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Santé: Une nouvelle institution est née
Les graves défaillances de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) mises au jour par le scandale du Mediator lui ont valu son arrêt de mort. Depuis mardi dernier, elle est remplacée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Le changement de nom s’accompagne de nouveaux pouvoirs et de moyens financiers accrus. En cas de besoin, l’ANSM pourra notamment contraindre les laboratoires à de nouveaux essais, si nécessaire contre un médicament concurrent. Malheureusement, cette comparaison avec les molécules existantes ne sera possible qu’après la commercialisation d’un produit. Elle ne sera pas requise pour décrocher l’autorisation de mise sur le marché (AMM). C’est dommage. Une telle mesure était la clé pour tarir à la source le flot de médicaments n’apportant aucune amélioration thérapeutique.

Quant au fonctionnement de l’ANSM, il est soumis à de nouvelles règles, censées favoriser l’indépendance des décisions et leur transparence. Les représentants de l’industrie sont désormais persona non grata à la commission d’autorisation de mise sur le marché. Et les experts travaillant au sein des commissions de l’ANSM sont tenus de déclarer leurs liens avec les laboratoires. En réalité, c’était déjà le cas avant la nouvelle loi, et sur ce point, on voit mal ce qui change vraiment, si ce n’est qu’un comité de déontologie de l’expertise a été mis en place en interne. Mais son influence réelle reste à vérifier. Pour placer les travaux de l’ANSM au-dessus de tout soupçon, une totale indépendance des experts aurait été de loin préférable. Les parlementaires ont renoncé face à une option à leurs yeux trop radicale. Ils ont privilégié la transparence, puisque le compte-rendu des commissions sera désormais mis à la disposition du grand public. On pourra donc connaître la teneur des débats entre experts, jusqu’ici soigneusement protégés des regards.
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Anne-Sophie Stamane


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Automédication: La libéralisation comme antidote
« Ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on fait baisser la fièvre… » Voilà ce que j’avais répondu aux journalistes soucieux de prendre le pouls de l’UFC-Que Choisir au lendemain de l’annulation d’une enquête de terrain dont le protocole, hélas, éventé, avait circulé entre des pharmaciens ulcérés à la ­perspective de faire une croix... sur une discrétion bien préservée de leur activité. Grâce à la détermination de nos associations locales, une nouvelle enquête a pu être menée. À l’arrivée, le diagnostic est sans appel : l’automédication française est malade d’une distribution malsaine des médicaments et de prix fébriles. Loin d’être saisonnière, cette maladie semble chronique puisqu’un constat similaire avait déjà été fait en 2009, les pharmaciens promettant alors de mieux soigner leur clientèle… Promesse placebo ! L’enjeu pour les consommateurs est pourtant loin d’être bénin, tant du point de vue ­sanitaire – pas de prescription, donc pas de conseil du médecin – que financier. L’automédication représente en effet un tiers des dépenses de médicaments des Français et 12 % de leurs frais de santé, soit 2,1 milliards d’euros ! Contre de tels maux, l’UFC-Que Choisir propose un ­antidote : une libéralisation, strictement encadrée, de la vente des médicaments délivrés sans ordonnance. En effet, le ­monopole dont bénéficient (encore) les pharmacies françaises sur ces médicaments est une exception européenne aux ­résultats peu probants. Les exemples étrangers, notamment les plus récents comme celui de l’Italie, soulignent la ­pertinence d’une libéralisation encadrée de la distribution des médicaments sans ordonnance. Elle se traduit par leur mise à disposition en parapharmacies et dans des espaces dédiés en grandes surfaces avec présence impérative d’un pharmacien pour préserver le conseil de l’expert. Une telle mesure engendrerait pour les consommateurs une économie pouvant atteindre 16 % des dépenses de médicaments non remboursés, soit 270 millions d’euros… Et ce, sans affecter la bonne santé financière des pharmacies. L’UFC-Que Choisir a fait des comptes d’apothicaire : la libéralisation entraînerait une baisse des marges des pharmacies de 5 % au maximum et ne réduirait pas leur ­réseau. En revanche, elle permettrait ­d’accroître de 10 % le nombre de points de vente des médicaments sans ordonnance. Alliée à un meilleur encadrement de la publicité relative à l’automédication et à un renforcement de l’information ­directe des consommateurs sur les effets des médicaments dès l’emballage, la ­libéralisation aboutirait à une automédication plus responsable et moins chère. Le remède au mal dont souffre l’auto­médication est connu, reste à connaître la volonté des politiques de le prescrire !
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Alain Bazot


