂ©ral d’amendes en cas de non-respect. Or, dans le cas des vaccins, la ministre de la SantĂ© a dĂ©clarĂ© ne pas vouloir favoriser la voie des sanctions mais travailler Ă  une « clause d’exemption ». Cette clause autoriserait les familles qui sont contre Ă  ne pas faire vacciner leur enfant. Être obligĂ© de faire quelque chose sauf si on ne le veut pas, ça n’est plus vraiment une obligation ! À moins que tout le monde veuille dĂ©sormais le faire


HĂ©sitants ou opposants

C’est le pari que font les partisans de l’obligation, qui estiment que cette mesure va restaurer « la confiance » dans la vaccination. Pas sĂ»r. Cette question de confiance a Ă©tĂ© au cƓur de la concertation citoyenne sur la vaccination qui a eu lieu en 2016. Le jury de professionnels de santĂ© rĂ©uni pour l’occasion avait conclu : « le principe d’obligation vaccinale n’instaure pas la confiance, pire il est contre-productif. Au titre de la libertĂ© individuelle, le citoyen se place dans une position de dĂ©fiance, voire de dĂ©fense ». La SFSP le craint elle aussi : « Ă©tendre l’obligation peut transformer des hĂ©sitants en opposants ». Imposer les vaccins pourrait accrĂ©diter l’idĂ©e qu’il y a quelque chose Ă  cacher. À l’heure oĂč l’efficacitĂ© de certains vaccins (contre la grippe chez les personnes ĂągĂ©es ou le zona) apparaĂźt comme minime, c’est important. Pour restaurer la confiance et accroĂźtre la couverture vaccinale, les autoritĂ©s auraient pu faire le choix d’une campagne d’information solide sur les bĂ©nĂ©fices et les risques de chacun des vaccins infantiles. Cette mesure aurait comme avantage de permettre aux patients d’exercer leur consentement Ă©clairĂ©, prĂ©alable lĂ©gal Ă  la rĂ©alisation des actes de soins.
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Perrine Vennetier


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RĂ©gime amaigrissant: Ce qu’il faut faire et ne pas faire
Il ne faut pas forcément chercher à maigrir

Il semble une Ă©vidence que plus on est mince, mieux c’est. Or, les canons de la mode ne sont pas ceux de la mĂ©decine. En termes de santĂ©, on recommande souvent de viser un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 18,5 et 25 (1). Mais c’est un repĂšre statistique qui est valable pour une population et pas forcĂ©ment pour les individus. De plus, en mai dernier, une Ă©tude menĂ©e au Danemark a montrĂ© que les personnes qui avaient un IMC autour de 27 (donc en surpoids selon les critĂšres actuels !) Ă©taient celles chez qui survenaient le moins de dĂ©cĂšs. La pertinence de s’engager dans une dĂ©marche d’amaigrissement ne doit donc pas se dĂ©cider Ă  la lĂ©gĂšre.

En effet, il est bien Ă©tabli dĂ©sormais que les rĂ©gimes prĂ©sentent des dangers pour la santĂ© : ils se soldent le plus souvent par une reprise de poids, une perte de muscle, une fragilisation des os (surtout aprĂšs la mĂ©nopause), une baisse du mĂ©tabolisme de base (nos dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques), une hausse de l’appĂ©tit et peuvent entraĂźner des troubles du comportement alimentaire, entre autres. En raison de ces dangers, un rĂ©gime amaigrissant ne doit ĂȘtre entamĂ© que s’il existe des motifs mĂ©dicaux sĂ©rieux. La recherche d’une perte de poids peut se justifier pour, par exemple, soulager des douleurs articulaires, amĂ©liorer un diabĂšte ou traiter l’hypertension
 Sinon, mieux vaut chercher Ă  stabiliser son poids, Ă  ne pas grossir donc.

Mieux vaut privilégier un régime alimentaire équilibré

En 2010, l’Agence nationale de l’alimentation (Anses) avait passĂ© au crible divers rĂ©gimes Ă  visĂ©e d’amaigrissement. Du rĂ©gime « soupe au chou » aux programmes des docteurs (Cohen, Dukan, Fricker et compĂšres), les experts de l’agence ont constatĂ© de nombreux dĂ©sĂ©quilibres. Par exemple : l’apport en protĂ©ines Ă©tait trop important pour 80 % des phases de rĂ©gimes Ă©tudiĂ©es et l’apport en fibres Ă©tait insuffisant pour 74 %. Tout faux. Ces dĂ©sĂ©quilibres condamnent de fait ces rĂ©gimes Ă  ĂȘtre abandonnĂ©s Ă  plus ou moins brĂšve Ă©chĂ©ance. Or, l’adhĂ©sion au rĂ©gime est essentielle. Dans une Ă©tude menĂ©e en 2009, les participants avaient regrossi au bout de deux ans mais ceux qui avaient le moins repris (perte maintenue de 9 kg en moyenne) Ă©taient ceux qui avaient Ă©tĂ© les plus assidus aux sĂ©ances organisĂ©es pour favoriser l’adhĂ©sion. Le meilleur programme minceur est sans doute celui que l’on n’arrĂȘte pas ! Il est donc moins recommandĂ© de « faire un rĂ©gime » que d’adopter un nouveau rĂ©gime alimentaire au sein duquel on absorbe moins de calories.

Sur la nature du rĂ©gime, on peut recommander de faire Ă©voluer ses menus vers une alimentation de type mĂ©diterranĂ©en (2). Ses bienfaits sur la santĂ© ont Ă©tĂ© maintes fois dĂ©montrĂ©s, indĂ©pendamment d’une perte de poids (voir Que Choisir santĂ©, juin 2015).

