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Compléments alimentaires: Mieux vaut les éviter pendant la grossesse
SĂ©rĂ©nitĂ© grossesse, Gestarelle, Prenatal Nutrient
 Un simple tour en parapharmacie, en pharmacie ou sur le Net permet de constater que la grossesse est un heureux Ă©vĂ©nement pour les fabricants de complĂ©ments alimentaires. Alors que les supplĂ©mentations en vitamines, minĂ©raux et oligoĂ©lĂ©ments sont trĂšs rĂ©pandues chez les femmes en Ăąge de procrĂ©er (2 fois plus que chez les hommes), l’étude Nutrinet indiquait en 2013 que prĂšs de 75 % des femmes en consommaient en troisiĂšme trimestre.

Or cette consommation, qui se fait souvent en dehors de toute prescription mĂ©dicale, n’est pas sans risque pour la santĂ© de l’enfant Ă  naĂźtre. Dans le cadre du dispositif national de nutrivigilance (voir encadrĂ©), la survenue de cas d’hypercalcĂ©mie nĂ©onatale et d’hypothyroĂŻdie congĂ©nitale chez des nourrissons ont alertĂ© les autoritĂ©s de santĂ©. Ces signalements ont conduit l’Anses Ă  Ă©valuer les risques associĂ©s Ă  la prise de complĂ©ments contenant de la vitamine D, qui entre en jeu dans l’assimilation du calcium, ou de l’iode, indispensable Ă  la synthĂšse des hormones thyroĂŻdiennes. « L’hypercalcĂ©mie [excĂšs de calcium dans le sang, NDLR] chez le nouveau-nĂ© peut entraĂźner des problĂšmes variables allant des simples troubles digestifs aux Ă©pisodes de convulsion. De mĂȘme, un excĂšs d’iode peut ĂȘtre Ă  l’origine d’une hypothyroĂŻdie congĂ©nitale, permanente ou transitoire. Ce trouble grave chez le nourrisson est systĂ©matiquement dĂ©pistĂ© en France Ă  la naissance, car il entraĂźne un risque de retard psychomoteur », explique le docteur GĂ©rard Lasfargues, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint scientifique de l’Anses.

Dans son avis, l’Agence de sĂ©curitĂ© sanitaire met donc en garde contre la prise de complĂ©ments alimentaires en l’absence de besoins Ă©tablis. « Les complĂ©ments alimentaires sont certes encadrĂ©s par un dĂ©cret de mars 2006, mais cela n’empĂȘche pas les dĂ©rives. Si la rĂ©glementation fixe des teneurs maximales rĂ©glementaires, soit 5 microgrammes par prise journaliĂšre pour la vitamine D et 250 microgrammes pour l’iode, on trouve sur Internet des complĂ©ments qui ne respectent ces limites. Sans compter la multiplication des sources par l’utilisation de cocktails vitaminĂ©s qui peut entraĂźner un surdosage », prĂ©vient GĂ©rard Lasfargues.

Enfin, si dans certains cas la supplĂ©mentation des femmes enceintes peut se justifier, notamment en cas de carences en fer ou en vitamine D « avĂ©rĂ©es », c’est-Ă -dire confirmĂ©e par des analyses sanguines, l’agence Ă©met toutefois deux recommandations importantes :

- Ă©viter la multiplication des sources, surtout en l’absence de besoins Ă©tablis. Chez la femme en bonne santĂ©, une alimentation Ă©quilibrĂ©e permet tout Ă  fait de mener une grossesse Ă  bien sans complĂ©ments alimentaires ;
- ne prendre que ce qui est prescrit par le praticien (médecin traitant, gynécologue ou sage-femme) qui suit votre grossesse. Il pourra évaluer vos besoins réels, notamment grùce à un suivi biologique, afin de prendre les décisions appropriées au cours de la grossesse.

Nutrivigilance, c’est quoi ?

Depuis plusieurs annĂ©es, la consommation de complĂ©ments alimentaires mais aussi d’aliments ou de boissons enrichis (vitamines, minĂ©raux, acides aminĂ©s, extraits de plantes
) augmente et les circuits de distribution Ă©voluent avec une part croissante de ventes en ligne. Ces produits souvent considĂ©rĂ©s comme anodins par les consommateurs peuvent pourtant exposer les consommateurs Ă  des risques.

Dans ce contexte, l’Anses a mis en place en 2011 un dispositif de nutrivigilance dont l’objectif est de surveiller la sĂ©curitĂ© de ces produits dans leurs conditions rĂ©elles d’utilisation en recensant et en analysant les effets indĂ©sirables pouvant ĂȘtre liĂ©s Ă  leur consommation. À cĂŽtĂ© de bilans annuels, le dispositif Ă©tudie ponctuellement des populations ciblĂ©es, comme les sportifs ou les femmes enceintes.

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Marie-Noëlle Delaby


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Ingrédients indésirables dans les cosmétiques: Trois familles à bannir des rayons
Pari tenu ! AmorcĂ©e en mars 2016 et poursuivie sans relĂąche depuis lors, notre chasse aux ingrĂ©dients indĂ©sirables dans les cosmĂ©tiques a atteint son objectif principal. GrĂące aux outils que nous mettons Ă  leur disposition – la carte-repĂšre Ă  tĂ©lĂ©charger, les fiches explicatives sur les composants Ă  Ă©viter, les listes des produits en contenant – et Ă  l’interactivitĂ© qui se met en place entre nous, les consommateurs et consommatrices apprennent peu Ă  peu Ă  faire des choix Ă©clairĂ©s au rayon cosmĂ©tique. Lire la liste d’ingrĂ©dients d’une crĂšme ou d’un dĂ©odorant est devenu un rĂ©flexe grĂące auquel les internautes nous ont envoyĂ© des centaines de signalements ces derniers mois. RĂ©sultat : notre base de donnĂ©es, qui pointait quelque 400 rĂ©fĂ©rences en mars dernier, en regroupe dĂ©sormais plus de 1 000 !

Parmi les plus choquants de ces produits nouvellement arrivés dans nos tableaux (1), trois groupes se distinguent.

Les cocktails détonants

Ils ont pour point commun de renfermer plusieurs perturbateurs endocriniens (PE). À la clĂ©, un possible effet cocktail. Enfants, ados et femmes enceintes doivent les fuir. Or, rien n’empĂȘche une adolescente ou une femme enceinte d’utiliser l’Huile sĂšche sublimante du Petit Marseillais, le dĂ©odorant Natur (!) Protect de Sanex, le dentifrice Global Blancheur de Sanogyl, le lait Sculpt System d’Esthederm, la crĂšme de jour pour les cheveux Ă  la grenade de Klorane, la BB crĂšme Peggy Sage ou encore le rouge Ă  lĂšvres Deborah Milano, qui cumule pas moins de quatre perturbateurs endocriniens ! Quant au baume pour les lĂšvres Inell (Leclerc), toute la famille est susceptible de l’utiliser, y compris les enfants. Le gel Ă  l’arnica Mercurochrome, lui, contient un seul perturbateur endocrinien, mais pour un produit Ă  l’image pharmaceutique bien ancrĂ©e et volontiers utilisĂ© chez les petits, c’est dĂ©jĂ  trop !



