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Cigarette électronique: Beaucoup d’anomalies
Notre test l’avait déjà montré : les fioles de liquide pour cigarette électronique n’affichent pas toujours le taux réel de nicotine. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) confirme ce constat : les analyses chimiques menées sur une centaine de produits ont révélé 90 % d’anomalies sur la présence de nicotine ou sur son taux. L’administration ne donne cependant pas de précisions sur les écarts relevés, on ne sait pas s’ils sont minimes ou importants. 6 % des liquides n’affichaient pas le logo « danger » ou n’étaient pas dotés d’un système de fermeture sécurisé. Autre problème : l’utilisation de dessins de fruits ou de boissons, qui n’est pas autorisée par la règlementation.

La DGCCRF a également contrôlé les chargeurs. Sur les 14 passés au crible, 9 étaient insuffisamment isolés, exposant l’utilisateur à une décharge électrique. Malheureusement, comme d’habitude, les marques des produits dangereux ne sont pas communiqués par la DGCCRF… Pas de panique cependant, ces anomalies ne concernent pas les chargeurs USB, qui permettent de recharger une cigarette électronique via un ordinateur, mais ceux qui se branchent directement sur le secteur. Même si le risque est réel, aucun accident n’a été reporté, et les produits dangereux ont été retirés du marché.

Les fabricants, importateurs et distributeurs de liquides et de cigarettes électroniques ont donc encore du pain sur la planche avant d’arriver à un niveau satisfaisant de qualité. Les normes Afnor publiées il y a quelques mois devraient les aider à se mettre au niveau.
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Anne-Sophie Stamane


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Marché des aides auditives: La scandaleuse rente des audioprothésistes
Prix des audioprothèses : une cause de renoncement aux soins pour 2,1 millions de malentendants

Malgré un prix moyen de 1550 € par appareil, soit 3100 € dans le cas très majoritaire d’un équipement des deux oreilles, les audioprothèses sont très peu remboursées par l’Assurance maladie (120 € par appareil seulement) ainsi que par les complémentaires santé, aboutissant à un reste à charge moyen de 1100 € par oreille. La comparaison effectuée par l’UFC – Que Choisir avec des pays voisins aux reste-à-charges plus faibles montre que pas moins de 2,1 millions de malentendants français ne s’équipent pas en raison d’un coût trop élevé, soit un taux de renoncement aux soins de 58 %.

Audioprothésistes : des marges brutes de 78 %, tirées par une pénurie de professionnels

L’origine de ces prix excessifs est à chercher du côté des audioprothésistes, profession qui a le monopole de la distribution des audioprothèses. Ils revendent ainsi les appareils 4,5 fois leur prix d’achat (327 €), réalisant une marge brute moyenne de 78 %. Une fois les divers frais et salaires déduits, la marge nette demeure très confortable : entre 15 % et 18 % (contre 10 % dans le déjà rentable secteur de l’optique).

Ces surcoûts résultent avant tout de la pénurie, savamment entretenue, d’audioprothésistes en France. En raison de leur faible nombre (3091, pour des besoins estimés par notre étude à 7150 professionnels), ils sont en position d’obtenir des salaires deux à trois fois plus élevés que les professions de santé comparables (infirmières ou kinésithérapeutes, à niveau de formation équivalent). Résultat : plus du tiers du prix (534 €, soit plus de 1050€ pour l’équipement des deux oreilles) revient en salaire à l’audioprothésiste. Le lobby de la profession se mobilise pour un lucratif statu quo, qui a jusqu’à présent été chèrement payé par les consommateurs. Comment admettre que le Ministère de la santé puisse plus longtemps faire le choix de préserver la rente économique des 3100 audioprothésistes plutôt que de résorber le non-équipement de 2,1 millions de malentendants ?

Fin de la vente couplée appareil-prestations de suivi : dissocions maintenant les remboursements

Aujourd’hui, l’acheteur paie d’un bloc l’audioprothèse et les prestations de suivi tout au long de la vie de l’appareil. Cela se traduit par un prix d’entrée plus élevé, et le paiement par avance de prestations qui peuvent ne pas être effectuées (fermeture de l’audioprothésiste, non-port de l’appareil, décès de l’utilisateur). La « loi Macron » a légalement supprimé cette vente indissociable. Reste à l’Assurance maladie à adapter son processus de remboursement, qui continue à lier matériel et suivi. Cela permettra de faire émerger la vérité des prix, entre l’appareil en lui-même et les prestations qui l’accompagnent.

