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Molécules toxiques dans les cosmétiques: Que faire des produits qui en contiennent ?
Si nous avons mis à votre disposition un dossier complet sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques (fiches, carte-repère, liste des produits), c’est pour vous apporter un éclairage aussi précis que possible. N’hésitez pas à tout lire attentivement pour prendre les bonnes décisions.

Le plus souvent, un même composé présente des risques de degré différent selon les populations concernées (adultes, enfants, tout-petits, femmes enceintes, etc.). Il sera moins préoccupant dans un produit rincé que dans une crème, un déodorant ou un produit de maquillage qui restent des heures en contact avec la peau ou les muqueuses. C’est pour cette raison que nous avons imaginé les infographies qui accompagnent chaque fiche.

Il y apparaît clairement, par exemple, que le phenoxyethanol est considéré comme sûr pour les adultes, ce qui est matérialisé par une pastille verte (absence de risque). On peut donc utiliser sans crainte les produits pour adultes qui en contiennent. Dans d’autres cas, selon la toxicité du composé et la population concernée, nos fiches font apparaître une pastille jaune (risque limité). On peut concevoir que, par précaution, des consommateurs souhaitent éviter les molécules concernées à l’avenir. De là à remplir sa poubelle de salle de bains avec des produits à peine entamés, il y a un pas que nous vous déconseillons de franchir. Pensez aussi à votre budget et à la planète !


Lauryl n’est pas laureth

Autre conseil : même si les noms de molécules sont complexes, il faut s’efforcer de les lire attentivement. Comme nous le précisons dans la fiche sur les parabens, l’ethylparaben et le methylparaben (ainsi que les composés qui contiennent ces noms) ont été blanchis par les experts. Ils sont à distinguer du propylparaben et du butylparaben (et des composés qui contiennent ce nom), considérés comme perturbateurs endocriniens. De même si nous avons épinglé le sodium lauryl sulfate, nous n’avons pas mis le sodium laureth sulfate dans le même panier. Au contraire, sur notre fiche repère, nous précisons qu’il est moins irritant. Il n’y a donc pas lieu de le traquer sur les étiquettes, surtout si vous avez jusqu’à présent utilisé les produits qui en contiennent sans ressentir d’irritations.

On peut rapprocher ce cas de celui des 26 allergènes à déclaration obligatoire (dernière fiche). Ces composés sont très répandus dans les cosmétiques, y compris bio, et plusieurs sont présents dans des huiles essentielles. Même avec la meilleure volonté du monde, les fabricants ont beaucoup de mal à s’en passer. Si on peut juger souhaitable de les éviter autant que possible, surtout dans le contexte actuel d’explosion des allergies en tout genre, il est irréaliste de vouloir les bannir totalement de sa salle de bains (1). Conclusion, ne vous précipitez pas pour vous débarrasser des produits qui en contiennent, surtout si vous n’avez jamais déclenché de réaction en les utilisant ! Il sera toujours temps, lorsque vous les remplacerez, de vous mettre en quête de références contenant moins d’allergènes.


Perturbateurs endocriniens : à bannir

Le cas des perturbateurs endocriniens est différent. Ils doivent être évités à tout prix, en particulier chez les femmes enceintes, les bébés et aussi les adolescents et adolescentes. Les jeunes filles qui se maquillent et/ou se vernissent les ongles sont particulièrement concernées. Les perturbateurs endocriniens peuvent agir à dose infinitésimale. Avec eux, l’adage selon lequel « la dose fait le poison » ne se vérifie pas : dans certains cas, ils sont plus toxiques à faibles doses qu’en plus grande quantité. Les produits qui en contiennent sont, pour le coup, à jeter sans hésiter.

(1) Notre liste de produits ne reprend d’ailleurs pas de références qui contiennent uniquement un ou plusieurs de ces 26 allergènes. La condition pour y figurer est de renfermer un ou plusieurs des dix autres composés indésirables.
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Fabienne Maleysson


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Molécules toxiques dans les cosmétiques: Le top 7 des produits douteux
La chasse aux substances indésirables dans les cosmétiques est ouverte. Avec la publication de nos fiches sur les ingrédients les plus problématiques, de notre carte pour vous aider à les repérer quand vous faites vos courses et de notre base de données sur les produits en contenant, nous entamons un travail de longue haleine consacré à la sécurité des cosmétiques. Parmi les près de 200 déjà présents dans notre base de données, un petit florilège des plus choquants permet de tirer trois enseignements.