Reste une Ă©pineuse question : de combien faut-il rĂ©duire les apports Ă©nergĂ©tiques ? Un tout petit peu ? Beaucoup ? On ne sait pas. Certains experts prĂ©conisent de rĂ©duire un peu mais pas trop, pour que se crĂ©e un dĂ©ficit en calories qui fait maigrir sans entraĂźner des privations dĂ©lĂ©tĂšres Ă  long terme. Mais en l’absence d’études solides en la matiĂšre, difficile de donner des repĂšres chiffrĂ©s.

Il faut absolument faire de l’exercice

Commençons par une apparente mauvaise nouvelle : l’exercice ne fait pas perdre de poids. L’idĂ©e de maigrir en se dĂ©pensant plus, plutĂŽt qu’en mangeant moins, Ă©tait pourtant sĂ©duisante. Mais force est de constater que cela ne suffit pas. Plusieurs pistes d’explications sont proposĂ©es Ă  ce rĂ©sultat dĂ©cevant. Parmi elles, une Ă©tude suggĂšre que le corps rĂ©agit Ă  un accroissement d’activitĂ© (comme en cas de privation alimentaire) : il devient plus efficace et donc
 dĂ©pense proportionnellement moins d’énergie.

Pour autant, si l’aiguille de la balance ne bouge pas, l’exercice permet d’obtenir des bĂ©nĂ©fices esthĂ©tiques et pour la santĂ©, notamment cardiovasculaires, indĂ©niables. Dans le cadre d’une alimentation avec rĂ©duction des apports caloriques, l’activitĂ© physique est le facteur n° 1 pour Ă©viter de regrossir. En effet, l’exercice rĂ©duit la fonte musculaire liĂ©e au rĂ©gime. En maintenant la masse musculaire, il Ă©vite que les dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques de base ne diminuent trop aprĂšs les premiers mois. Il est possible aussi qu’il aide Ă  mieux rĂ©guler la faim et donc d’ajuster ses apports alimentaires Ă  ses besoins. L’adoption d’un nouveau rĂ©gime alimentaire en vue de maigrir doit donc impĂ©rativement s’accompagner d’une activitĂ© physique rĂ©guliĂšre.

< href='https://www.quechoisir.org/actualite-regime-amaigrissant-video-pourquoi-les-regimes-minceur-ne-marchent-toujours-pas-n44092/'>Vidéo Que Choisir : Régime amaigrissant - Pourquoi les régimes minceur ne marchent toujours pas

Notes:

(1) L’indice de masse corporelle (IMC) se calcule en divisant la taille (en cm) par le poids (en kg) au carrĂ©.

(2) Dans les grandes lignes, l’alimentation mĂ©diterranĂ©enne est centrĂ©e sur les lĂ©gumes, les fruits et les cĂ©rĂ©ales. On y consomme de plus des fruits Ă  coques (noix et autres) et des lĂ©gumineuses, un peu de produits laitiers fermentĂ©s, du poisson, trĂšs peu de viande rouge, de l’huile d’olive et de colza. On y Ă©vite les boissons sucrĂ©es et on dĂ©guste un verre de vin si on en a envie.

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Perrine Vennetier


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Sirops à base de codéine: Pas pour les enfants !




En partenariat avec l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament (ANSM), les fabricants de Tussipax (gouttes), NĂ©o-Codion (sirop enfants) et d’Eucalyptine Le Brun (sirop enfants) procĂšdent au rappel de plusieurs lots de leurs spĂ©cialitĂ©s. La notice omet de mentionner qu’il ne faut pas les donner aux enfants de moins de 12 ans et aux femmes allaitantes, parce qu’elles contiennent de la codĂ©ine. Or il est trĂšs important que l’information soit transmise aux Ă©ventuels utilisateurs, car la codĂ©ine peut avoir des effets indĂ©sirables importants chez les petits. Certains d’entre eux sont en effet, sans qu’on puisse le prĂ©voir, des « mĂ©taboliseurs rapides » de la codĂ©ine, c’est-Ă -dire que leur organisme la transforme rapidement en morphine. Ce qui occasionne des surdoses, alors mĂȘme que la posologie Ă©tait respectĂ©e. À la clĂ©, un risque important de dĂ©pression respiratoire et de dĂ©cĂšs.

En vĂ©ritĂ©, ce n’est pas seulement quelques lots de ces mĂ©dicaments qu’il faudrait retirer du marchĂ©, mais la totalitĂ© de ces spĂ©cialitĂ©s pour la toux Ă  base de codĂ©ine. Chez les enfants, la balance bĂ©nĂ©fice risque est dĂ©favorable. Non seulement de nombreux cas de toxicitĂ© ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s, mais en plus, l’efficacitĂ© est minime. En cas de toux sĂšche, mieux vaut d’abord essayer d’humidifier l’air ambiant et de boire pour faire passer la quinte. Si un mĂ©dicament est vraiment nĂ©cessaire, un produit Ă  base de dextromĂ©torphane est prĂ©fĂ©rable.

Chez les adultes, le danger est moindre, mais ceux qui se savent « mĂ©taboliseurs rapides » ne doivent pas prendre de codĂ©ine. L’efficacitĂ© est tout aussi faible.

Bon Ă  savoir:

La codĂ©ine est aussi utilisĂ©e dans le traitement de la douleur. Depuis 2013, des recommandations d’utilisation formulĂ©es au niveau europĂ©en prĂ©conisent de ne plus utiliser la codĂ©ine chez les enfants et les femmes qui allaitent, et de prĂ©fĂ©rer d’autres antidouleurs.
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Anne-Sophie Stamane


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Sécurité des consommateurs: Des lunettes de soleil dangereuses saisies
Ils arrivent par containers entiers dans les ports français, surtout au Havre
 « Ils », ce sont les articles de l’étĂ© que l’on va retrouver dans de nombreuses boutiques, un peu partout en France. Jouets de plage, mobilier de jardin, climatiseurs ou encore lunettes de soleil : une part importante de ces produits vient de Chine. Et, dans le lot, des articles qui ne respectent pas les normes europĂ©ennes et/ou qui peuvent prĂ©senter des risques pour la santĂ© du consommateur.