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Honoraires médicaux Les dépassements abusifs épinglés
Alors que le gouvernement pousse à la création d’un secteur tarifaire dit « optionnel » où les dépassements d’honoraires des médecins seraient plafonnés (lire encadré), l’assurance maladie vient d’épingler 249 praticiens en secteur 2, c’est-à-dire à honoraires libres, pour des pratiques tarifaires abusives. Après avoir examiné pour la première fois le comportement de tous les médecins de secteur 2, elle reproche à 249 d’entre eux de ne pas fixer leurs honoraires « avec tact et mesure » selon le code de déontologie. Plus de la moitié de ces praticiens sont des spécialistes, dont une majorité de gynécologues-obstétriciens, et 79 médecins dits à exercice particulier (acupuncteurs, homéopathes…). La Cnam épingle aussi 28 médecins hospitaliers qui exercent une activité libérale à l’hôpital public. À tous, elle leur a adressé un courrier leur demandant des explications sur leur comportement. Selon leur réponse, elle décidera ou non de signaler leurs pratiques abusives à leur conseil départemental de l’ordre des médecins, seul habilité à les sanctionner. Devant la mansuétude habituelle de l’ordre, l’assurance maladie souhaite pouvoir à l’avenir sanctionner directement de tels abus.

En attendant, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, demande à la Caisse nationale d’assurance maladie et au Conseil de l’ordre des médecins de se réunir en commission départementale pour mettre fin à ces abus, en particulier dans les hôpitaux publics. Une prothèse de hanche, par exemple, peut être facturée dix fois le prix remboursé par la Sécurité sociale. En 2010, le montant total des dépassements d’honoraires pratiqués par les médecins, en ville et à l’hôpital, avait atteint 2,5 milliards d’euros.
Mauvaise option

En discussion depuis 2004, le secteur optionnel défendu par le ministre de la Santé est à mi-chemin entre le secteur 1 où les médecins appliquent les tarifs de la Sécurité sociale, et le secteur 2, où les honoraires sont libres. Les praticiens qui rejoindront ce nouveau secteur s'engagent à pratiquer au moins 30 % de leurs actes au tarif conventionné et à limiter leurs dépassements d'honoraires à 50 % de ce tarif sur le reste de leur activité. En échange, l’assurance maladie devrait prendre en charge une partie de leurs cotisations et les complémentaires santé s'engager à rembourser ces dépassements à leurs clients. Dans un premier temps, cet accord ne concernera que les chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens.

Il n'est pas sûr que le projet gouvernemental soit le meilleur moyen de juguler l'emballement des tarifs médicaux. D'ores et déjà, la Mutualité française, qui compte quelque 18 millions d'adhérents, s'est dite opposée à un tel accord qui, selon son président Etienne Caniard, « n'apporte en rien une amélioration durable à l'accès aux soins ». C’est aussi l’avis de l’UFC-Que Choisir. À l'inverse du but recherché, ce nouveau secteur ne risque-t-il pas d'institutionnaliser purement et simplement les dépassements d'honoraires ? Ne risque-t-il pas en effet de créer un effet d'aubaine, encourageant les médecins jusqu'ici en secteur 1 à rejoindre le secteur optionnel pour améliorer leurs revenus, sans que ceux déjà en honoraires libres reviennent à des dépassements plus raisonnables ? Au final, pour l'usager, ce serait un nouveau renchérissement du coût de la santé. La mise en œuvre du secteur optionnel se traduirait automatiquement par une nouvelle augmentation des cotisations aux complémentaires santé.
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Jean-Paul Geai


