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Lait bébé contaminé: Un filet de contrôles aux mailles bien trop larges
Encore une affaire qui questionne la capacité de l’agro-industrie à maîtriser les risques sanitaires ! Mission à laquelle le leader mondial des produits laitiers a failli, de l’avis du ministre de l’Économie Bruno Le Maire qui, après avoir ordonné le retrait de plus de 700 lots de laits infantiles fin décembre, annonçait, lapidaire, le 11 janvier, que « l’État s’est substitué à une entreprise défaillante, seule responsable de la qualité des produits mis sur le marché ». Les mesures prises par l’entreprise n’étant pas de nature à maîtriser le risque de contamination de produits destinés à l’alimentation d’enfants en bas âge, la question de l’efficacité des plans d’autocontrôles se pose donc plus que jamais !


Des signaux d’alerte que personne ne voit



Selon le porte-parole de Lactalis, Michel Nallet, la contamination serait en effet survenue sur l'une des deux tours de séchage de l'usine de Craon dans la période du 1er au 6 mai 2017, « probablement suite à une opération de maintenance sur la ligne de production ». « Les tours de séchage sont des milieux très sensibles où la moindre trace d’humidité favorise les contaminations, confirme à Que Choisir, sous couvert d’anonymat, une auditrice en hygiène alimentaire. Le dépôt d’un biofilm dans un tuyau, un bouchon dans un coude ou une simple peinture qui s’écaille peut y devenir une zone de rétention de bactéries. Or, dans l’agro-industrie il n’existe pas réellement de plan de contrôle obligeant à certifier les interventions comme c’est notamment le cas dans l’aéronautique. »

Trois mois plus tard, des prélèvements internes au site de Craon s'étaient avérés positifs aux salmonelles. Des traces retrouvées sur les sols et non sur les laits ou le matériel en contact avec ces derniers, précise Lactalis. Qui affirme n’avoir fait le lien entre ces deux événements « par faisceau de présomption » qu’au moment où les cas de salmonelloses se sont déclarés chez les nourrissons. Mais, surtout, l’industriel se défend en arguant avoir respecté la procédure. Une inspection des services vétérinaires (Direction départementale de cohésion sociale et de la protection des populations, DDCSPP) réalisée en septembre avait ainsi rendu un avis positif sur l’usine en ayant pourtant connaissance de ces fameux tests positifs à la salmonelle.

Regrettable mais vrai, nous confirme l’experte : « Le rôle de la DDCSPP est de contrôler les autocontrôles mais ils n’expertisent pas les plans mis en place par les usines et n’ont pas pour mission de faire eux-mêmes des analyses. Ces inspections s’assimilent souvent à des visites de courtoisie ». Concrètement, si l’environnement et non le produit est contaminé par la salmonelle, la décision d’arrêter ou non la ligne de production est interne à l’usine qui n’a pas d’obligation d’en informer les pouvoirs publics. « Une analyse positive aurait dû les alerter et augmenter le plan de contrôle mais, visiblement, ils n’ont pas été assez vigilants et la bactérie est passée entre les trous de la raquette », conclut-elle. Lactalis va désormais devoir répondre devant la justice de ces défaillances afin que la lumière soit faite sur ce nouveau scandale sanitaire.

Lactalis, pharmaciens et distributeurs dans le collimateur des parents



« On a l’impression dans cette affaire d’être dans un no man’s land réglementaire. L’impunité semble être totale. On vend des produits rappelés sans être inquiétés, on produit de l’alimentation infantile sans contrôles efficaces. […] Il faut que cela cesse ! », s’insurge Quentin Guillemain, président de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS). Après avoir porté plainte contre Lactalis, il annonce vouloir attaquer l’enseigne Leclerc qui reconnaissait, le 9 janvier, avoir vendu des produits Lactalis contaminés malgré le rappel général du 21 décembre.

