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PUBLICITE DANS LES LOGICIELS DES PHARMACIENS: L’inquiétante ordonnance de Madame Touraine
Légiférant dans les suites du scandale sanitaire du Médiator, les parlementaires français avaient voulu, dans la loi du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament, s’assurer de la fiabilité et de la qualité des logiciels d’aide à la prescription, pour les médecins, et à la dispensation, pour les pharmaciens.

La pression promotionnelle des laboratoires autorisée jusque dans le cœur des pharmacies

Le projet de décret prévoit en effet d’autoriser « la présence de publicité à caractère informatif et de conseil » dans les logiciels d’aide à la dispensation des pharmaciens. La confusion ici entretenue entre publicité, d’une part, et information et conseil, d’autre part, ne trompera personne : les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas pour habitude d’engager des dépenses de promotion dans un but autre que celui d’accroître leurs ventes. Le gouvernement, conscient par intermittence des effets néfastes de la publicité adressée aux professionnels de santé, interdit d’ailleurs la publicité dans les logiciels d’aide à la prescription des médecins ! Pourquoi faire entrer aujourd’hui le loup de la publicité de l’industrie pharmaceutique dans ce qui devrait rester la bergerie sanitaire des officines ?

Un décret dangereux pour la santé publique, dans un contexte de conseil pharmaceutique déjà insuffisant

La sur-délivrance de médicaments serait ainsi favorisée, confortant la sur-consommation par les usagers et augmentant dramatiquement les risques d’interactions médicamenteuses, déjà responsables de 5 % des hospitalisations. Concrètement, le pharmacien pourrait par exemple se voir « conseillé et informé » sur les médicaments qu’il serait rentable pour lui de dispenser en parallèle d’une prescription d’un médecin… sans que ce dernier ne puisse contrôler la cohérence de l’ensemble, ni même en être informé !
Ce décret viendrait affaiblir davantage encore la qualité du conseil en pharmacie. Indispensable, celui-ci fait aujourd’hui trop souvent défaut, comme une enquête client-mystère menée par l’UFC – Que Choisir en 2012 auprès de 648 pharmacies l’avait montré. Lors de l’achat de deux médicaments incompatibles (aspirine et un médicament contenant de l’ibuprofène), près d’une officine sur deux (48 %) avait manqué à son devoir de conseil.

Le 15 novembre dernier, le Collectif Europe et Médicaments (1) – dont l’UFC – Que Choisir est membre – a alerté sur ces risques, par une lettre ouverte, la Ministre de la Santé, ainsi que la Haute autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cette démarche restée sans réponse à ce jour, l’UFC – Que Choisir en appelle aujourd’hui à la Ministre de la Santé afin qu’elle modifie son projet de décret, pour interdire toute publicité dans les logiciels d’aide à la dispensation des pharmaciens, et ainsi préserver l’indispensable relation de confiance entre l’usager et son pharmacien.



(1) Créé en mars 2002, le Collectif Europe et Médicaments regroupe plus de 60 membres, répartis dans 12 pays de l’UE, dont Prescrire, la Mutualité Française, l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (USPO) ou l’UFC– Que Choisir. Il vise à donner aux citoyens européens des meilleures garanties en termes de qualité, d’efficacité, de sécurité et de prix des médicaments.


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Effets indésirables des médicaments: Déclaration en ligne
C’est une petite révolution. Depuis hier, 7 novembre, les patients peuvent déclarer les effets indésirables d’un médicament entièrement par voie électronique. Il suffit de télécharger un formulaire dédié sur le site Internet de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à l’adresse suivante : www.ansm.sante.fr. Le bandeau de déclaration apparaît en haut de la page d’accueil. On peut remplir le document directement à l’écran, et, donc, le transmettre par e-mail au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) le plus proche. C’est là qu’un pharmacologue prendra les choses en main, et déterminera, après enquête et en fonction des éléments rapportés, si l’effet est bien lié au médicament incriminé.

Il est toujours possible d’envoyer le formulaire par courrier, ce qui était la procédure, un peu fastidieuse, en cours jusqu’à présent.