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Environnement et santé: Moins d’argent pour la recherche
Effets des champs électromagnétiques, mécanismes d’action du bisphénol A, toxicité des pesticides, allergie aux produits chimiques, faibles doses de molécules environnementales dans la progression du cancer du sein… Autant de projets financés en 2011 par l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre du programme « contaminants et environnement ». Un thème on ne peut plus d’actualité : il ne se passe guère de mois sans alerte sur les effets nocifs de tel ou tel composé et les facteurs environnementaux au sens large sont connus ou fortement soupçonnés de participer à la genèse de diverses pathologies (cancers, maladies dégénératives, allergies, etc.). Autant dire que le gel des crédits de l’ANR sur cette thématique pour 2012 a de quoi surprendre. Surtout si on se réfère au Plan environnement santé 2009-2013 qui prévoit « d’afficher clairement le domaine santé environnement travail dans les politiques scientifiques des différents opérateurs de recherche et de renforcer les moyens humains et financiers. »
Colère des chercheurs

La décision n’a pas manqué de susciter la colère des chercheurs. Certains d’entre eux ont lancé une pétition pour exiger le rétablissement des financements (1). « Les recherches qui suivent des populations humaines ou animales, cela ne peut pas se faire en pointillé », s’insurge Bernard Jégou, directeur de l’Institut de recherche santé, environnement et travail. « Il y a une crise des vocations scientifiques et un manque criant de toxicologues en France, ce n’est pas avec ce genre de décisions que les choses vont s’arranger. » Certes, l’heure est aux économies sur l’argent public mais, font remarquer les signataires de la pétition, « chaque euro investi dans la recherche en santé environnementale est susceptible d’être remboursé plusieurs fois par une limitation des coûts de remédiation des atteintes environnementales […], une diminution du fardeau de maladies dû aux facteurs environnementaux et le développement de l’innovation. »

Du côté de l’ANR, on se veut rassurant : « les crédits portant sur le thème “contaminants et environnement” ont été suspendus en 2012, ils seront donc prioritaires en 2013 », veut croire Maurice Héral, responsable du département environnement et ressources biologiques de l’agence. « Par ailleurs, la moitié de nos financements de recherche va à ce que nous appelons le programme blanc, c'est-à-dire des études qui portent sur n’importe quel thème. Certaines équipes qui travaillent sur la thématique “contaminants et environnement” ont postulé dans ce cadre. »
Au détriment de la santé publique

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas l’ANR elle-même mais le ministère de la Recherche qui a coupé les crédits. Une décision incompréhensible dont le ministère n’a pas souhaité nous expliquer les raisons. « Faire des économies sur ces programmes est absurde, s’insurge Bernard Jégou, l’ANR finance pour 600 millions d’euros de projets par an et cette thématique n’a coûté que 8 millions en 2011. » Des économies de bouts de chandelle pour quel motif ? Les recherches sur les effets nocifs de certaines molécules sont vues d’un mauvais œil par l’industrie : elles peuvent aboutir à des réglementations restrictives qui entravent la bonne marche des affaires. Le ministère aurait-il pris en compte cet argument au détriment de la santé publique ? Il est vrai qu’en période de crise, la menace d’un commerce moins florissant pèse davantage. En Espagne, la recherche est désormais administrée par le ministère de… l’Économie et de la compétitivité.

(1) http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=ANRCESA
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Fabienne Maleysson


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Sécurité sociale; Mesures d’économie
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012 a enfin été votée mardi 29 novembre. Plusieurs des mesures d’économie décidées par les parlementaires dans un contexte de forte restriction budgétaire concernent directement les familles et les patients.
Assurance maladie : dépassements d’honoraires encadrés ?