Ce père d’une petite fille de deux mois déplore également le manque d’information des parents, notamment de la part des professionnels de santé. Un sentiment partagé par Natasha, mère d’une petite fille de 2 ans atteinte d’une insuffisance rénale prenant quotidiennement de la maltodextridine, une poudre nutritive produite à Craon. « À aucun moment, ni mon pharmacien ni le néphropédiatre pourtant prescripteur de cet aliment diététique, ne nous ont informé du retrait des lots, or les boîtes que prenait ma fille faisaient bien partie des lots potentiellement contaminés. » Les professionnels de santé étaient-ils informés ? Contacté par nos soins, l’ordre des pharmaciens précise avoir envoyé différentes alertes, au gré des retraits, via le « dossier pharmaceutique », un logiciel que possède 99 % des officines françaises. Visiblement, dans certaines pharmacies, les alertes de l’ordre semblent rester lettre morte…

Certains produits incriminés toujours dans les rayons



Malgré 2 500 contrôles effectués par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) depuis le 26 décembre, c’est une consommatrice vigilante qui, la première, a lancé publiquement l’alerte : certains lots de laits infantiles, censés être retirés depuis mi-décembre, étaient toujours en rayon dans des magasins Leclerc le 9 janvier. Une affaire qui fait boule de neige, les distributeurs reconnaissant les uns après les autres avoir pu laisser passer des produits à risque. Deux jours après cette nouvelle crise, la DGCCRF, à qui incombe d’encadrer la bonne marche des retraits, annonçait les résultats de ses inspections : 91 établissements épinglés, soit 30 grandes surfaces, 44 pharmacies, 3 grossistes, 12 hôpitaux et 2 crèches !

Dans une allocution le 11 janvier, le ministre de l’Économie a déclaré qu’à l’avenir, un contrôle électronique systématique en caisse, en supermarchés, permettra de garantir qu’aucune boîte de lait infantile produite par Lactalis à Craon ne sera vendue. Il précise que des procès-verbaux seront transmis à la justice, annonce un renforcement des contrôles dans les semaines à venir et promet une réflexion à plus long terme pour améliorer les retraits. En effet, jusqu’à présent, force est de constater que la mise en œuvre des décisions de l’État et des pouvoirs publics est inopérante ! Alors qu’aujourd’hui, les retraits sont basés en premier lieu sur des mesures volontaires des distributeurs, l’UFC-Que Choisir réclame la mise en place de procédures adéquates pour garantir l’éviction des produits défectueux voire dangereux. Il est urgent de mettre en place de véritables plans de retrait avec l'instauration d'audits externes sur leur qualité et leur fiabilité.

Ce n’est pas la première fois qu’une procédure de retrait n’est pas suivie de mesures efficaces. Citons les cas récents de détecteurs de fumée défectueux ou de cosmétiques contenant des substances indésirables. À chaque fois, l’UFC-Que Choisir a tiré la sonnette d’alarme. Et continuera de se montrer vigilante dans l’attente d’une réponse adéquate des autorités de contrôle.

UFC Que Choisir en ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Laits infantiles contaminés à la salmonelle: Les réponses à vos questions

SOMMAIRE

1. D’où provient la contamination ?
2. Quels laits infantiles sont concernés ?
3. Quels sont les symptômes ?
4. Que faire lorsqu'on est en possession de produits potentiellement contaminés ?
5. Où peut-on se renseigner ?

D’où provient la contamination ?

Le site industriel du groupe LNS à Craon, en Mayenne, propriété du leader mondial des produits laitiers Lactalis, est pointé du doigt par les autorités. Suite à la survenue d’un nombre inhabituel d’infections à la salmonelle chez des nourrissons, les services de contrôles sanitaires français ont identifié et confirmé le lien de ces contaminations avec la consommation de produits de nutrition infantile issus de ses chaînes de production. Selon le porte-parole de Lactalis, Michel Nallet, la contamination serait survenue sur l'une des deux tours de séchage de l'usine de Craon dans la période du 1er au 6 mai. « Mais il est trop tôt pour avoir la preuve exacte de cette hypothèse. En application du principe de précaution, les autorités ont décidé d'arrêter toutes les commercialisations et de faire un rappel global des produits sur la tour numéro 1. Nous avons décidé d'arrêter nos deux tours, même celle qui n'est pas incriminée, et toutes nos installations de conditionnement. Nous allons procéder à des contrôles complémentaires et à un nettoyage complet renforcé afin de nous assurer que le site de Craon, lors de sa remise en route, puisse fabriquer normalement des produits pour les bébés. »

De son côté, le directeur général de la Santé, Benoît Vallet, a indiqué à l'AFP qu’en août et en novembre, des « prélèvements internes au site de Craon » s'étaient avérés « positifs aux salmonelles ». Lactalis précise que ces prélèvements ont été effectués non pas sur les laits mais sur du petit matériel de nettoyage et les carrelages et assure n'avoir eu connaissance de cette information que la semaine dernière.

