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Test fournitures scolaires: Des substances indésirables plein le cartable !
L’UFC-Que Choisir a recherché la présence de perturbateurs endocriniens, de composés cancérogènes, toxiques ou allergisants dans 52 articles de fournitures scolaires couramment trouvés dans le cartable des écoliers : stylos billes, cartouches d’encre, crayons de papier et de couleurs, marqueurs effaçables, colles en stick et à paillettes, stylos et feutres parfumés … et le bulletin de notes est loin d’être brillant !

. Plus d’un tiers des produits au piquet ! Sur 52 produits testés, 19 d’entre eux, soit plus du tiers de l’échantillon, sont à éviter et contiennent un triste florilège de substances indésirables : des phtalates perturbateurs endocriniens dans des crayons de couleur et dans des crayons de papier, du formaldéhyde irritant dans un stick de colle. Quant aux encres, on peut y trouver selon le cas des impuretés cancérogènes, des conservateurs ou des parfums allergisants. Les grandes marques ne sont pas une garantie d’innocuité. Au rayon des stylos et feutres parfumés par exemple, c’est un produit ‘Bic’(1) qui contient le plus d’allergènes et pour les cartouches d’encre, c’est chez ‘Waterman’ et ‘Paper Mate’(2) que nous avons trouvé les teneurs les plus élevées en méthylisothiazolinone, un conservateur particulièrement allergisant. A l’inverse, certains articles bon marché des marques de distributeurs (MDD) sont plusieurs fois au tableau d’honneur avec ‘Auchan’ (stylos billes noirs corps transparents, rollers effaçables noirs et crayons de couleurs), ‘Carrefour’ (crayons de papier 1er prix) et Intermarché (bâton de colles). Pour autant, toutes les MDD ne se valent pas : ainsi les produits à la marque ‘Esquisse’ de chez ‘Leclerc’ reçoivent le bonnet d’âne à quatre reprises (pour les crayons de papier, les crayons de couleur, les stylos-billes noirs corps transparents et les colles en stick) !



. Les enfants, une population particulièrement vulnérable : ces produits d’apparence anodine sont en réalité autant de portes d’entrées dans l’organisme. Les substances nocives peuvent ainsi être ingérées lorsque les enfants mordillent les stylos et les crayons, ou passer à travers leur peau lorsque ceux-ci se tâchent les doigts avec de l’encre ou de la colle. Il faut rappeler que des expositions aux perturbateurs endocriniens à un stade précoce du développement des enfants amplifient grandement les risques d’impact. Quant aux allergènes, une sensibilisation répétée tout au long de la vie scolaire par le biais d’un grand nombre de produits accroît d’autant le risque de déclenchement d’allergies. Ces risques sont d’autant plus inadmissibles que certains produits qui bénéficient d’un marketing ciblé sur les plus jeunes (colle à paillettes, feutres et stylos parfumés), sont sans utilité réelle et donc exposent inutilement les enfants à ces substances.



. Zéro pointé pour le législateur : Pourtant, mis à part les feutres parfumés ‘’Giotto Turbo scents’’ contenant des allergènes interdits, aucun des produits testés n’est en infraction car ils bénéficient d’une situation réglementaire aussi vague que laxiste. En l’absence d’une réglementation spécifique pour les fournitures scolaires, comme il en existe pour les jouets ou les tétines, les fabricants peuvent se prévaloir du cadre réglementaire qui les arrange le plus. Ainsi, alors que la réglementation applicable aux jouets limite fortement les parfums allergisants dans les feutres(3), les stylos ne relèvent d’aucune obligation précise et peuvent en toute légalité contenir des doses très largement supérieures. Nous avons ainsi relevé dans le stylo ‘Bic cristal pocket scents’(4) plus de 10 000 ppm de benzyl alcool (un allergène) soit 100 fois plus que les teneurs autorisées pour les feutres !



Au vu de ces éléments, l’UFC-Que Choisir :

- Demande à la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), le retrait immédiat des feutres parfumés ‘Giotto Turbo scents’ du fait de leur non-conformité à la réglementation actuelle,
- Presse Martine PINVILLE, Ministre de la Consommation, ainsi que la Commission Européenne de renforcer la réglementation communautaire en définissant des obligations applicables aux fournitures scolaires prenant en compte la sensibilité des jeunes consommateurs,
Dans cette attente, recommande aux parents de préférer les articles les moins à risques et déconseille l’achat des feutres ou stylos parfumés et colles à paillettes.



Notes

(1) Stylo bille ‘Bic cristal pocket scents’

(2) Cartouches d’encre ‘Waterman’ internationales bleu sérénité et ‘Paper Mate – Reynolds’ standard bleues

(3) Les feutres relèvent des dispositions de la directive Jouets, d’après le Document d’orientation n°15 du 9 octobre 2012 de la Commission Européenne sur l’application de la directive relative à la sécurité des jouets – Articles de coloriage et de peinture, articles d’écriture ou de dessin et articles de papeterie.