Les faux doux

« Peau sensible », « apaisant », « hypoallergĂ©nique »  C’est Ă  qui se montrera le plus inoffensif parmi ces produits qui pourtant contiennent un allergĂšne des plus redoutables, la methylisothiazolinone (MIT), parfois associĂ© Ă  son proche parent la methylchloroisothiazolinone (MCIT). Nous l’avions dĂ©jĂ  constatĂ©, mais vos signalements ne font que le confirmer : ces ingrĂ©dients qui donnent des poussĂ©es d’urticaire aux dermatologues sont prĂ©sents dans des produits rivalisant de douceur apparente.



Entre autres, un gel pour l’hygiĂšne intime « hypoallergĂ©nique » de Intima, un savon « extra-doux » de By U, une crĂšme lavante « testĂ©e sous contrĂŽle dermatologique » de Leader Price, une crĂšme de douche qui « lave en douceur » de Monoprix, un bain moussant « dermo-protecteur » de Manava. Au rayon shampooing, on trouve le Kertyol de Ducray qui « permet d’apaiser les rougeurs et les dĂ©mangeaisons », un antipelliculaire « dermo-apaisant » de Dessange, une version pour « cuir chevelu sensible » de L’Occitane, un « extra-doux » de Dermactive Capillaires ou encore un « sensitive » de B.app. Pire, certains industriels ont cru bon d’introduire MIT et/ou MCIT dans des cosmĂ©tiques destinĂ©s aux enfants : gel douche Kids de Tahiti, shampooing Miss de Phytospecific, savon Dettol au pamplemousse, shampooing pour « usage frĂ©quent, dĂšs 3 ans » de Manava.



Les illégaux

MĂȘme si la prĂ©sence de MIT et/ou de MCIT dans les produits rincĂ©s est regrettable, elle n’en reste pas moins lĂ©gale. Ce n’est plus le cas dans les cosmĂ©tiques non rincĂ©s. Pressentie depuis longtemps, annoncĂ©e dans un rĂšglement publiĂ© en juillet 2016, effective depuis 4 mois, l’interdiction n’a pas pris par surprise industriels et distributeurs. Ils avaient largement le temps de s’y prĂ©parer. Pourtant, nous avons trouvĂ© un certain nombre de rĂ©fĂ©rences hors la loi. Le cas est particuliĂšrement frĂ©quent dans les produits destinĂ©s aux cheveux frisĂ©s ou crĂ©pus, et ce qu’ils soient vendus dans des magasins spĂ©cialisĂ©s (marques ORS [Organic Root Stimulator], New Organic, Aunt Jackie’s, Dark and Lovely, ApHogee) ou en pharmacie (Phyto Specific). Mais nous avons aussi trouvĂ© des produits non rincĂ©s contenant de la MIT dans divers rayons de grandes surfaces (Carrefour, Monoprix, Tati etc.) ou d’officines : gel coiffant fixation blindĂ©e Vivelle Dop, spray solaire pour enfants (!) ainsi que lait et spray aprĂšs-soleil supposĂ©s « calmer rapidement votre peau » de Lovea (2), bille pour les yeux L’OrĂ©al Men, gel jambes lĂ©gĂšres Jouvence, soin jour Evoluderm, crĂšme mains nutritive Byphasse, traitement pour lĂšvres Mavill




Manifestement, fabricants et distributeurs prĂ©fĂšrent Ă©couler leurs stocks que de mettre leur clientĂšle Ă  l’abri des allergies. Quant aux produits qui se rincent mais dont le temps de pose est long, on ne peut que regretter que le lĂ©gislateur ne les ait pas assimilĂ©s Ă  des produits non rincĂ©s. Les masques Ă  l’argile du Petit Olivier et, pire, l’antipoux et lentes d’Item peuvent encore faire des dĂ©gĂąts en toute lĂ©galitĂ©. Fuyez-les !


Mitosyl : bon Ă  jeter



DĂ©cidĂ©ment, les fesses des bĂ©bĂ©s mĂ©riteraient plus d’égards ! En fĂ©vrier, nous vous avions alertĂ© sur la prĂ©sence d’un perturbateur endocrinien dans la crĂšme Dexeryl. Or la pommade Mitosyl aussi en contient un, parmi les plus prĂ©occupants qui plus est : le BHA. Lorsque les fesses sont irritĂ©es, la prĂ©tendue barriĂšre cutanĂ©e est encore moins hermĂ©tique qu’une peau saine. Et les tout-petits sont les plus sensibles aux effets des perturbateurs endocriniens. Mais ce n’est pas le seul inconvĂ©nient de cette crĂšme. D’aprĂšs la Haute AutoritĂ© de santĂ©, l’utilisation de Mitosyl expose notamment Ă  un risque d’eczĂ©ma dĂ» Ă  la prĂ©sence conjointe de BHA et de lanoline. Bref, toutes les bonnes raisons sont rĂ©unies pour se dĂ©barrasser de ce produit.

Notes:
(1) Tableaux à consulter pour avoir les références exactes des produits évoqués ici.
(2) Le lait renferme d’ailleurs le mĂ©lange MIT-MCIT qui est interdit dans les produits non rincĂ©s depuis avril 2016 (rĂšglement publiĂ© en septembre 2014) !
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Fabienne Maleysson


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Evian Fruits et Plantes et Innocent Bubbles: Des eaux pas si innocentes
Par le passĂ©, Que Choisir a maintes fois attirĂ© l’attention des consommateurs sur les boissons aromatisĂ©es, que ce soit via des essais comparatifs ou des analyses sur leur contenance en sucre. Certaines sont en effet de vĂ©ritables sirops dĂ©guisĂ©s en eau qui jouent sur un habillage, un nom de marque et parfois mĂȘme un emplacement en rayon proche des eaux pour se faire passer pour des produits sains. Si l’on peut se rĂ©jouir de la disparition progressive de certaines boissons destinĂ©es aux enfants, la tendance revient aujourd’hui dans les boissons pour adulte, jouant ironiquement sur l’engouement actuel pour les boissons dites saines et naturelles.