En facilitant ainsi la déclaration, l’ANSM complète un dispositif qui s’était déjà amélioré il y a deux ans en ouvrant aux patients la possibilité de déclarer directement un effet indésirable, sans nécessairement passer par la case médecin. Les autorités sanitaires espèrent ainsi rendre plus efficace le système de pharmacovigilance, étant entendu qu’elles « ne reçoivent qu’une partie des effets indésirables qui pourraient être déclarés », note l’ANSM. Une plus grande exhaustivité est la condition sine qua non d’une meilleure réactivité et de mesures adaptées.
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Anne-Sophie Stamane


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Ondes électromagnétiques: Réduire l’exposition
Une onde de choc. C'est par ces mots que l'association Agir pour l'environnement a accueilli l'avis sur les radiofréquences rendu jeudi par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset). Il est vrai que, pour la première fois, l'Agence fait état d'effets des radiofréquences, ces ondes électromagnétiques émises notamment par les téléphones portables ou sans fil, les antennes relais, le matériel wi-fi. Deux ans de travail ont été nécessaires aux experts qui ont passé au crible 3 500 publications sur la question."Certaines études incontestables montrent des effets biologiques, a déclaré Martin Guespereau, directeur de l'Afsset. D'autres ne montrent rien. Nous ne sommes pas dans le tout noir ou tout blanc, il y a des éléments dans les deux sens."

On ne peut plus ne rien faire

Les effets biologiques, constatés in vitro, sur l'animal ou plus rarement sur l'homme, sont visibles au niveau de la cellule et les experts ne peuvent pas, dans l'état actuel des connaissances, les traduire en risques de maladies. Pour autant, ils se refusent à les ignorer, d'autant que certaines études épidémiologiques montrent également un risque accru, en cas d'exposition prolongée aux radiofréquences. Sur la population générale, quelques publications évoquent un accroissement des gliomes (un type de tumeur au cerveau) après 10 ans d'utilisation des téléphones mobiles. Chez les professionnels-militaires intervenant sur des radars, par exemple-c'est un excès de lymphomes ou de leucémies qui est constaté par certaines recherches."Est-ce le début de l'émergence d'un signal sanitaire?" s'est interrogé Martin Guespereau. "En tout cas, l'Afsset considère qu'on ne peut plus ne rien faire. Il faut lever les incertitudes, lancer des recherches sans perdre de temps et en se posant les bonnes questions."

Parmi les priorités, les experts estiment qu'il faut développer les études épidémiologiques, en particulier concernant les effets des radiofréquences sur le développement de l'enfant ou sur la reproduction. Surtout, l'Afsset recommande que l'on diminue autant que possible l'exposition des Français à ces ondes. "Quand on dispose de signaux qui montrent un effet et que l'exposition peut être réduite, cette réduction doit être mise en œuvre." estime Martin Guespereau.

Mesurer l'exposition des riverains

Ainsi, les débits d'absorption spécifiques (DAS) des appareils leur puissance d'émission devraient être diminués au maximum (voir les DAS de quelque 200 téléphones). L'Agence estime également que l'obligation de préciser le DAS, que respectent les fabricants de téléphones mobiles, devrait aussi être mise en oeuvre sur les autres appareils tels que téléphones sans fil ou babyphones. Elle propose la mise en place de labels plus intelligibles par les consommateurs pour traduire le niveau de DAS. Autre souhait: que l'efficacité des prétendus dispositifs anti-ondes soit évaluée et portée à la connaissance du public. Faute de quoi, s'est insurgé Martin Guespereau, "c'est la porte ouverte à tous les charlatanismes". Côté antennes, l'avis recommande que l'exposition des riverains soit mesurée beaucoup plus précisément et qu'une cartographie soit établie.«Aujourd'hui, nous disposons de 2 000 mesures par an pour 70 000 antennes. Ces mesures sont opérées au petit bonheur la chance, lorsqu'un citoyen le demande, a regretté Martin Guespereau. C'est un système archaïque, alors qu'on a besoin d'un vrai plan de surveillance. L'idée de multiplier les antennes pour réduire leur puissance est notamment évoquée. Reste au gouvernement à traduire en mesures concrètes ces recommandations.
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Fabienne Maleysson