(4) Le fabricant déclare que ce produit n’est plus proposé dans son catalogue 2016, cependant cette référence est toujours en rayon au 22/8/2016.
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Ondes électromagnétiques: Les enfants trop exposés
« Les enfants ne sont pas des adultes en miniature », a rappelé l’Anses en présentant son rapport sur l’exposition des enfants aux radiofréquences et ses effets potentiels sur leur santé. Et en matière d’exposition aux champs électromagnétiques des appareils sans fil, ça change tout. « En raison de leur petite taille, de leurs spécificités morphologiques et anatomiques et des caractéristiques de certains de leurs tissus, les enfants sont plus exposés que les adultes », démontrent les experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Certaines zones de leur cerveau sont plus sensibles aux ondes que chez l’adulte.

Impossible de se prononcer sur des effets éventuels sur le développement, le système reproducteur ou immunitaire ni sur des effets cancérogènes ou tératogènes : « les données actuelles issues de la littérature scientifique internationale ne permettent pas de conclure à leur existence ou non », soulignent les experts. Ils concluent en revanche à « des effets possibles sur les fonctions cognitives de l’enfant », à savoir la mémoire, l’attention, le langage ou les capacités psychomotrices, ainsi qu’à « des effets sur le bien-être » qui peuvent, entre autres, se manifester par des troubles du sommeil, du stress, des maux de tête. Mais ces derniers pourraient être davantage liés à un usage intensif des téléphones mobiles plutôt qu’aux radiofréquences qu’ils émettent, selon l’Anses.

Réglementation inadaptée aux enfants

L’Agence préconise une évolution de la réglementation et des normes. Elles sont actuellement inadaptées à cette population particulièrement sensible que constituent les enfants, d’autant qu’« à la différence des générations précédentes, ils sont aujourd’hui exposés à de multiples sources de radiofréquences dès leur plus jeune âge ». L’Anses recommande donc d’étendre les obligations réglementaires des téléphones mobiles en matière de contrôle des niveaux d’exposition et d’information du public à toutes les technologies sans fil destinées aux enfants, ce qui n’est pas le cas actuellement ; de revoir les valeurs limites d’exposition en fonction « des conditions raisonnablement prévisibles d’utilisation », c’est-à-dire avec des émetteurs placés contre le corps ; de réévaluer la pertinence du DAS (débit d’absorption spécifique), cet indicateur qui mesure l’exposition des utilisateurs de téléphones portables, et de créer un indicateur représentatif de leur exposition réelle tenant compte des conditions d’utilisation ; de réviser les niveaux de référence visant à limiter l’exposition environnementale aux champs électromagnétiques des radiofréquences afin de protéger la santé des enfants.

Autant de recommandations qui s’imposent au vu des effets sanitaires déjà reconnus. Sans oublier la nécessité du kit mains libres et d’un usage modéré du portable par les enfants, le téléphone mobile restant la source la plus intense d’exposition aux radiofréquences.
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Élisabeth Chesnais


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Maladie de Lyme: Attention aux tiques
Qu’est-ce que la borréliose de Lyme ?

Plus connue sous le nom de maladie de Lyme, la borréliose de Lyme est une maladie infectieuse, non contagieuse, due aux bactéries du genre Borrelia. Elle est transmise par les morsures d’une espèce de tique, Ixodes ricinus, dont la période d’activité court d’avril à novembre. La tique est en réalité un hôte intermédiaire de Borrelia qu’elle contracte en se nourrissant du sang des mammifères sauvages infectés : cerfs, sangliers mais aussi serpents ou écureuils.

Quels en sont les symptômes ?

Il s’agit d’une maladie très polymorphe dont la prise en charge tardive peut avoir des conséquences graves, entraînant des troubles douloureux et invalidants, notamment neurologiques, articulaires et musculaires.
Trois à trente jours après l’attaque, se forme généralement un érythème migrant, caractérisé par une marque indolore faite d’anneaux rouges. À ce stade, un traitement antibiotique de quelques semaines peut suffire à guérir le patient. Faute de détection précoce, une phase secondaire, dite disséminée, peut survenir dans les mois voire les années qui suivent l’infection. Elle peut se traduire par des symptômes graves mais non spécifiques qui rendent le diagnostic et le traitement difficile.

Combien y a-t-il de cas en France ?

En 2015, les sources officielles reconnaissaient 27 000 nouveaux cas en France. Toutefois, il n'y a pas de déclaration obligatoire de la maladie et donc les sources sont basées sur un réseau sentinelle (0,5 à 2 % de médecins français) limitant la portée de ces estimations. Son incidence est plus fréquente dans les régions boisées, en particulier dans le Nord-Est (Alsace, Meuse…) et le Centre de la France (Limousin, Auvergne…). Mais on observe aujourd’hui des cas dans des régions jusqu’ici préservées, comme les bords de la Méditerranée ou la haute montagne. Au niveau européen, elle est principalement observée en Europe centrale.

Pourquoi observe-t-on une augmentation du nombre de cas ?