Evian : une boisson sucrée qui fait mauvais genre

Ainsi la marque d’eau minĂ©rale Evian joue-t-elle habilement des codes du « bien-ĂȘtre » avec sa nouvelle gamme Evian Fruits & Plantes. Des petites bouteilles translucides tout en rondeur aux teintes pastel qui annoncent en face avant, sous une Ă©norme rĂ©fĂ©rence Ă  la marque d’eau minĂ©rale, la composition suivante : eau des Alpes + fruit (raisin, framboise ou citron selon les parfums) + plante (rose, verveine ou sureau). Et au cas oĂč nous n’aurions pas compris, les fruits s’affichent en dessin et la bouteille ponctue : « boisson Ă  l’eau minĂ©rale naturelle au jus de fruits Ă  base de concentrĂ© et aux arĂŽmes naturels ».

Mais le diable se niche dans les dĂ©tails, sur lesquels Evian ne souhaite visiblement pas que le consommateur s’attarde. La difficile lecture de la liste d’ingrĂ©dients − en blanc sur fond transparent − nous informe que cette boisson aromatisĂ©e contient, entre autres, de l’eau, du jus concentrĂ© Ă  hauteur d’à peine 10 % et des arĂŽmes de plantes, mais aussi du sucre ajoutĂ© ! Avec 18 g de sucres par bouteille (issus du concentrĂ© de fruits et du sucre ajoutĂ©), c’est certes moins que certaines boissons sucrĂ©es, mais toujours trop pour un produit de 37 cl.

Innocent : l’habillage ne fait pas le moine

Autre cas, celui de la marque britannique Innocent qui, profitant de la notoriĂ©tĂ© de ses smoothies et jus de fruits jouant Ă  fond la carte de la « naturalitĂ© », sort cette annĂ©e en France une nouvelle boisson : Innocent Bubbles. Une boisson composĂ©e d’environ 60 % de purĂ©e de fruits et 40 % d’eau gazeuse, dĂ©clinĂ©e en deux parfums, citron jaune-citron vert et pomme-framboise. Pas de doute au vu de sa composition, il s’agit non pas d’un jus de fruit mais bien d’une « boisson gazeuse aux fruits », pĂ©riphrase plus prĂ©sentable des sodas. Et malgrĂ© sa recette sans sucre ajoutĂ©, elle fournit tout de mĂȘme plus de 17 g de sucre par canette, soit 20 % des apports journaliers recommandĂ©s d’un adulte.

Pourtant, ces canettes de soda se piquent d’ĂȘtre « 1 of your 5-a-day », soit l’une de vos 5 portions de fruits et lĂ©gumes par jour. Une mention totalement inappropriĂ©e sur un soda, mĂȘme Ă  base de jus de fruit. Et cela d’autant plus que la rĂ©cente mise Ă  jour des repĂšres alimentaires en vue du nouveau PNNS (Programme national nutrition santĂ© 2017-2021) recommande de ne pas consommer plus d’un verre de jus de fruit par jour, qui dans cette limite peut compter pour une portion de fruits et lĂ©gumes. Le tout en privilĂ©giant les fruits frais pressĂ©s. Et certainement pas les sodas !

Vittel en 2003

En 2003, l’UFC-Que Choisir assignait en justice Vittel sur les modalitĂ©s de prĂ©sentation de la boisson « Vittel goĂ»t trop la pĂȘche » susceptibles d'induire en erreur les consommateurs. Fin 2005, le tribunal de grande instance de Nanterre reconnaissait le caractĂšre trompeur de la prĂ©sentation de cette boisson, du fait de la dissimulation du taux de sucre, de la mise du produit Ă  proximitĂ© du rayon des eaux minĂ©rales et du fait d'un conditionnement trĂšs similaire.

Plus d’une dĂ©cennie plus tard, il semblerait que ce jugement n’ait pas dĂ©couragĂ© l’industrie agro-alimentaire dans son instrumentalisation des argumentaires nutritionnels


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Marie-Noëlle Delaby


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Emballages alimentaires: Les huiles minĂ©rales toxiques pointĂ©es par l’Anses
La preuve par des semoules de couscous, des pĂątes, du riz, de la chapelure et du sucre. DĂšs 2011, l’UFC-Que Choisir accusait les emballages alimentaires en carton et leurs encres de contaminer les aliments qu’ils contiennent et exigeait la mise en place sans dĂ©lai d’une rĂ©glementation pour protĂ©ger la santĂ© des consommateurs.

L’annĂ©e suivante, dans un avis relatif Ă  ces huiles minĂ©rales prĂ©sentes dans les denrĂ©es alimentaires, l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (Efsa) considĂ©rait l'exposition aux hydrocarbures saturĂ©s d’huile minĂ©rale, les MOSH, « prĂ©occupante » et l'exposition aux hydrocarbures aromatiques d’huile minĂ©rale, les MOAH, « particuliĂšrement prĂ©occupante ». Fin 2015, l’association Foodwatch enfonçait le clou avec des analyses sur 120 produits alimentaires vendus en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Dans l’Hexagone, les lentilles corail Auchan dĂ©tenaient le record de contamination par ces substances soupçonnĂ©es d’ĂȘtre cancĂ©rogĂšnes et mutagĂšnes.

Dans un avis rendu ce 9 mai, aprĂšs avoir rappelĂ© le caractĂšre gĂ©notoxique et mutagĂšne de certains hydrocarbures aromatiques, l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation (Anses) recommande de limiter l’exposition des consommateurs en imposant « des encres d’impression, colles, additifs et auxiliaires technologiques exempts de MOAH dans le procĂ©dĂ© de fabrication des emballages en papier et en carton ». L’Agence cible tout particuliĂšrement les journaux et autres papiers graphiques qui sont identifiĂ©s comme les principales sources d’huiles minĂ©rales des emballages en papier et carton recyclĂ©s. Ce problĂšme est clairement identifiĂ© en Allemagne oĂč le recyclage mĂ©lange toutes les fibres, si bien que le carton recyclĂ© comprend une part significative de journaux et magazines. En France Ă  l’inverse, les journaux et magazines ont leur propre filiĂšre, ils sont recyclĂ©s pour l’imprimerie. Reste qu’il est impossible d’acheter un aliment en Ă©tant sĂ»r que son carton d’emballage soit « made in France » !

En attendant un durcissement de la rĂ©glementation, Que Choisir dĂ©conseille le stockage d’aliments secs Ă  l’avance, la migration augmente avec le temps. On peut aussi sortir les aliments de leur emballage carton pour les conserver dans un bocal ou un pot en verre.
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Élisabeth Chesnais


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Tampons pĂ©riodiques: Un documentaire qui oublie l’essentiel
C’est une belle occasion manquĂ©e. Le mardi 25 avril, France 5 diffusait un documentaire intitulĂ© « Tampon, notre ennemi intime » (1). En cause, la composition des tampons pĂ©riodiques, accusĂ©e d’ĂȘtre Ă  l’origine de deux pathologies : le syndrome du choc toxique et l’endomĂ©triose (voir encadrĂ©). De fait, une opacitĂ© intolĂ©rable rĂšgne sur la composition de ces protections bien qu’elles soient en contact Ă©troit et prolongĂ© avec les muqueuses. Alors que le moindre savon doit dĂ©tailler ses ingrĂ©dients, l’étiquetage de ces produits, qui n’appartiennent pas Ă  une catĂ©gorie encadrĂ©e par une rĂ©glementation spĂ©cifique (comme les cosmĂ©tiques), reste dĂ©sespĂ©rĂ©ment muet. Les femmes ont beau rĂ©clamer la transparence, notamment via une pĂ©tition qui a dĂ©jĂ  recueilli prĂšs de 300 000 signatures (2), rien ne bouge, ni du cĂŽtĂ© des fabricants, ni du cĂŽtĂ© du lĂ©gislateur. Une surditĂ© incomprĂ©hensible qui attise lĂ©gitimement l’inquiĂ©tude.