Indépendance des audioprothésistes : des doutes sur les recommandations de produits

Le rachat en cours d’Audika - le leader français de la vente d’audioprothèses - par un fabricant l’illustre, le secteur est soumis à une progressive mise sous dépendance économique de la distribution par les industriels. Celle-ci passe par deux biais : la prise de contrôle directe des distributeurs (plus d’un point de vente sur cinq en France), et une activité de financement des audioprothésistes, via des prêts. Dans les deux cas, la contrepartie exigée est claire : mettre en avant leurs produits auprès des consommateurs. Dans ces conditions, les consommateurs peuvent-ils être sûrs que les produits recommandés sont les plus adaptés à leur audition, et garants du meilleur rapport qualité-prix ?

L’UFC – Que Choisir, résolue à obtenir la résorption de l’inacceptable sous-équipement des malentendants français, demande aux pouvoirs publics la hausse du numerus clausus pour les études d’audioprothésiste, la dissociation du remboursement de l’audioprothèse et des prestations associées, et la pleine transparence sur les liens capitalistiques et financiers qui unissent audioprothésistes et fabricants.
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Ampoules LED: Des risques pour les yeux confirmés
L’Anses avait lancé l’alerte il y a 5 ans. Dès 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire assurait que la forte proportion de lumière bleue qui caractérise les LED conduisait à un « stress toxique pour la rétine ». Elle pointait un risque particulier pour les enfants du fait que « leur cristallin reste en développement et ne peut assurer son rôle de filtre de la lumière ». Aussitôt, Que Choisir lançait un test sur la dangerosité des ampoules LED, avec une conclusion sans appel : « fuyez les spots ». Ces derniers sont en effet composés de diodes apparentes et leur lumière est envoyée de façon directive, comme un faisceau laser. Compte tenu de leur teneur en lumière bleue, c’est mauvais pour la vue.

Depuis, les recherches sur les ampoules LED se sont poursuivies. L’Inserm vient de réaliser une nouvelle étude avec des rats se déplaçant librement dans une enceinte éclairée par des LED achetées en magasin. Ses résultats sont inquiétants. Les cellules de la rétine sont mortes les unes après les autres. « La lumière des LED est beaucoup plus toxique que celle des néons, confirme Alicia Torriglia, directeur de recherches à l’Inserm et responsable de l’étude. Nous ne prétendons évidemment pas que l’œil humain se comporte comme l’œil du rat, mais il peut être soumis au stress oxydant des LED plusieurs heures par jour pendant de nombreuses années. On craint un vieillissement prématuré de l’œil pour les jeunes générations qui y seront exposées à vie. »
Les professionnels contestent

Face à ces nouvelles révélations, le syndicat de l’éclairage vient de riposter. « Halte à la désinformation », lance-t-il dans un communiqué de presse, accusant des médias d’avoir « relayé des informations incomplètes, dramatisées et anxiogènes » sur les ampoules LED. Pour résumer, les professionnels de l’éclairage affirment que la lumière bleue est le propre de toutes les sources lumineuses, pas seulement des LED, et rappellent que les fabricants sont tenus de vérifier que leurs LED n’en émettent pas trop, conformément à la norme NF EN 62471.

Les ampoules LED présentent pourtant bien un risque spécifique lié à leur forte proportion de lumière bleue. Quant à la norme, elle n’a pas été conçue pour les LED. L’évaluation du risque peut se faire à 20 cm ou à plus d’1 mètre de l’œil, et les valeurs limites sont établies pour éviter des lésions aiguës de la rétine en milieu professionnel, en aucun cas pour protéger la population des effets liés à des expositions sur le long terme. « L’évolution des normes n’a pas suivi l’évolution technologique, déplore Alicia Torriglia. La réglementation n’est pas adaptée aux diodes électroluminescentes. Le stress oxydant responsable de la destruction des cellules de la rétine n’est pas détectable dans le cadre des tests en vigueur. »
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Élisabeth Chesnais