Illustration de cette rĂ©alitĂ© avec ce grand classique : la saisie rĂ©cemment opĂ©rĂ©e par les douaniers du port du Havre. Les gabelous ont rĂ©cemment mis la main sur 12 000 paires de lunettes de soleil dangereuses fabriquĂ©es dans les usines de l’Empire du milieu. Lors d’un premier contrĂŽle, les agents de la Douane avaient constatĂ© que le rapport de test fourni par l’importateur ne portait que sur les verres. Surtout, il avait Ă©tĂ© Ă©tabli non Ă  la suite d’essais physiques mais sur une simple base documentaire.

Des Ă©chantillons ont alors Ă©tĂ© adressĂ©s au laboratoire commun Douane/Direction gĂ©nĂ©rale de la concurrence, de la consommation et de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF), Ă  Lyon. À l’arrivĂ©e, « les analyses ont permis de rĂ©vĂ©ler un rĂ©el risque [
] puisque les verres prĂ©sentaient une diffĂ©rence d’opacitĂ© d’un peu moins de 20 % entre l’Ɠil droit et l’Ɠil gauche, prĂ©cise la Douane dans un communiquĂ©. En outre, ces lunettes ne devaient pas ĂȘtre utilisĂ©es pour la conduite automobile ce qui n’était pas prĂ©cisĂ©. »

Avec les lunettes de soleil importĂ©es la vigilance s’impose. Sur les 111 lots contrĂŽlĂ©s ces derniĂšres semaines sur tout le territoire, soit 633 000 paires regardĂ©es de prĂšs, 32 % d’entre elles se sont rĂ©vĂ©lĂ©es non conformes. Un bilan guĂšre rassurant car, malheureusement, un nombre important de produits ne satisfaisant pas aux normes de fabrication et de sĂ©curitĂ© passent entre les mailles du filet. Et se retrouvent dans le commerce.
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Arnaud de Blauwe


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Compléments alimentaires: Mieux vaut les éviter pendant la grossesse
SĂ©rĂ©nitĂ© grossesse, Gestarelle, Prenatal Nutrient
 Un simple tour en parapharmacie, en pharmacie ou sur le Net permet de constater que la grossesse est un heureux Ă©vĂ©nement pour les fabricants de complĂ©ments alimentaires. Alors que les supplĂ©mentations en vitamines, minĂ©raux et oligoĂ©lĂ©ments sont trĂšs rĂ©pandues chez les femmes en Ăąge de procrĂ©er (2 fois plus que chez les hommes), l’étude Nutrinet indiquait en 2013 que prĂšs de 75 % des femmes en consommaient en troisiĂšme trimestre.

Or cette consommation, qui se fait souvent en dehors de toute prescription mĂ©dicale, n’est pas sans risque pour la santĂ© de l’enfant Ă  naĂźtre. Dans le cadre du dispositif national de nutrivigilance (voir encadrĂ©), la survenue de cas d’hypercalcĂ©mie nĂ©onatale et d’hypothyroĂŻdie congĂ©nitale chez des nourrissons ont alertĂ© les autoritĂ©s de santĂ©. Ces signalements ont conduit l’Anses Ă  Ă©valuer les risques associĂ©s Ă  la prise de complĂ©ments contenant de la vitamine D, qui entre en jeu dans l’assimilation du calcium, ou de l’iode, indispensable Ă  la synthĂšse des hormones thyroĂŻdiennes. « L’hypercalcĂ©mie [excĂšs de calcium dans le sang, NDLR] chez le nouveau-nĂ© peut entraĂźner des problĂšmes variables allant des simples troubles digestifs aux Ă©pisodes de convulsion. De mĂȘme, un excĂšs d’iode peut ĂȘtre Ă  l’origine d’une hypothyroĂŻdie congĂ©nitale, permanente ou transitoire. Ce trouble grave chez le nourrisson est systĂ©matiquement dĂ©pistĂ© en France Ă  la naissance, car il entraĂźne un risque de retard psychomoteur », explique le docteur GĂ©rard Lasfargues, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint scientifique de l’Anses.

Dans son avis, l’Agence de sĂ©curitĂ© sanitaire met donc en garde contre la prise de complĂ©ments alimentaires en l’absence de besoins Ă©tablis. « Les complĂ©ments alimentaires sont certes encadrĂ©s par un dĂ©cret de mars 2006, mais cela n’empĂȘche pas les dĂ©rives. Si la rĂ©glementation fixe des teneurs maximales rĂ©glementaires, soit 5 microgrammes par prise journaliĂšre pour la vitamine D et 250 microgrammes pour l’iode, on trouve sur Internet des complĂ©ments qui ne respectent ces limites. Sans compter la multiplication des sources par l’utilisation de cocktails vitaminĂ©s qui peut entraĂźner un surdosage », prĂ©vient GĂ©rard Lasfargues.

Enfin, si dans certains cas la supplĂ©mentation des femmes enceintes peut se justifier, notamment en cas de carences en fer ou en vitamine D « avĂ©rĂ©es », c’est-Ă -dire confirmĂ©e par des analyses sanguines, l’agence Ă©met toutefois deux recommandations importantes :

- Ă©viter la multiplication des sources, surtout en l’absence de besoins Ă©tablis. Chez la femme en bonne santĂ©, une alimentation Ă©quilibrĂ©e permet tout Ă  fait de mener une grossesse Ă  bien sans complĂ©ments alimentaires ;
- ne prendre que ce qui est prescrit par le praticien (médecin traitant, gynécologue ou sage-femme) qui suit votre grossesse. Il pourra évaluer vos besoins réels, notamment grùce à un suivi biologique, afin de prendre les décisions appropriées au cours de la grossesse.