Pour autant, ce documentaire fait fausse route en Ă©tablissant de maniĂšre aussi insistante un lien entre les deux pathologies et la composition chimique des tampons. Ayant publiĂ© un article et un test sur les tampons l’annĂ©e derniĂšre, et n’étant pas parvenus Ă  la mĂȘme conclusion, nous avons recontactĂ© deux des chercheurs interrogĂ©s par notre consƓur. Le professeur GĂ©rard Lina d’abord. Ce mĂ©decin qui, au Centre de rĂ©fĂ©rence des staphylocoques Ă  Lyon, recense les dĂ©clarations de cas de syndrome du choc toxique (SCT), tient Ă  apporter d’emblĂ©e une prĂ©cision : « Il ne faut pas confondre les cas dĂ©clarĂ©s et les cas tout court. Nous avons bien enregistrĂ© une augmentation : on passe de 2 Ă  5 dĂ©clarations par an au dĂ©but des annĂ©es 2000 Ă  une dizaine en 2005-2009 et 17 l’an dernier. Mais comme ce n’est pas une maladie Ă  dĂ©claration obligatoire, il n’est pas possible de dire si cela reflĂšte une hausse rĂ©elle des cas ou si les mĂ©decins les dĂ©clarent davantage, tout simplement parce que notre centre est dĂ©sormais mieux connu. Ou encore parce que la maladie est mieux diagnostiquĂ©e car elle a Ă©tĂ© trĂšs mĂ©diatisĂ©e rĂ©cemment. » Sur le lien entre composition chimique des tampons et syndrome du choc toxique, lĂ  encore, son discours diffĂšre de celui du documentaire : « C’est une hypothĂšse parmi d’autres, mais les autres ont Ă©tĂ© passĂ©es sous silence. La flore vaginale des femmes concernĂ©es pourrait ĂȘtre en cause, de mĂȘme que le mode d’utilisation des tampons, indĂ©pendamment de leur composition. »

Concernant l’endomĂ©triose aussi, Dominique Lison, le chercheur belge prĂ©sentĂ© comme soupçonnant une culpabilitĂ© des dioxines parfois retrouvĂ©es dans les tampons, est formel : « Nous avons cherchĂ© Ă  savoir s’il y avait un lien entre cette maladie et l’utilisation de tampons et n’en avons pas trouvĂ©. Il est bien exact que nous avons mis en Ă©vidence un lien entre risque d’endomĂ©triose et taux de dioxines dans le sang, mais les traces de ces substances toxiques retrouvĂ©es dans certains tampons sont infimes par rapport Ă  ce que peut nous apporter l’alimentation. »

Ces approximations sont d’autant plus gĂȘnantes qu’à aucun moment n’est Ă©voquĂ©e l’hypothĂšse rĂ©guliĂšrement avancĂ©e par les chercheurs, en particulier pour le syndrome du choc toxique : une cause mĂ©canique. La directrice du Centre de rĂ©fĂ©rence des staphylocoques, Anne Tristan, nous le rappelait l’an dernier : « Le facteur que l’on retrouve systĂ©matiquement, c’est le port prolongĂ©. MĂȘme si les tampons Ă©taient 100 % coton, cela ne changerait rien. L’atmosphĂšre confinĂ©e, le fait que le vagin soit totalement “bouchĂ©â€ et que les tissus, trĂšs vascularisĂ©s, ne soient pas oxygĂ©nĂ©s, favorise la production de la toxine par la bactĂ©rie. »

Si on peut donner un conseil aux femmes, c’est de ne jamais dĂ©passer 4 heures de port. Cela aussi bien pour les tampons que pour la coupe menstruelle, le nouveau dispositif en vogue depuis quelques annĂ©es. Plusieurs cas de syndrome du choc toxique ont Ă©tĂ© dĂ©crits avec le port d’une coupe. Et, contrairement Ă  ce qu’a prĂ©tendu le gynĂ©cologue invitĂ© en plateau aprĂšs la diffusion du documentaire, la durĂ©e d’utilisation des protections n’est pas fonction de l’abondance du flux de chaque femme ! Le repĂšre de 4 heures maximum vaut pour toutes. C’est le message Ă  faire passer en prioritĂ© si on cherche avant tout Ă  informer les femmes.

Syndrome du choc toxique et endométriose

Nous avons alertĂ© les femmes sur le syndrome du choc toxique et l’importance, pour l’éviter, de changer frĂ©quemment de tampon, dĂšs
 1992 ! Cette maladie est provoquĂ©e par une toxine produite par une bactĂ©rie, le staphylocoque dorĂ©. Elle se caractĂ©rise par une forte fiĂšvre, des symptĂŽmes de type gastroentĂ©rite, une Ă©ruption cutanĂ©e fugace (donc pas toujours remarquĂ©e) et une sensation de malaise gĂ©nĂ©ral. Ses consĂ©quences peuvent ĂȘtre graves.
L’endomĂ©triose est une maladie gynĂ©cologique qui touche une femme sur dix. LiĂ©e Ă  la prĂ©sence de tissu semblable Ă  la muqueuse utĂ©rine en dehors de l’utĂ©rus, elle se caractĂ©rise par des douleurs invalidantes et peut conduire Ă  l’infertilitĂ©. Ses causes, probablement multiples, sont mal connues.

Notes:
(1) . Rediffusion le jeudi 11 mai Ă  23h55.
(2)
https://www.change.org/p/rendre-visible-la-composition-des-tampons-et-serviettes-hygi%C3%A8niques
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Fabienne Maleysson


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Étiquetage nutritionnel simplifiĂ©: Le modĂšle officiel dĂ©jĂ  adoptĂ© par 4 grandes marques alimentaires !
Trois ans aprĂšs la pĂ©tition lancĂ©e par 31 sociĂ©tĂ©s savantes, l’UFC-Que Choisir et de nombreuses autres associations, en faveur d’une information nutritionnelle comprĂ©hensible, les engagements signĂ©s aujourd’hui en prĂ©sence de la Ministre de la SantĂ© M. TOURAINE et de l’UFC-Que Choisir, mettent enfin en application les enseignements des expĂ©rimentations consacrant la supĂ©rioritĂ© du modĂšle ‘Nutriscore’.