Le professeur Christophe Dupont, pédiatre et chef du service d'explorations digestives de l’hôpital Necker à Paris, rappelle que « la salmonelle est une bactérie présente partout dans l’environnement. La difficulté est de se prémunir efficacement d’une contamination à la source car il suffit par exemple que le lait d’une traite soit infecté pour contaminer des milliers de lots différents, d’énormes quantités de laits différents étant mélangées au cours de leur transformation ». On notera que des laits végétaux, à base de riz, ont également été contaminés au sein de l’usine.


Quels laits infantiles sont concernés ?

620 lots potentiellement contaminés, dont 36 pour la France, ont été retirés du marché. Il s’agit de laits vendus sous les marques Picot, Celia, Milumel ou Carrefour. Figurent également sur la liste des produits destinés à l’Algérie, au Royaume-Uni, au Liban ou encore à la Chine.

Le retrait concerne une large gamme de laits premier âge (0 à 6 mois), deuxième âge (6 à 12 mois) et de croissance (1 à 3 ans) avec ou sans lactose, à base de protéines de riz ou sans huile de palme. Certains sont disponibles uniquement en pharmacie, d’autres en grande surface.

La liste des lots concernés est disponible sur le site du ministère de la Santé (1).


Quels sont les symptômes ?

L’infection à la salmonelle est une intoxication alimentaire qui touche particulièrement les personnes fragiles : jeunes enfants, personnes âgées ou malades. Les symptômes se déclarent rapidement et les enfants touchés présentent une diarrhée typique avec des selles molles mais pas liquides contenant des traces de sang, accompagnée d’une fièvre. Face à ces symptômes, les médecins demandent généralement une coproculture (analyse des selles) pour confirmer le diagnostic. Les symptômes sont alors traités avec des antibiotiques. Selon une déclaration de la direction générale de la Santé, les enfants contaminés jusqu’à présent « vont bien ». Mais si cette infection bactérienne se soigne bien grâce aux antibiotiques, elle n’en est pas moins préoccupante chez les nouveau-nés, à qui sont justement destinés les laits premier âge (de 0 à 6 mois), nous confirme un pédiatre.

Il conviendra toutefois de ne pas confondre ce tableau bien distinct de celui de la gastroentérite qui atteint actuellement son pic saisonnier dans de nombreuses régions. Dans tous les cas, si votre enfant présente des symptômes de toxi-infection alimentaire (diarrhée éventuellement accompagnée de fièvre), contactez un médecin dans les meilleurs délais. En attendant, un soluté de réhydratation, disponible en pharmacie, pourra être donné à l’enfant pour éviter une déshydratation en cas de pertes liquidiennes importantes (selles nombreuses).


Que faire lorsqu'on est en possession de produits potentiellement contaminés ?

En premier lieu, vérifiez si votre lait en poudre appartient bien à l’un des lots incriminés dont la liste est disponible sur le site du ministère de la Santé (1). Si c’est le cas, le ministère demande aux parents de ne pas utiliser les produits concernés, essentiellement vendus sous les marques Milumel et Picot, mais aussi Carrefour. Carrefour a, de son côté, décidé « par mesure de précaution » d'élargir son rappel à tous les produits infantiles fabriqués sous son nom à Craon, et pas seulement aux seuls lots concernés par la mesure de Bercy.

Des alternatives à ces laits infantiles, recommandées par des pédiatres, sont disponibles sur le site du ministère de la Santé (2). S’il est vraiment impossible pour les parents de trouver l’un des laits de substitution, la Société française de pédiatrie leur propose de préparer un biberon avec le lait qu’ils possèdent, puis de faire bouillir le lait pendant 2 minutes dans une casserole, le laisser refroidir et le donner à leur bébé en attendant de trouver une alternative.

Enfin, les consommateurs qui souhaiteraient s’adresser, voire se retourner contre leur fournisseur de lait en poudre, doivent conserver les boîtes (à part), les ordonnances et les factures d’achat, si possible détaillées, avec numéro de lot, selon les conseils des collectifs de parents (voir encadré).


Où peut-on se renseigner ?

Vous pouvez demander conseil à votre pharmacien, les officinaux ayant été mobilisés pour répondre aux questions des parents et les orienter vers des laits de substitution, selon un communiqué de l'Ordre national des pharmaciens.

Les autorités ont mis en place un numéro vert ouvert de 8 h à 20 h, 7 jours sur 7 (0800 636 636). Lactalis a également mis en place un numéro vert (0800 120 120) et le service client de Carrefour est joignable au 0969 397 000 (appel non surtaxé). Attention, ces numéros ne mettent pas en relation avec des professionnels de santé.