Le nombre de cas officiellement recensés a quasiment triplé en 12 ans, passant de 10 000 à 27 000 nouveaux cas annuels de 2003 à 2015. Cette forte hausse est-elle à mettre sur le compte de l’augmentation du nombre d’infection ou à un meilleur dépistage ? « Difficile de trancher », estime le Docteur Raouf Ghozzi, président de la fédération française contre les maladies vectorielles à tiques. « Il est vrai que l’on constate un meilleur diagnostic de Lyme grâce à la sensibilisation de certains médecins. Mais pour ma part, j’estime que l’incidence des tiques a aussi clairement augmenté, notamment en raison d’activités de loisirs à risque plus fréquentes, de la disparition de leurs prédateurs naturels (oiseaux, guêpes…), de la déforestation, ou encore de l’introduction d’animaux porteurs comme l’écureuil Tamia, ce petit rongeur portant deux bandes claires sur le dos venu d’Amérique du Nord. Enfin, il faut noter deux autres éléments : l'arrivée de tiques contaminantes (Ixodes ricinus) dans des zones réputées vierges de la maladie comme les bords de la Méditerranée, mais aussi les co-infections (autres agents infectieux contenus dans la tique) qui peuvent générer certains symptômes proches de ceux du Lyme. Tout ceci concourt à majorer le nombre de patients. »

Pourquoi le diagnostic est-il difficile ?

D’une part, seule une personne sur deux se souvient avoir eu affaire à une tique. En effet, celle-ci est contagieuse à tous les stades de son développement, les nymphes étant responsables de la plupart des transmissions. Or ces dernières peuvent mesurer à peine 2 mm. De plus, une tique peut très bien mordre dans le cuir chevelu ou les plis cutanés puis tomber. Ajoutons à cela que sa morsure est indolore, l’insecte injectant un anesthésiant au moment de la morsure. D’autre part, le signe clinique le plus caractéristique de la maladie, l’érythème migrant, n’est présent que dans un cas sur deux. Enfin, un rapport du Haut Conseil de la santé publique (HCSP)(1) sur l’état des connaissances concernant la Borréliose de Lyme paru en 2014 estime qu’une partie des tests sérologiques actuellement disponibles ne permettent pas un diagnostic probant, faute de sensibilité (détecter les antigènes) et de spécificité (distinguer les antigènes) suffisantes.

Comment se prémunir ?

Si vous allez dans la nature, même dans les parcs boisés des villes, restez de préférence sur les chemins bien tracés sans végétation dense et sans hautes herbes. En zone à risque, portez des vêtements couvrants au niveau des jambes (chaussettes sur pantalon), des bras et du cou. Pensez aussi à vous coiffer d’une casquette car les tiques peuvent tomber des arbres. Les vêtements clairs permettent de mieux repérer les tiques.

Après une ballade dans une zone à risque (forêt, sous-bois), comment s’inspecter ?

Minutieusement, et sur l’ensemble du corps ! Il faut porter une attention particulière aux zones à peau fine et peu visibles : derrière les genoux, les aisselles, les zones génitales, le nombril mais aussi le cuir chevelu, le cou et l’arrière des oreilles. Sans oublier de faire vérifier son dos par un tiers. Il est également conseillé de faire une seconde inspection le lendemain : la tique repue de sang sera plus visible.

Que faire en cas de morsure ?

Il faut extraire la tique le plus rapidement possible en la prenant au plus près de la peau grâce à une pince adaptée : un tire-tique (disponible en pharmacie) et jamais avec les doigts ou une pince classique. Cela risquerait de faire régurgiter la tique qui délivrerait encore plus de salive, où se trouvent les potentiels agents pathogènes. Pour les mêmes raisons, il ne faut pas endormir la tique avec du désinfectant ou de l’éther.

Des médecins appellent à une meilleure prise en charge

« Madame la ministre il y a urgence ». Le 14 juillet dernier, plus de 100 médecins et plusieurs associations interpelaient dans les pages de l’Obs la ministre de la Santé Marisol Touraine, exigeant une meilleure prise en charge de la maladie de Lyme. Un appel qui fait suite à une première rencontre des associations, en juin dernier, avec le ministère des Affaires sociales et de la Santé qui avait annoncé dans la foulée la présentation d’un plan d’action national en septembre 2016. Un premier pas qualifié de « timide » par les signataires qui exigent notamment des financements publics pour améliorer les tests biologiques, jugés peu fiables. « Les tests sérologiques actuellement disponibles en France ne sont pas adaptés aux souches européennes de Borrelia [la bactérie agent pathogène de la maladie]. Il n’en détecte généralement que 3 alors que l’on connaît aujourd’hui une vingtaine d’espèces différentes, sans compter les autres agents infectieux contenus dans la tique (bactéries, virus) », déplore le professeur Christian Perronne, chef de service en infectiologie à l’hôpital Raymond Poincaré (Garches). « Or si ce test est négatif, les médecins n’ont pas le droit de poursuivre leur exploration, même si le patient présente des signes cliniques », dénonce-t-il.

D’où une autre revendication : l’arrêt des poursuites contre les médecins qui ne suivent pas les recommandations officielles (consensus de 2006) pour soigner les patients. « Ce texte, calqué sur des recommandations américaines qui ont elles-mêmes changé depuis 2014, est totalement dépassé », estime le Dr Thierry Medynski, infectiologue membre de la fédération française contre les maladies vectorielles à tiques, qui dénonce notamment des protocoles médicamenteux souvent trop courts (limités à trois semaines) et l’absence de reconnaissance et de prise en charge des formes chroniques, aujourd’hui reconnues au Canada et aux États-Unis.