Nutrivigilance, c’est quoi ?

Depuis plusieurs annĂ©es, la consommation de complĂ©ments alimentaires mais aussi d’aliments ou de boissons enrichis (vitamines, minĂ©raux, acides aminĂ©s, extraits de plantes
) augmente et les circuits de distribution Ă©voluent avec une part croissante de ventes en ligne. Ces produits souvent considĂ©rĂ©s comme anodins par les consommateurs peuvent pourtant exposer les consommateurs Ă  des risques.

Dans ce contexte, l’Anses a mis en place en 2011 un dispositif de nutrivigilance dont l’objectif est de surveiller la sĂ©curitĂ© de ces produits dans leurs conditions rĂ©elles d’utilisation en recensant et en analysant les effets indĂ©sirables pouvant ĂȘtre liĂ©s Ă  leur consommation. À cĂŽtĂ© de bilans annuels, le dispositif Ă©tudie ponctuellement des populations ciblĂ©es, comme les sportifs ou les femmes enceintes.

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Marie-Noëlle Delaby


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Ingrédients indésirables dans les cosmétiques: Trois familles à bannir des rayons
Pari tenu ! AmorcĂ©e en mars 2016 et poursuivie sans relĂąche depuis lors, notre chasse aux ingrĂ©dients indĂ©sirables dans les cosmĂ©tiques a atteint son objectif principal. GrĂące aux outils que nous mettons Ă  leur disposition – la carte-repĂšre Ă  tĂ©lĂ©charger, les fiches explicatives sur les composants Ă  Ă©viter, les listes des produits en contenant – et Ă  l’interactivitĂ© qui se met en place entre nous, les consommateurs et consommatrices apprennent peu Ă  peu Ă  faire des choix Ă©clairĂ©s au rayon cosmĂ©tique. Lire la liste d’ingrĂ©dients d’une crĂšme ou d’un dĂ©odorant est devenu un rĂ©flexe grĂące auquel les internautes nous ont envoyĂ© des centaines de signalements ces derniers mois. RĂ©sultat : notre base de donnĂ©es, qui pointait quelque 400 rĂ©fĂ©rences en mars dernier, en regroupe dĂ©sormais plus de 1 000 !

Parmi les plus choquants de ces produits nouvellement arrivés dans nos tableaux (1), trois groupes se distinguent.

Les cocktails détonants

Ils ont pour point commun de renfermer plusieurs perturbateurs endocriniens (PE). À la clĂ©, un possible effet cocktail. Enfants, ados et femmes enceintes doivent les fuir. Or, rien n’empĂȘche une adolescente ou une femme enceinte d’utiliser l’Huile sĂšche sublimante du Petit Marseillais, le dĂ©odorant Natur (!) Protect de Sanex, le dentifrice Global Blancheur de Sanogyl, le lait Sculpt System d’Esthederm, la crĂšme de jour pour les cheveux Ă  la grenade de Klorane, la BB crĂšme Peggy Sage ou encore le rouge Ă  lĂšvres Deborah Milano, qui cumule pas moins de quatre perturbateurs endocriniens ! Quant au baume pour les lĂšvres Inell (Leclerc), toute la famille est susceptible de l’utiliser, y compris les enfants. Le gel Ă  l’arnica Mercurochrome, lui, contient un seul perturbateur endocrinien, mais pour un produit Ă  l’image pharmaceutique bien ancrĂ©e et volontiers utilisĂ© chez les petits, c’est dĂ©jĂ  trop !



Les faux doux

« Peau sensible », « apaisant », « hypoallergĂ©nique »  C’est Ă  qui se montrera le plus inoffensif parmi ces produits qui pourtant contiennent un allergĂšne des plus redoutables, la methylisothiazolinone (MIT), parfois associĂ© Ă  son proche parent la methylchloroisothiazolinone (MCIT). Nous l’avions dĂ©jĂ  constatĂ©, mais vos signalements ne font que le confirmer : ces ingrĂ©dients qui donnent des poussĂ©es d’urticaire aux dermatologues sont prĂ©sents dans des produits rivalisant de douceur apparente.



Entre autres, un gel pour l’hygiĂšne intime « hypoallergĂ©nique » de Intima, un savon « extra-doux » de By U, une crĂšme lavante « testĂ©e sous contrĂŽle dermatologique » de Leader Price, une crĂšme de douche qui « lave en douceur » de Monoprix, un bain moussant « dermo-protecteur » de Manava. Au rayon shampooing, on trouve le Kertyol de Ducray qui « permet d’apaiser les rougeurs et les dĂ©mangeaisons », un antipelliculaire « dermo-apaisant » de Dessange, une version pour « cuir chevelu sensible » de L’Occitane, un « extra-doux » de Dermactive Capillaires ou encore un « sensitive » de B.app. Pire, certains industriels ont cru bon d’introduire MIT et/ou MCIT dans des cosmĂ©tiques destinĂ©s aux enfants : gel douche Kids de Tahiti, shampooing Miss de Phytospecific, savon Dettol au pamplemousse, shampooing pour « usage frĂ©quent, dĂšs 3 ans » de Manava.