En cas de symptômes de toxi-infection alimentaire (diarrhée éventuellement accompagnée de fièvre), contactez un médecin dans les meilleurs délais.

Une plainte sera déposée lundi contre Lactalis par un parent

Contacté par nos soins, Quentin Guillemain déclare qu’il portera plainte lundi 18 décembre auprès du tribunal de Paris contre Lactalis et son pharmacien pour les motifs de « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Ce père d’une petite fille de deux mois, consommatrice du lait Pepti junior de Picot, dont des lots sont concernés par le retrait, ne cache pas sa colère. Contre Lactalis bien sûr, à l’origine de la contamination, mais aussi contre son pharmacien qui, bien qu’ayant ses coordonnées via les ordonnances de lait de sa fille, ne l’a pas contacté dans les jours qui ont suivi les premiers retraits pour le mettre en garde. « Nous estimons qu’il a failli à son devoir d’information », s’insurge le père de famille, qui a également mis en place une adresse mail (victimeslactalis@gmail.com) pour « fédérer les parents concernés et donner un cadre juridique à leurs éventuelles plaintes, afin qu’elles soient recevables et, dans la mesure du possible, rattachées entre elles ». Il regrette également le manque d’engagement de l’État, « qui a mis des mois à réagir, laissant Lactalis gérer la crise » et qui, selon lui, « peine à donner des consignes claires aux parents, les numéros d’assistance ne mettant pas en contact les appelants avec des professionnels de santé ».



(1) http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/liste_des_references_lns_concernees_par_le_retrait-rappel.pdf

(2) http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/recommandations_de_la_societe_francaise_de_pediatrie_vdef_corrige.pdf
UFC Que Choisir en ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Purificateurs d’air: L’Anses confirme l’alerte de « Que Choisir »
La pollution de l’air inquiète, le nombre d’allergiques augmente, c’est une aubaine pour les fabricants. Les purificateurs d’air en tous genres se multiplient dans les magasins, et ce n’est pas pour le meilleur, alertait « Que Choisir » dès 2013.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient à son tour de publier son rapport sur les techniques d’épuration de l’air intérieur, et il confirme la pertinence de nos réserves. L’expertise de l’Agence a concerné les appareils autonomes et les matériaux de construction et décoration qui se prétendent dépolluants et qui sont basés sur les principes de la catalyse ou de la photocatalyse, du plasma, de l’ozonation ou de l’ionisation. Outre les appareils, il s’agit notamment d’enduits, de peintures, de revêtements muraux, de plaques de plâtres, de carrelages, et surtout de sprays.

Le rapport conclut que « les données scientifiques analysées ne permettent pas de démontrer l’efficacité et l’innocuité en conditions réelles d’utilisation de ces dispositifs d’épuration de l’air intérieur ». L’Anses recommande d’informer la population sur les risques potentiels d’une détérioration de la qualité de l’air intérieur, la dégradation incomplète de polluants pouvant entraîner la formation de composés plus nocifs. Autre recommandation, mettre en garde les sujets asthmatiques sur une possible aggravation de leur état avec les appareils pouvant générer de l’ozone ou ceux qui utilisent des huiles essentielles, autrement dit les sprays assainissants épinglés par « Que Choisir ».

L’Anses rappelle que pour réduire la pollution de l’air intérieur, « il convient en priorité de limiter les émissions à la source, d’aérer et de ventiler ». Des conseils que vous pouvez retrouver dans notre dossier consacré à la pollution de l’air intérieur.
Que Choisir en Ligne
Élisabeth Chesnais


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Étiquetage nutritionnel simplifié: Aux professionnels de respecter le Nutriscore
Alors que la mauvaise qualité nutritionnelle d’un trop grand nombre d’aliments industriels est une des causes principales du taux élevé d’obésité, de maladies cardio-vasculaires et de diabète, il importe pour les consommateurs de disposer d’un étiquetage nutritionnel facilement compréhensible, antidote puissant à un marketing l’éblouissant, les tableaux de chiffres réglementaires européens, d’une grande complexité, figurant sur les emballages et incompris par 82 % des consommateurs ne pouvant les guider.


• Un combat décennal de l’UFC-Que Choisir enfin couronné : L’UFC-Que Choisir s’est mobilisée depuis plus d’une décennie pour réclamer auprès des pouvoirs publics un étiquetage nutritionnel intelligible par tous les consommateurs, et pas les seuls spécialistes, avec notamment le lancement en 2014 d’une pétition au côté de 31 sociétés savantes, puis la publication un an plus tard d’un test sur 300 aliments illustrant la pertinence de ce type d’étiquetage.