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Parfums d’intérieur: Bientôt un étiquetage
« Brûler de l’encens, c’est à peu près comme respirer au plus près d’un pot d’échappement », concluait Que Choisir en 2004 à l’issue d’un test aux résultats très alarmants sur des désodorisants et parfums d’intérieur. La mention « peut provoquer le cancer » ou « peut déclencher des allergies » devrait figurer sur la plupart des parfums d’intérieur présents sur le marché, écrivions-nous alors. Il aura fallu attendre neuf ans pour que ça bouge, mais le plan d’actions sur la qualité de l’air intérieur présenté par le ministre de l’Écologie lors des Assises nationales de l’air ces 23 et 24 octobre ne peut que nous réjouir. « Les produits désodorisants les plus polluants, par exemple les encens qui émettent plus de 2 µg/m3 de benzène, seront interdits », et tous les produits de consommation les plus émetteurs en polluants volatils, à savoir les désodorisants d’intérieur et les produits d’entretien, vont faire l’objet d’un étiquetage informatif, comme il en existe déjà un pour les peintures et autres produits de bricolage. En 2010, quand cette nouvelle réglementation avait été annoncée, Que Choisir avait vivement regretté que les parfums d’intérieur et les produits d’entretien, des objets utilisés au quotidien, en soient exclus et qu’ils n’aient pas cette obligation d’étiquetage. Aujourd’hui, elle ne concerne que les peintures, les matériaux de construction et de décoration, c’est très insuffisant. Cette erreur devrait être bientôt réparée, tant mieux.

Des précautions indispensables

En attendant de pouvoir choisir une référence qui ne charge pas l’air intérieur de son logement en polluants nocifs, Que Choisir maintient ses recommandations, faites à l’occasion du dernier test sur les désodorisants d’intérieur. Pour vous convaincre de cette nécessité, lisez les mentions qui figurent en petits caractères au dos des emballages. On y trouve souvent « bien ventiler après usage », et/ou « ne pas respirer les aérosols », « utiliser seulement dans des zones bien ventilées ». Et ça, ce sont les fabricants eux-mêmes qui le disent ! Un comble pour des parfums d’intérieur.

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Élisabeth Chesnais


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Lingettes et laits de toilette: Ne jouez plus avec la peau de bébé !
Comment ne pas s’indigner que des fabricants saturent leurs produits de molécules allergisantes, d’antibactériens ou d’antioxydants, toxiques voir perturbateurs endocriniens, surtout lorsque ceux-ci sont destinés à un public particulièrement vulnérable : nos bébés ? En effet, notre dernier test souligne l’omniprésence de ces composés dans 26 lingettes et 6 laits de toilette grand public.

- 94% des produits testés potentiellement nocifs : Des allergènes ont été retrouvés en quantités significatives dans 12 lingettes et 2 laits de toilettes, avec un record pour les lingettes ‘Eco de Naty’ qui en contiennent 700 fois plus que les concurrents les moins chargés ! Le phénoxyéthanol, un conservateur aux effets toxiques pour le foie et suspectés pour le système reproducteur et le développement, est présent dans pas moins de 14 lingettes (par ex. Mixa, Pampers, Carrefour Baby …) et 3 laits de toilette (par ex. Mixa Bébé). Enfin, 6 lingettes (par ex. Carrefour Baby, Top Budget-Intermarché …) contiennent des parabènes à longue chaîne, conservateurs suspectés d’être des perturbateurs endocriniens interférant avec le système hormonal. Au final, seuls deux produits sur 34 sont exempts des substances recherchées(2) : les lingettes ‘Natural caresse’ de ‘Bébé Cadum’ et le lait de toilette ‘Natessance’.

- Une utilisation induisant une surexposition aux risques : Les lingettes utilisées pour nettoyer les bébés cumulent les facteurs de risque : elles sont appliquées plusieurs fois par jour sur une peau de bébé souvent irritée. Pire, l’absence de rinçage après application a pour effet de prolonger le temps de pénétration. Enfin, les substances contenues risquent d’être d’autant plus nocives que certaines d’entre elles, suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, pourraient agir aux stades précoces du développement de l’enfant.