‱ L’intĂ©rĂȘt nutritionnel d’un aliment en un coup d’Ɠil : les tests sur les consommateurs montrent que cet Ă©tiquetage Ă  la fois synthĂ©tique et coloriel est le mieux compris par les consommateurs pour traduire simplement et immĂ©diatement la valeur nutritionnelle d’un aliment. Lorsqu’il sera apposĂ©, il permettra d’éclairer les consommateurs et de lutter contre certaines idĂ©es reçues, par exemple sur les plats cuisinĂ©s, en dĂ©cernant des macarons verts au Chili con carne Auchan, au couscous marocain de Fleury Michon, au petit salĂ© aux lentilles de la marque ‘Claude LĂ©ger’ d’IntermarchĂ© ou encore au cassoulet toulousain de la marque ‘CĂŽtĂ© Table’ de Leclerc !

‱ Une comparaison facilitĂ©e entre produits : les tests rĂ©vĂšlent Ă©galement que ce modĂšle est de loin le plus efficace pour aider les consommateurs Ă  classer les aliments selon leur intĂ©rĂȘt nutritionnel. Ainsi pour le petit-dĂ©jeuner, on prĂ©fĂšrera pour une consommation quotidienne par exemple le pain de mie complet ‘Epi d'or’ de Leclerc, les tartines craquantes au blĂ© complet ‘Chabrior’ d’IntermarchĂ© ou encore les muffins Ă  toaster nature de chez Auchan qui, mĂȘme avec un ajout de confiture, prĂ©senteront une pastille vert clair. On ne s’interdira pas pour autant le plaisir de manger les crĂȘpes fourrĂ©es chocolat ‘Rik & Rok’ d’Auchan, ni les biscuits ‘P'tit DĂ©li’ choco noisette de Leclerc, mais informĂ© par leurs macarons orange clair, on les consommera un peu moins souvent ou en portions plus rĂ©duites.

‱ Le modĂšle officiel, seul rempart contre la cacophonie nutritionnelle : si les nombreux modĂšles d’étiquetage proposĂ©s jusqu’alors (par ex. ‘Nutricouleur’ promu par 6 sociĂ©tĂ©s agro-alimentaires2, ‘Nutrimark’ de Leclerc, ‘NutrirepĂšre’ de l’Association Nationale des Industries Alimentaires, les ‘RepĂšres Nutritionnels Journaliers’ utilisĂ©s par de nombreux industriels et ‘Sens’ de la FĂ©dĂ©ration du Commerce et de la Distribution) ont pu un moment contribuer aux discussions, le dĂ©bat est maintenant clos ! C’est pourquoi, le maintien d’autres modĂšles concurrents, Ă  l’instar de ce qu’ont dĂ©jĂ  annoncĂ© Coca-cola, NestlĂ©, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever, va contre l’intĂ©rĂȘt des consommateurs en les empĂȘchant de comparer les produits. L’étiquetage nutritionnel ne saurait en effet ĂȘtre un banal outil de promotion marketing ou pire pour certains professionnels un moyen de maquiller la vraie valeur nutritionnelle d’un produit par le biais de tailles de portions irrĂ©alistes. En tout Ă©tat de cause, l’UFC-Que Choisir ne manquera pas de s’élever contre l’utilisation de tout autre modĂšle d’étiquetage nutritionnel.


Alors que les maladies liĂ©es Ă  la mauvaise qualitĂ© de notre alimentation constituent plus que jamais un problĂšme majeur de santĂ© publique, l’étiquetage nutritionnel simplifiĂ©, au cĂŽtĂ© d’autres mesures (Ă©ducation, dĂ©pistage et prise en charge de ces maladies, lutte contre la sĂ©dentaritĂ©, encadrement du marketing Ă  destination des enfants 
) est un outil particuliĂšrement efficace pour aider les consommateurs Ă  rĂ©Ă©quilibrer leur alimentation, mais aussi une puissante incitation pour les industriels Ă  amĂ©liorer leurs recettes. Dans ce contexte, l’UFC-Que Choisir :
- Se félicite des engagements pris par Auchan, Fleury-Michon, Intermarché et Leclerc,
- Appelle les autres fabricants et distributeurs Ă  se rallier rapidement au modĂšle d’étiquetage officiel en l’apposant sur leurs produits,
- En attendant, invite les consommateurs qui le souhaitent Ă  utiliser son calculateur nutritionnel basĂ© sur le ‘Nutriscore’3.

Notes:


1 Soit en l’apposant directement sur les emballages de leurs produits soit, dans le cas de Leclerc, sur les sites Internet des magasins drive.
2 Le systĂšme d’étiquetage basĂ© Ă  la portion ‘NutrirepĂšre’ a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en mars 2017 par Coca-cola, NestlĂ©, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever.
3 L’algorithme du calculateur nutritionnel, consultable sur le site quechoisir.org, est conforme aux dispositions du projet d’arrĂȘtĂ© dĂ©finissant le nouvel Ă©tiquetage officiel français. Pour le moment, il conserve le visuel du modĂšle ‘5C’ proposĂ©e en 2015 par le Prof. S. HERCBERG. Ce visuel est cependant trĂšs proche et en cohĂ©rence avec celui retenu pour le modĂšle officiel ‘Nutriscore’.
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Perturbateurs endocriniens: Quand Bruxelles joue avec notre santé
BientĂŽt huit ans que les autoritĂ©s europĂ©ennes ont promis de prendre Ă  bras-le-corps le problĂšme des perturbateurs endocriniens. Huit ans et, concrĂštement, rien n’a changĂ© pour les citoyens, qui continuent Ă  y ĂȘtre exposĂ©s quotidiennement. C’est par un rĂšglement publiĂ© en octobre 2009 que tout commence. Il concerne les pesticides et interdit que soient approuvĂ©es pour cet usage les substances « considĂ©rĂ©es comme ayant des effets perturbateurs endocriniens pouvant ĂȘtre nĂ©fastes pour l’homme ». Dans les annĂ©es qui suivent, des restrictions similaires apparaissent dans la rĂ©glementation sur les biocides (1), les produits cosmĂ©tiques ou les substances chimiques en gĂ©nĂ©ral (Reach). Mais pour encadrer les perturbateurs endocriniens (PE), encore faut-il les identifier. La science qui Ă©tudie ces substances est jeune, en pleine construction, il n’existe pas de liste officielle et mĂȘme pas encore de dĂ©finition rĂ©glementaire. La Commission doit donc en Ă©tablir une, qui servira de base aux rĂ©glementations Ă  venir. C’est ce Ă  quoi elle aurait dĂ» s’employer sans dĂ©lai, avec le concours des scientifiques les plus reconnus, puisque l’Union est supposĂ©e « garantir la protection de la santĂ© humaine dans toutes ses politiques ». Mais « les institutions europĂ©ennes n’ont pas le budget pour payer des experts indĂ©pendants, du coup elles travaillent avec quiconque veut bien faire profiter de son expertise gratuitement. Une aubaine pour les scientifiques payĂ©s par ailleurs par des industriels », dĂ©plore Martin Pigeon, chargĂ© de l’agroalimentaire Ă  l’association Corporate Europe Observatory, qui met au jour le pouvoir des groupes de pression.