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Publicité: L’huile de palme se refait une virginité
« L’huile de palme est responsable de l’extinction des dinosaures », « Le soir où le Titanic a coulé, il y avait de l’huile de palme à bord », etc. Le Conseil malaisien de l’huile de palme (MPOC, pour Malaysian Palm Oil Council), qui représente les industriels de cette filière, a choisi l’arme de l’humour pour réhabiliter son produit. Ses slogans font mouche : l’huile de palme est si décriée depuis quelque temps qu’on pourrait la croire responsable à la fois de toutes les maladies liées à la malbouffe et de toutes les atteintes à l’environnement. Un peu excessif ! De là à la penser au-dessus de tout soupçon, il y a un pas. Qu’en est-il en réalité ?

La réalité enjolivée

Côté environnement, le bilan est lourd. En Malaisie comme en Indonésie (les deux pays représentent 85 % de la production mondiale), les déforestations sont allées bon train pour faire place aux plantations de palmiers. Conséquences, de graves menaces sur certaines espèces animales comme les orangs-outans et sur la biodiversité en général, et des puits de carbone importants partis en fumée. Aujourd’hui, le MPOC affirme que la tendance est inversée et dépeint la Malaisie comme un modèle d’écologie. « C’est une campagne très partisane à laquelle nous ne souscrivons pas du tout, rétablit Arnaud Gauffier, responsable agriculture-alimentation au WWF. En particulier, il est faux de dire que ce pays ne déforeste plus. » Depuis plusieurs années, l’association soutient la mise en place d’une filière d’huile de palme moins destructrice pour l’environnement, certifiée RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil, table ronde sur l’huile de palme durable). Mais plusieurs façons de s’approvisionner en se prévalant de la RSPO coexistent et, sans entrer dans les détails, certaines relèvent davantage d’une utilisation abusive des arguments écologiques à des fins marketing (greenwashing) que de l’engagement solide en faveur de l’environnement. Par ailleurs, les critères de certification sont plutôt laxistes. Le WWF, avec d’autres associations, milite pour leur durcissement car pour l’heure, le cahier des charges n’interdit ni toute déforestation, ni certaines pratiques telles que l’usage de pesticides particulièrement toxiques. C’est dire que si les producteurs ont fait un pas vers une huile de palme moins polluante, la vision idyllique que voudrait en donner le MPOC ne reflète en rien la réalité.

Mieux vaut ne pas en abuser

Sur le plan nutritionnel, l’huile de palme fait partie des matières grasses les moins recommandables. Près de la moitié de ses graisses est constituée d’acide palmitique, l’un des acides gras saturés les plus délétères en termes de santé cardiovasculaire. On serait donc mal inspiré de suivre le conseil donné par le MPOC en préparant sa vinaigrette avec, sous prétexte que son goût neutre ne dénature pas celui des aliments ! Le colza convient tout à fait pour cet usage… Mais l’huile de palme n’est pas pour autant un poison violent dont il faudrait traquer à tout prix la présence sur les étiquettes, indépendamment de toute autre considération, comme l’habitude s’est répandue parmi beaucoup de consommateurs. Lorsqu’elle est présente, c’est souvent à des teneurs limitées, comme en atteste sa place habituelle dans les listes d’ingrédients, rarement en début de liste. Seuls quelques produits en contiennent en quantité importante, comme l’emblématique Nutella, dont elle constitue un cinquième de la recette. Si la consommation d’huile de palme peut s’avérer excessive chez les inconditionnels de la pâte à tartiner, la moyenne des Français n’en mangerait pas plus de 3 grammes par jour selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Et les huiles de coprah ou de coco, ainsi que les graisses hydrogénées, parfois utilisées en substitution, ne sont pas plus recommandables que l’huile de palme. Quant au soja ou au colza, s’ils sont meilleurs sur le plan nutritionnel, leurs rendements sont jusqu’à dix fois moindres que ceux des palmiers à huile. Ils ne constituent donc pas une bonne solution de substitution sur le plan environnemental. Pour protéger aussi bien la planète que sa santé, plutôt que de se focaliser sur l’huile de palme en particulier, mieux vaut traquer d’une manière plus globale les graisses en excès dans les aliments transformés tels que produits apéritifs, barres chocolatées, biscuits, ou encore certains plats cuisinés.