Ne pas se fier aux mentions rassurantes


Corine de Farme, lait Mots d'enfants Leclerc, gel Physelia

Champion toutes catégories : Corine de Farme et sa crème pour le change destinée aux « peaux sensibles ». « Testée dermatologiquement, hypoallergénique et sans parabens », elle contient de la methylisothiazolinone, l’ingrédient qui rend fous les dermatologues, élu « allergène de l’année » en 2013 par une association de médecins spécialistes américains. Appliquée en couche épaisse sur des fesses irritées et enfermée dans la couche, elle aura toutes les chances de faire des dégâts. Le même ingrédient est présent dans le lait de toilette sans rinçage Mots d’enfants de Leclerc, pourtant supposé être un produit « hypoallergénique », à la « tolérance testée sous contrôle dermatologique et pédiatrique » et convenant aux « peaux délicates ». Mais également dans le gel pour la toilette intime Physelia prétendument « protecteur », « testé sous contrôle gynécologique » et on en passe.


Se méfier des produits ambigus


Fess'nett et Poupina

Les lingettes de papier toilette humidifié sont en général destinées aux enfants qui commencent à être propres. Ce n’est pourtant pas le cas de Fess’nett : malgré le nom et le principe même du produit qui sonnent plus école maternelle que lycée, il est supposé être utilisé à partir de… 15 ans. Est-ce un moyen pour le fabricant de se dédouaner ? Le phenoxyethanol, conservateur présent dans ces lingettes, est a priori inoffensif passée la tendre enfance. Mais chez les petits, il est toxique pour le foie et le sang. Attention aussi aux lingettes Poupina qui contiennent du propylparaben. Ce perturbateur endocrinien est à bannir chez les tout-petits, à tel point qu’il est désormais interdit dans les produits sans rinçage destinés à la zone du siège… comme les lingettes. Ici, le positionnement « visage et mains » permet d’échapper à cette réglementation.


Oublier les images de marques


Rogé Cavaillès, Caudalie

Marque plutôt bien vue des professionnels de santé, Rogé Cavaillès ne trouve rien de mieux à faire que d’introduire du triclosan, perturbateur endocrinien multi-effet (il agirait sur les hormones œstrogènes mais aussi sur la fonction thyroïdienne) dans des produits destinés à la zone intime (soin toilette intime et lingettes spécial sécheresse). Quant à Caudalie, qui surfe sur une image de marque « naturelle », son fluide antirides a beau laisser entendre qu’il ne contient aucun ingrédient douteux, on y retrouve de l’ethylhexyl methoxycinnamate, perturbateur œstrogénique et thyroïdien également.

Complétez notre base de données

Quand vous trouvez en magasin une référence qui contient un des composés à risque, faites-nous en part en nous indiquant sur ingredient.cosmetique@quechoisir.org ou sur notre forum dédié « Cosmétiques » le nom aussi détaillé que possible de ce produit. Après vérification, nous l’ajouterons à la liste des produits cosmétiques dans lesquels nous avons repéré un ou plusieurs ingrédients indésirables.
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Fabienne Maleysson


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Origine des viandes : exigeons la transparence
Alors que plus d’un produit transformé sur deux (54% source UFC-Que Choisir) ne mentionne toujours pas le pays d’origine de la viande qu’il contient, l’UFC-Que Choisir, la FNSEA et ses associations spécialisées, Jeunes Agriculteurs et Coop de France, lassés de l’inaction des pouvoirs publics européens, ont décidé d’unir leurs voix et leurs forces à l’occasion du Salon de l’Agriculture.

L’objectif commun est clairement affiché : accroître la pression sur l’Union européenne en lançant une pétition en ligne ouverte à tous pour un étiquetage obligatoire de l’origine des viandes.

Les consommateurs réclament une information claire sur la provenance des produits qui leur sont proposés. Les producteurs agricoles et les coopératives ont aussi la volonté de mieux faire connaître l’origine de leurs produits. C’est une information loyale que nous devons donner aux consommateurs.

Ensemble, nous demandons à la Commission l’adoption sans délai d’une réglementation permettant au consommateur de connaître la provenance de la viande dans les produits transformés, comme pour la viande crue.

Parce que cette mesure est essentielle pour renforcer la transparence des approvisionnements et améliorer la traçabilité, dites avec nous : « Oui, je veux savoir d’où vient ma viande ! »

L’UFC-Que Choisir, la FNSEA*, les Jeunes agriculteurs et Coop de France lancent donc un appel à la mobilisation de tous les partisans de la transparence et invitent les citoyens à signer la pétition sur change.org/origineviande et pendant le Salon de l’Agriculture.