- Une réglementation qui s’assoit sur le principe de précaution : Compte tenu de ces risques, les experts ont demandé que des limites plus strictes soient appliquées pour les produits destinés aux bébés. S’agissant par exemple du phénoxyéthanol, les experts français(3) recommandent de limiter à 0,4% la concentration dans les produits pour les moins de trois ans et surtout de le bannir dans les produits destinés au siège. Or, si la moitié des produits testés contiennent ce composé à risque, un quart en renferment plus de 0,4%, avec un record de 0,9% pour les lingettes ‘Klorane’(4) . Cette concentration est rendue possible par le laxisme de la réglementation européenne. En effet, ignorant les avis d’experts, celle-ci fixe une valeur maximale à 1% quel que soit l’usage !

- Des étiquetages faussement rassurants : les résultats de nos tests sont d’autant plus alarmants que, dans la jungle des produits en rayon, les parents ne peuvent se fier aux mentions et accroches faussement rassurantes. Ainsi, les mentions du type «hypoallergénique» ou «Testé sous contrôle dermatologique» dont s’affublent les lingettes de ‘Leclerc’ ou ‘Pampers’ sont d’autant plus mal venues qu’elles recèlent des quantités significatives d’allergènes.


Au vu de ces inquiétants résultats, l’UFC-Que Choisir :

Invite les parents à réfléchir à deux fois avant de recourir à ces facilités cosmétiques plutôt qu’à la solution la plus sûre : à l’eau et au savon rincé,
Presse la Commission européenne de renforcer la réglementation pour les produits destinés aux jeunes enfants, et notamment de rendre obligatoires les recommandations exprimées par les experts.
Exige des fabricants qu’ils éliminent ces composés, ce qui est parfaitement possible au vu des deux produits testés qui en sont exempts.



(1) Résultats complets du test réalisé sur 27 lingettes et 7 laits de toilette, dans le Que Choisir n°519 de novembre
(2) Substances recherchées dans le test : propyl et butylparaben, phenoxyethanol, methylisothiazolinone et methylchloroisothiazolinone, ainsi que les vingt-six molécules allergènes dont l’étiquetage est obligatoire selon la réglementation européenne dès 10 ppm (mg/kg) dans les produits non rincés.
(3) Recommandation de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (mai 2012) http://www.ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/0b46fedc079e8bb174a40b7b6f16d04c.pdf
(4) Un produit remplaçant (exempt de phénoxyéthanol) devrait être commercialisé sous peu. Information du fabricant.
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Honoraires des médecins spécialistes en 2013: Les bornes sont dépassées !
Les dépassements ont augmenté deux fois plus vite que l’inflation en 2013.

L’UFC-Que Choisir a relevé, à un an d’intervalle, les tarifs de l’ensemble des médecins de trois spécialités : ophtalmologistes, gynécologues et pédiatres(1) . Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les vifs débats sur la fracture sanitaire de l’automne 2012 n’ont pas dissuadé les spécialistes d’augmenter leurs tarifs ! Ainsi, les dépassements d’honoraires ont cru en moyenne de 1,7% en un an, et même de 7% pour les pédiatres… pour une inflation sur la période de 0,9% seulement. Une consultation chez un spécialiste secteur 2 atteint en 2013 52,10€ en moyenne, et 61,50€ dans les grandes villes, soit plus du double du tarif conventionnel.

1ère cause d’augmentation : 45% des médecins ont relevé leurs tarifs sur un an

Pour identifier les racines de cette dramatique croissance des dépassements, l’UFC-Que Choisir a étudié l’évolution individuelle des tarifs de 5 560 médecins de secteur 2. Sur un an, près des deux-tiers d’entre eux ont modifié leurs prix, dont 45% pour les augmenter (de 2,60€ par consultation en moyenne).


2ème cause d’augmentation : la bombe à retardement des jeunes médecins

La situation est d’autant plus alarmante que les jeunes médecins sont plus souvent en secteur 2 que les retraités qu’ils remplacent (63% contre 44%), et demandent par conséquent un tarif moyen plus élevé (40,50€ contre 38,20€).

De plus, l’impact négatif des jeunes générations est pour l’instant partiellement masqué par le fait que, sans patientèle constituée, leurs dépassements sont certes plus fréquents, mais d’un montant moins élevé. Cela n’aura malheureusement qu’un temps : une fois leur situation assise, ils calqueront leurs tarifs sur ceux de leurs aînés, ce qui alourdira encore la facture pour les usagers.