Les illégaux

MĂȘme si la prĂ©sence de MIT et/ou de MCIT dans les produits rincĂ©s est regrettable, elle n’en reste pas moins lĂ©gale. Ce n’est plus le cas dans les cosmĂ©tiques non rincĂ©s. Pressentie depuis longtemps, annoncĂ©e dans un rĂšglement publiĂ© en juillet 2016, effective depuis 4 mois, l’interdiction n’a pas pris par surprise industriels et distributeurs. Ils avaient largement le temps de s’y prĂ©parer. Pourtant, nous avons trouvĂ© un certain nombre de rĂ©fĂ©rences hors la loi. Le cas est particuliĂšrement frĂ©quent dans les produits destinĂ©s aux cheveux frisĂ©s ou crĂ©pus, et ce qu’ils soient vendus dans des magasins spĂ©cialisĂ©s (marques ORS [Organic Root Stimulator], New Organic, Aunt Jackie’s, Dark and Lovely, ApHogee) ou en pharmacie (Phyto Specific). Mais nous avons aussi trouvĂ© des produits non rincĂ©s contenant de la MIT dans divers rayons de grandes surfaces (Carrefour, Monoprix, Tati etc.) ou d’officines : gel coiffant fixation blindĂ©e Vivelle Dop, spray solaire pour enfants (!) ainsi que lait et spray aprĂšs-soleil supposĂ©s « calmer rapidement votre peau » de Lovea (2), bille pour les yeux L’OrĂ©al Men, gel jambes lĂ©gĂšres Jouvence, soin jour Evoluderm, crĂšme mains nutritive Byphasse, traitement pour lĂšvres Mavill




Manifestement, fabricants et distributeurs prĂ©fĂšrent Ă©couler leurs stocks que de mettre leur clientĂšle Ă  l’abri des allergies. Quant aux produits qui se rincent mais dont le temps de pose est long, on ne peut que regretter que le lĂ©gislateur ne les ait pas assimilĂ©s Ă  des produits non rincĂ©s. Les masques Ă  l’argile du Petit Olivier et, pire, l’antipoux et lentes d’Item peuvent encore faire des dĂ©gĂąts en toute lĂ©galitĂ©. Fuyez-les !


Mitosyl : bon Ă  jeter



DĂ©cidĂ©ment, les fesses des bĂ©bĂ©s mĂ©riteraient plus d’égards ! En fĂ©vrier, nous vous avions alertĂ© sur la prĂ©sence d’un perturbateur endocrinien dans la crĂšme Dexeryl. Or la pommade Mitosyl aussi en contient un, parmi les plus prĂ©occupants qui plus est : le BHA. Lorsque les fesses sont irritĂ©es, la prĂ©tendue barriĂšre cutanĂ©e est encore moins hermĂ©tique qu’une peau saine. Et les tout-petits sont les plus sensibles aux effets des perturbateurs endocriniens. Mais ce n’est pas le seul inconvĂ©nient de cette crĂšme. D’aprĂšs la Haute AutoritĂ© de santĂ©, l’utilisation de Mitosyl expose notamment Ă  un risque d’eczĂ©ma dĂ» Ă  la prĂ©sence conjointe de BHA et de lanoline. Bref, toutes les bonnes raisons sont rĂ©unies pour se dĂ©barrasser de ce produit.

Notes:
(1) Tableaux à consulter pour avoir les références exactes des produits évoqués ici.
(2) Le lait renferme d’ailleurs le mĂ©lange MIT-MCIT qui est interdit dans les produits non rincĂ©s depuis avril 2016 (rĂšglement publiĂ© en septembre 2014) !
Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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Evian Fruits et Plantes et Innocent Bubbles: Des eaux pas si innocentes
Par le passĂ©, Que Choisir a maintes fois attirĂ© l’attention des consommateurs sur les boissons aromatisĂ©es, que ce soit via des essais comparatifs ou des analyses sur leur contenance en sucre. Certaines sont en effet de vĂ©ritables sirops dĂ©guisĂ©s en eau qui jouent sur un habillage, un nom de marque et parfois mĂȘme un emplacement en rayon proche des eaux pour se faire passer pour des produits sains. Si l’on peut se rĂ©jouir de la disparition progressive de certaines boissons destinĂ©es aux enfants, la tendance revient aujourd’hui dans les boissons pour adulte, jouant ironiquement sur l’engouement actuel pour les boissons dites saines et naturelles.

Evian : une boisson sucrée qui fait mauvais genre

Ainsi la marque d’eau minĂ©rale Evian joue-t-elle habilement des codes du « bien-ĂȘtre » avec sa nouvelle gamme Evian Fruits & Plantes. Des petites bouteilles translucides tout en rondeur aux teintes pastel qui annoncent en face avant, sous une Ă©norme rĂ©fĂ©rence Ă  la marque d’eau minĂ©rale, la composition suivante : eau des Alpes + fruit (raisin, framboise ou citron selon les parfums) + plante (rose, verveine ou sureau). Et au cas oĂč nous n’aurions pas compris, les fruits s’affichent en dessin et la bouteille ponctue : « boisson Ă  l’eau minĂ©rale naturelle au jus de fruits Ă  base de concentrĂ© et aux arĂŽmes naturels ».

Mais le diable se niche dans les dĂ©tails, sur lesquels Evian ne souhaite visiblement pas que le consommateur s’attarde. La difficile lecture de la liste d’ingrĂ©dients − en blanc sur fond transparent − nous informe que cette boisson aromatisĂ©e contient, entre autres, de l’eau, du jus concentrĂ© Ă  hauteur d’à peine 10 % et des arĂŽmes de plantes, mais aussi du sucre ajoutĂ© ! Avec 18 g de sucres par bouteille (issus du concentrĂ© de fruits et du sucre ajoutĂ©), c’est certes moins que certaines boissons sucrĂ©es, mais toujours trop pour un produit de 37 cl.

Innocent : l’habillage ne fait pas le moine

Autre cas, celui de la marque britannique Innocent qui, profitant de la notoriĂ©tĂ© de ses smoothies et jus de fruits jouant Ă  fond la carte de la « naturalitĂ© », sort cette annĂ©e en France une nouvelle boisson : Innocent Bubbles. Une boisson composĂ©e d’environ 60 % de purĂ©e de fruits et 40 % d’eau gazeuse, dĂ©clinĂ©e en deux parfums, citron jaune-citron vert et pomme-framboise. Pas de doute au vu de sa composition, il s’agit non pas d’un jus de fruit mais bien d’une « boisson gazeuse aux fruits », pĂ©riphrase plus prĂ©sentable des sodas. Et malgrĂ© sa recette sans sucre ajoutĂ©, elle fournit tout de mĂȘme plus de 17 g de sucre par canette, soit 20 % des apports journaliers recommandĂ©s d’un adulte.