• Une reconnaissance officielle française et communautaire : le feu vert donné la semaine dernière par la Commission européenne et la signature officielle aujourd’hui par Agnès BUZYN, Stéphane TRAVERT et Benjamin GRIVEAUX font mentir les Cassandres qui, espérant un échec du ‘Nutriscore’, proclamaient son incompatibilité avec la réglementation européenne.

• Gare aux manœuvres de diversion ! Mais à rebours de ces avancées, certains professionnels s’obstinent encore à maintenir des étiquetages obsolètes (Mc Donald’s, Quick). Pire, d’autres s’efforcent de développer un modèle en parallèle particulièrement complexe ou basé sur des tailles de portions irréalistes (Coca-cola, Nestlé, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever), initiative visant clairement à jeter le trouble dans l’esprit des consommateurs et contrecarrer l’appropriation du ‘Nutriscore’ par le plus grand nombre.


Alors que l’opacité de l’offre des produits industriels rend particulièrement ardue la réalisation de l’équilibre nutritionnel au quotidien, le ‘Nutriscore’ permet aux consommateurs de redevenir pleinement acteurs de leurs choix. Cet outil constitue en outre une véritable incitation pour les professionnels à améliorer leurs recettes. C’est dans ce double objectif, d’information des consommateurs et d’amélioration des produits que l’UFC-Que Choisir :
- Appelle fabricants et distributeurs à adopter sans délai le ‘Nutriscore’ en l’apposant sur leurs produits, à l’instar des engagements déjà pris par Auchan, Fleury-Michon, Intermarché, et Leclerc,

- Invite, dans cette attente, les consommateurs à consulter gratuitement son test sur 300 produits et à utiliser son calculateur nutritionnel basé sur le ‘Nutriscore’1.


Notes:
1 L’algorithme du calculateur nutritionnel, consultable sur le site quechoisir.org, est conforme aux dispositions du projet d’arrêté définissant le nouvel étiquetage officiel français. Pour le moment, il conserve le visuel du modèle ‘5C’ proposée en 2015 par le Prof. S. HERCBERG. Ce visuel est cependant très proche et en cohérence avec celui retenu pour le modèle officiel ‘Nutriscore’.
Que Choisir en Ligne


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Boissons sucrées: Une nouvelle taxe soda votée par le Parlement
« Le sucre tue énormément ! », déclarait la ministre de la Santé Agnès Buzin à la télévision mardi 24 octobre pour justifier la revalorisation de la taxe soda, votée dans la nuit du jeudi 26 au vendredi 27 octobre dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale.

Pour les boissons sucrées, la taxation se déclenchera à partir de 1 gramme de sucre pour 100 millilitres (ou 1 kilo par hectolitre) contre 5 ml auparavant. Fixée actuellement à 7,53 € par hectolitre pour toutes les boissons concernées, elle progressera désormais jusqu'à une vingtaine d'euros par hectolitre pour un produit dépassant 11 g de sucre ajouté pour 100 ml.

Taxation progressive

Une progression continue et non par palier comme cela fut envisagé initialement, afin d’inciter les industriels à réviser leur recettes, « même d’un gramme », selon le rapporteur général du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, Olivier Véran.

Quant aux formules édulcorées, soumises actuellement à la même taxe que les boissons sucrées (7,53 €/hl), la nouvelle version de la taxe soda réduira le niveau de taxation à 3,5 €/hl. Les deux taxes seront également cumulables dans les produits mariant les deux composants, à l’instar du Coca-Cola Life, composé de 30 % de stevia (un édulcorant) et de 70 % de vrai sucre.

Cette taxe dite « comportementale » n’aura atteint son but que si elle se répercute sur les achats des consommateurs. Au-delà des fabricants, la balle est dorénavant dans le camp des distributeurs, qui décideront ou non de faire ressortir les différences entre les sodas en répercutant cette taxe sur les prix en rayon. Au risque, dans le cas contraire, que la taxe soda fasse un nouveau flop.
Que Choisir en Ligne
Marie-Noëlle Delaby


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Ingrédients indésirables dans les cosmétiques: La DGCCRF dans les pas de l’UFC-Que Choisir
« À la suite de signalements, parus dans la presse consumériste en juin 2017, dénonçant la présence sur le marché de 23 produits cosmétiques contenant de la methylisothiazolinone (MIT) et de l’isobutylparaben, la DGCCRF a […] mené une enquête ciblée de recherche de produits cosmétiques susceptibles de contenir ces conservateurs prohibés. » C’est peu dire que le communiqué de presse de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) du 26 octobre nous emplit d’une satisfaction certaine. Car les signalements en question proviennent de notre enquête qui, en juin dernier, nous a permis de référencer plus de 1 000 produits cosmétiques contenant au moins un ingrédient indésirable. Une liste si longue qu’il nous a fallu la diviser en 8 grandes catégories (maquillage, soins du corps, soins du visage, déodorants…).