Contrat d’accès aux soins : la capitulation en rase campagne du gouvernement

Présenté il y a un an par le gouvernement comme la réponse définitive aux dépassements, le Contrat d’accès aux soins sera pourtant loin de la panacée proclamée. Il se contentera en effet de geler les dépassements d’honoraires des seuls médecins volontaires, et ce à un niveau déjà trop élevé. Il ne sera par ailleurs d’aucune utilité pour lutter contre les augmentations futures liées au profil des jeunes médecins. Le tout pour un coût annuel à la charge de la collectivité de 470 millions d’euros par an !
Loin de faire baisser les tarifs, le Contrat d’accès aux soins n’est en réalité qu’une solvabilisation, sur le dos des usagers, des dépassements existants. Ce coupable renoncement à réguler la gabegie des tarifs des médecins aboutit à une capitulation en rase campagne des pouvoirs publics face aux lobbies médicaux.

Dans un contexte où 80% des usagers subissent les dépassements d’honoraires faute d’une alternative existante au tarif de la sécurité sociale(2) , l’UFC-Que Choisir exhorte donc le gouvernement et les parlementaires à se saisir de l’examen prochain du PLFSS pour :

- Initier enfin la redéfinition de la rémunération des médecins, pour aboutir à terme à la disparation des dépassements d’honoraires ;

- Plafonner immédiatement les dépassements d’honoraires à 40% du tarif de la sécurité sociale, ce qui correspond à leur prise en charge médiane par les complémentaires santé ;

- Fermer sans délai l’accès au secteur 2, seule solution pour arrêter l’inexorable recul de l’accès aux médecins spécialistes au tarif de la sécurité sociale.





(1) Tarifs relevés sur le site www.ameli-direct.fr de l’Assurance maladie, en deux vagues (juillet 2012 et juin 2013)

(2) Étude fracture sanitaire UFC-Que Choisir, situation pour les ophtalmologistes et les gynécologues, octobre 2012
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Rapport de la cour des comptes sur la sécurité sociale: Après les constats partagés, l'urgence des réformes structurelles
SURCOUTS DE L’OPTIQUE : UNE REGULATION IMPERATIVE

Avec un prix de vente moyen de 470 € et un budget optique 50 % supérieur à la moyenne européenne, les lunettes sont en France bien trop chères pour beaucoup d’usagers. Comme l’établissait en avril dernier l’UFC – Que Choisir, ces surcoûts proviennent d’abord de l’explosion du nombre de points de vente (+ 47 % ces 12 dernières années), à l’origine d’une sous-activité chronique de ces magasins, qui vendent seulement 2,8 paires de lunettes par jour ouvré en moyenne ! Conséquence : une marge brute des opticiens de 233 %, écrasante pour les consommateurs.

L’absence de régulation du secteur, aujourd’hui dénoncée également par la Cour des Comptes, engendre un surcoût pour le consommateur évalué par l’UFC – Que Choisir à 510 millions d’euros par an. La Cour des Comptes, au-delà d’une réforme a minima concernant le déremboursement des lunettes par l’Assurance maladie, n’en appelle pas moins fortement au développement des réseaux de soins pour réellement faire baisser les prix.

QUALITE DE GESTION DES MUTUELLES ETUDIANTES : LE CONSTAT ACCABLANT

Rejoignant les constats établis dès septembre 2012 par l’UFC – Que Choisir, la Cour des Comptes fustige la calamiteuse qualité de service des mutuelles étudiantes. La principale d’entre elles, la LMDE, ne répond ainsi qu’à 1 appel d’étudiant sur 14, et avait en février dernier 200 000 courriers de réclamations en attente de traitement. Plus grave encore, l’UFC – Que Choisir établissait il y a un an qu’un tiers des étudiants attendaient plus de 3 mois leur carte Vitale, durée pendant laquelle ils ne pouvaient bénéficier ni de remboursements rapides, ni du tiers payant.