Les signataires réclament donc l’accès au statut de l’affection longue durée (ALD) ouvrant au remboursement à 100 % de leur traitement pour les malades chroniques, dont « certains sont obligés de dépenser des fortunes pour se faire soigner à l’étranger, [lorsque] d’autres choisissent le suicide », précise le manifeste. Les pétitionnaires, qui devraient rencontrer Marisol Touraine une nouvelle fois en septembre, rappellent en conclusion de leur manifeste que la lutte contre Lyme ne pourra pas se faire sans la participation des associations de malades.

(1) http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=464
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Marie-Noëlle Delaby


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Médicaments génériques: 9 médicaments retirés du marché
Dans le sillage de l’Agence européenne des médicaments (EMA), l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de prendre des mesures sévères contre 9 médicaments génériques. Ils ont été tout simplement suspendus, sans doute provisoirement, en raison d’irrégularités dans les essais de bioéquivalence réalisés dans un centre privé de Bangalore (Inde). Les produits concernés sont, d’une part, les quatre génériques suivants de la Malarone, utilisée dans la prévention du paludisme :

- atovaquone/proguanil Sandoz 250 mg/100 mg, comprimés ;
- atovaquone/proguanil Sandoz 62,5 mg/25 mg enfants, comprimés ;
- atovaquone/proguanil Teva 250 mg/100 mg, comprimés ;
- atovaquone/proguanil Teva 62,5 mg/25 mg enfants, comprimés.

Les cinq autres sont des antiallergiques :

- ebastine Biogaran 10 mg, comprimés orodispersibles ;
- ebastine Biogaran 10 mg, comprimés ;
- ebastine Mylan 10 mg, comprimés ;
- ebastine Zentiva 10 mg comprimés ;
- ebastine Zentiva 10 mg comprimés orodispersibles.

Les usagers de ces médicaments n’ont pas à les ramener en pharmacie, ni à stopper le traitement, car aucun défaut dans la qualité ou dans l’efficacité de ces médicaments n’a été détecté. Les manquements, constatés lors d’inspections par la Food and Drug Administration (FDA) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), concernent la conduite des essais de bioéquivalence, utilisés pour prouver que les génériques ont bien la même diffusion dans l’organisme que le médicament de marque. Lors de ces tests, des échantillons biologiques auraient été intervertis, ce qui est contraire aux bonnes pratiques cliniques règlementaires.

Lors d’une vague de suspension similaire, pour les mêmes raisons, en décembre 2014, les fabricants de génériques avaient rapidement réagi. Quelques mois après, la plupart des médicaments en cause étaient de nouveau autorisés, les procédures d’évaluation de la bioéquivalence ayant été rectifiées.
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Anne-Sophie Stamane


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Enquête sur les allergènes: Les professionnels allergiques à la bonne information des consommateurs
La bonne information des 6 à 9 millions de consommateurs souffrant d’allergies et d’intolérances alimentaires est un enjeu crucial sachant que la seule solution pour éviter des accidents potentiellement mortels ou des affections très invalidantes, consiste à écarter tous les aliments contenant le composé nocif. C’est pourquoi les enquêteurs de l’UFC-Que Choisir ont étudié la mise en application de la nouvelle obligation réglementaire d’information des consommateurs dans 375 commerces répartis dans 81 départements(3) .

• L’information donne des boutons aux commerçants

Seule la restauration rapide respecte strictement la lettre du Décret. Mc Donald’s, Quick et KFC mettent à disposition l’information sur les allergènes dans la totalité des 9 établissements visités. Pour la grande distribution en revanche, il est inadmissible qu’un quart des 134 magasins visités soit encore hors la loi ! Si aucune enseigne n’est en mesure de réaliser le ‘sans faute’, Monoprix est en tête avec 88 % de magasins visités publiant les allergènes. Géant-Casino est en fin de classement avec seulement 57 % de magasins enquêtés donnant l’information sur les allergènes, soit à peine plus d’un magasin sur deux.

Conformité des enseignes à la réglementation

Quant aux 232 commerces artisanaux (boulangeries-pâtisseries, traiteurs et restaurants de quartier), ce sont les cancres en matière d’information, 75% d’entre eux ne publiant pas la moindre information sur les allergènes !

Les petits commerces, cancres sur les allergènes

Le petit commerce est également dernier de la classe en matière d’accueil : dans près d’un commerce sur cinq, l’attitude des commerçants est peu coopérative, voire franchement hostile ! Pourtant le droit à une information fiable, loin d’être une lubie, est un enjeu de santé pour les consommateurs allergiques ou intolérants.

Réactions agressives des commerçants, verbatims

• Une information trop peu digeste

Profitant d’une rédaction ambiguë du décret sur les modalités d’information des consommateurs, les professionnels se contentent trop souvent de compiler les informations, sans se soucier d’en faciliter la lisibilité par les consommateurs. Ainsi tous les restaurants de « fast food » visités regroupent les allergènes pour l’ensemble des produits sur des affiches de petite taille très peu lisibles. Quant à la grande distribution, les consommateurs doivent trop souvent chercher les allergènes perdus dans des classeurs au milieu de centaines d’autres références. Il faut cependant saluer l’effort de lisibilité réalisé par certaines enseignes –au premier rang desquelles Auchan- qui privilégient des étiquettes individuelles bien lisibles placées sur chaque aliment.