À la suite de quoi la DGCCRF a ciblé son action sur les produits contenant les conservateurs interdits depuis juillet 2015 (isobutylparaben) et février 2017 (MIT). Comme l’UFC-Que Choisir, elle a retrouvé ces conservateurs dans 23 produits, qui ont fait l’objet d’une prescription de retrait immédiat de sa part. D’autres produits sont également concernés, le total atteignant plus de 140 références. L’autorité administrative a même repéré des fabricants qui « se sont efforcés d’écouler leurs stocks jusqu’à une date très proche de l’entrée en vigueur de l’interdiction ». Pire encore, « deux fabricants ont même poursuivi l’utilisation et la commercialisation de ces conservateurs interdits dans la formulation de leurs produits cosmétiques ».


Les résultats de l’enquête de la Répression des fraudes s’avèrent encourageants. Tout au moins au niveau de l’action contre les conservateurs interdits. Bien qu’autorisées, les molécules toxiques à éviter dans les produits cosmétiques ne se limitent pas aux conservateurs. Parmi elles, les perturbateurs endocriniens sont particulièrement à bannir et, hélas, la définition donnée en juillet dernier à ces substances par la Commission européenne s’est révélée bien trop minimaliste pour assurer la protection des consommateurs.
Que Choisir en Ligne
Frank Attia


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Levothyrox: Retour temporaire de l’ancienne formule
Ce lundi 2 octobre, des boîtes de l’ancienne formule du Levothyrox devraient être de nouveau disponibles en pharmacie. Importée de l’étranger, cette formulation vendue sous le nom d’Euthyrox et fabriquée par Merck contient évidemment de la lévothyroxine comme principe actif, mais du lactose comme excipient. Elle est strictement identique à celle commercialisée en France avant mars 2017.

Pour les patients qui souffrent de troubles graves et persistants depuis le changement de formule, c’est un soulagement. Ceux qui en étaient réduits à s’approvisionner ailleurs, en Espagne par exemple, retrouveront le confort d’esprit d’avoir des boîtes à disposition en France. Ceux qui décrivent un enfer de fatigue, d’insomnie, de chute de cheveux et de douleurs diverses auront le réconfort de retrouver le médicament avec lequel ils étaient bien équilibrés précédemment. C’est à ces patients – une minorité – que sera réservée la prise de l’Euthyrox, l’ancienne formule.

Pour tous les autres patients qui se sont accommodés, immédiatement ou après ajustement, de la nouvelle formule, il est recommandé de continuer avec le Levothyrox actuel. En effet, le retour de l’ancienne formule n’est que temporaire, et limité en quantités. C’est de la part des autorités de santé une réponse pragmatique à la crise sans précédent provoquée, entre autres, par le manque de préparation et d’information nécessaires pour gérer le changement de formule. Mais cela pose la question de l’accompagnement à terme de ces patients revenus à l’Euthyrox quand celui-ci ne sera plus commercialisé.

D’autres solutions possibles

Plusieurs options devraient toutefois se présenter à eux. En effet, l’offre thérapeutique devrait être encore élargie. À partir de la mi-octobre, la L-Thyroxine fabriquée par le laboratoire Henning devrait rejoindre les rayons des pharmacies. La production de L-Thyroxine Serb (solution buvable) a parallèlement été augmentée. Enfin, les laboratoires de génériques pourraient aussi remettre sur le marché leur version de lévothyroxine. Mais quelle que soit la formulation choisie, le profil d’effets indésirables (voir encadré) est le même, car il est essentiellement lié aux variations de doses de lévothyroxine dans le corps. Tout changement de formule ou de marque restera une opération délicate.