Pourtant, ces canettes de soda se piquent d’ĂȘtre « 1 of your 5-a-day », soit l’une de vos 5 portions de fruits et lĂ©gumes par jour. Une mention totalement inappropriĂ©e sur un soda, mĂȘme Ă  base de jus de fruit. Et cela d’autant plus que la rĂ©cente mise Ă  jour des repĂšres alimentaires en vue du nouveau PNNS (Programme national nutrition santĂ© 2017-2021) recommande de ne pas consommer plus d’un verre de jus de fruit par jour, qui dans cette limite peut compter pour une portion de fruits et lĂ©gumes. Le tout en privilĂ©giant les fruits frais pressĂ©s. Et certainement pas les sodas !

Vittel en 2003

En 2003, l’UFC-Que Choisir assignait en justice Vittel sur les modalitĂ©s de prĂ©sentation de la boisson « Vittel goĂ»t trop la pĂȘche » susceptibles d'induire en erreur les consommateurs. Fin 2005, le tribunal de grande instance de Nanterre reconnaissait le caractĂšre trompeur de la prĂ©sentation de cette boisson, du fait de la dissimulation du taux de sucre, de la mise du produit Ă  proximitĂ© du rayon des eaux minĂ©rales et du fait d'un conditionnement trĂšs similaire.

Plus d’une dĂ©cennie plus tard, il semblerait que ce jugement n’ait pas dĂ©couragĂ© l’industrie agro-alimentaire dans son instrumentalisation des argumentaires nutritionnels


Que Choisir en Ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Emballages alimentaires: Les huiles minĂ©rales toxiques pointĂ©es par l’Anses
La preuve par des semoules de couscous, des pĂątes, du riz, de la chapelure et du sucre. DĂšs 2011, l’UFC-Que Choisir accusait les emballages alimentaires en carton et leurs encres de contaminer les aliments qu’ils contiennent et exigeait la mise en place sans dĂ©lai d’une rĂ©glementation pour protĂ©ger la santĂ© des consommateurs.

L’annĂ©e suivante, dans un avis relatif Ă  ces huiles minĂ©rales prĂ©sentes dans les denrĂ©es alimentaires, l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (Efsa) considĂ©rait l'exposition aux hydrocarbures saturĂ©s d’huile minĂ©rale, les MOSH, « prĂ©occupante » et l'exposition aux hydrocarbures aromatiques d’huile minĂ©rale, les MOAH, « particuliĂšrement prĂ©occupante ». Fin 2015, l’association Foodwatch enfonçait le clou avec des analyses sur 120 produits alimentaires vendus en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Dans l’Hexagone, les lentilles corail Auchan dĂ©tenaient le record de contamination par ces substances soupçonnĂ©es d’ĂȘtre cancĂ©rogĂšnes et mutagĂšnes.

Dans un avis rendu ce 9 mai, aprĂšs avoir rappelĂ© le caractĂšre gĂ©notoxique et mutagĂšne de certains hydrocarbures aromatiques, l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande de limiter l’exposition des consommateurs en imposant « des encres d’impression, colles, additifs et auxiliaires technologiques exempts de MOAH dans le procĂ©dĂ© de fabrication des emballages en papier et en carton ». L’Agence cible tout particuliĂšrement les journaux et autres papiers graphiques qui sont identifiĂ©s comme les principales sources d’huiles minĂ©rales des emballages en papier et carton recyclĂ©s. Ce problĂšme est clairement identifiĂ© en Allemagne oĂč le recyclage mĂ©lange toutes les fibres, si bien que le carton recyclĂ© comprend une part significative de journaux et magazines. En France Ă  l’inverse, les journaux et magazines ont leur propre filiĂšre, ils sont recyclĂ©s pour l’imprimerie. Reste qu’il est impossible d’acheter un aliment en Ă©tant sĂ»r que son carton d’emballage soit « made in France » !

En attendant un durcissement de la rĂ©glementation, Que Choisir dĂ©conseille le stockage d’aliments secs Ă  l’avance, la migration augmente avec le temps. On peut aussi sortir les aliments de leur emballage carton pour les conserver dans un bocal ou un pot en verre.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Tampons pĂ©riodiques: Un documentaire qui oublie l’essentiel
C’est une belle occasion manquĂ©e. Le mardi 25 avril, France 5 diffusait un documentaire intitulĂ© « Tampon, notre ennemi intime » (1). En cause, la composition des tampons pĂ©riodiques, accusĂ©e d’ĂȘtre Ă  l’origine de deux pathologies : le syndrome du choc toxique et l’endomĂ©triose (voir encadrĂ©). De fait, une opacitĂ© intolĂ©rable rĂšgne sur la composition de ces protections bien qu’elles soient en contact Ă©troit et prolongĂ© avec les muqueuses. Alors que le moindre savon doit dĂ©tailler ses ingrĂ©dients, l’étiquetage de ces produits, qui n’appartiennent pas Ă  une catĂ©gorie encadrĂ©e par une rĂ©glementation spĂ©cifique (comme les cosmĂ©tiques), reste dĂ©sespĂ©rĂ©ment muet. Les femmes ont beau rĂ©clamer la transparence, notamment via une pĂ©tition qui a dĂ©jĂ  recueilli prĂšs de 300 000 signatures (2), rien ne bouge, ni du cĂŽtĂ© des fabricants, ni du cĂŽtĂ© du lĂ©gislateur. Une surditĂ© incomprĂ©hensible qui attise lĂ©gitimement l’inquiĂ©tude.