Le MPOC a choisi l’humour pour tenter de réhabiliter l’huile de palme:


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Fabienne Maleysson


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Serviettes hygiéniques: Winalite Gare à la radioactivité
Des serviettes hygiéniques radioactives vendues en France via un réseau de vente à domicile, c’est l’inquiétante découverte qu’a faite l’Acro, l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest.

Tout a commencé par une réunion conviviale où l’hôtesse présente des produits de la société Winalite qui promet « Bien-être et santé grâce aux bandelettes d’anions ». Pour ses serviettes d’hygiène féminine, elle précise même qu’« un ruban d’anions est incorporé dans chaque serviette sanitaire, la bande d’anions aide à réduire l’odeur, réduire le stress, renforcer l’immunité, améliorer le métabolisme, réduire la fatigue, améliorer l’équilibre hormonal. »

Un discours magique qui peut séduire les profanes, mais les scientifiques de l’Acro, eux, pensent aussitôt « rayonnements ionisants ». Ils décident d’analyser ces fameuses bandelettes. Bingo, les serviettes d’hygiène féminine Winalite sont radioactives.

« Présenter les anions comme une source de bien-être et de confort c’est aberrant, dénonce Pierre Barbey, le conseiller scientifique de l’Acro. On se croirait revenus un siècle en arrière, à l’époque où on vantait les "bienfaits" de la radioactivité. » Avec une circonstance aggravante aujourd’hui, car la société Winalite ne parle jamais de la radioactivité de ses anions. D’ailleurs, les particuliers revendeurs ignorent probablement qu’ils font commerce de produits radioactifs.

Méfiance, donc, si on vous vante les bienfaits des anions. Quoi qu’on vous dise sur leurs atouts supposés pour la santé, ils sont une source de contamination radioactive. La directive européenne Euratom a beau interdire l’ajout de substances radioactives dans les biens de consommation, il y a manifestement des lacunes dans le dispositif.
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Élisabeth Chesnais


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Perturbateurs endocriniens: Le mystère des effets cocktails enfin dévoilé
Depuis des années, Que Choisir ne cesse de lancer l’alarme sur les risques liés aux interactions de certaines molécules qui, sans danger pour l’homme lorsqu’elles sont prises séparément et à faible dose, peuvent devenir toxiques en cas de combinaison entre elles. Or dans la réalité, nous sommes exposés quotidiennement à d’innombrables composés exogènes (plastiques, pesticides, cosmétiques, médicaments, substances provenant de l’alimentation…). Mais leurs interactions potentielles ne sont pas prises en compte par les agences de sécurité sanitaire qui évaluent séparément tout nouveau composé avant sa mise sur le marché et fixent pour chacun d’eux une concentration maximale en dessous de laquelle la substance est considérée comme inoffensive.

Pourtant l’effet « cocktail » de certaines molécules, notamment de celles susceptibles de perturber notre système hormonal, est fortement suspecté d’être dangereux pour l’organisme. Leurs actions combinées pourraient être en grande partie responsables de l’augmentation de nombreux troubles et pathologies (cancers, obésité, diabète…). Mais jusqu’à présent, aucune explication rationnelle de ce phénomène n’avait été trouvée. Pour la première fois, l’étude menée par trois équipes scientifiques associant des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Montpellier lève en partie le voile sur ce mystère. « Nous avons mis en évidence l’un des mécanismes cellulaires qui permet d’activer deux composés simultanément sur un récepteur du noyau des cellules humaines », explique Patrick Balaguer, chercheur à l’Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRCM) et coauteur de l’étude. Pour y parvenir, les chercheurs ont sélectionné une cinquantaine de substances (pesticides, polluants environnementaux, médicaments…). « Par un hasard de structure, deux molécules, l’éthinylestradiol (un des composants actifs des pilules contraceptives) et le transnonachlor (un pesticide organochloré) ont montré leur capacité à se fixer dans le récepteur PKR du noyau des cellules du foie, et à l’activer de façon synergique », poursuit Patrick Balaguer. Ce mélange binaire induit alors un effet toxique à des concentrations largement plus faibles que pour les molécules individuelles.