Allergènes sur des étiquettes individuelles

• L’étiquetage de précaution protège les commerçants, mais n’informe pas les consommateurs

Il est inadmissible que 60% des magasins de la grande distribution et un tiers des petits commerçants visités mentionnent la présence éventuelle de traces d’allergènes, alors même que les procédés permettant de limiter les contaminations accidentelles lors de la fabrication n’ont jamais été aussi bien maîtrisés et contrôlés. Ces étiquetages de « précaution » mis aujourd’hui dans le seul but de dédouaner la responsabilité légale des professionnels en cas d’accident allergique, ont pour effet collatéral de restreindre encore plus le choix des consommateurs allergiques.

Ces constats sont d’autant plus désolants que l’allergie, loin d’être anodine, figure désormais au 4e rang des maladies chroniques selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il ne s’agit donc pas d’un simple problème d’information mais bel et bien d’un enjeu de santé publique. Profondément attachée à garantir aux consommateurs allergiques et intolérants, l’accès à une alimentation présentant toutes les garanties de sécurité, l’UFC-Que Choisir :

- Demande aux Pouvoirs Publics de contrôler la bonne application de la nouvelle obligation réglementaire et de sanctionner les contrevenants ;
- Réclame une réécriture du décret pour préciser les modalités d’information des consommateurs, afin que les allergènes soient indiqués par le biais d’étiquettes individuelles placées directement auprès des aliments ;
- S’oppose à la généralisation de l’étiquetage de précaution et saisit à cet effet l’Anses pour que celle-ci encadre strictement son utilisation.


(1) Décret n° 2015-447 du 17 avril 2015 relatif à l'information des consommateurs sur les allergènes et les denrées alimentaires non préemballées, entré en vigueur le 1er juillet 2015

(2 )Entre 2005 et 2008, les accidents anaphylactiques ont augmenté de 109 % en France chez les enfants – Source avis n°66 du Conseil National de l’Alimentation – Janvier 2010

(3) Enquête terrain réalisée du 12 au 26 mars 2016 dans 81 départements sur 375 commerces : 134 magasins des grandes enseignes de la distribution (aux rayons traiteurs à la coupe), 112 boulangeries-pâtisseries, 71 restaurants de quartier, 49 traiteurs et 9 établissements de restauration rapide.

Retrouvez l'étude relative à ce communiqué : "Etiquetage des allergènes sur les aliments non emballés : un an après la Loi, les professionnels toujours allergiques à leurs obligations"
Synthèse allergènes.pdf
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Insomnie (infographie): Une bonne nuit de sommeil se prépare toute la journée



À noter : Évidemment, les heures sont données à titre indicatif !
Retrouvez des astuces de lecteurs dans Que Choisir Santé de mai 2016 (no 105)
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Perrine Vennetier


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Perturbateurs endocriniens: Des phtalates dans le matériel médical !
Dans un contexte de chasse aux perturbateurs endocriniens, que ce soit dans les produits cosmétiques, les produits pour bébés ou dans tout autre domaine, il est crucial que le matériel médical couramment utilisé dans les hôpitaux (poches de sang, tubulures, cathéters) soit au-dessus de tout soupçon. C’est pourquoi de nombreux fabricants se sont engagés à évincer de leurs plastiques le DEHP, un phtalate classé cancérigène, mutagène et reprotoxique. Leurs efforts sont manifestement insuffisants : des analyses commandées par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) montrent que du matériel de dialyse, d’alimentation par sonde gastrique ou de perfusion, indemnes de DEHP selon les dires de leurs fabricants, en contiennent en réalité une certaine quantité. Les 2/3 des dispositifs contrôlés étaient concernés, dont certains alléguaient même une composition « sans phtalate » ! 18 (sur 60) seulement étaient réellement dépourvus de phtalates.

Dans l’immédiat, l’ANSM n’a pas sanctionné les fabricants. Elle ne les a pas non plus contraints à signaler explicitement la présence de DEHP, comme l’exige pourtant la règlementation européenne en vigueur depuis 2010. Seuls ceux qui affichaient la mention « sans phtalate » ou « phtalate free » ont dû l’enlever. Les taux détectés étant le plus souvent minimes, il est exclu que le DEHP ait été ajouté sciemment. La discussion a donc été privilégiée, pour repérer l’origine du DEHP retrouvé. Il semble que la contamination puisse provenir du processus de fabrication, ou des matériaux livrés par les fournisseurs.

L’enjeu n’est cependant pas minime, car le DEHP, utilisé pour assouplir le PVC, n’est pas solidaire du plastique. Il peut être relargué dans les substances avec lesquelles il est mis en contact. En l’occurrence le sang, les médicaments perfusés ou les liquides de nutrition.