Des effets indésirables mal expliqués

L’affaire du Levothyrox a mis en évidence une erreur d’appréciation dramatique de la part des autorités de santé et de certains professionnels de santé qui ont préféré communiquer le moins possible sur le changement de formule. Cette stratégie de « ne pas affoler les foules » a eu l’effet exactement inverse. Les patients qui ont découvert le changement de formule de façon fortuite ne cessent de se demander pourquoi on ne les a pas mieux informés et finissent par penser qu’il y avait des choses à cacher. Ce manque d’information se retrouve dans la description, qui n’est ni précise ni exhaustive, des effets indésirables liés à la prise de lévothyroxine. Comparons donc l’information donnée aux patients en France et aux États-Unis, rubrique effets secondaires.

En France : information trop succincte

La notice française du Levothyrox version nouvelle formule est assez succincte, et la formulation « signes d’hyperthyroïdie » n’est pas très claire pour les non-spécialistes. Comprend-on que cela peut être un problème de dosage du médicament ? Pas vraiment.


Source : http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr


Aux États-Unis : une description complète

Aux États-Unis, en revanche, il est clairement explicité en préambule que « les effets indésirables sont principalement ceux dus à un surdosage thérapeutique ». Ensuite, ils sont classés par famille et la liste est beaucoup plus complète. Dans les effets sur l’état général, la « fatigue » est par exemple indiquée, alors que l’on ne la trouve pas dans les notices françaises. Côté dermatologie, on trouve la « perte de cheveux » qui n’apparaît pas dans les notices françaises et qui a souvent été citée comme un effet inexplicable à l’occasion du changement de formule. Enfin, la notice américaine prend la peine de préciser que des réactions aux excipients peuvent survenir.

Que Choisir en Ligne
Perrine Vennetier


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Baumes à lèvres: Des composés toxiques dans la moitié des produits testés
Des produits de parapharmacie, une marque à l’image « verte » bien ancrée, une autre si populaire qu’elle est, pour certains, devenue synonyme de « stick pour les lèvres »… les baumes à lèvres que nous déconseillons d’acheter pourraient sembler au-dessus de tout soupçon. Nous y avons pourtant retrouvé deux types de résidus qui n’ont rien à y faire. Même l’organisme qui chapeaute les fabricants de cosmétiques les avait avertis dès 2004 : une famille de résidus, les Moah (1), ne doit plus se retrouver dans les produits, l’autre, certains Mosh (2), est tolérable mais à condition qu’on en retrouve moins de 5 %. Or, dans près de la moitié des baumes à lèvres de notre test, les deux cohabitent, le deuxième étant présent à des teneurs allant jusqu’à 41 %. Cette double présence se vérifie dès lors que les fabricants utilisent des huiles minérales ou des hydrocarbures de synthèse.

Si Moah et Mosh sont indésirables, c’est que les uns sont cancérogènes tandis que les autres peuvent s’accumuler dans le foie et les ganglions lymphatiques et y provoquer des réactions inflammatoires dont on ignore les conséquences exactes. En raison de cette toxicité, huiles minérales et hydrocarbures de synthèse sont interdits dans l’industrie alimentaire. S’ils sont parfois présents dans les aliments, c’est principalement en raison de contaminations fortuites par l’encre des emballages. Au contraire, les fabricants de cosmétiques peuvent en introduire dans leurs formulations, y compris dans les produits pour les lèvres qui sont pourtant susceptibles d’être ingérés. Ils sont alors repérables (voir le point 13 de notre liste des molécules toxiques à éviter) sur les listes d’ingrédients lorsqu’elles sont disponibles et lisibles. Mais certains fabricants, bio ou conventionnels, s’en passent très bien, utilisant à la place de la cire d’abeille ou diverses huiles végétales. Une option dont tous les professionnels devraient s’inspirer. Utilisés par toute la famille, enfants et femmes enceintes compris, les baumes à lèvres devraient être au-dessus de tout soupçon.

Les baumes à lèvres déclassés de notre test

Uriage – Stick lèvres hydratant
Aptonia – Stick lèvres hydratant
Le Petit Marseillais nutrition – Soin lèvres desséchées
Avène Cold Cream – Stick lèvres nourrissant
Boiron Homéostick – Baume à lèvres au calendula
La Roche Posay Nutritic – Soin transformation lèvres desséchées
Carmex – Classic Moisturing Lip Balm
Labello – Original Classic Care
Garnier Ultra doux Trésors de miel – Baume à lèvres nourrissant
Yves Rocher Macadamia


Que Choisir en Ligne
Fabienne Maleysson


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Fracture sanitaire: La Cour des Comptes prône nos remèdes !
Si la lecture peut en être aride (plus de 600 pages tout de même !), elle est souvent instructive et parfois pleine de satisfactions. Ainsi en est-il du long chapitre consacré aux médecins spécialistes, et aux difficultés d’accès rencontrées par les usagers.