Bien sûr, à ce stade expérimental, l’étude n’a pas de conséquences pratiques sur le terrain. La combinaison de ces deux molécules n’a aucune chance de se produire dans la réalité (les concentrations des substances utilisées sont très élevées, et le pesticide n’est plus commercialisé). Mais elle souligne une fois de plus les sérieuses lacunes des évaluations des risques par les agences de sécurité sanitaire et ouvre de nouvelles perspectives à la recherche.
« Il existe dans notre environnement environ 150 000 composés dont l’action combinée pourrait avoir des effets inattendus sur la santé humaine au regard de leur innocuité reconnue ou supposée en tant que substances isolées », précisent les chercheurs dans un communiqué. Axée sur la pharmacovigilance, la nouvelle méthode de dépistage des effets cocktails devrait prochainement s’appliquer à des tests sur d’autres récepteurs et en priorité aux associations de médicaments deux à deux.
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Florence Humbert


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Ariel Baby lessive liquide: Pas si clean qu’elle en a l’air
« Dermatologically tested », annonce l’emballage de la lessive liquide Ariel Baby. Associée à l’image d’un bébé à la mine réjouie, la mention qui s’affiche en gros caractères a tout pour rassurer. Même sans être féru d’anglais, on en déduit qu’elle est exempte de composés problématiques et sans risques pour les tout-petits.

Pourtant, la liste des ingrédients qui figure en caractères à peine lisibles au dos du flacon dit tout autre chose. À sa lecture, on apprend qu’Ariel Baby contient de la benzisothiazolinone et de la méthylisothiazolinone (MIT).

Ces deux noms barbares sont difficiles à mémoriser et c’est bien dommage. Car si les jeunes parents savaient, il est probable qu’Ariel Baby aurait déjà quitté les rayons des hypermarchés faute de ventes. Il s’agit en effet de deux conservateurs connus pour leur potentiel allergisant. La MIT est même dans le collimateur des dermatologues et des comités scientifiques tant elle provoque d’allergies. « La hausse spectaculaire des cas d’allergie à la MIT est un phénomène sans précédent en Europe », a par exemple alerté le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs dans un avis rendu en décembre 2013.

La MIT a de nouveau été épinglée lors des Journées dermatologiques de Paris fin 2014. « Depuis 3 ans, en France comme en Europe, de nombreuses publications ont mis en lumière une augmentation alarmante des cas de sensibilisation à la MIT », a souligné le Pr Annick Barbaud, responsable au département de dermatologie-allergologie du CHU de Nancy.

Aucune limitation de la MIT dans les produits d’entretien

Tous les voyants sont donc au rouge, et la seule parade absolue contre cette explosion des allergies serait l’éviction pure et simple de la MIT. Un niveau de concentration à ne pas dépasser existe, mais il ne concerne que les cosmétiques. Aucune limitation n’a été définie pour les détergents et produits d’entretien. Il est néanmoins invraisemblable qu’une lessive pour bébé se dise testée dermatologiquement alors qu’elle en contient.

Quant à la benzisothiazolinone, elle est moins utilisée que la MIT et donc moins recensée dans les cas d’allergies. Aucune valeur limite n’a été établie.

L’ennui, c’est que la lessive Ariel Baby est destinée aux très jeunes enfants, une population fragile, et que son emballage est faussement rassurant. Que Choisir la déconseille en raison de son potentiel allergisant. Malgré le rinçage, il est impossible de garantir l’élimination des conservateurs à 100 %.



Même griefs contre Persavon bébé lessive main




Décidément, les fabricants de lessive ont bien du mal avec les composés allergisants. Avant Ariel Baby en effet, nous avons épinglé Persavon bébé lessive main il y a quelques mois. Elle se disait hypoallergénique alors que, tout comme Ariel Baby, elle contenait deux conservateurs allergisants, la méthylisothiazolinone (MIT) et la méthylchloroisothiazolinone (CMIT). Là encore, c’est inadmissible pour un produit destiné aux tout-petits, d’autant plus qu’il se dit sans allergènes.