Bon à savoir. La règlementation européenne impose depuis 2010 de signaler par un symbole la présence de phtalates dans les dispositifs médicaux. Si le matériel est destiné aux femmes enceintes et aux enfants, l’utilisation de phtalates doit être motivée et les risques pour les patients spécifiés. En France, depuis le 1er juillet 2015, les tubulures utilisées dans les services de néonatologie, de pédiatrie et maternité ne peuvent plus contenir de DEHP.
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Anne-Sophie Stamane


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Perturbateurs endocriniens: Des chercheurs dénoncent l’inertie
La présence de perturbateurs endocriniens dans les produits que nous utilisons au quotidien, comme les produits cosmétiques, est un des défis majeurs concernant la santé publique. On aurait pu croire que l’Union européenne s’en était saisie notamment à travers la publication de deux règlements sur les pesticides et les biocides en 2009 et 2012. Pour appliquer les articles de ces lois concernant les perturbateurs endocriniens, la Commission devait définir avant décembre 2013 les critères permettant de les identifier. Au lieu de quoi, elle tergiverse à l’envi sous l’influence de divers lobbies, ce qui lui a même valu une condamnation en décembre 2015. Évocation de quatre options pour établir cette définition, annonce d’une étude d’impact qui permettrait de choisir entre les quatre… De quoi enterrer la question pour un moment.

Fait inhabituel, des chercheurs issus de divers pays européens et des États-Unis tapent du poing sur la table dans un article publié dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives. En substance, ils expliquent que la façon dont l’Europe gère les substances cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction pourrait parfaitement être utilisée pour les perturbateurs endocriniens et qu’il n’y a aucune justification scientifique à différer encore les décisions alors que les critères pertinents ont été établis depuis longtemps par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). En particulier, introduire un critère de « puissance », moyen habile de diminuer le nombre de substances considérées comme des perturbateurs endocriniens, n’est pas pertinent puisqu’il s’agit de composés pour lesquels le vieux précepte « c’est la dose qui fait le poison » n’est plus de mise. Surtout, les chercheurs estiment qu’une étude d’impact n’a rien à voir avec la définition de critères scientifiques : à leurs yeux comme aux yeux de nombreux observateurs, elle n’est qu’un prétexte pour soumettre la science à des considérations politiques et économiques et différer l’application des directives sur les pesticides et les biocides. Ce retard est d’autant plus inquiétant que définir les perturbateurs endocriniens n’est que la première étape vers l’établissement d’une liste et la protection de la santé publique, concluent-ils.

Définition

Les perturbateurs endocriniens ont été définis par l’Organisation mondiale de la santé en 2002 comme des substances exogènes (ou des mélanges de substances) qui altèrent le système endocrinien (hormonal) et, en conséquence, induisent des effets délétères sur l’organisme d’un individu ou sa descendance ou sur des groupes de population. Les perturbateurs endocriniens ont ceci de particulier qu’on n’observe pas de relation dose-réponse : une faible dose peut avoir davantage d’effets qu’une plus élevée. Il est donc impossible de fixer un seuil en deçà duquel une substance serait inoffensive.

Des médecins lancent une campagne de prévention

L’association Alerte des médecins sur les pesticides (AMLP) vient de lancer une campagne intitulée « Perturbateurs endocriniens : protégeons les femmes enceintes et leurs bébés ». L’idée est de sensibiliser les (futurs) parents de jeunes enfants à la présence des perturbateurs endocriniens au quotidien, que ce soit dans les récipients en plastique, les cosmétiques, les produits d’entretien, les meubles ou la peinture. Une brochure donne des conseils pour les éviter. A-S. S.
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Fabienne Maleysson


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Nouveaux anticancéreux: Les prix donnent la nausée
Les nouveaux anticancéreux sont trop chers. Les médecins l’ont dit, à travers un appel lancé en février. La Ligue contre le cancer a renchéri, en réclamant une régulation immédiate des tarifs puis par une pétition demandant « la fin des prix exorbitants des médicaments anticancéreux » (1). La tendance, sensible depuis quelque temps en oncologie, touche aussi les malades de l’hépatite C. Les nouvelles molécules, des antiviraux d’action directe apparus en 2014, sont hors de prix. À plus de 40 000 euros les trois mois de traitement, quelle que soit la molécule, les autorités les réservent aux personnes les plus atteintes, et mettent en attente les malades à un stade moins évolué de la maladie. Heureusement pour les patients, la prise en charge est intégrale. La grande efficacité de ces médicaments justifie-t-elle une telle saignée des comptes de l’assurance maladie ? Sans doute pas.

Dans le cancer, les nouveaux médicaments n’apportent en général qu’un supplément de vie de quelques semaines, pas la guérison. Et parfois au prix d’effets indésirables lourds. Mais l’amélioration, même minime, de la durée de survie, donne assez d’aplomb aux laboratoires pour demander des prix astronomiques. Même quand les médicaments n’ont pas nécessité d’investissement important en recherche et développement.

En France, contrairement aux États-Unis, le prix des médicaments remboursables n’est pas libre. Il est normalement contrôlé et déterminé par le Comité économique des produits de santé (CEPS). Depuis peu, la Haute Autorité de santé (HAS) essaie de peser sur la fixation du prix en se prononçant sur l’efficience. Cette notion définit, pour chaque médicament innovant et cher, le coût supplémentaire par année de vie en bonne santé. Reste que la discussion au sein du CEPS est complètement opaque. Le mystère est total autour des décisions qui s’y prennent. Force est de constater que les laboratoires parviennent à y faire entendre leurs arguments et obtiennent des prix qui leur sont très favorables.