Pour autant, ce documentaire fait fausse route en Ă©tablissant de maniĂšre aussi insistante un lien entre les deux pathologies et la composition chimique des tampons. Ayant publiĂ© un article et un test sur les tampons l’annĂ©e derniĂšre, et n’étant pas parvenus Ă  la mĂȘme conclusion, nous avons recontactĂ© deux des chercheurs interrogĂ©s par notre consƓur. Le professeur GĂ©rard Lina d’abord. Ce mĂ©decin qui, au Centre de rĂ©fĂ©rence des staphylocoques Ă  Lyon, recense les dĂ©clarations de cas de syndrome du choc toxique (SCT), tient Ă  apporter d’emblĂ©e une prĂ©cision : « Il ne faut pas confondre les cas dĂ©clarĂ©s et les cas tout court. Nous avons bien enregistrĂ© une augmentation : on passe de 2 Ă  5 dĂ©clarations par an au dĂ©but des annĂ©es 2000 Ă  une dizaine en 2005-2009 et 17 l’an dernier. Mais comme ce n’est pas une maladie Ă  dĂ©claration obligatoire, il n’est pas possible de dire si cela reflĂšte une hausse rĂ©elle des cas ou si les mĂ©decins les dĂ©clarent davantage, tout simplement parce que notre centre est dĂ©sormais mieux connu. Ou encore parce que la maladie est mieux diagnostiquĂ©e car elle a Ă©tĂ© trĂšs mĂ©diatisĂ©e rĂ©cemment. » Sur le lien entre composition chimique des tampons et syndrome du choc toxique, lĂ  encore, son discours diffĂšre de celui du documentaire : « C’est une hypothĂšse parmi d’autres, mais les autres ont Ă©tĂ© passĂ©es sous silence. La flore vaginale des femmes concernĂ©es pourrait ĂȘtre en cause, de mĂȘme que le mode d’utilisation des tampons, indĂ©pendamment de leur composition. »

Concernant l’endomĂ©triose aussi, Dominique Lison, le chercheur belge prĂ©sentĂ© comme soupçonnant une culpabilitĂ© des dioxines parfois retrouvĂ©es dans les tampons, est formel : « Nous avons cherchĂ© Ă  savoir s’il y avait un lien entre cette maladie et l’utilisation de tampons et n’en avons pas trouvĂ©. Il est bien exact que nous avons mis en Ă©vidence un lien entre risque d’endomĂ©triose et taux de dioxines dans le sang, mais les traces de ces substances toxiques retrouvĂ©es dans certains tampons sont infimes par rapport Ă  ce que peut nous apporter l’alimentation. »

Ces approximations sont d’autant plus gĂȘnantes qu’à aucun moment n’est Ă©voquĂ©e l’hypothĂšse rĂ©guliĂšrement avancĂ©e par les chercheurs, en particulier pour le syndrome du choc toxique : une cause mĂ©canique. La directrice du Centre de rĂ©fĂ©rence des staphylocoques, Anne Tristan, nous le rappelait l’an dernier : « Le facteur que l’on retrouve systĂ©matiquement, c’est le port prolongĂ©. MĂȘme si les tampons Ă©taient 100 % coton, cela ne changerait rien. L’atmosphĂšre confinĂ©e, le fait que le vagin soit totalement “bouchĂ©â€ et que les tissus, trĂšs vascularisĂ©s, ne soient pas oxygĂ©nĂ©s, favorise la production de la toxine par la bactĂ©rie. »

Si on peut donner un conseil aux femmes, c’est de ne jamais dĂ©passer 4 heures de port. Cela aussi bien pour les tampons que pour la coupe menstruelle, le nouveau dispositif en vogue depuis quelques annĂ©es. Plusieurs cas de syndrome du choc toxique ont Ă©tĂ© dĂ©crits avec le port d’une coupe. Et, contrairement Ă  ce qu’a prĂ©tendu le gynĂ©cologue invitĂ© en plateau aprĂšs la diffusion du documentaire, la durĂ©e d’utilisation des protections n’est pas fonction de l’abondance du flux de chaque femme ! Le repĂšre de 4 heures maximum vaut pour toutes. C’est le message Ă  faire passer en prioritĂ© si on cherche avant tout Ă  informer les femmes.

Syndrome du choc toxique et endométriose

Nous avons alertĂ© les femmes sur le syndrome du choc toxique et l’importance, pour l’éviter, de changer frĂ©quemment de tampon, dĂšs
 1992 ! Cette maladie est provoquĂ©e par une toxine produite par une bactĂ©rie, le staphylocoque dorĂ©. Elle se caractĂ©rise par une forte fiĂšvre, des symptĂŽmes de type gastroentĂ©rite, une Ă©ruption cutanĂ©e fugace (donc pas toujours remarquĂ©e) et une sensation de malaise gĂ©nĂ©ral. Ses consĂ©quences peuvent ĂȘtre graves.
L’endomĂ©triose est une maladie gynĂ©cologique qui touche une femme sur dix. LiĂ©e Ă  la prĂ©sence de tissu semblable Ă  la muqueuse utĂ©rine en dehors de l’utĂ©rus, elle se caractĂ©rise par des douleurs invalidantes et peut conduire Ă  l’infertilitĂ©. Ses causes, probablement multiples, sont mal connues.