Un sujet explosif

Pour ceux qui s’intĂ©ressent Ă  la façon dont l’Union lĂ©gifĂšre, ce dossier va devenir un cas d’école. Car le sujet est explosif : si la dĂ©finition des PE est large, de trĂšs nombreuses substances chimiques pourraient en faire partie, avec les contraintes rĂ©glementaires et les impacts Ă©conomiques que cela implique. Mois aprĂšs mois, le processus va s’enliser, pris en otage par des luttes d’influence sans fin aux dĂ©pens des citoyens europĂ©ens. Conflits entre directions de la Commission et entre États membres, selon qu’ils prĂ©fĂšrent prĂ©server la santĂ© ou le business, coups tordus des diffĂ©rents lobbies (produits chimiques, matiĂšres plastiques, pesticides, cosmĂ©tiques
) : tout concourt Ă  retarder la dĂ©cision, comme le dĂ©taille de façon trĂšs prĂ©cise la journaliste StĂ©phane Horel dans son livre Intoxication (2). Fruit d’une enquĂȘte minutieuse, l’ouvrage dĂ©crypte les stratĂ©gies des lobbies industriels pour instiller dans les esprits le doute sur la nocivitĂ© des PE et se prĂ©munir contre des rĂ©glementations trop rigoureuses. Le point culminant de cette guĂ©rilla rĂ©side dans une attaque aussi massive qu’inĂ©dite : Ă  l’initiative de scientifiques largement financĂ©s par l’industrie, une lettre ouverte paraĂźt simultanĂ©ment dans 14 revues de toxicologie, remettant en cause la particularitĂ© des PE et invoquant, de façon trĂšs surprenante de la part de scientifiques, le « bon sens ». Les chercheurs indĂ©pendants spĂ©cialistes de la question ont beau rĂ©agir vertement, appelant Ă  la transparence sur les conflits d’intĂ©rĂȘts et fustigeant le mĂ©lange entre science et politique, le mal est fait. En septembre 2013, la Commission dĂ©cide de demander une Ă©tude d’impact pour mesurer l’effet des diffĂ©rentes options ­rĂ©glementaires qui s’offrent Ă  elle. « En gĂ©nĂ©ral, nous estimons que de telles Ă©tudes constituent un outil pour amĂ©liorer les politiques publiques, prĂ©cise Pelle Moos, responsable de ce dossier au Beuc (Bureau europĂ©en des unions de consommateurs), dont l’UFC-Que Choisir est membre fondateur. Mais en l’occurrence, il s’agit d’une manƓuvre de l’industrie et de certaines personnes au sein de la Commission pour retarder et finalement faire dĂ©railler le processus dĂ©mocratique. C’est inacceptable ! »

La Commission condamnée pour avoir failli

Un avis partagĂ© par de nombreuses parties prenantes, Ă  commencer par le ­gouvernement suĂ©dois qui, soutenu par plusieurs pays, dont la France, et par le Parlement europĂ©en, traduit la Commission devant la Cour de justice de l’Union europĂ©enne au motif du retard pris Ă  lĂ©gifĂ©rer sur la dĂ©finition des PE. Fait rarissime, en dĂ©cembre 2015, la Cour condamne la Commission pour avoir failli Ă  son obligation. DĂ©montant un Ă  un tous ses arguments, elle l’invite Ă  respecter l’équilibre entre le bon fonctionnement du marchĂ© intĂ©rieur et le niveau Ă©levĂ© de protection de la santĂ© humaine, animale et de l’environnement prĂ©vu par les textes, et souligne que l’impact Ă©conomique ne doit influer en rien sur la dĂ©finition de critĂšres scientifiques. La Commission ne peut plus reculer. En juin 2016, elle prĂ©sente une proposition de dĂ©finition des PE
 et dĂ©clenche un concert de protestations. Le projet prĂ©voit que soient considĂ©rĂ©es comme PE les substances qui rĂ©pondent Ă  trois conditions : un mode d’action endocrinien, un effet indĂ©sirable sur la santĂ© humaine et l’existence d’un lien de causalitĂ© entre les deux. Cette troisiĂšme condition est inacceptable aux yeux des experts indĂ©pendants, car la preuve est quasi impossible Ă  apporter scientifiquement. Ou alors cela peut prendre des gĂ©nĂ©rations comme le montre le cas du distilbĂšne, dont les effets dĂ©lĂ©tĂšres ne sont apparus que dans la descendance des femmes qui en ont pris pendant leur grossesse. « Les critĂšres exigĂ©s par la Commission sont trop stricts pour protĂ©ger les populations. Elle a mis la barre si haut que mĂȘme les produits chimiques pour lesquels il existe des preuves sĂ©rieuses de leur toxicitĂ© auront des difficultĂ©s Ă  l’atteindre », s’inquiĂšte alors l’Endocrine Society, une sociĂ©tĂ© savante regroupant des mĂ©decins et chercheurs de tous pays. De fait, avec cette dĂ©finition, mĂȘme le bisphĂ©nol A, dont aucun scientifique sĂ©rieux ne conteste les propriĂ©tĂ©s de perturbation endocrinienne, passerait entre les mailles du filet !