Le saviez-vous ?

Depuis 2002, l’indication d’origine est obligatoire (mention du/des pays où les animaux sont nés/élevés/abattus) pour la viande bovine fraîche, réfrigérée ou congelée.

Pour les espèces ovines, porcines, caprines et de volaille, l’étiquetage des viandes fraîches, réfrigérées ou congelées est obligatoire depuis 2015, avec les mentions « élevé/abattu », mais pas le pays de naissance.

Il existe une dérogation pour les viandes hachées et les chutes de parage, pour lesquels seule la mention UE/hors UE est obligatoire.

Il n’existe aucune obligation d’étiquetage pour la viande utilisée en tant qu’ingrédient dans les plats transformés.

Le mot « origine » suivi du pays ne peut s’utiliser que si l’animal est né, a été élevé et a été abattu dans ce même pays.

* et associations spécialisées : Fédération nationale bovine, Fédération nationale des producteurs de lait, Fédération nationale porcine, Confédération française de l’aviculture, Fédération nationale ovine, Fédération nationale des éleveurs de chèvres, Fédération nationale du cheval
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Substances préoccupantes dans 185 produits cosmétiques
Alors que les fabricants de produits cosmétiques persistent à utiliser des composés potentiellement dangereux malgré la multiplication des alertes scientifiques et des tests de l’UFC-Que Choisir révélant leur présence, l’association publie une base de donnée exclusive sur la composition de 185 produits cosmétiques courants[1] et appelle les consommateurs à faire la chasse aux substances indésirables.

L’UFC-Que Choisir a ainsi repéré parmi les rayons des produits cosmétiques du quotidien (dentifrices, shampooing, déodorants, crèmes de visage, après-rasages…), pas moins de 185 produits contenant des substances préoccupantes du fait de leur caractère toxique, allergisant, irritant ou perturbateur endocrinien.

Des composés préoccupants dans 185 cosmétiques courants : Pour les allergènes on dénombre 62 produits, dont 55 contiennent de la Methylisothiazolinone (MIT) un allergène majeur d’autant plus irritant qu’il est très majoritairement ajouté à des produits non rincés qui resteront en contact prolongé avec la peau. S’agissant des perturbateurs endocriniens, pas moins de 101 produits en recèlent, dont 44 sous la forme d’ethylhexyl-methoxycinnamate, un filtre UV perturbant le fonctionnement oestrogénique et thyroïdien. Pourquoi donc mettre des filtres UV totalement inutiles dans des eaux de toilettes, des démaquillants ou des produits capillaires ?

Même les grandes marques sont à épingler : ces substances sont retrouvées aussi bien dans des produits de grandes marques de fabricants que de distributeurs. Ainsi parmi les 26 produits contenant les tristement célèbres parabènes à longue chaîne, on trouve 3 produits de la marque ‘Roc’, 2 produits de chez ‘L’Oréal’, 2 produits ‘Carrefour’, 2 de chez ‘Leclerc’, ainsi que chez 17 autres marques courantes. Pire, 8 lingettes pour bébés des marques ‘Bébé Cadum’, ‘Mixa’, ‘Nivea’, ‘Pampers’, (…) contiennent du phenoxyethanol un conservateur toxique pour le foie et le sang !

Gare aux mentions marketing faussement rassurantes : en l’absence d’encadrement réglementaire spécifique, les consommateurs ne peuvent même pas se fier aux mentions apposées par les fabricants pour les rassurer. Ainsi malgré la mention « hypoallergénique » figurant sur le lait de toilette ‘Mots d’enfants’ de Leclerc, la ‘Crème pour le change’ des bébés de ‘Corine de Farme’ ou encore sur les nettoyants féminins ‘Physélia Intimate’, nous avons relevé la présence dans ces produits de MIT un conservateur auquel des dermatologues ont décerné en 2013 la palme peu enviable de l’allergène de l’année !