Au-delà de ces défauts de gestion, aussi dramatiques pour l’accès aux soins des étudiants soient-ils, la Cour rejoint également l’UFC – Que Choisir pour pointer des problèmes structurels dans la délégation du service public de la sécurité sociale aux mutuelles étudiantes. En premier lieu, un coût pour les finances publiques faramineux : 93 millions d’euros par an pour les seuls frais de gestion (+ 7,2 % depuis 2005 selon le rapport, quand les autres régimes sont soumis à une diète sévère).

Par ailleurs, une illisibilité dramatique du système actuel pour les étudiants, qui pour plus de la moitié d’entre eux(1), ne comprennent pas le rôle des mutuelles étudiantes. Pire, du fait d’un intolérable conflit d’intérêt entre mission de service public et activités commerciales, 37 % des nouveaux inscrits à l’Université ignorent que la souscription d’une complémentaire santé auprès d’une mutuelle étudiante est facultative !

L’UFC – Que Choisir se réjouit de voir la Cour des Comptes, après le Sénat en décembre dernier, refuser le statu quo et envisager une gestion des étudiants par l’Assurance maladie qui, selon son rapport, serait source de 69 millions d’euros d’économies par an et d’une meilleure qualité de service pour les étudiants.

APPORTER ENFIN DES REPONSES DURABLES

Dans le prolongement de ses appels restés sans réponse, l’UFC – Que Choisir exhorte aujourd’hui les Parlementaires à se saisir du prochain projet de loi de financement de la Sécurité Sociale et des autres textes en cours d’examen(2) pour enfin :

Permettre le développement des réseaux de soins en optique ;
Mettre fin à la coûteuse exception de la gestion par les mutuelles étudiantes de la Sécurité Sociale.



(1) Enquête en ligne menée à l'été 2012 par l'UFC-Que Choisir auprès de 837 étudiants

(2) Notamment la proposition de loi visant à permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soins
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Santé animale: Tour de cochon de Pfizer
Vous n’avez aucun avis sur une question ? Demandez au laboratoire Pfizer, il vous expliquera ce que vous pensez. Le géant mondial de la pharmacie publie dans l’hebdomadaire de la grande distribution LSA de début septembre 2013 une publicité à première vue étonnante, puisqu’elle concerne la castration des porcelets. L’annonce pleine page émane plus précisément de Pfizer Santé animale. Elle détaille les résultats d’un sondage mené en janvier 2012 auprès de 1 010 consommateurs. À une écrasante majorité (86 %), ces derniers ignorent que les cochons sont castrés. C’est pourtant le cas. Pratiquée de tout temps, cette intervention vise à prévenir l’apparition d’une odeur désagréable provoquée par les hormones mâles. Le premier réflexe des sondés est de désapprouver. 75 % aimeraient que leur supermarché trouve une alternative. Le contraire aurait été étonnant. La castration n’évoque rien d’agréable. Intervenant au septième jour, elle est douloureuse pour les porcelets et pénible d’une autre manière pour les éleveurs, qui n’aiment pas faire souffrir leurs animaux.
Immunocastration

Heureusement, il y a Pfizer Santé animale. Le laboratoire promeut une alternative. Pudiquement baptisée « vaccin », elle s’apparente à une castration chimique. Une piqûre dans les premiers âges, et les testicules du porcelet s’atrophient. La prudence est de mise pour les opérateurs, car le produit aurait le même effet sur eux ! Pfizer fournit par ailleurs des études montrant que l’immunocastration ne laisse pas de trace dans la viande et qu’elle est sans danger pour les consommateurs. L’autorisation de mise sur le marché européenne a été accordée en 2009. Son nom commercial : Improvac.

Interrogés par Que Choisir en août 2012, les représentants de la filière porcine française sont hostiles à Improvac. Échaudés par différents scandales alimentaires, ils craignent un amalgame ou un malentendu dans l’opinion. La filière porcine, réputée productiviste et peu soucieuse d’écologie, ne veut pas d’un traitement chimique de plus et elle le dit clairement. C’est assez rare pour être souligné.
Marché lucratif

Que fait Pfizer Santé animale ? Il tente de mettre la filière porcine sous pression en passant par les grandes surfaces. « 91 % des consommateurs trouvent que la vaccination pour réduire l’odeur de verrat est une solution intéressante », claironne sa publicité. « 84 % des consommateurs conseilleraient à leur supermarché de s’approvisionner en porcs vaccinés plutôt que castrés ». Etc.