Un projet de rùglement favorable à l’industrie

Comme le gouvernement français, le Beuc et bien d’autres, l’Endocrine Society prĂ©conise une classification semblable Ă  celle des ­cancĂ©rogĂšnes (certain, probable ou possible). Un moyen de taper vite et fort sur les PE les plus prĂ©occupants et de prĂ©voir des contraintes rĂ©glementaires adaptĂ©es aux Ă©volutions des connaissances scientifiques pour les autres. Las, Bruxelles fait la sourde oreille : par deux fois, en dĂ©cembre et fĂ©vrier dernier, elle publie un nouveau projet de rĂšglement mais sans prendre en compte cette proposition. « Refuser la classification graduĂ©e est trĂšs choquant, s’indigne le Pr Bernard Jegou, directeur de recherches Ă  l’Inserm et Ă  l’École des hautes Ă©tudes en santĂ© publique. S’il faut que des preuves formelles soient apportĂ©es avant que la rĂ©glementation se mette en place, on va attendre 20 ans ! Les preuves scientifiques sont au centre de mon travail et de mes convictions, mais l’incertitude est consubstantielle Ă  la science. Au lieu d’en tenir compte, la Commission s’embourbe dans les contre-feux mis en place par l’industrie. Le poids des lobbies et le cynisme de ce qu’elle est en train de mettre en place sont intolĂ©rables. » Le mot est faible : loin de dessiner des critĂšres plus protecteurs pour la santĂ© humaine, la proposition de dĂ©cembre prĂ©voit, contre toute logique, (Ă  part celle du lobby phytopharmaceutique) une tolĂ©rance pour les pesticides conçus pour agir comme perturbateurs endocriniens sur les ravageurs ! Une dĂ©rogation qui n’a « aucune raison d’ĂȘtre » selon les autoritĂ©s françaises, qui ont fait savoir leur opposition. Reste Ă  espĂ©rer que la vigilance de notre gouvernement sur ce dossier perdurera quel que soit le rĂ©sultat de l’élection prĂ©sidentielle.
Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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Perturbateurs endocriniens: Comment s’en prĂ©munir ?
L’effet des perturbateurs endocriniens est particuliĂšrement dĂ©lĂ©tĂšre pendant certaines « fenĂȘtres d’exposition » : la vie fƓtale (d’oĂč l’importance pour les femmes enceintes d’ĂȘtre vigilantes), les premiĂšres annĂ©es de vie et la pubertĂ©, qui dĂ©bute parfois dĂšs huit Ă  neuf ans. L’enfant n’est pas Ă  l’abri, car son systĂšme nerveux est en dĂ©veloppement. On peut donc considĂ©rer que la pĂ©riode Ă  risque s’étend de la conception Ă  la post-pubertĂ©. Celles et ceux qui projettent d’avoir un enfant doivent aussi ĂȘtre prudents, car l’exposition prĂ©conceptionnelle des parents pourrait avoir des rĂ©percussions sur l’enfant. Pour les autres pĂ©riodes de la vie, la littĂ©rature scientifique est moins abondante. Voici les bons rĂ©flexes pour circonscrire l’exposition aux PE.

Alimentation

- N’utilisez pas de rĂ©cipients en polycarbonate. Ils contiennent du bisphĂ©nol A. Ils portent parfois le sigle PC ou le chiffre 7 Ă  l’intĂ©rieur d’un triangle (ce marquage n’est cependant pas obligatoire). Ils sont dĂ©sormais interdits Ă  la vente. Si vous en avez, ne vous en servez pas.
- Ne faites pas chauffer les ­aliments dans du plastique. TransfĂ©rez sur une assiette les plats prĂ©parĂ©s du commerce et utilisez une casserole en Inox plutĂŽt qu’une bouilloire en plastique pour faire bouillir de l’eau. PrĂ©fĂ©rez les rĂ©cipients (biberons inclus) en verre.
- N’abusez pas des produits type fast-food car leurs emballages en carton ou papier (carton Ă  pizza, cornet de frites, Ă©tui Ă  sandwich) peuvent aussi ĂȘtre contaminĂ©s par les PE.
- Consommez moins d’aliments transformĂ©s. En effet, la chaĂźne de fabrication et/ou l’emballage peuvent donner lieu Ă  des ­contaminations. Limitez les chewing-gums avec BHA (E320) ou BHT (E321).
- PrĂ©fĂ©rez les fruits, lĂ©gumes et cĂ©rĂ©ales biologiques. Vous diminuez l’exposition aux pesticides potentiellement perturbateurs endocriniens. À dĂ©faut, pelez les vĂ©gĂ©taux qui peuvent l’ĂȘtre.
- Consultez notre carte interactive de la qualitĂ© de l’eau. Si vous habitez une des rares communes desservies par une eau contaminĂ©e en pesticides, prĂ©fĂ©rez l’eau en bouteilles.

Santé et beauté

- i vous ĂȘtes enceinte, Ă©vitez autant que possible les antalgiques (paracĂ©tamol, aspirine, ibuprofĂšne). En tout cas, ne prenez pas d’ibuprofĂšne pendant le premier trimestre de grossesse.
- Consultez notre dossier pour Ă©viter les cosmĂ©tiques contenant des PE. Évitez surtout ceux qui ne se rincent pas ou ont un long temps de pose avant rinçage. Pour votre bĂ©bĂ©, soyez sobre : bannissez le parfum, utilisez eau et savon plutĂŽt que lingettes et produits pour le change.
- Si votre enfant a des poux, n’utilisez pas un insecticide neurotoxique. Choisissez un produit Ă©touffeur.
- PrĂ©fĂ©rez le dispositif intra-utĂ©rin (stĂ©rilet) Ă  la pilule contraceptive. La pose d’un stĂ©rilet est envisageable mĂȘme chez la jeune fille.
- N’achetez pas de vĂȘtements antibactĂ©riens. Ils contiennent souvent du triclosan, un PE.

Air intérieur et extérieur

- Ne fumez pas et évitez les atmosphÚres enfumées.
- Bannissez tous les produits supposĂ©s parfumer ou assainir l’atmosphĂšre et prĂ©fĂ©rez une bonne aĂ©ration.
- Passez l’aspirateur trĂšs rĂ©guliĂšrement puis la serpilliĂšre humide pour que les enfants jouent sur un sol dĂ©poussiĂ©rĂ©.
- Peignez et meublez la chambre d’un bĂ©bĂ© Ă  naĂźtre bien Ă  l’avance et aĂ©rez abondamment. Si vous ĂȘtes la maman, laissez les travaux de peinture Ă  d’autres.
- Luttez contre les mouches avec des moyens mécaniques (bandes collantes, tapette).
- Portez des gants si vous devez utiliser des biocides (antiparasitaires pour animaux domestiques, produits de traitement du bois). Éloignez les enfants et aĂ©rez ; faites-le dehors si c’est possible.
- Jardinez sans pesticides, de nombreuses techniques sont efficaces (associations de plantes, rotations, paillage, etc.).

Lire aussi

- L'enquĂȘte de l'UFC sur les perturbateurs endocriniens
- RĂ©sultats de notre test portant sur la recherche de BPA et d’autres bisphĂ©nols dans des conserves et des canettes
- RĂ©glementation sur les perturbateurs endocriniens : l'influence des lobbies Ă  Bruxelles
- Notre décryptage pour repérer les perturbateurs endocriniens dans les objets du quotidien
- Notre infographie sur les effets possibles sur l'organisme



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Fabienne Maleysson


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Renoncement aux soins: L’Assurance maladie lance un accompagnement personnalisĂ©
Le renoncement aux soins est un phĂ©nomĂšne complexe. Mais une chose est sĂ»re, il touche du monde. Selon une enquĂȘte de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (ODENORE) auprĂšs de 29 000 personnes dans 18 caisses primaires d’assurance maladie (CPAM), un quart d’entre elles Ă©taient en situation de renoncement aux soins. Les soins dentaires sont les plus concernĂ©s, qu’il s’agisse de prothĂšses ou de soins conservateurs. Normal : ce sont les moins bien couverts par la solidaritĂ© nationale. Les consultations de spĂ©cialistes et l’équipement optique viennent ensuite.