Malgré les alertes répétées des toxicologues et des dermatologues, les fabricants n’ont toujours pas changé leurs pratiques. Dans l’attente cruellement longue d’une réglementation enfin protectrice, l’UFC-Que Choisir recommande aux consommateurs de ne plus acheter les produits contenant ces composés, notamment pour les usages les plus à risques (bébés, enfants, produits non rincés) et pour ce faire :

- Met à la disposition des consommateurs une carte-repère utilisable au moment de l’achat avec les 12 substances les plus à risque, ainsi que sa base de données accessible gratuitement sur son site quechoisir.org ;

- Compte sur les consommateurs pour être des « veilleurs de marché » en transmettant leurs observations à l’adresse ingredient.cosmetique@quechoisir.org pour alimenter et mettre à jour cette base de données ou sur notre forum dédié « Cosmétiques ».


[1] Base de données sur la composition de 185 produits cosmétiques courants (crèmes hydratante, shampoing, déodorants, eaux de toilette, lingettes …) contenant des composés préoccupants (perturbateurs endocriniens, allergènes, composés toxiques …).

Lire aussi:
- Molécules toxiques dans les cosmétiques: Que faire des produits qui en contiennent
- Produits cosmétiques: Les fiches des molécules toxiques à éviter
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Mediator: Les dossiers rejetés seront revus
Un communiqué de l’Oniam le confirme, justifiant cette possibilité de révision par une évolution des connaissances scientifiques. En effet, depuis la mise en place du dispositif en juillet 2011, de l’eau a coulé sous les ponts. La toxicité du benfluorex sur le cœur a été revue à la hausse, suite à des publications médicales montrant que des troubles cardiaques mis sur le compte de rhumatismes articulaires lui sont en réalité attribuables.

Conséquence, des centaines de dossiers ont sans doute été rejetés à tort. Et, de fait, sur les 8 963 demandes déposées à l’Oniam depuis 2011, 2 031 seulement ont bénéficié d’un avis positif, 3 889 ayant été rejetées. Parmi celles-ci, 3 486 l’ont été pour des pathologies considérées alors comme non imputables au benfluorex. Celles qui ont le plus de chances d’être révisées concernent les atteintes cardiaques, c’est-à-dire les valvulopathies.

Concrètement, les patients ayant saisi l’Oniam une première fois n’ont pas de démarches particulières à engager, sauf s’ils détiennent de nouveaux éléments. Leur dossier devrait être réexaminé automatiquement dans les mois qui viennent. Erik Rance, directeur de l’Oniam, estime que les décisions devraient tomber au cours de l’année 2016. Les victimes qui le souhaitent peuvent toutefois se rapprocher de l’Oniam.

Attention aux manœuvres de Servier !

Une fois que les victimes du Mediator (benfluorex) ont reçu un avis favorable de l’Oniam, les laboratoires Servier sont tenus de leur faire une proposition d’indemnisation. L’Oniam appelle à la vigilance, car l’industriel a tendance à profiter de la méconnaissance des victimes pour tirer les chiffres vers le bas. « Il faut vérifier précisément que tous les postes d’indemnisation sont bien pris en compte dans la proposition de Servier, en particulier celui de la tierce personne, qui est le plus lourd », souligne Erik Rance, directeur de l’Oniam. La difficulté pour les victimes vient de ce que le collège d’experts de l’Oniam estime les dommages sous forme d’incapacité (déficit fonctionnel, etc.), sans chiffrer leur valeur. C’est à Servier de « monétiser » et de proposer une somme en dédommagement du préjudice. En cas de doute sur le montant soumis par Servier, les victimes peuvent solliciter l’Oniam pour vérifier que tout est en ordre. S’il s’avère que la proposition est insuffisante, l’Oniam peut être amenée à se substituer au laboratoire.
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Anne-Sophie Stamane


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Médicaments: Débusquez les intrus en pharmacie
À l’occasion de la vague de froid et de nez bouchés, vous croiserez peut-être en pharmacie des produits comme le remède contre la toux « Toplexil Phyto », le sirop pour enfant « Petit Drill toux sèche » ou le spray « Humer Nez très bouché, Sinusite, Rhume ». Tout porte à croire que ce sont des médicaments : ils sont fabriqués par des labos pharmaceutiques connus (Sanofi, Urgo, etc.) ; ils sont vendus par des professionnels en blouse blanche ; ils sont parfois fournis avec des dispositifs doseurs comme des pipettes graduées ; ils disent aider à se soigner, soulager la toux ou le rhume ; ils portent un nom proche de celui de médicaments existants (Drill, Toplexil, Humer pour Humex) et leur emballage rappelle furieusement leurs cousins médicaments. Et pourtant, ce ne sont pas des médicaments. Ce sont des dispositifs médicaux. Ils rejoignent ainsi le sérum physiologique, les thermomètres ou les lentilles de contact…