Impuissantes, les autorités utilisent d’autres leviers. Elles renvoient la balle dans le camp des hôpitaux, en jouant sur les règles de prise en charge des médicaments. Habituellement, les médicaments très coûteux prescrits à l’hôpital sont remboursés à 100 %, directement aux établissements par l’assurance maladie. Cette prise en charge suppose qu’ils soient inscrits sur la « liste en sus ». Si, en raison de leur faible efficacité, ils sont exclus de cette liste, c’est alors aux établissements de les financer en totalité. Les médecins peuvent toujours les prescrire, mais leur coût plombe fortement le budget des hôpitaux, déjà mal en point. Cette année, certains médicaments ayant effectivement toutes les chances d’être rayés de la liste, des services de cancérologie risquent de prendre le parti de ne plus les proposer à leurs patients.

Quatre questions à Marc-André Gagnon, professeur et chercheur à l’Université de Carleton, Ottawa (Canada, Ontario)


Que Choisir : Médecins et associations de patients s’élèvent contre les prix des nouveaux médicaments, en particulier les anticancéreux. Quelle est la réalité de ce phénomène ?

Marc-André Gagnon : Il y a une véritable tendance de fond. Le modèle d’affaires des laboratoires pharmaceutiques a changé. Pendant longtemps, leur objectif a été le « blockbuster », c’est-à-dire un médicament vendu à une vaste population de patients, en maximisant le profit par le volume. D’où la commercialisation de médicaments très semblables – les « me-too » – sans avancées thérapeutiques réelles mais avec à chaque fois un surcoût. Ce modèle existe encore mais il est en crise, car les États ont mis en place des systèmes d’évaluation des produits de santé, en opérant une discrimination au niveau du remboursement.

QC : Aujourd’hui, un nouveau modèle s’impose. Lequel ?

M-A. G. : Celui des « nichebusters », à savoir des médicaments qui visent une petite population, pour lesquelles il y a peu de solutions thérapeutiques. Avec les progrès de la pharmacogénomique, les compagnies sont en capacité de développer des molécules à destination de malades porteurs de gènes spécifiques, ce qui leur permet d’obtenir le statut de médicament orphelin. Ce cadre règlementaire leur est très favorable car il donne droit à des crédits d’impôt, les essais cliniques sont moins exigeants et la procédure d’autorisation accélérée.

QC : Vous parlez aussi de « saucissonnage » des autorisations de mise sur le marché (AMM)…

M-A. G. : Oui, car une fois un médicament autorisé dans une indication restreinte, les compagnies s’emploient souvent à étendre la « niche », soit en les faisant approuver pour d’autres petites populations, soit en incitant les médecins à la prescription hors AMM. Et comme il n’y a pas d’alternative thérapeutique, les fabricants sont en position de demander des prix élevés, qui n’ont rien à voir avec la réalité des coûts de recherche ou de fabrication. Cette dynamique aboutit à un modèle basé sur des médicaments beaucoup plus chers, mais pour lesquels l’évaluation des risques a été menée de façon plus expéditive.

QC : Le poids de ces médicaments dans les budgets des États est tel que même les pays riches sont pris à la gorge. Quelles sont les pistes pour endiguer ce phénomène ?

M-A. G. : Il y a un choix de société à faire. Les prix atteints sont insoutenables. Certains pays arrivent à réduire le coût en négociant avec les laboratoires. Mais il peut être intéressant d’envisager d’autres façons de payer ces médicaments. Par exemple en ne les payant dans un premier temps qu’à leur coût de production, puis en accordant un supplément en fonction du bénéfice thérapeutique constaté.

Quelques médicaments anticancéreux au coût exorbitant (2)


Glivec (imatinib, Novartis). Ce médicament a révolutionné le traitement de cancers rares du sang et de la moelle osseuse. Il s’agit d’un traitement à vie, qui coûte entre 2 270 et 3 400 euros par mois selon le dosage, soit jusqu’à 40 000 euros par an. Depuis sa première commercialisation comme médicament « orphelin » en 2001, ses indications se sont étendues, notamment dans certaines tumeurs digestives. Le Glivec est un cas d’école : malgré sa rentabilité croissante grâce à une utilisation toujours plus large, son prix n’a pas fléchi. Aux États-Unis, il est même passé de 30 000 dollars en 2001 à 92 000 dollars en 2012.

Kadcyla (trastuzumab emtansine, Roche). Utilisé dans un cancer du sein spécifique (HER2 positif) en cas d’échec d’un premier traitement, son bénéfice thérapeutique a été reconnu par la Haute Autorité de santé (HAS). Par rapport au traitement jusqu’alors privilégié, ce médicament améliore la durée de survie de 6 mois. Son coût : 4 361 euros par cure (toutes les trois semaines), soit plus de 6 000 euros par mois.


Revlimid (lénalidomide, Celgène). Il est utilisé dans le myélome et le syndrome myélodysplasique, pour un coût mensuel de 3 900 à 5 000 euros. Or c’est une déclinaison du thalidomide, une molécule très ancienne, connue pour avoir causé dans les années 60 de graves malformations chez des nouveau-nés. Le Revlimid n’est donc pas franchement nouveau, n’a pas nécessité d’investissement lourd, et pourtant, il est cher ! Du point de vue thérapeutique, c’est une option parmi d’autres, mais qui n’a pas montré d’avantage décisif.