Il serait temps que les pouvoirs publics réglementent clairement toutes ces allégations qui rassurent. Elles sont trop souvent apposées à tort sur des produits en réalité peu recommandables pour les populations fragiles, notamment les jeunes enfants.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Avastin Disponible le 1er septembre
Aujourd’hui est un jour à marquer d’une pierre blanche. Un peu plus de 3 ans après avoir été interdite par le ministère de la Santé, l’utilisation de l’Avastin (bevacizumab) dans le traitement de la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est officiellement autorisée. Les médecins vont pouvoir le prescrire, d’abord pour administration en milieu hospitalier puis, à moyen terme, dans les cabinets d’ophtalmologie en ville.

Avant d’en arriver là, l’Avastin (bevacizumab) aura connu beaucoup de hauts et de bas. L’efficacité en ophtalmologie de cet anticancéreux a été découverte par hasard, en 2009. Ne disposant pas d’une autorisation en bonne et due forme dans la DMLA, il a d’abord été administré de façon informelle. Pour les médecins, cette molécule présentait un avantage de taille : par rapport au seul traitement officiel alors disponible, le Lucentis (ranibizumab), elle revenait beaucoup moins chère. De 30 à 50 € la dose, contre plus de 1 000 € à l’époque : à efficacité comparable, le calcul était vite fait. Mais les autorités de santé ne l’entendaient pas de cette oreille. Elles ont mis le holà en juillet 2012, car l’Avastin nécessitait, avant d’être injecté, d’être reconditionné en seringues, d’où des risques de contamination et d’infection de l’œil.

Le laboratoire Roche derrière l’Avastin et… le Lucentis !

Le bannissement dure 2 ans. Finalement, le ministère de la Santé change d’avis en 2014 sous la pression de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il reconnaît l’intérêt de l’Avastin dans la DMLA, sous réserve de respecter strictement le protocole de sécurité. Reste à trouver un cadre légal d’utilisation. Car, paradoxalement, Roche, le fabricant de l’Avastin, fait barrage. Il n’a pas l’intention de demander l’homologation de son médicament dans la DMLA. Et pour cause : la start-up qui a développé le Lucentis, le traitement concurrent qui rapporte gros, lui appartient. Roche a plutôt intérêt à ce que les ophtalmologistes aient recours au Lucentis, et n’entend pas faciliter l’essor de l’Avastin. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dégaine alors une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Cette procédure permet d’utiliser un traitement en dehors de ses indications officielles, même si le fabricant traîne des pieds. Elle entre en vigueur aujourd’hui. Roche la conteste devant le Conseil d’État, dont une première décision est attendue le 15 septembre prochain.

Pour l’assurance maladie, l’opération s’annonce financièrement intéressante. Le Lucentis lui coûte plus de 400 millions d’euros par an. L’impact de la RTU ne sera pas visible tout de suite, car l’Avastin sera dans un premier temps prescrit à petite échelle. Mais à terme, l’économie sera réelle. Une seringue de Lucentis coûte 750 €, pris en charge à 100 %, à quoi il faut ajouter 86 € pour l’administration ; une dose d’Avastin sera facturée à la Sécurité sociale un peu moins de 400 €, préparation et injection comprises. Les hôpitaux auront aussi intérêt à passer à l’Avastin : une injection de Lucentis ne leur est remboursée que sur la base de 86 € par l’assurance maladie, alors qu’ils toucheront un forfait de 380 € pour l’administration de l’Avastin.
Que Choisir en Ligne
Anne-Sophie Stamane


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Moustique tigre: La carte du business
« Que Choisir » vient de publier la carte de l’implantation actuelle du moustique tigre et, comme nous l’ont fait remarquer quelques internautes attentifs, elle ne ressemble pas à la carte Vigilance Moustiques récemment présentée par nombre de médias, de TF1 à la presse régionale en passant par les sites de radios, celui de RTL par exemple.

Dans les faits, le moustique tigre est à ce jour implanté dans 20 départements, et c’est déjà très préoccupant. Mais dans la version 2015 de la carte Vigilance Moustiques publiée par de nombreux confrères, une grande partie de la France semble touchée. Vingt départements y figurent en rouge, 21 en orange et 28 en jaune ; ces trois couleurs planent donc sur 69 départements, alors que le vert rassurant se fait rare. Étrange.