Plus qu’un détail réglementaire

Cette différence réglementaire peut sembler sans importance. Mais elle ne l’est pas. Le statut de dispositif médical est en effet beaucoup moins contraignant pour son fabricant. Pour pouvoir commercialiser un médicament, il faut fournir un épais dossier aux autorités sanitaires, prouvant l’efficacité et l’innocuité, en vue d’obtenir une autorisation de mise sur le marché. Pour commercialiser un dispositif médical, le fabricant doit obtenir un « marquage CE » auprès d’un organisme certificateur. Ce type d’établissement, privé, n’est pas toujours très regardant sur les questions de sécurité – comme l’a malheureusement illustré le scandale des prothèses mammaires PIP. Et contrairement à un médicament, il n’est pas exigé de fournir des essais cliniques comme preuves de l’efficacité.

Faux nez de la pharma

Ainsi, les consommateurs vont acheter en pharmacie ces produits, pensant qu’ils sont contrôlés comme des médicaments, avec un minimum de garantie d’efficacité, alors qu’il n’en est rien.

Ces dispositifs médicaux n’ont toutefois pas que des inconvénients. Ils renferment des substances plutôt inoffensives comme liquide visqueux (glycérol dans Petit Drill), des extraits de plantes (thé vert pour Humer - Nez très bouché) ou de miel (Toplexil Phyto). Ils entraînent donc, a priori, peu d’effets indésirables, contrairement à leur alter ego médicamenteux. En tant que dispositifs médicaux, ils ne doivent pas avoir d’action pharmacologique. Ils sont censés n’avoir qu’une action mécanique : par exemple apaiser la gorge irritée par la toux en la tapissant.

L’Agence du médicament étudie le dossier

Cette frontière soulève néanmoins plusieurs questions. D’abord celle de la conformité : ces produits n’ont-ils effectivement pas d’action pharmacologique ? Dans quelle mesure le thym et le miel du Toplexil Phyto n’exercent-ils pas les effets antiseptiques pour lesquels ils sont connus ? Si c’était le cas, ne devraient-ils pas être requalifiés en médicament ? L’ANSM, l’agence française du médicament, nous a indiqué « travailler sur ce dossier pour vérifier s’il s’agissait bien d’un dispositif médical ».

Inversement, si ces produits n’ont effectivement aucune action pharmacologique, le consommateur peut se poser la question de leur intérêt ! Pourquoi payer plus cher un produit alors que l’on peut se préparer, aisément et à moindre coût, une tisane de thym au miel maison, qui présentera de plus l’avantage d’être chaude ?

Enfin, la confusion savamment entretenue entre ces dispositifs médicaux et les médicaments pourrait avoir pour effet délétère de favoriser une mauvaise prise du médicament. Le sirop contre la toux Petit Drill Tout sèche est ainsi proposé pour les nourrissons à partir de 3 mois. Si par une nuit aux yeux cernés, les parents se trompent et prennent la bouteille de sirop Drill Toux sèche Enfants, ils risquent d’administrer une dose dangereuse de dextrométhorphane à leur bébé, alors que le produit ne doit jamais être donné aux moins de 6 ans.

Distinguez-les !

Pour différencier un médicament d’un dispositif médical, reportez-vous à l’emballage. Sur la boîte d’un médicament vous trouverez en toutes lettres « Médicament autorisé no » suivi d’un nombre à 13 chiffres. Sur celui d’un dispositif médical, vous verrez le logo
CE

Quelques exemples de médicaments et de dispositifs médicaux très ressemblants:


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Perrine Vennetier


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Vaccination: Les décisions renvoyées à fin 2016
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a enfin pris la parole sur le délicat sujet des vaccins. Au-delà du débat de fond sur les bénéfices et les risques de la vaccination, renvoyé à une grande concertation nationale (voir encadré), il y a fort à parier qu’en pratique, rien ne va changer à court terme pour les parents qui veulent faire vacciner leurs enfants. Étant donné les pénuries actuelles, le choix sera toujours aussi limité. En pharmacie, ils trouveront essentiellement le vaccin hexavalent, comprenant six protections dont celle contre l’hépatite B, qui fait débat.