Notes:
(1) . Rediffusion le jeudi 11 mai Ă  23h55.
(2)
https://www.change.org/p/rendre-visible-la-composition-des-tampons-et-serviettes-hygi%C3%A8niques
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Fabienne Maleysson


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Étiquetage nutritionnel simplifiĂ©: Le modĂšle officiel dĂ©jĂ  adoptĂ© par 4 grandes marques alimentaires !
Trois ans aprĂšs la pĂ©tition lancĂ©e par 31 sociĂ©tĂ©s savantes, l’UFC-Que Choisir et de nombreuses autres associations, en faveur d’une information nutritionnelle comprĂ©hensible, les engagements signĂ©s aujourd’hui en prĂ©sence de la Ministre de la SantĂ© M. TOURAINE et de l’UFC-Que Choisir, mettent enfin en application les enseignements des expĂ©rimentations consacrant la supĂ©rioritĂ© du modĂšle ‘Nutriscore’.

‱ L’intĂ©rĂȘt nutritionnel d’un aliment en un coup d’Ɠil : les tests sur les consommateurs montrent que cet Ă©tiquetage Ă  la fois synthĂ©tique et coloriel est le mieux compris par les consommateurs pour traduire simplement et immĂ©diatement la valeur nutritionnelle d’un aliment. Lorsqu’il sera apposĂ©, il permettra d’éclairer les consommateurs et de lutter contre certaines idĂ©es reçues, par exemple sur les plats cuisinĂ©s, en dĂ©cernant des macarons verts au Chili con carne Auchan, au couscous marocain de Fleury Michon, au petit salĂ© aux lentilles de la marque ‘Claude LĂ©ger’ d’IntermarchĂ© ou encore au cassoulet toulousain de la marque ‘CĂŽtĂ© Table’ de Leclerc !

‱ Une comparaison facilitĂ©e entre produits : les tests rĂ©vĂšlent Ă©galement que ce modĂšle est de loin le plus efficace pour aider les consommateurs Ă  classer les aliments selon leur intĂ©rĂȘt nutritionnel. Ainsi pour le petit-dĂ©jeuner, on prĂ©fĂšrera pour une consommation quotidienne par exemple le pain de mie complet ‘Epi d'or’ de Leclerc, les tartines craquantes au blĂ© complet ‘Chabrior’ d’IntermarchĂ© ou encore les muffins Ă  toaster nature de chez Auchan qui, mĂȘme avec un ajout de confiture, prĂ©senteront une pastille vert clair. On ne s’interdira pas pour autant le plaisir de manger les crĂȘpes fourrĂ©es chocolat ‘Rik & Rok’ d’Auchan, ni les biscuits ‘P'tit DĂ©li’ choco noisette de Leclerc, mais informĂ© par leurs macarons orange clair, on les consommera un peu moins souvent ou en portions plus rĂ©duites.

‱ Le modĂšle officiel, seul rempart contre la cacophonie nutritionnelle : si les nombreux modĂšles d’étiquetage proposĂ©s jusqu’alors (par ex. ‘Nutricouleur’ promu par 6 sociĂ©tĂ©s agro-alimentaires2, ‘Nutrimark’ de Leclerc, ‘NutrirepĂšre’ de l’Association Nationale des Industries Alimentaires, les ‘RepĂšres Nutritionnels Journaliers’ utilisĂ©s par de nombreux industriels et ‘Sens’ de la FĂ©dĂ©ration du Commerce et de la Distribution) ont pu un moment contribuer aux discussions, le dĂ©bat est maintenant clos ! C’est pourquoi, le maintien d’autres modĂšles concurrents, Ă  l’instar de ce qu’ont dĂ©jĂ  annoncĂ© Coca-cola, NestlĂ©, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever, va contre l’intĂ©rĂȘt des consommateurs en les empĂȘchant de comparer les produits. L’étiquetage nutritionnel ne saurait en effet ĂȘtre un banal outil de promotion marketing ou pire pour certains professionnels un moyen de maquiller la vraie valeur nutritionnelle d’un produit par le biais de tailles de portions irrĂ©alistes. En tout Ă©tat de cause, l’UFC-Que Choisir ne manquera pas de s’élever contre l’utilisation de tout autre modĂšle d’étiquetage nutritionnel.


Alors que les maladies liĂ©es Ă  la mauvaise qualitĂ© de notre alimentation constituent plus que jamais un problĂšme majeur de santĂ© publique, l’étiquetage nutritionnel simplifiĂ©, au cĂŽtĂ© d’autres mesures (Ă©ducation, dĂ©pistage et prise en charge de ces maladies, lutte contre la sĂ©dentaritĂ©, encadrement du marketing Ă  destination des enfants 
) est un outil particuliĂšrement efficace pour aider les consommateurs Ă  rĂ©Ă©quilibrer leur alimentation, mais aussi une puissante incitation pour les industriels Ă  amĂ©liorer leurs recettes. Dans ce contexte, l’UFC-Que Choisir :
- Se félicite des engagements pris par Auchan, Fleury-Michon, Intermarché et Leclerc,
- Appelle les autres fabricants et distributeurs Ă  se rallier rapidement au modĂšle d’étiquetage officiel en l’apposant sur leurs produits,
- En attendant, invite les consommateurs qui le souhaitent Ă  utiliser son calculateur nutritionnel basĂ© sur le ‘Nutriscore’3.

Notes:


1 Soit en l’apposant directement sur les emballages de leurs produits soit, dans le cas de Leclerc, sur les sites Internet des magasins drive.
2 Le systĂšme d’étiquetage basĂ© Ă  la portion ‘NutrirepĂšre’ a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2017 par Coca-cola, NestlĂ©, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever.
3 L’algorithme du calculateur nutritionnel, consultable sur le site quechoisir.org, est conforme aux dispositions du projet d’arrĂȘtĂ© dĂ©finissant le nouvel Ă©tiquetage officiel français. Pour le moment, il conserve le visuel du modĂšle ‘5C’ proposĂ©e en 2015 par le Prof. S. HERCBERG. Ce visuel est cependant trĂšs proche et en cohĂ©rence avec celui retenu pour le modĂšle officiel ‘Nutriscore’.
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