« Nous avons 3 000 pièges répartis sur toute la France, et dès qu’un moustique tigre est piégé, l’information apparaît sur le site du ministère de la Santé. Vigilance Moustiques reprend nos données publiques pour en faire une exploitation alarmiste qui n’a aucune raison d’être, déplore Grégory L’Ambert, entomologiste médical et coordinateur national de la surveillance du moustique tigre. On surveille les importateurs de pneus, les aéroports, les grands axes de communication. Ce n’est pas parce qu’on a une interception une fois que le moustique tigre s’installe. S’il y a un risque, on démoustique la zone à temps. »

Mais dès qu’un moustique tigre a été piégé, la carte Vigilance Moustiques s’empresse de colorier le département en orange. Quant aux départements en jaune, ils sont juste équipés de pièges. « Il ne s’y passe rien, aucun moustique tigre n’y a jamais été détecté », confirme Grégory L’Ambert.



À gauche la carte de « Que Choisir » (source Ministère de la santé), à droite celle de Vigilance Moustiques.

Cet alarmisme ne doit rien au hasard. Bien qu’elle ait l’allure d’un document officiel, la carte Vigilance Moustiques provient du site qui porte le même nom. Il appartient au propriétaire des produits antimoustiques Manouka, qui y sont d’ailleurs bien en vue.

Pourtant, sur la carte diffusée aux médias, Manouka apparaît comme « partenaire officiel ». Cette astuce marketing permet de se faire de la publicité gratuitement à chaque fois qu’une télé ou un journal la publie ! Bien vu d’un point de vue commercial. En revanche, pour connaître la vérité sur l’implantation du moustique tigre, il vaut mieux se fier à la carte publiée par « Que Choisir ».

Quant à l’efficacité des produits Manouka, elle n’est pas toujours au rendez-vous, comme le prouve notre test de répulsifs antimoustiques.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Huîtres: Les huîtres triploïdes sur la sellette
Tous les amateurs d’huîtres le savent : à l’arrivée des beaux jours, période de la reproduction pour ces coquillages, les huîtres se gonflent d’une matière blanchâtre peu appétissante qui freine leur consommation pendant l’été. Sauf que depuis une quinzaine d’années, la plupart des huîtres proposées sur les étals ne sont plus laiteuses. L’explication de ce mystère de la nature ? C’est tout simplement que ces huîtres d’un nouveau genre sont triploïdes. Nés en 1997 dans les laboratoires d’Ifremer, ces mollusques possèdent dix lots de trois chromosomes et non dix lots de deux chromosomes comme l’huître « normale » diploïde. Cette anomalie génétique rend les triploïdes stériles. Leur texture est donc constante toute l’année. Un avantage pour les touristes des stations de bord de mer qui peuvent désormais se régaler d’huîtres non laiteuses, et surtout pour la filière conchylicole qui s’affranchit ainsi de la tradition des mois en « r ». Cerise sur le gâteau, les triploïdes ne consommant pas leur énergie dans la reproduction, grossissent plus vite que les diploïdes, ce qui permet de ramener leur cycle de production de trois à deux ans. Une aubaine pour les ostréiculteurs qui, dans leur grande majorité, se sont laissé séduire par cette championne de la productivité. Les « triplo » représenteraient aujourd’hui 50 % des huîtres vendues en France. Pourtant, aucun étiquetage ne permet aujourd’hui au consommateur de différencier les triploïdes issues de naissains (larves) produits en écloserie, des huîtres « naturelles » issues de naissains de captage dans le milieu marin.

En 2001, le Conseil national de la consommation (CNC) avait demandé que les consommateurs soient informés du caractère polyploïde de ces huîtres et qu’une indication « huîtres triploïdes » soit rendue obligatoire dans l’étiquetage. Une demande restée lettre morte, l’Afssa (agence de sécurité sanitaire de l’alimentation), n’ayant mis en évidence aucun risque sanitaire particulier pour les consommateurs. La question de l’étiquetage n’est pas réglée pour autant et fait toujours l’objet de débats acharnés au sein de la profession. La majorité des ostréiculteurs n’y est pas favorable, de crainte d’un boycott de ces coquillages par les clients. De leur côté, les pouvoirs publics y ont jusqu’ici mis leur veto, arguant du fait que ces huîtres, bien qu’issues d’une manipulation génétique, ne sont pas des organismes génétiquement modifiés (OGM), puisqu’il n’y a pas introduction de gènes nouveaux. De plus, le recours à des hybrides triploïdes est souvent la règle dans de nombreuses filières végétales (agrumes, bananes, céréales…) voire dans les filières animales (truite) afin d’obtenir des produits homogènes et de meilleure qualité. Dès lors que la vente de ces produits ne fait pas l’objet d’un étiquetage spécifique, il semble injustifié de faire une exception pour les huîtres.