La ministre a bien promis de réunir les industriels avant la fin du mois de janvier pour qu’ils lui remettent des propositions. Elle a aussi rappelé que la loi sur la santé tout juste votée leur impose de nouvelles obligations : constitution de stocks réservés au territoire national, identification de plusieurs sources d’approvisionnement en matières premières, chaînes de production alternatives. Des sanctions pourraient tomber si des manquements étaient constatés. Reste que tout cela prendra du temps, et que dans l’immédiat, la situation est bloquée : en raison d’une demande mondiale accrue et de fortes difficultés de production, les deux fabricants de vaccins ne sont plus en mesure de fournir certains produits essentiels. Il est difficile, voire impossible d’obtenir en pharmacie les vaccins tétravalents, incluant quatre protections (DTP + coqueluche), utilisés en rappel, et les vaccins pentavalents (cinq protections) injectés chez les nourrissons. Le retour à la normale n’interviendra pas avant fin 2016. Les familles sont donc contraintes d’en passer par l’hexavalent, curieusement toujours disponible, qui contient la valence hépatite B. Celles qui n’en veulent pas doivent passer par les centres de protection maternelle et infantile (PMI), qui disposent de stocks.

Cette situation nourrit le discrédit de la parole publique sur les vaccins. Les usagers ont le sentiment qu’on leur force la main, au bénéfice des industriels. Et s’interrogent sur le sens d’une obligation vaccinale limitée à trois maladies (diphtérie, tétanos, poliomyélite) quand il est impossible de s’y cantonner. Depuis 2008 en effet, le vaccin trivalent DTPolio a disparu de la circulation, à cause des réactions allergiques qu’il provoquait. Il était aussi le seul vaccin sans aluminium. Au fil du temps, la liberté de choix s’est amenuisée pour les usagers, sans explication claire. Ce qui ne contribue pas à la sérénité des débats.

Une grande concertation lancée

Résurgence des cas de rougeole, baisse de la vaccination contre la grippe, faible succès de celle contre le cancer du col de l’utérus : la population française boude de plus en plus les vaccins. La défiance s’explique par plusieurs raisons, et pas que des mauvaises : dans le cas de la grippe et du cancer du col de l’utérus, l’efficacité est loin d’être scientifiquement établie. La ministre de la Santé n’a pourtant pas hésité à marteler l’inverse lors de sa conférence de presse…

Face à cette situation, les pouvoirs publics s’interrogent sur la pertinence de la politique vaccinale. Faut-il, en particulier, maintenir la distinction entre vaccins obligatoires et recommandés ? Dans beaucoup de pays voisins, l’obligation vaccinale n’existe pas et le taux de couverture n’est pas moins bon… Marisol Touraine n’a pas voulu trancher, et a renvoyé le débat à une grande concertation nationale. D’abord, une plateforme Internet sera ouverte en mars pour recueillir tous les avis sur les vaccins. Ensuite, trois jurys – citoyens, experts, professionnels de santé – analyseront les contributions et rendront chacun un avis. Enfin, à la fin de l’année, un comité piloté par le Pr Alain Fischer, spécialiste en immunologie pédiatrique, rendra ses conclusions. Quant à l’innocuité de l’aluminium utilisé comme adjuvant dans les vaccins, qui fait l’objet de vives controverses, une recherche en collaboration avec l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) est en cours, les résultats seront publiés en 2017.

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Anne-Sophie Stamane


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Enquête sur la prescription en DCI: Un Déni Caractérisé de l’Intérêt des patients
Pour mesurer le respect de l’obligation de prescription en DCI, souhaitée par l’UFC-Que Choisir depuis 2005, l’UFC-Que Choisir a mené avec l’aide de son réseau d’associations locales, une enquête sur 815 ordonnances, comportant plus de 2700 médicaments prescrits (2) . Ces ordonnances ont été rendues anonymes, avant d’être analysées.

Près des trois-quarts des médicaments encore prescrits en nom de marque

Sur les 2729 médicaments prescrits, seuls 13 % étaient inscrits en DCI. 14 % supplémentaires comportaient la DCI ainsi que le nom de marque, comme le tolère la loi, mais 73 % des médicaments étaient prescrits avec le seul nom de marque. Ce sont les médecins spécialistes qui sont les plus mauvais élèves avec 85 % des médicaments prescrits seulement avec le nom de marque (70 % pour les généralistes). L’obligation légale de la prescription en dénomination commune internationale reste donc, pour l’instant, un vœu pieu. Comment s’en étonner, alors que la loi comme le décret prévoyant cette obligation ne l’ont assortie d’aucun contrôle ni d’aucune sanction ?