Sans surprise, la principale raison du renoncement est le reste Ă  charge, c’est-Ă -dire la somme qui n’est remboursĂ©e ni par l’Assurance maladie, ni, Ă©ventuellement, par la complĂ©mentaire santĂ©, et que le patient doit payer de sa poche. Les soins dentaires et optiques, coĂ»teux et traditionnellement peu pris en charge, sont particuliĂšrement concernĂ©s. L’ODENORE note toutefois que les dĂ©lais de rendez-vous trop longs, liĂ©s Ă  la dĂ©sertification mĂ©dicale, et la mĂ©connaissance des droits jouent aussi : des personnes pouvant prĂ©tendre Ă  une aide Ă  la complĂ©mentaire santĂ© (ACS), par exemple, ne savent pas que le dispositif existe, et ne l’utilisent pas.

Plusieurs CPAM ont rĂ©agi en instaurant des dispositifs pour rĂ©amorcer la dynamique de soins chez ceux et celles qui ont jetĂ© l’éponge par manque d’argent. Dans le Gard et dans la Somme, dĂ©partements pionniers, l’effort porte d’abord sur le repĂ©rage des personnes dans le besoin, en mobilisant les agents d’accueil, les personnels des centres d’examen, mais aussi les professionnels de santĂ© libĂ©raux. Une fois identifiĂ©es, elles se voient proposer un bilan de leurs droits, parfois au-delĂ  du domaine de la santĂ©, ainsi qu’un accompagnement personnalisĂ© par un conseiller qui reste le mĂȘme tout au long du processus. L’aide peut aller jusqu’au conseil sur le choix d’un professionnel de santĂ©, Ă  la comparaison des devis et Ă  la recherche de financements complĂ©mentaires si les aides accordĂ©es ne suffisent pas Ă  couvrir les coĂ»ts.

Depuis le 1er mai 2016, 21 CPAM ont adoptĂ© un schĂ©ma d’intervention similaire. La gĂ©nĂ©ralisation Ă  tout le territoire français devrait s’achever d’ici Ă  un an. Un premier bilan montre que dans le Gard, un dossier sur trois a abouti Ă  la rĂ©alisation de soins.
Que Choisir en Ligne
Anne-Sophie Stamane


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Carafes filtrantes: Inutiles, voire pire !
« Boire une eau plus saine que celle du robinet et moins chĂšre que celle en bouteille ». C’est la promesse faite par les carafes filtrantes. Des systĂšmes de filtrage adoptĂ©s par plus de 20 % des foyers français dĂ©sireux d’une alternative Ă  l’eau en bouteille, qui pĂątit de son prix Ă©levĂ© – 65 fois plus coĂ»teuse en moyenne que l’eau du robinet – et de son impact environnemental, mais Ă©galement soucieux d’obtenir une eau de meilleure qualitĂ© que celle du robinet. Car bien que l’immense majoritĂ© des Français reçoivent aujourd’hui une eau conforme aux normes de potabilitĂ© sur l’ensemble des critĂšres Ă  respecter, la confiance en l’eau du robinet reste trĂšs relative et beaucoup d’utilisateurs craignent des risques de pollution ou dĂ©plorent plus simplement son goĂ»t parfois jugĂ© trop chlorĂ© ou sa duretĂ© (richesse en calcaire).

Mais selon l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire (Anses) qui publiait le 13 mars les rĂ©sultats d’une enquĂȘte sur ces systĂšmes de filtration, l’efficacitĂ© de ces carafes est plus que discutable.

Métaux : des résultats contrastés

Dans son rapport, l’Agence note en effet que l’usage de carafes filtrantes peut conduire au relargage de diffĂ©rents contaminants (ions argent, sodium, potassium, ammonium) dans l’eau de boisson. Certaines carafes filtrantes entraĂźnent Ă©galement un abaissement du pH de l’eau. Or des Ă©tudes canadiennes et britanniques ont montrĂ© qu’une eau au pH faible peut faciliter le relargage de certains mĂ©taux, en particulier quand elle est chauffĂ©e au contact d’ustensiles en mĂ©tal ou en cĂ©ramique (bouilloire, casserole). Toutefois, « les donnĂ©es actuellement disponibles ne permettent pas de mettre en Ă©vidence un risque pour la santĂ© du consommateur », prĂ©cise l’agence.

Enfin, si l’Anses estime que la plupart des carafes filtrantes respectent les normes en vigueur sur la diminution de l’odeur, la saveur, des concentrations en chlore, plomb et cuivre, ces donnĂ©es ne permettent pas d’évaluer l’efficacitĂ© rĂ©elle de toutes les carafes filtrantes commercialisĂ©es. Et prĂ©cise que les rĂ©sultats des diffĂ©rents modĂšles vendus en France sont trĂšs variables concernant la rĂ©duction du calcaire. On pourra toutefois s’interroger sur l’utilitĂ© de « filtrer » le calcaire qui est en rĂ©alitĂ© du calcium, ainsi que le cuivre alors que des franges Ă©levĂ©es de la population prĂ©sentent des apports infĂ©rieurs Ă  leurs besoins nutritionnels estimĂ©s en ces deux minĂ©raux.

Microbiologie : de vrais nids à bactéries

Mais surtout, l’Agence de sĂ©curitĂ© sanitaire met en garde les usagers contre de possibles contaminations microbiologiques dues Ă  un mauvais usage des dites carafes. En 2010, nous avions dĂ©jĂ  effectuĂ© des analyses montrant que si les carafes filtrantes tiennent plutĂŽt bien leur promesse en laboratoire, il en va autrement quand elles sont utilisĂ©es Ă  la maison ! À domicile, les contaminations bactĂ©riologiques sont quasi systĂ©matiques et sur les 31 foyers s’étant alors prĂȘtĂ©s Ă  l’expĂ©rimentation d’une carafe, tous voyaient la qualitĂ© de leur eau dĂ©gradĂ©e par la carafe filtrante.

Quelques conseils

L’Anses rappelle aux personnes qui souhaiteraient malgrĂ© tout utiliser ces systĂšmes, les rĂšgles d’hygiĂšne indispensables pour limiter la prolifĂ©ration bactĂ©rienne :

- remplacer réguliÚrement la cartouche ;
- conserver la carafe filtrante et son eau au réfrigérateur ;
- consommer l’eau filtrĂ©e rapidement, idĂ©alement dans les 24 heures aprĂšs filtration.

Enfin, sachez qu’il n’est pas nĂ©cessaire de filtrer l’eau pour Ă©liminer le goĂ»t de chlore : il suffit de la placer une heure au rĂ©frigĂ©rateur !

Que Choisir en Ligne
Marie-Noëlle Delaby


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