Chute de la production

Sauf que depuis l’introduction des animaux de laboratoire dans les élevages, le petit monde de l’huître ne tourne plus rond. De 130 000 tonnes par an, la production d’huîtres est tombée à 80 000 tonnes. En 2008 et 2009, le virus herpès OsHV-1 a frappé massivement les juvéniles (jeunes huîtres de moins d’un an) détruisant jusqu’à 80 % du cheptel de certains parcs ostréicoles. Aujourd’hui encore, les épizooties continuent de sévir dans les élevages. « Dans plusieurs secteurs, les mortalités d’huîtres adultes n’ont jamais été si importantes et touchent indistinctement les diploïdes et les triploïdes », déplore Louis Teyssier, président du comité régional conchylicole (CRC) de Normandie-mer du Nord. De là à rendre responsables du désastre les naissains provenant d’écloserie, il n’y a qu’un pas. L’association Ostréiculteur traditionnel, qui compte 70 adhérents, n’a pas hésité à le franchir à l’automne dernier en assignant l’Ifremer pour « défaut de surveillance sanitaire depuis la commercialisation des huîtres des écloseries ». Les plaignants estiment en effet que l’explosion de la proportion de triploïdes a fragilisé le cheptel et favorisé la dissémination de l’herpès. Le rapport d’expertise judiciaire du professeur J. D. Puyt apporte de l’eau à leur moulin. Il pointe en effet « l’absence de diagnostic médical qui a empêché l’Ifremer de formuler le moindre avis, notamment sur les mesures de prophylaxie à prendre… » Cette expertise constate en outre que le virus sévissait déjà dans les élevages avant l’apparition des triploïdes, et qu’une flambée virale, probablement par mutation, a provoqué les mortalités constatées. Mais les ostréiculteurs ont leur part de responsabilité dans le désastre : la surcharge des bassins ostréicoles par des tonnes de mollusques qui vont et viennent sans contrôle de leur état sanitaire ni de connaissance des productions primaires nourricières (plancton) ont multiplié les risques.

Quid de l’étiquetage obligatoire ?

En attendant l’issue du procès, les ostréiculteurs traditionnels, soutenus par le sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé, reviennent à la charge sur la question de l’étiquetage obligatoire. Interrogé sur ce point le 12 mai dernier par M. Labbé, le secrétaire d’État chargé des transports, de la pêche et de la mer, Alain Vidalies, a pris la défense des triploïdes qu’il juge complémentaires des diploïdes issues d’écloseries ou de captages naturels. Toutefois, il s’est montré favorable à l’affichage des mentions « huîtres issues d’écloserie » (triploïdes ou diploïdes) et « huîtres de captage naturel » (forcément diploïdes). Pas sûr que le consommateur y voie plus clair. Avant de mettre en place un étiquetage franco-français sur les triploïdes, ne vaudrait-il pas mieux commencer par faire respecter la réglementation européenne sur l’origine des produits ? Force est de constater que les gros opérateurs s’en affranchissent ! « Sur un cycle d’élevage de 2 à 3 ans, il suffit d’un mois d’affinage dans les claires de Marennes-Oléron pour que des huîtres élevées en Irlande, en Normandie, et bientôt au Maroc, deviennent charentaises », s’insurge sur son blog Philippe Favrelière, ingénieur agricole et expert en aquaculture. « Il y a donc tromperie, ou du moins manque de transparence vis-à-vis des consommateurs, et concurrence déloyale envers les ostréiculteurs qui continuent à produire une huître locale et qui exploitent et entretiennent les parcs marins des différents "merroirs" sur tout le littoral français. Le problème est là… et pas ailleurs ».
Que Choisir en Ligne
Florence Humbert


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