Moins d’une ordonnance sur cinq entièrement en DCI

Dans le détail, notre enquête montre que seulement 18 % des ordonnances sont exclusivement rédigées en DCI (ou DCI couplée au nom de marque). Dans 57 % des cas, les ordonnances étaient vierges de toute DCI. Plus surprenant, les 25 % restant mélangent allègrement lignes en DCI et lignes en nom de marque. Certains médecins semblent ainsi avoir commencé à adopter la DCI, mais avec de fréquentes rechutes vers la prescription en nom de marque !

La généralisation de la DCI, un ardent impératif

La prescription en DCI est pourtant une nécessité de santé publique. En effet, sa généralisation sera un moyen efficace de lutter contre le surdosage ou les interactions médicamenteuses, en évitant le piège des noms de marque qui masquent les molécules présentes. La DCI facilite également la prise de traitement à l’étranger, puisqu’elle est comprise partout dans le monde. Elle permet enfin aux consommateurs d’acheter à moindre frais la bonne molécule, sans se soucier des noms de marque. En clair, elle permet de ramener chaque médicament à sa valeur thérapeutique, en s’affranchissant des influences promotionnelles des laboratoires.

Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir demande au Ministère de la Santé et à l’Assurance maladie d’enfin soutenir, en l’accompagnant, le déploiement de la DCI en mettant en place :

- L’inscription de la prescription en DCI dans les critères de la rémunération sur objectifs de santé publique des médecins ;
- Des contrôles pour identifier les médecins récalcitrants et leur rappeler instamment cette obligation légale.


(1) Résultats détaillés disponibles dans le Que Choisir n° 543 de janvier, actuellement en kiosque.
(2) Ordonnances collectées du 20 mai au 29 juin 2015, émanant de 72 départements. 73 % provenaient d’un médecin généraliste et 27 % d’un spécialiste.
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Nouveaux médicaments contre le cancer: Des prix injustes et exorbitants
Avez-vous idée du prix des nouveaux médicaments contre le cancer ? Ils sont faramineux. Ils représentent des dépenses de l’ordre de 40 000, 50 000 à 75 000 euros par an et par patient. Par comparaison, les chimiothérapies, médicaments anticancéreux classiques, ne coûtent qu’environ 1 000 euros par patient. Le Keytruda (pembrolizumab), l’une des plus récentes molécules, pourrait être facturé plus de 100 000 euros par an pour chaque malade traité, pour un mélanome, selon la Ligue contre le cancer. L’association lançait donc, il y a quelques jours, l’alerte sur les prix « injustes,exorbitants et insupportables pour notre système de santé » des nouveaux médicaments contre le cancer.

« La vie n’a pas de prix »

Une sorte de fatalisme a prévalu longtemps, face aux sommes extrêmement élevées demandées par l’industrie pharmaceutique. L’idée que « la vie n’a pas de prix » justifiait inconsciemment les dépenses pour ces traitements. Il y a une sorte de malaise à discuter d’argent quand des existences humaines sont en jeu. Mais dans un contexte de ressources limitées, il est au contraire éthique de se poser la question du prix à payer pour ces médicaments. Si leur coût est tel qu’il compromet l’accès de certains malades à ces traitements, la question cruciale se pose : pourquoi sont-ils si chers ?

Déconnecté du coût réel

On pourrait croire que ces médicaments dits « innovants » coûtent très chers à trouver et à produire. Mais ce n’est pas le cas. Les coûts de fabrication ne sont évidemment pas nuls mais ils se comptent en centaines d’euros, pas en milliers. Ensuite, il faut estimer les coûts de recherche et développement du médicament. Il est difficile d’en faire une estimation indépendante précise. Mais il est certain que le prix demandé est très supérieur à ce coût, même additionné d’une marge confortable. Signe de cette déconnexion : le prix de certains médicaments continue d’augmenter avec le temps, alors qu’une fois amortis les investissements initiaux, leur prix devrait s’infléchir. Une centaine d’oncologues américains ont ainsi lancé une pétition, courant 2015, pour exiger une « baisse des prix » des anticancéreux (1). Dans cette lignée, mais moins explicite, la Ligue contre le cancer en France vient de demander une « régulation immédiate ».