La polémique sur les arrêts maladie dans le secteur privé se solde en définitive non par l’instauration d’un 4e jour de carence, mais par la baisse du plafond d’indemnisation. À partir du 1er janvier prochain, c’est à partir de 2 457 € bruts, contre 2 946 € aujourd’hui, que le salaire ne sera plus compensé par l’Assurance maladie. Sachant que l’indemnisation est calculée sur la base de 50 % de la rémunération brute, l’Assurance maladie versera donc au maximum 1 229 € par mois, soit 250 € de moins qu’actuellement. Par ailleurs, un jour de carence est instauré dans la fonction publique, ainsi que pour les régimes spéciaux qui y échappaient encore.

Du côté des tarifs médicaux, la donne pourrait changer d’ici à la mi-mars. En effet, si un mois après l’entrée en vigueur de la loi de financement de la Sécurité sociale, syndicats de médecins et Assurance maladie n’ont pas réussi à se mettre d’accord pour proposer aux chirurgiens, obstétriciens ou anesthésistes-réanimateurs pratiquant actuellement des dépassements d’honoraires un encadrement de leurs tarifs, alors le gouvernement aura deux mois pour proposer un nouveau système à ces spécialistes. Facultatif, il reposerait, pour les médecins adhérents, sur une limitation des dépassements d’honoraires à 50 % du tarif « sécu ».

Le texte établit aussi que, pour bénéficier de l’aide à la complémentaire santé, le revenu maximum sera celui de la CMU majoré de 35 %, et non plus de 30 %, ce qui devrait permettre à davantage de personnes d’en bénéficier.
Prestations familiales : revalorisation limitée

La hausse des allocations familiales ainsi que des allocations logement interviendra non pas le 1er janvier, mais le 1er avril. Elle sera égale à la prévision de croissance, soit 1 %, et non à l’inflation (1,7 %).
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Anne-Sophie Stamane


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Jouets: Menaces sur la sécurité des enfants
La révision de la Directive ­européenne sur les jouets en 2009 n’a pas eu raison de tous les risques liés aux ­doudous et autres joujoux de nos enfants. Si elle comporte des avancées (vérification renforcée de la conformité des jouets aux marquages CE, limitation des substances cancérogènes ou toxiques), elle reste ­encore trop laxiste s’agissant de la toxicité des jouets, notamment ceux destinés aux très jeunes enfants. En effet, si l’absence de phtalates, formaldéhyde et ­colorants azoïques dans les 30 jouets que nous avons testés est plutôt satisfaisante, en revanche, l’UFC-Que Choisir s’inquiète de la présence importante de substituts aux phtalates, autant de substances qui n’ont fait l’objet d’aucune évaluation toxicologique officielle. De même, comment ne pas s’alarmer de la présence dans près de la moitié des jouets testés de HAP, ces dérivés pétroliers classés cancérogènes probables ou possibles par l’Agence américaine de l’environnement et l’Union européenne, ou encore de ­nitrosamines, également cancérogènes probables ou possibles selon le Centre ­international de recherche sur le cancer (CIRC). Alors que les enfants de moins de trois ans sont particulièrement ­vulnérables à la toxicité des produits, il est inadmissible que toutes les substances chimiques présentes dans les jouets ne soient pas évaluées sur le plan ­toxicologique, afin de garantir leur ­innocuité, et que des substances ­cancérogènes probables ou possibles soient admises. L’Allemagne a décidé de renforcer sa réglementation sur les jouets. Outre-Rhin, la législation interdisant la présence de nitrosamines dans les tétines et les sucettes a été étendue aux jouets premier âge ; et Berlin a demandé aux ­institutions européennes la possibilité d’interdire les HAP classés cancérogènes certains ou probables par l’Union ­européenne dans les produits de ­consommation, et donc les jouets. Face au laxisme de la réglementation ­européenne, qu’attend la France pour faire de même ? Pour obtenir un ­renforcement de la réglementation, l’UFC-Que Choisir a saisi l’Agence ­nationale de sécurité sanitaire (Anses) aux fins de procéder à une évaluation toxicologique des deux substituts aux phtalates trouvés dans les jouets ­testés et non encore évalués. Et nous ­demandons aux pouvoirs publics, ­nationaux et européens, de renforcer la réglementation relative à la toxicité des jouets en vue d’interdire la présence des HAP classés cancérogènes certains, probables et possibles ainsi que les ­nitrosamines… On ne doit pas jouer avec la sécurité de nos enfants.
Bonnes fêtes de fin d’année à tous.
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A Bazot