J’y ai retrouvé avec plaisir, confessons-le, une approche et une méthodologie similaires aux études que nous avons publiées depuis 2012 sur la fracture sanitaire. La Cour a en effet mêlé les questions de l’accès géographique et des barrières financières, et ainsi montré, malheureusement sans surprise, que l’accès aux soins recule. D’une part, elle constate un creusement des inégalités territoriales, la forte croissance des effectifs de spécialistes ne se traduisant par aucun rééquilibrage géographique. D’autre part, la Cour souligne, avec une amertume que je partage, que loin des proclamations victorieuses de l’Assurance maladie, les dépassements d’honoraires continuent à augmenter, de 1,4 % en 2016 pour s’établir à 2,42 milliards d’euros.

Comme nous l’avions pointé l’année dernière, le Contrat d’accès aux soins, devenu option de pratique tarifaire maîtrisée (OPTAM), auquel les médecins peuvent adhérer en s’engageant à ne plus augmenter leurs tarifs, est un très coûteux fiasco. Alors que l’UFC – Que Choisir avait estimé que chaque euro de dépassement d’honoraires évité coûtait 8 € à la collectivité, la Cour arrive même à un coût de 10 € pièce sur 2015 ! Cette année-là, l’assurance maladie aura versé aux médecins 183 millions d’euros pour qu’ils daignent épargner 18 millions d’euros de dépassements aux usagers (soit 0,7 % du total de leurs dépassements). On peut sans doute rêver utilisation plus efficiente de l’argent public…

Nos convergences avec les magistrats de la rue Cambon ne s’arrêtent pas aux constats, mais s’étendent aux solutions. La Cour, comme l’UFC – Que Choisir, préconise ainsi que l’installation de nouveaux médecins dans les territoires surdotés ne soit plus possible qu’en secteur 1, c’est-à-dire au tarif de la sécurité sociale, ce qui manque cruellement dans ces zones. En parallèle, les médecins dans les contrées en déficit de médecins pourront eux exercer en secteur 2, mais uniquement à travers l’OPTAM, qui tend à limiter les dépassements.

Alors que la ministre de la santé doit présenter le mois prochain un plan de lutte contre les déserts médicaux, et d’ici la fin de l’année sa Stratégie nationale de santé, espérons qu’elle tendra l’oreille aux préconisations communes des usagers et de la Cour des comptes !
Que Choisir en Ligne
Alain Bazot


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Dépassements d’honoraires: L’action de la sécu inefficace
La Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la sécurité sociale, rendu mercredi 20 septembre, confirme les craintes de l’UFC-Que Choisir : la politique menée contre l’inflation des dépassements d’honoraires chez les médecins coûte cher à la collectivité, pour un effet limité. Selon les calculs publiés, pour éviter 1 euro de dépassement, l’assurance maladie dépenserait 10 euros. Ce chiffre recouvre la prise en charge d’une partie des cotisations sociales des médecins, en échange d’un engagement à limiter leurs tarifs, et la revalorisation de certains actes.

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Pas vraiment. L’assurance maladie se vante régulièrement d’un léger recul du taux moyen de dépassement, passé de 55 % en 2011 à 51,4 % en 2015, mais la Cour des comptes note à juste titre que le nombre de médecins autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraires ne cesse d’augmenter, les nouveaux installés choisissant massivement d’exercer en secteur 2. En conséquence, le total des dépassements a atteint 2,4 milliards d’euros en 2015, contre 1,9 milliard en 2009. L’enveloppe qui reste à la charge des ménages est donc considérable, et constitue un frein certain à l’accès aux soins : dans de nombreuses régions, la plupart des spécialistes pratiquent des dépassements d’honoraires et les patients n’ont plus la possibilité de se faire soigner aux tarifs sécu.

Pour améliorer la situation, la Cour des comptes approuve les positions de l’UFC-Que Choisir. Elle évoque la possibilité de conditionner l’installation dans les zones déjà bien fournies en médecins à l’engagement d’appliquer les tarifs de l’assurance maladie. Et, à l’inverse, d’autoriser des dépassements d’honoraires encadrés aux médecins qui décideraient d’exercer dans les territoires sous-dotés.
Que Choisir en Ligne
Anne-Sophie Stamane


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