Les consommateurs n’ont en réalité aucun avis et Pfizer le sait. Mais il est apparemment difficile de renoncer à un aussi beau marché. 125 millions de porcs mâles sont abattus chaque année en Europe. Quels auraient été les résultats de l’enquête si « vaccin » avait été remplacé par « castration chimique » ? Ou « castration chimique » par « injection d’un produit dont la manipulation, formellement déconseillée aux femmes enceintes, doit s’entourer de sérieuses précautions » ?
Que Choisir en Ligne
Erwan Seznec


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Cigarette électronique: Un site fumeux
Il fallait s’y attendre : après la multiplication des boutiques proposant la vente de cigarettes électroniques, le canal Internet ne pouvait pas rester à l’écart. Et certains sites savent exploiter habilement le filon.
Le dernier exemple en date, pointé du doigt par le Réseau Anti-Arnaques, dont fait partie l’UFC-Que Choisir, est le site clearsmoke.eu.

Le site en question propose un kit de démarrage « gratuit », composé de 2 batteries rechargeables, 4 recharges haute capacité, un chargeur mural et un câble USB de chargement. La valeur annoncée de ce kit est de 79,95 €, mais, gratuité annoncée oblige, seuls les « frais de préparation et de livraison » sont à la charge du client, soit un montant de 9,95 €.

Mais c’est là que le piège se referme : une période d’essai de 20 jours s’ouvre automatiquement. Sauf annulation pendant ce délai – et retour du kit à une adresse spécifique – un forfait de 79,95 € sera perçu grâce au numéro de carte bancaire que le particulier aura communiqué pour régler les frais de port. De plus, le client deviendra abonné au programme de recharges au coût mensuel de 34,50 €.

Clearsmoke prétend libérer le fumeur du tabac mais il l’emprisonne dans un contrat pour le moins fumeux.
Que Choisir en Ligne
Jean-Paul Geai


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Cigarette électronique: Tag Replay interdit en pharmacie
L’inhalateur électronique Tag Replay ressemble à une cigarette électronique, produit de la vapeur comme une cigarette électronique, peut contenir de la nicotine comme une cigarette électronique, et… c’est une cigarette électronique ! Contrairement à ce que prétend son fabricant, ce n’est pas un dispositif médical, fût-il de « sevrage de la gestuelle tabagique ». Il n’a donc rien à faire en pharmacie, où il est pourtant vendu depuis le début de sa commercialisation, en mars 2013.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) est en charge du dossier, et a fait savoir à plusieurs reprises à Visiomed, qui vend Tag Replay, que son produit ne relevait pas du dispositif médical. Deux courriers lui ont été adressés afin qu’il retire la mention litigieuse de l’emballage, ainsi que le marquage CE qui l’accompagne. « Il s’agit de publicité mensongère », nous a-t-on affirmé à l’ANSM. Pour le moment, Visiomed fait la sourde oreille. On trouve encore le Tag Replay en pharmacie, notamment dans les officines en ligne. Nous avons interrogé Éric Sebban, le dirigeant de Visiomed, pour connaître son point de vue. Nous attendons toujours ses réponses.

La dénomination « dispositif médical » a sans doute donné à Tag Replay un vernis médical, que de nombreux pharmaciens ont pris pour argent comptant, sans prendre le temps de vérifier s’ils pouvaient vendre ce produit. Le conseil de l’Ordre des pharmaciens a dû rappeler dans son journal avant l’été que les cigarettes électroniques n’avaient pas droit de cité dans les officines. Elles ne figurent pas sur la liste règlementaire des produits autorisés à la vente. D’autres marques sont disponibles également en pharmacie, comme EdSylver ou Neo : c’est tout aussi illégal.

Autre élément à charge contre Tag Replay : notre test de cigarettes électroniques a montré que l’une des recharges, à 2,4 % de nicotine, en contenait 13,1 mg, ce qui est supérieur au taux de 10 mg autorisé. Une telle teneur place le produit sous la législation du médicament. Ce n’est donc pas une certification comme dispositif médical qu’il lui faut, mais une autorisation de mise sur le marché !
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Anne-Sophie Stamane


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