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Bracelet magnétique: Power Balance tombe de haut
Après avoir fait souffler un vent de folie dans le petit monde du sport, le phénomène Power Balance vient de retomber brutalement. Incapable devant la justice américaine de démontrer la réalité des arguments qu’elle avance, l’entreprise Power Balance devra débourser pas moins de 57 millions de dollars pour indemniser les clients qui s’estiment lésés, parmi lesquels de nombreux anonymes (qui pourront obtenir le remboursement de leur achat), mais aussi quelques célébrités (dont le basketteur de l’équipe des Lakers Kobe Bryant, qui réclame 400 000 dollars) et des clubs sportifs (l’équipe de basket de Sacramento demande 100 000 dollars).

Vendu aux alentours de 40 €, le bracelet Power Balance était censé, grâce à la présence d’un hologramme, améliorer la puissance, la souplesse et l’équilibre de ceux qui le portent. Pendant des mois, les plus grands sportifs du monde en ont fait l’éloge, des vidéos censées montrer son efficacité faisaient le buzz sur Internet et les fabricants n’hésitaient pas à faire planer le mystère sur leur « secret de fabrication » bien gardé. Malgré les doutes de certains spécialistes et la multiplication des études démontrant son inefficacité, le Power Balance s’est écoulé à plusieurs millions d’exemplaires à travers le monde.
Pas d’action de groupe en France

Si les clients américains ont la possibilité d’être remboursés, ce n’est pas le cas des Français. Cette condamnation est en effet le résultat d’une « class action » (ou action de groupe), une procédure judiciaire qui permet de regrouper en une seule action les plaintes de toutes les victimes d’un même professionnel. En France, malgré les demandes répétées de l’UFC-Que Choisir, l’action de groupe n’existe pas. S’ils souhaitent obtenir le remboursement de leur bracelet, les consommateurs français n’ont d’autre choix que de lancer chacun de leur côté une procédure pour publicité mensongère. Procédure longue, compliquée et sans garantie de résultat. Autant dire qu’en France, Power Balance peut dormir sur ses deux oreilles.
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Cyril Brosset


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Médicaments: Déremboursements en série
La saga des médicaments déremboursés se poursuit. Après le Protelos (ranélate de strontium), qui ne sera plus pris en charge qu’à hauteur de 30 % par l’assurance maladie à compter du 1er janvier 2012, c’est au tour du Multaq (dronédarone) d’être déclassé. Cet antiarythmique commercialisé par Sanofi-Aventis ne sera carrément plus remboursé du tout dès le 1er décembre prochain.
Et il était temps. Car ce médicament ne présente, par rapport aux molécules existantes, notamment l’amiodarone, aucun intérêt supplémentaire dans le traitement des troubles du rythme cardiaque. En plus, il serait à l’origine de graves effets secondaires pouvant aller jusqu’à la transplantation hépatique. Dans un premier temps, et malgré l’évidence, le faible intérêt du Multaq n’avait pas franchement sauté aux yeux de la Haute Autorité de santé (HAS), qui lui avait reconnu un service médical rendu « important ». Avis sur lequel s’était appuyée l’assurance maladie pour, dans la foulée, l’admettre au taux de remboursement maximum, soit 65 %. Une bénédiction pour Sanofi-Aventis, d’autant qu’un mois de traitement est facturé plus de 80 €, contre moins de 10 € pour l’amiodarone, tombée dans le domaine public.
Heureusement, le Multaq a fait l’objet d’une réévaluation cet été et ses caractéristiques ont été cette fois regardées de plus près. La Commission de la transparence a logiquement conclu à un service médical rendu insuffisant, ce qui justifie aujourd’hui le déremboursement.