Nouveaux mais pas toujours innovants

Le Leem, qui représente les entreprises du médicament en France, a répondu le jour même à la Ligue, se disant prêt à ouvrir le débat. Dans son communiqué, le représentant des laboratoires pharmaceutiques insiste sur le caractère « innovant » de ses produits : « des innovations qui ouvrent à des personnes […] de nouvelles perspectives de guérison ou de rémission ». Or, les nouveaux anticancéreux, si chers, sont loin de tous répondre à cet espoir. Dans certains cas, comme le Glivec (imatinib) contre certaines leucémies, les nouvelles molécules sauvent littéralement la vie de patients. Mais dans beaucoup de cas, malheureusement, les nouveaux traitements n’apportent qu’un bénéfice marginal : quelques mois voire quelques semaines de survie supplémentaires, grevés d’effets indésirables lourds. Ces médicaments sont nouveaux mais n’apportent pas grand-chose de neuf aux malades.Leur prix faramineux n’en est que plus choquant.

(1) http://www.mayoclinicproceedings.org/article/S0025-6196%2815%2900430-9/abstract
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Perrine Vennetier


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Perturbateurs endocriniens: La Commission européenne condamnée
À trop jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler les doigts. C’est ce qui vient d’arriver à la Commission européenne qui tergiverse depuis des années, sous la pression de l’industrie chimique, sur l’adoption d’une réglementation contraignante pour encadrer la présence de perturbateurs endocriniens dans les produits alimentaires et d’usage quotidien. Le 16 décembre dernier, elle a été condamnée par le tribunal de l’Union européenne pour ne pas avoir respecté la date limite du 13 décembre 2013 fixée par le règlement No 528/2012 sur les biocides pour l’adoption de « critères scientifiques pour la détermination des propriétés perturbant le système endocrinien ». Une condamnation qui fait suite à une requête de la Suède déposée, le 4 juillet 2014, auprès de la Cour de justice européenne visant à faire constater que la Commission, en ne statuant pas sur le sujet dans les délais impartis, a violé le règlement européen. D’autres États membres – le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas – s’étaient associés à la démarche suédoise, également rejoints par le Conseil européen et le Parlement de Strasbourg.

Pour justifier son retard, la Commission avait invoqué la nécessité d’une « étude d’impact » en vue d’évaluer les conséquences économiques de mesures contraignantes pour l’industrie chimique. Un argument jugé non recevable par la Cour européenne qui constate « qu’aucune disposition du règlement n’exige une telle analyse d’impact ». En réalité, un document interne à la Commission, rendu public par la journaliste Stéphane Horel dans son livre Intoxication (La Découverte, 2015) révèle que cette étude d’impact, préalable à la définition scientifique des perturbateurs endocriniens, avait été expressément demandée au secrétariat général de la Commission par l’industrie chimique européenne.

Ingérence du lobby industriel

Une manœuvre, parmi bien d’autres, révélatrice de l’ingérence du lobby industriel auprès des autorités européennes alors que de nombreuses études scientifiques tendent à prouver les effets néfastes des perturbateurs endocriniens sur notre système hormonal. Ces substances (bisphénol A, phtalates, pesticides, solvants…) seraient en effet susceptibles d’être à l’origine de certaines pathologies (cancers hormonodépendants, puberté précoce, difficulté de procréation, surpoids, diabète…).

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase aura été la publication, le 21 janvier 2015, d’un rapport de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments) affirmant que le bisphénol A (BPA) ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs ! Un camouflet pour la France qui venait, pour sa part, de promulguer l’interdiction du BPA dans tous les contenants alimentaires.

Reste à espérer que l’arrêt de la cour de justice va constituer un électrochoc salutaire et que Bruxelles prendra la mesure de ce problème de santé publique, et publiera enfin un cadre réglementaire strict, définissant les critères d’utilisation et les doses admissibles de ces substances toxiques dans notre environnement quotidien.

Perturbateurs endocriniens et loi Santé française

Depuis des années, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme sur les risques des perturbateurs endocriniens pour la santé humaine et l’environnement. Ces substances font d’ailleurs l’objet d’analyses systématiques dans le cadre de nos tests (produits qui entourent les tout-petits, déodorants et antitranspirants, encens et bougies parfumées, maquillage pour enfants…). L’UFC-Que Choisir avait par ailleurs demandé au gouvernement d’inscrire une définition des perturbateurs endocriniens dans la loi Santé tout juste promulguée. Cette requête n’a pas été entendue, la loi se contentant de prévoir un rapport sur les effets du bisphénol A non chauffé. Reste à savoir si les pouvoirs publics répondront à l’autre demande de l’UFC-Que Choisir de remettre un rapport complet sur les perturbateurs endocriniens dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi.
Que Choisir en Ligne
Florence Humbert


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