Tarceva (erlotinib, Roche). Dans le cancer du poumon « non à petites cellules », ce médicament n’améliore pas la survie globale en traitement de 1re intention. En 2e intention, il n’a pas été comparé au traitement de référence, et ce n’est qu’en 3e intention qu’il représente un léger intérêt. Il coûte 2 195 euros par mois.

Keytruda (pembrolizumab, Merck). Ce tout nouveau médicament est indiqué dans le traitement du mélanome non opérable ou métastasé. La HAS a estimé que l’amélioration du service médical rendu (ASMR) qu’il apportait n’était que mineure par rapport aux traitements existants. Administré par cure toutes les trois semaines, ce traitement coûte pourtant près de 6 000 euros par mois, soit 72 000 euros par an.

Avastin (bevacizumab, Roche). Autorisé en France dans les cancers métastasés du sein, de l’ovaire, du colon et du rein, et dans le cancer du poumon, l’Avastin est controversé. Pour la revue médicale indépendante Prescrire, les effets indésirables sont trop lourds pour quelques semaines de survie. Étant donné son prix, le système de sécurité sociale anglais l’a exclu du remboursement. En France, son coût varie entre 1 633 et 3 270 euros par mois.

Bon à savoir. L’Avastin est également utilisé en injection oculaire dans la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Dans cette configuration, les doses nécessaires étant limitées, son coût devient intéressant, notamment par rapport au traitement de référence, le Lucentis.

Les nouveaux anticancéreux

Les médicaments contre le cancer les plus récents attaquent les tumeurs de façon plus spécifique que la chimiothérapie classique, d’où le nom de « thérapies ciblées ». Ils se répartissent en deux familles principales, les anticorps monoclonaux, qui se reconnaissent à la terminaison en -mab du nom de la molécule, et les inhibiteurs de tyrosine kinase, qui portent le suffixe -tinib. Leur mode d’action est différent, mais l’objectif est le même : bloquer les signaux de multiplication de la cellule cancéreuse. Dans certains cas, il s’agit d’« affamer » la tumeur en stoppant le développement du réseau de vaisseaux sanguins qui l’alimentent. Les nouveaux anticancéreux ne sont pas dénués d’effets indésirables, les récepteurs cellulaires visés par la thérapie pouvant être présents dans d’autres organes.

(1) change.org/cancers-chers-medicaments

(2) Les prix nous ont été donnés par l’Institut Curie.


Que Choisir en Ligne
Anne-Sophie Stamane


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Médicaments en ligne: La règlementation française toujours en chantier
On aurait pu penser qu’après l’annulation par le Conseil d’État de son arrêté sur « les bonnes pratiques » de la vente en ligne de médicaments sans ordonnance, le ministère de la Santé aurait tiré les leçons de ses échecs répétés en la matière. Et bien non ! Les deux projets d’arrêtés prévus en remplacement du texte rejeté montrent au contraire une surenchère dans les contraintes imposées aux pharmaciens qui seraient tentés de se lancer dans le commerce en ligne. C’est en tout cas la position de l’Autorité de la concurrence, à qui les documents étaient soumis. Elle vient d’émettre un avis défavorable, que l’UFC-Que Choisir a salué.

Le gouvernement n’est pas contraint de le suivre, ni de revoir sa copie. Mais l’analyse de l’Autorité de la concurrence montre à quel point les réticences restent vives vis-à-vis de la vente en ligne de médicaments sans ordonnance. Elle note que, par rapport à l’arrêté précédent, de nouvelles exigences sont venues s’ajouter : par exemple, le pharmacien doit « le cas échéant » solliciter, à l’occasion d’une commande en ligne, des résultats d’analyses ou le diagnostic du médecin. « Des informations pourtant couvertes par le secret médical », qui ne sont pas nécessairement demandées dans le cadre de la vente au comptoir, et qui, en raison des échanges de mails, risquent de « rallonger de façon excessive les délais de commande et limiter l’intérêt pour les patients de recourir à ce mode de dispensation », déplore l’Autorité. Au total, les contraintes propres à la vente par Internet, qu’il s’agisse des règles de délivrance ou des obligations de stockage, vont au-delà des impératifs de sécurité sanitaire. Elles sont telles qu’elles ont toutes les chances de décourager le développement des cyberpharmacies. Quant aux consommateurs, tout semble fait pour les dissuader d’acheter sur des sites français, et pour les orienter vers des sites francophones étrangers, voire des sites commercialisant des médicaments contrefaits…

Dans sa conclusion, l’Autorité de la concurrence recommande de permettre aux pharmaciens d’ajuster pour chaque commande « le niveau d’information à recueillir en fonction du médicament délivré », comme c’est le cas en officine. Et d’assouplir les règles exigeant que le traitement des commandes en ligne se fasse dans des locaux à proximité immédiate de l’officine. Et en attendant la publication des deux arrêtés, c’est l’ordonnance du 31 décembre 2012, très générale, qui régit la vente en ligne de médicaments.
Que Choisir en Ligne
Anne-Sophie Stamane


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