La même démarche s’est appliquée au cas de l’Actos (pioglitazone), à quelques semaines près. L’antidiabétique est passé d’un service médical rendu important à insuffisant. La molécule n’est actuellement plus disponible, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ayant suspendu sa commercialisation en raison d’un risque accru de cancer de la vessie. Mais l’Agence européenne du médicament (EMA), dont les avis priment sur ceux de l’Afssaps, devrait prochainement décider de le remettre sur le marché. Le dé rembourser constitue une façon de limiter, par avance, sa prescription.
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Anne-Sophie Stamane


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Sécurité sanitaire de l'héparine: L’UFC-Que Choisir veut en avoir le cœur net !
L’héparine est un médicament anticoagulant, largement utilisé en France (34 millions de doses administrées en 2009), et produit à partir de muqueuse intestinale de porc. L’héparine peut techniquement être issue de bœuf ou de mouton, mais ce mode de production a été interdit. Il fait effectivement courir le risque d’une transmission de l’Encéphalopathie Spongiforme Bovine (ESB), aussi appelée maladie de la « vache folle », si l’animal en était atteint.

Les besoins des pays occidentaux excédant largement leur production, la moitié de l’héparine consommée dans le monde provient aujourd’hui de Chine, ce qui n’est pas sans conséquence quand on connaît les lourds antécédents de la filière chinoise de l’héparine ! Ce médicament a en effet accédé à une triste notoriété en 2008, lorsque la consommation, par des patients américains et allemands, de produits frelatés importés de Chine avait causé la mort de 80 personnes.

A la suite à cette crise, les règles sanitaires américaines ont été drastiquement durcies. On peut s’étonner de la persistance d’une législation plus souple en Europe, qui autorise par exemple dans sa pharmacopée le recours à l’héparine de bœuf. Si les Autorisations de mise sur le marché (AMM) aujourd’hui accordées en France ne concernent que le porc, il est inquiétant de constater qu’une voie est ouverte à des pratiques contraires à la sécurité des patients.

En France, les tests pratiqués sur l’héparine importée depuis la Chine cherchent à s’assurer, d’une part de sa pureté, et d’autre part de son origine exclusivement porcine. Les autorités sanitaires considèrent ces procédures de contrôles comme entièrement fiables.

Ce n’est pas l’avis de certains scientifiques*(1), qui pointent le manque de précision des tests actuellement à l’œuvre, pour garantir l’origine d’espèce de l’héparine consommée en France. Des fraudeurs pourraient mélanger de l’héparine de bœuf à de l’héparine de porc, sans que cette manipulation ne soit détectable. Dès lors, les consommateurs pourraient être exposés à un risque de contamination par le prion de la « vache folle ».

Face à cette alerte, l’UFC–Que Choisir saisit aujourd’hui Xavier Bertrand, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, pour obtenir des garanties sur la sécurité sanitaire de l’héparine. L’UFC–Que Choisir demande ainsi que soit diligentée une mission d’audit, pour éclairer les consommateurs sur les questions suivantes :

Quelle réponse indépendante apporter à la controverse scientifique sur l’efficacité des procédures de contrôle de l’origine d’espèce de l’héparine administrée en France ?
Dans quelles conditions pourrait-être envisagé le développement des alternatives de synthèse à l’héparine porcine ?
Selon quels critères et dans quelles conditions de transparence s’effectue l’arbitrage entre sécurité sanitaire et continuité des approvisionnements en héparine ?

*(1) Notamment le docteur Didier LEVIEUX, directeur de recherches honoraire à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA)

Retrouvez l'étude et des propositions de l'UFC-Que Choisir sur "Agir au niveau international pour garantir la sécurité sanitaire de l'héparine" en cliquant ci-dessous.


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